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Savage #1

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Comic de Clay Moore, Clayton Henry et Lewis Larosa
Bliss (2018) – Valiant (2016), série en cours.

bsic journalismMerci à Bliss comics pour cette découverte.

Traitement habituel chez Bliss: descriptif du contenu et crédits et début d’album, galerie de couvertures et analyse de la répartition du travail entre scénariste, dessinateur, encreur et coloriste en fin d’album. Très jolie couverture « sauvage » qui montre le talent de Lewis Larosa

Il y a quinze ans un avion privé s’écrase sur une île déserte. A son bord la famille d’une célébrité du football. Et sur l’île, une faune sauvage… des dinosaures, mais pas que!

Savage n’aurait pu s’intituler autrement tant l’ensemble du projet est porté par le titre. Avec les deux talentueux dessinateurs habitués de Valiant Lewis Larosa (Bloodshot Salvation) et Clayton Henry (Harbringer wars), Bliss nous propose avec  ce faux one-shot – une suite est annoncée en fin d’album – un exercice de style pour l’enfant qui subsiste dans ces dessinateurs et leurs lectures pulp d’alors… Cet album est la variation de Valiant du thème « dinofighting » ou celui de la terre intérieure qui a fait les beaux jours des BD pulp de la première moitié du XX° siècle et du Shanna de Frank Cho

Résultat de recherche d'images pour "savage larosa"L’histoire est simple et (comme souvent chez Valiant) alternée entre maintenant et avant qui permet de changer de dessinateur. Le trait classique et élégant de Clayton Henry appuie la relative normalité du début et le sentiment de contrôle, et tranche avec les sections de son comparse, utilisant allègrement un découpage atypique pour illustrer la violence, la sauvagerie, la folie du jeune survivant devant déployer d’autant plus de rage pour compenser sa nature humaine face aux féroces reptiles. L’album Rocher Rouge critiqué récemment utilisait également cette technique classique du thème du naufragé sur une île (pas) déserte sur une d’un basculement progressif de la normalité à l’horreur. Le gros point fort de cet album est donc sa partie graphique, vraiment impressionnante, tant par le style des auteurs que par leur capacité à s’adapter pour exploiter totalement le média BD pour transcrire une ambiance qui se passe souvent de dialogues. Les scènes de combat du héros contre les dino sont réellement impressionnantes de dynamisme et de rage, notamment via des cases au détour indispensable au dessin. Je découvre Lewis Larosa après Bloodshot et je crois qu’aucun dessinateur ne m’a autant impressionné dans son découpage depuis Olivier Ledroit.. Le principal regret est que le tome soit si court et ne permette pas de développer la vie sur l’île, l’utilisation des dinosaures (certains passages rappellent le mythique Gon). La partie post-apo avec les hommes est un peu plus faible mais permet une ouverture sur la suite qui permettra de donner une vraie stature à ce projet en le sortant du seul plaisir coupable de dessinateurs qui jouent avec leurs jouets.

Cet album (un peu court) est donc une vraie réussite, sans grande ambition mais qui parvient grâce à une intrigue simple et un découpage général très talentueux à donner de l’enjeu à cette chasse continue et se paie le luxe de poursuivre le jeu, avec on l’espère, la même équipe aux manettes!

Un colloque a eu lieu en 2015 et donné lieu à un magnifique article sur le thème du dinosaure dans l’imagerie populaire, avec des centaines d’images et références.

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Et un autre avis très content de l’ami Yradon.

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Bloodshot salvation

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Comic de Jeff Lemire, Lewis LaRosa et Mico Suayan
Bliss (2018) – Valiant (2017), 144 p., comprend les volumes 1-5.

bsalvation_1_couv_recto_rgb-600x923J’ai  lu récemment l’intégrale Bloodshot et je précise qu’elle est suivie par deux séries: Bloodshot Reborn (relaunch) et Bloodshot USA, que je n’ai pas encore lues. Salvation fait suite à ces derniers et bien que leur lecture ne soit pas indispensable (on ne sent aucun manque grâce au travail du scénariste Jeff Lemire) le fait qu’il se déroule après peut interpeller sur ce qu’il s’est passé entre la première série et cette dernière. La lecture du one-shot The Valiant est également intéressante mais plus par soucis chronologique que par ce qu’il apporte à Salvation. L’éditeur Bliss explique de toute façon cette chronologie comme d’habitude sur ses albums. Pour plus de précisions je vous renvoie vers le camarade de l’antre des psiotiques qui s’est fait une spécialité de l’univers Valiant fort bien décrit.

Le Projet Rising Spirit qui a donné naissance à Bloodshot n’est plus. Ray Garrison est désormais libre et vit une vie paisible avec sa femme et sa petite fille. Mais le père de sa compagne, un dangereux gourou sudiste ne compte pas abandonner sa progéniture, ce qui va obliger Bloodshot à reprendre les armes…

Résultat de recherche d'images pour "bloodshot salvation"Pour aller droit au but, cet album est une sacrée claque qui confirme tout d’abord que la ligne graphique des relaunch des comics Valiant est d’un niveau très élevé qui place l’éditeur clairement au dessus de ses deux concurrents Marvel et DC sur ce plan. Si la salve donnée sur X-O manowar était pour moi inégale, ce n’est clairement pas le cas ici et on se trouve au niveau de qualité de Rapture, c’est à dire sans aucune planche réellement décevante. Deux illustrateurs officient, dans des styles très différents et de façon organisée puisqu’ils décrivent chacun l’une des deux trames temporelles de l’album (maintenant et le passé). On a donc une cohérence graphique totale sur les deux narrations parallèles et c’est très plaisant. Lewis LaRosa notamment, s’est fait la main sur des couvertures (très belles) des précédentes séries Valiant (Bloodshot, Harbringer ou X-O Manowar) et son style colle de près à celui des autres relaunch. Outre la qualité technique indéniable il produit des cadrages vraiment sympa et cinématographiques avec de larges cases qui déroulent la lecture. Du coup ce tome se lit assez vite mais avec grand plaisir.

Sans titre.jpgLa très bonne idée de Lemire (qui pose très vite des liens avec l’univers Shadowman du monde des morts et le one-shot Rapture) est d’annoncer la mort de Bloodshot. Malin puisque ce personnage est depuis le début immortel, on se retrouve donc tout de suite avec deux anomalies: Bloodshot a eu une fille dotée des mêmes pouvoirs que lui et donc, Bloodshot est mort. Comment? C’est ce que va expliquer la série avec de premières révélations en fin de tome. L’autre élément sympa c’est la découverte que Bloodshot n’était pas tout seul à être équipé de nanites! Dans l’intégrale Bloodshot on avait déjà entre-aperçu la bande de bidasses dotés du fameux rond rouge… qui reviennent dans la trame du futur de cet album. Idem avec un chien qui semble avoir subi le même traitement aberrant que le super-chien de superman… un peu WTF mais ce n’a pas d’incidence sur l’histoire alors on oublie (cela est certainement relaté dans Reborn ou USA). Enfin, le méchant se nomme Rampage, un golgoth contaminé par les nanites et dont la trame du présent nous relate la naissance avant l’affrontement prévisible.

Résultat de recherche d'images pour "bloodshot salvation"Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir manqué une étape mais j’ai beaucoup apprécié le vent de renouveau qu’apporte ce volume aux constantes de l’univers Bloodshot et sa mise en danger à trois niveaux: d’abord le fait d’avoir une famille, ensuite l’apparition d’un méchant digne de ce nom (le seul à l’avoir mis en difficulté jusqu’ici était rien de moins que Toyo Harada, le psiotique le plus puissant du monde), enfin une menace directe sur ses pouvoirs que je ne révélerais pas ici. Last but not least, une petite pincée de politique est apportée avec ce sud Redneck fanatique décrit via la secte du paternel et qui annonce du gros bourrinage dont le héros à le secret. Ce rafraîchissement doit donc beaucoup au scénariste, dont j’avais noté le travail très équilibré sur The Valiant et sur Descender. Salvation est du coup l’une de mes meilleures lectures Valiant pour l’instant et maintient un niveau très élevé des publications récentes de l’éditeur, avant des sorties très alléchantes comme Savage (du même dessinateur) en fin d’année et le relaunch de Shadowman (dont les premières planches sont superbes) en 2019. Je sens que je deviens accro…

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Un autre avis sur comics have the power.