****·BD·Jeunesse·Service Presse

PUNCH! saison#2: Catharsis

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BD  de Jonathan Garnier et Camille Letouzé
Kinaye (2022), 40p., one-shot. Collection Punch!, saison 2.

image-13Merci aux éditions Kinaye pour leur confiance

Après la parution de la première anthologie thématique de Punch! nous voici reparti pour une nouvelle Saison qui semble axée Dark-fantasy. Et on monte d’un cran puisque les auteurs de cette histoire courte de Nécromancien sont le scénariste de Bergères Guerrières et la storyboardeuse de la magistrale série Netflix Arcane. On s’éloigne donc un peu de l’idée de jeunes auteurs à lancer mais reste la liberté créative.

Punch! Saison 2 - Catharsis - Editions KinayeJ’ai beaucoup aimé cette courte itinérance pleine d’humour noir à base de zombies crado, qui prend la forme de dialogues proches d’un Tarantino, alors que monstres surgissent de partout, murs s’effondrent et flammes jaillissent. L’idée de proposer une histoire de dark-fantasy pour les jeunes (via un format court, un propos accessible sans verser dans le gnagna avec le personnage-transfert d’enfant-guerrier) est excellente mais sans même la cible visée cette aventure touche juste sur tous les plans, y compris pour un adulte donc.

D’abord par une maîtrise graphique qui impressionne. Camille Letouzé propose dans un style simpliste, des détails, une profondeur de champ dans des décors de cathédrale en ruine et globalement une mise en scène où l’on sent l’inspiration de l’Animation. Comme chez Sanlaville ou sur les Midnight tales (autre anthologie, plus adulte, chez Label 619) on sent le mouvement et la dynamique de l’action et une très grande lisibilité. Les encrages sont profonds, omniprésents (ça tombe bien on est dans des caves et dans les ombres), et le design des personnages très élégant. Publication destinée à la jeunesse, les auteurs ont eu la très bonne idée de proposer des fiches personnages en fin d’album, comme dans un jeu vidéo (un peu ce que l’on trouvait sur le génial Ultralazer)

Si la première saison proposait de jolies expressions de qualité inégale, cette reprise surprend par sa qualité générale qui aurait tout à fait pu donner lieu à un format long tant le projet comporte un background et un travail préparatoire très pro. Une BD qui fait envie et qui fait honneur au genre jeunesse.

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PUNCH! saison#1: dans la Nature

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BD collective.
Kinaye (2022), 144p., anthologie de 4 histoires.

Le très dynamique éditeur Kinaye, outre le fait d’avoir réussi à se maintenir malgré la difficulté de lancer de nouvelles maisons d’édition, malgré le COVID, croit lentement mais sûrement puisque après des sorties régulières de traductions de comics indé jeunesse depuis 2019, l’éditeur lançait en début d’année dernière une collection de créations originales franco-belges. Restant dans le champ jeunesse mais avec des formats courts souples rappelant les comics, l’éditeur propose à une jeune génération travaillant déjà dans le graphisme mais n’ayant pas ou peu publié de BD de se lancer sur des histoires courtes, avec une thématique par année. Le galop d’essai avait été proposé à Valentin Seiche sur The world qui avait soulevé un intérêt des chroniqueurs lors de sa sortie. En mars dernier est donc sortie l’intégrale de la première saison, qui permet de découvrir ces jolies créations dans un format BD broché plus classique, sur le thème de la Nature.

Merci aux éditions Kinaye pour leur confiance

Punch – Saison 1 – Tome 1 – Minimage – Yohan Sacré | 22h05 rue des DamesUnivers le plus construit du recueil, cette histoire prend un aspect très original pour un propos connu: deux peuples (les légumineuses et les puissants Mages) se détestent depuis la nuit des temps sans plus savoir pourquoi. Lorsqu’un bébé Mage est découvert par une bande de légumineuses, s’ensuit un périple plein d’aventure et de danger entre les racines de la forêt et les crocs du méchant loup Sport, jusques paye des Mages où ils vont braver le danger ennemi pour restituer un enfant à son peuple. Le ton est enfantin, le dessin simple mais très agréable sur des tons pastelle et l’idée des graines et racines crée une esthétique résolument originale. L’auteur maîtrise très bien son scénario pour une histoire qui ravira les plus jeunes.

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  • Moineau (Elsa Bordier/Sourya)

Punch! Saison 1 - Moineau - Editions KinayeLe duo a déjà travaillé ensemble chez Ankama sur l’anthologie Midnight tales. Abordant le thème de l’exclusion et de la différence, on suit une jeune fille à l’apparence différence des autres enfants, qui aime communier avec la nature et les animaux et se fait harceler pour cela. Plus proche des adultes que des enfants de son age, elle va apprendre à assumer sa différence en comprenant que la majorité de ceux qui la moquent sont craintifs de l’avenir et se contentent de suivre les rails tracés pour eux. Assumer ses choix différents est difficile et exige d’accepter de déranger le conformisme social, la différence menaçant la faiblesse des majorités en leur renvoyant un miroir de leurs propres lâchetés… Un très beau message

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  • Cratère (Mélanie Allag), 40p.

Cratère (par Mélanie Allag) Tome 3 de la série Punch ! présenteAventure post-apo la plus construite du recueil. Si le dessin enfantin ne m’attire guère, l’intrigue et la galerie de personnages permettent un récit complet qui ne laisse pas sur sa faim: sur une planète envahie par des insectes géants les humains se sont réfugiés dans des cratères protégés par des dômes géants. Là, entre deux expéditions guerrières à l’extérieur, des savants se livrent à des expériences sur des enfants afin de matérialiser leurs rêves, sorte de dimension parallèle. Jusqu’à ce que l’une d’eux décide de s’enfuir à l’extérieur et de révéler a réalité sur ces nuisibles. Les schémas sont classiques, l’interaction entre la bande de gamins fonctionne bien et les adultes sont archétypaux comme nécessaire. Pas révolutionnaire mais très solide histoire. Je salue toujours les tentatives de genre dans la BD jeunesse.

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Ma séquence préférée! Manifestement inspirée par l’esprit de l’Atelier des sorciers, l’autrice nous propose la très tendre insertion d’une jeune fée atypique (et un peu rebelle) au sein d’une équipe d’apprenties dirigées par l’impressionnante mais humaine Baba Yaga. Le graphisme est très maîtrisé, la colo superbe et on s’intéresse immédiatement à cette jeune magicienne qui refuse de dessiner les pentacles exigés par la corporation. L’histoire est très simple mais, portant sur les choix individuels, propose un joli message aux jeunes lecteurs et nous touche. Une autrice à surveiller sur un format plus long!

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****·*****·Comics·East & West·Nouveau !·Rapidos

La fille de la mer – Hammerdam #2 – Sacha et tomcruz #4

Salut à tous! Grosse fournée jeunesse de grande qualité aujourd’hui avec le nouveau one-shot de la toujours talentueuse Molly Ostertag, la conclusion du petit miracle Hammerdam et la série Sacha et Tomcruz qui mine de rien construit son petit bonhomme de chemin parmi les grandes. On commence, c’est par là:

  • La fille de la mer (Molly Ostertag/Kinaye) – 2022, 256p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour leur confiance!

9782357991095_1_75Je ne remercierais jamais assez l’éditeur Kinaye de nous avoir fait découvrir cette autrice majeure du comic jeunesse dont la trilogie du Garçon sorcière (une de ses toutes premières œuvres) fut une des meilleures BD lues ces dernières années, tout simplement!

Cette fois elle nous revient sur un one-shot à la lecture agréable et assez rapide, qui aborde de façon partiellement autobiographique les difficultés relationnelles d’une adolescente qui se découvre un amour homosexuel et doit composer avec son groupe d’amies et le qu’en dira t’on. Ajoutons à cela un soupçon de fantastique puisque la-dite fille de la mer est une selkie, ces créatures métamorphes (tiens-tiens, on retrouve ce thème du Garçon sorcière) appartenant aux deux mondes… Sur une narration toujours extrêmement lisible permettant une lecture facile, on savoure ce dessin simple et coloré qui sait transcrire les émotions d’un personnage qui ne parvient pas à gérer ses deux univers, comme reflet d’un âge où l’on change, entre enfance et âge adulte et où les identités sexuelles s’affirment. Les relations entre la selkie très franche et l’héroïne plus renfermée reprend le personnage très fort de Charlie (dans le Garçon sorcière) de même que le sujet de la famille et des relations avec un frère difficile transcrivent une problématique identitaire qui si elles est assumée ne verse jamais dans le dramatique. C’est la grande force d’Ostertag de savoir aborder sans gnangnan des sujets profonds et complexes touchant à la psychologie et à l’identité transmise/construite. Destiné à un publie un peu plus âgé que la précédente trilogie, cette Fille de la mer est une nouvelle réussite pleine de sensibilité et qui fait mouche.

A partir de 10 ans.

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  • Hammerdam #2 (Enrique Fernandez/Ankama) – 2022, 80p., série achevée en 2 tomes.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur confiance!couv_438632

Coup de coeur! (1)Le premier tome de ce diptyque m’avait enchanté de par son univers foutraque et la tendresse de ses situations. Ce tome de conclusion ne souffre pas de la mise en place un peu vaporeuse du premier et profite à plein de sa galerie de personnages géniale et des relations très sensibles qui parleront aux jeunes lecteurs. Jouissant des mêmes qualités qu’un Ultralazer, Hammerdam arrive à utiliser les éléments absurdes et les personnages hyper-caractérisés pour transmettre des idées et émotions simples mais si vraies. Parlant de franchise, d’amitié, de la lâcheté des groupes et du pouvoir du rêve, Enrique Fernandez réussit pleinement son pari en développant son univers fait de bric et de broc, en inventant des créatures et pouvoirs très originaux semblant sortis d’un atelier de marionnettiste fou ou d’un coffre à jouet. Semblant par moment à une version sous acide du Magicien d’Oz, cet Hammerdam régale parents comme enfants avec un voyage initiatique où la vérité du cœur peut surmonter toutes les difficultés. C’est cela le véritable pouvoir du marteau!

A partir de 8 ans.

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  • Sacha et Tomcruz #4: cambriolage sur le Nil (Halard-Quignon/Soleil) – 2022, 64p., série en cours, 4 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Soleil pour leur confiance!

couv_434353Entrée en matière pas évidente pour moi sur cette série puisque si j’ai bien lu il y a quelques temps le premier volume de cette série qui jouit d’un très bon succès d’estime, j’ai été contraint de me renseigner succinctement sur les évènements qui se déroulent dans les tomes deux et trois. Le format de la série est calé sur le one-shot en mode voyage temporel avec retour à la case départ à la fin (chez les Vikings pour le premier, chez le Roi-soleil au second et en Chine médiévale pour le troisième)… mais ce Cambriolage sur le Nil s’ouvre alors que Sacha, sa copine Jade et son chien tomcruz sont coincés dans le passé. Soudain une idée et hop, les voilà transportés en Egypte où ils vont devoir cambrioler le trésor du grand Pacha local. Intrigue idéale pour dérouler les inventions scientifiques de Sacha (petit cousin du japonais Senku…) et un plan machiavélique à la Ocean’s eleven. Si le graphisme aux crayons gras est toujours aussi élégant et la célèbre maquette de la collection Métamorphose donnent un écrin fort agréable, on pourra trouver le déroulé de l’intrigue un peu forcé avec force raccourcis. Dans le genre jeunesse on n’en tiendra pas rigueur et on suivra volontiers la suite des aventures du Chihuahua et son maître dans un prochain album.

A partir de 7 ans.

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Wat la fée

Rufus Stewart

Cette  rubrique vise à présenter un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!


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BD de Cazenove , William et Jaquemoire
Bamboo (2021), 48p., one-shot…?

bsic journalismMerci aux éditions Bamboo pour leur confiance.

Wat the fée ? Wat, la fée qui avait perdu ses ailes, planche du tome 1 ©  Bamboo Waterpouf est une fée des villes… A l'aise dans l'environnement  urbain, entre béton et bitume, suite à une rencontre avec un garnement  qu'elle avait reçu pour mission de ...Wat est une fée des villes. Mais lorsqu’au cours d’une mission elle se voit arracher ses ailes par accident, la voilà contrainte à un périple en Terre sauvage en compagnie de son ami Dorg le Troll, un endroit plein de dangers et d’habitants bien différents de ses fréquentations…

Salut Talia! Aujourd’hui on va parler d’une étrange BD qui nous rappelle beaucoup une autre série que l’on suit dans cette rubrique…

Effectivement, Cazenove et William sont les personnes qui font la série BD Les Sisters et Wat (la fée) a beaucoup de ressemblance avec Sammie, l’amie de Wendy. Un personnage semble également issu de Tizombi

Est-ce que tu as l’habitude des histoires fantasy? Sur quels albums?

Oui. L’un de mes styles de livre préférés est la fantasy et je lis beaucoup de romans (fantasy donc, notamment La Guerre des clans). En Bd, j’ai déjà lu Lanfeust, Thorgal…

Que peux-tu nous dire du format un peu particulier de cette (ces) histoire(s)?

Ce sont des sortes de mini-histoires avec une espèce de conclusion, bien que celles-ci s’enchaînent sur une histoire continue. On dirait des parties : comme si l’histoire avait été découpée.Wat -1- La fée qui avait perdu ses ailes

Il y a deux humains dans cette histoire… pas franchement sympathiques…

Au tout début deux enfants humains arrachent les ailes de Wat par mégarde. Ce sont deux gros débiles pourri-gâtés qui ne pensent qu’à jouer à la bagarre. Ensuite ils recherchent Wat et Dorg pour jouer avec et cassent tout en repartant…

Il y a un surprenant côté sexy dans cette BD jeunesse. Est-ce que cela t’a dérangé? Comment vois-tu les personnages féminin représentés dans les BD?

Ça ne m’a pas dérangé, j’ai l’habitude de de lire des BD et des manga où les filles sont souvent plutôt dénudées avec des gros seins. Ce sont des personnages imaginaires du coup ça ne me gêne pas que ce soit différent de la réalité. Dans les sisters ce sont des jeunes qui sont représentés, elles sont inspirées de vraies personnages, du coup c’est plus réaliste. Les fées sont souvent représentées parfaites!

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Merci Talia!

Voilà pour le retour de la fifille. Et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Entré dans l’univers des Sisters pour découvrir ce que lit ma fille et ce qui cartonne dans cette série, j’ai fait la connaissance avec Samy, la cops’ de Wendy que je croyais retrouver sous les traits de cette fée qui a perdu ses ailes… eh bien que nenni, rien à voir hormis le dessinateur qui a repris le faciès de son personnage secondaire. Résolument axé jeunesse, l’album qui ne Wat, la fée qui avait perdu ses ailes - BDfugue.comcomprend pas de tomaison mais laisse envisager très sérieusement une série, a un format hybride entre les gags d’une page des Sisters et l’histoire longue, entrecoupant les séquences par des sortes d’épilogue sépia qui évoquent une légende. On sait l’envie des auteurs de varier les plaisirs avec les super-sisters et ils se sont fait plaisir dans cette petite aventure en « terres sauvages » en compagnie du sympathique troll, en fuite devant deux adolescents débiles. L’album est du coup plus axé aventure qu’humour, avec de vrais méchants, de la magie et une transposition de la fée citadine à la campagne finalement pas si compliquée que cela. Si le thème voulu n’est pas vraiment exploité à fonds, les dessins que l’on connaît jolis et précis nous font passer un très bon moment, sans que l’on sache trop si William et Cazenove voudront développer leur univers ou s’arrêteront en route. Cette parenthèse est de toute façon bienvenue pour profiter de ces auteurs hors de leur cocon, en donnant envie d’aller zieuter un coup du côté de Tizombie et en se disant qu’ils pourraient un jour nous proposer une grande aventure plus adulte…

A partir de 7 ans.

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Punch!#1 Minimage

BD de Yohan Sacré
Kinaye (2021), 40 p.

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour leur confiance.

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Toujours très dynamiques, les éditions Kinaye lancent un nouveau format dans leur catalogue toujours ciblé jeunesse. Après avoir démarré sur des comics jeunesse l’éditeur élargit progressivement sa production vers des œuvres originales françaises. Après l’expérimentation sur le World de Valentin Seiche en 2019, voici une collection de courtes histoires au rythme de quatre parutions par an formant une première saison sur le thème de la nature. Kinaye est allé proposer à de jeunes auteurs pas tout à fait débutants et ayant une cohérence graphique commune de donner libre court à leur imaginaire dans des style très épurés. On imagine très bien les auteurs d’Ultralazer rejoindre rapidement cette équipe…

Résultat de recherche d'images pour "minimage sacré"Les parutions sont proposées dans des fascicules format A4 à moins de six euros avec une histoire one-shot d’une trentaine de pages accompagnée d’un cahier graphique d’une petite dizaine de pages. Chaque saison sera republiée en intégrale en début d’année suivante. Le premier numéro propose ainsi un développement des personnages présentés en fiches de façon à parler aux plus jeunes et une explication sur la réalisation d’une BD. J’aime toujours beaucoup quand un album (surtout pour les jeunes!) décrit le processus de fabrication et l’envers du décors… Comme d’habitude chez Kinaye la quatrième de couverture présente le format et un aperçu du prochain volume. Un Calvin pour l’édition, comme quoi il n’est pas besoin de fabrications très sophistiquées avec dorures et gaufrages pour souligner une qualité d’édition!

Dans un monde où le haut-peuple des Mages méprise depuis la nuit des temps la tribu des légumineuses, trois graines tombent par hasard sur un bébé mage… Que doivent-elles faire? Le ramener auprès de son peuple au risque de se faire punir… mais abandonner ainsi un bébé en pleine forêt à la merci du maléfique Loup n’est pas concevable! Les trois amis vont prendre leur courage à deux pattes dans une aventure à travers chemins et tunnels…

Résultat de recherche d'images pour "minimage sacré"Dans une histoire destinée aux plus jeunes l’histoire est nécessairement simple. Contrairement à beaucoup de BD jeunesse qui sont dotées de paginations importantes, j’ai aimé ce format court qui permet à de jeunes lecteurs d’appréhender cette histoire sans trop d’efforts et éventuellement en autonomie. L’univers de Yohan sacré est fort joli avec des décors plutôt fondus et des personnages aux formes simples mais bien détourées et donc très lisibles. Le travail de design évoque un côté austère de la nature avec ses racines et couleurs parfois inquiétantes de la forêt profonde. Les récits jeunesse ne doivent pas (selon moi) supprimer toute violence ou éléments sombres mais les rendre adaptés aux jeunes. C’est le cas ici avec des évènements assez durs qui arrivent aux amis. On parcourt différents paysages naturels, des galeries des insectes aux arbres majestueux en passant par les chemins sombres, proposant beaucoup de variété.

Pour ce premier volume de Punch!, Minimage propose une jolie histoire intéressante pour les plus jeunes évoquant des thématiques telles que l’amitié, le pardon mais aussi l’équilibre entre Nature et culture. Un beau projet qui rejoint toutes les expériences de formats légers (gazettes et pré-publications).

A partir de 6 ans.

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Les sisters #15: fallait pas me chercher!

Rufus Stewart

Cette  rubrique vise à présenter un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!


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BD de Cazenove et William
Bamboo (2020), 48p., série en cours, 15 tomes parus.

Le billet sur le tome 14 détaille l’édition et le concept de la série.

bsic journalismMerci aux éditions Bamboo pour leur confiance.

Les sisters c’est Wendy et sa petite sœur Marine. L’une grandit et arrive à l’âge des amours et des copines quand sa sister n’a pas du tout envie de lâcher ses doudous… A force de se chamailler, la terrible Marine, jamais en manque de bêtises, a pris une décision: cette fois c’est sur, elle remplace sa sister!

Salut Talia! Ça fait longtemps qu’on ne s’était pas retrouvés sur un Avis des kids et ça tombe bien puisque le dernier Sisters vient de paraître. C’est une de tes séries préférées je crois… Peux-tu nous dire ce qui te plaît tellement dans cette série?

J’adore la personnalité des deux sisters et le format en sketch super drôles! Marine n’arrête pas de se faire des délires…

A ton avis est-ce que c’est complètement inventé ou ça te rappelle des choses avec ton grand frère?

Avec mon frère on se chamaille mais pas sur les mêmes choses vu qu’on n’est pas sur les mêmes centres d’intérêt. Marine Titille sa sister pour obtenir ce qu’elle veut. Elle veut toujours savoir ce qu’il y a dans le journal intime de Wendy et l’enquiquine quand elle est avec Maxence parce qu’elle est très jalouse!

Elle ne veut pas voir sa sister grandir?

Depuis le début de la série elles ont à peu près le même âge sauf sur quelques sketch où on les voit petites et la dernière page où on les, voit adultes… et les choses ne changent pas beaucoup…

Peux-tu nous parler des petits bonhommes en haut des pages?

C’est puduk le doudou de Wendy (qui pue par-ce qu’elle ne veut pas le laver) qui résume en une image drôle le thème du sketch. [comme sur la coccinelle de Gotlib]

Est-ce que Marine est tout le temps aussi affreuse?

Non pas toujours. Il leur arrive de faire volontiers des bêtises ensemble, comme avec les cartons de polystyrène qu’elles utilisent comme de la neige… Et parfois c’est Wendy qui lui fait des crasses et se venge en lui tendant des pièges avec les parents!

Est-ce que tous les albums sont identiques et penses-tu que la série se terminera?

Il y a un thème général sur l’album mais sinon les personnages sont toujours les mêmes et les blagues du même type. Ça peut se prolonger à l’infini car il n’y a pas vraiment d’histoire. Tant que c’est drôle…

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Les Sisters - tome 15: Fallait pas me chercher !: Amazon.fr: Cazenove,  Christophe, William, William: Livres

Merci Talia, Nikol crême!


Voilà pour le retour des enfants… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Comme chaque année c’est le retour des Sisters! On est encore loin des vétérans Tuniques bleues mais avec quinze années de publication et une ribambelle de séries dérivées sous divers formats on imagine effectivement que ces blagounettes toujours drôles peuvent durer encore quelques années. Le thème de l’album est donc Marine qui fait la tête à Wendy et les auteurs nous montrent les efforts des copines des deux sisters pour les rabibocher. On voit moins les parents que sur le tome précédent il me semble, et le cœur de la BD reste bien sur la petite peste qu’on adore voir chambouler la vie de sa petite famille! Avec une excellente maîtrise technique qui permet de jolis gags visuels, une palette de couleurs flashy très adaptée à une série jeunesse et des références à tout va, qu’elles viennent de l’histoire de la BD d’humour (les classiques Gotlib, Waterson ou Gosciny) ou de la vie quotidienne de la plupart des familles, les Sisters mérite amplement son succès et arrive à plaire autant aux parents qu’aux enfants.

A partir de 9 ans.

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Misfit City #2

Second tome de 112 pages de la série écrite par Kirsten « Kiwi » Smith et dessinée par Naomi Franquiz, parue outre-Atlantique chez BOOM! Studios. Parution en France chez Kinaye le 28/08/2020. Série terminée en deux volumes.

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Merci aux éditions Kinaye pour leur confiance.

Chasse au(x) trésor(s)

Nous parlions il y a peu du premier tome de Misfit City, série rafraîchissante, pastichant le film culte Les Goonies pour livrer un récit d’aventure moderne déjanté.

Wilder, Mace, Dot, Ed et Karma poursuivent leur quête du trésor laissé par Black Mary, pirate redoutée ayant fait l’histoire de la petite bourgade de Cannon Cove. Ce coin perdu, auquel Wilder souhaite échapper, n’est connu que pour être le lieu de tournage du film Les Gloomies et ne recèle pour nos cinq adolescentes qu’ennui et langueur. Si bien que lorsqu’elles mettent la main sur une mystérieuse carte au trésor, elles se jettent à corps perdu dans cette salvatrice distraction, qui, avec un peu de chance, pourrait leur permettre de quitter le marasme de la ville.

Le tome 1 se terminait par la révélation que les rumeurs entourant la mort du Capitaine Denby étaient, comme qui dirait, grandement exagérées. Ce dernier se terrait depuis un certain temps dans les galeries creusées il y a des siècles par Black Mary et son équipage, prêt à s’accaparer le trésor. Mais les choses ne vont pas s’arranger pour notre aréopage hétéroclite car leurs poursuivants ne comptent pas non plus renoncer au trésor.

Pirates et autres Flibustiers

La recette employée par Kiwi Smith continue de fonctionner dans ce second tome. Les péripéties de nos héros s’enchaînent avec encore moins de temps morts, tandis que le danger, qui jusque là peinait à être pris au sérieux, gagne en intensité.

Grâce à un savant mélange d’astuce et de chance, les héroïnes se rapprochent de la vérité, et donc du trésor, si tant est qu’elles mesurent bien les risques et le prix d’une telle récompense. Les dialogues sont toujours drôles et plein d’esprit, l’éditeur ayant même ressenti la nécessité d’expliciter certaines notions au travers de notes de traduction. Il est fort possible que cela soit du au caractère tout public de la série, qui fait que certains jeunes lecteurs pourraient passer à coté de certaines subtilités.

Comme dans toute histoire d’adolescents, nous avons droit à une sous-intrigue soap grâce aux amours naissantes de Wilder et Todd, et aux conflit de loyauté de cela provoque pour Wilder.

La partie graphique assurée par Naomi Franquiz demeure dans la même veine que le premier volume, bien qu’on puisse estimer qu’elle est ici un poil en dessous.

Pour les amateurs de chasse au trésors et à ceux qui ont apprécié le premier tome !

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Ronin Island #2

Jeunesse

Deuxième tome de 112 pages d’une série écrite par Greg Pak et dessinée par Giannis Milonogiannis. Parution en France le 19/06/2020 aux éditions Kinaye.

Blanche-Neige et les 47 Ronins

badge numeriqueLe premier tome de Ronin Island n’avait pas convaincu le père Blondin, de par une intrigue convenue et des graphismes sans touche particulière. Qu’en est-il de ce second tome ?

Hana et Kenichi ont grandi sur la même île, mais ils ne sont pas du même monde. Dans l’ère féodale du Japon, chacun ne survit que s’il sait rester à sa place, et le système de castes s’assure du respect de ce statu quo. Kenichi, fils d’un samouraï déchu, porte sur ses épaules le poids des traditions et de la gloire perdue de son clan. Hana, quant à elle, rêve d’un avenir meilleur que ce à quoi sa basse extraction semble la promettre.

Toutefois, sur l’île des Ronins, chacun peut faire la démonstration de sa valeur, et c’est ainsi que les deux jeunes gens ont pu suivre l’entraînement du même maître, Ito, qui a fait d’eux des combattants dévoués à la cause commune. L’isolement insulaire de cette petite communauté va cependant être rompu par l’incursion des soldats du Shogun, seigneur local qui envoie ses hommes réquisitionner tout ce qui peut l’être, pour l’aider dans la grande lutte contre les Byonins, démons invincibles qui ont dévasté le pays.

Kenichi, Hana et Ito vont donc être embarqués de force à la rescousse du Shogun, qui va s’avérer n’être qu’un lâche machiavélique et cruel. Nos héros vont donc devoir conspirer, à la manière des 47 Ronins de la légende, dans le but de se débarrasser de l’indigne seigneur et ainsi préserver leur île.

Roninera bien qui Roninera le dernier

Le problème, c’est qu’Hana et Kenichi ont chacun leur idée sur la meilleure façon de protéger les intérêts de l’Île. Parviendront-ils à repousser les Byonins tout en évitant le pire à leur communauté ?

Comme le soulignait Blondin, l’intrigue de Ronin Island promettait quelque chose d’intéressant, pour peu que l’on soit intéressé par les univers nippons et la culture des samouraïs. L’utilisation des créatures-qui-ne-sont-pas-techniquement-des-zombies nous ramène nécessairement aux poncifs liés à ce genre de récits, et à la lecture, on sent bien que Greg Pak, scénariste pourtant confirmé, a du mal à s’en départir.

L’intrigue tient néanmoins debout, même si quelques retournements de situations peuvent donner un sentiment d’inconstance chez les héros. Mais même cet aspect-là peut s’entendre, les héros étant jeunes et dans une situation qui les force à s’adapter sans cesse. A ce stade de l’intrigue, on distingue d’ailleurs assez bien les différences de point de vue entre les deux guerriers, et les causes qui expliquent ces façons de penser différentes.

Les créatures quant à elles, sont un exact miroir de celles que l’on peut trouver dans Green Class, la cause de la transformation étant ici clairement attribuée à un champignon. Les dessins de Giannis Milonogiannis lorgnent résolument, et de façon assez logique, du côté du manga, sans nécessairement taper dans l’appropriation culturelle.

Forte de ses deux tomes, la série Ronin Island reste une lecture agréable, prenante et engageante, dont on a hâte de découvrir la suite notamment grâce à des personnages attachants et en pleine construction.

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Wild’s End #1: Premières Lueurs

Jeunesse

Wild’s End est une série écrite par Dan Abnett et dessinée par I.N.J. Culbard, parue aux US chez Boom! Studios à compter de 2015. L’édition française est assurée par les éditions Kinaye, à travers ce premier volume de 160 pages couleur.

Parution repoussée à 2021 en raison du changement de planning lié au COVID.

Si Jeff Lemire le dit, c’est que c’est vrai !

La guerre des (autres) mondes

badge numeriqueClive Slipaway, un vétéran de la Marine Britannique, vient s’installer dans la bourgade tranquille de Lower Crowchurch afin d’y couler des jours paisibles. Accueilli chaleureusement par les notables du village, il est rapidement remarqué pour son caractère taciturne et son attitude placide, voire taiseuse.

Ce qui contraste nettement avec les frasques alcoolisées de Fawkes, petit braconnier méprisé par le reste des habitants. Lorsque celui-ci revient un soir, affolé, annonçant l’arrivée d’une catastrophe, c’est presque naturellement que les habitants de Lower Crowchurch balayent ses avertissements en le traitant de fou et d’ivrogne.

Et si, à l’instar du personnage de Russel dans Independance Day, ou de Cassandre dans la mythologie grecque, celui que l’on prend pour un fou avait raison depuis le début ?

Le début de la Fin

C’est ainsi que Clive, que l’on soupçonne traumatisé par les horreurs de la guerre, va devoir s’embarquer à nouveau dans une bataille, qui aura cette fois pour enjeu la survie de l’Humanité… ou du moins d’une version anthropomorphique. Car la particularité de cette aventure que l’on pourrait penser sortie de l’imagination de H.G. Wells, est qu’elle met en scène des personnages humains aux traits animaux, comme une façon de refléter la nature humaine grâce à nos 30 millions d’amis, ce qui est d’autant plus à-propos thématiquement que les antagonistes n’ont absolument rien d’humain, ni de terrien.

On peut tout de suite souligner que l’anthropomorphisme est ici utilisé à bon escient par Dan Abnett, qui en fait une sorte de totem à l’effigie de ses protagonistes, ce qui a pour effet de refléter leurs caractères. Par exemple, le vétéran placide et taiseux est un dogue allemand, tandis que l’écrivaine revêche est un chat siamois, et que le roublard craint de tous est un renard.

La succession des péripéties se fait de façon fluide et permet à chaque personnage de briller, par des dialogues savoureux et des situations toujours plus dangereuses. L’auteur garde le mystère quant à ses envahisseurs venus des étoiles, mais on comprend bien vite que ce cauchemar n’est que le début…le début de la fin.

Wild’s End est une excellente lecture, qui reprend les codes du récit d’invasion tels que définis par La Guerre des Mondes de H.G. Wells. On attend le second tome avec impatience !

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Misfit City

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Premier tome de 112 pages de la série Misfit City, écrite par Kirsten « Kiwi » Smith, Kurt Lustgarten, dessiné par Naomi Franquiz et mis en couleur par Brittany Peer, paru le 14/02/2020 aux éditions Kinaye. Série finie en 2 deux volumes.

bsic journalism merci aux éditions Kinaye pour leur confiance.

Il arrive que certaines œuvres cultes, celles ayant marqué des générations, doivent leurs succès à leur format, leur prémisse de départ, ou encore aux archétypes qu’elles utilisent. Les films et séries cultes des années 80 ne font évidemment pas exception, et en y regardant de plus près, on peut discerner certains archétypes récurrents, notamment dans les œuvres mettant en scène des groupes.

Par exemple, il y a dans chaque groupe un leader, (Luke Skywalker, Hannibal Smith, Captain America, Venkman…) parfois volontaire, parfois réticent, un rebelle (Han Solo, Futé, Iron Man, Spengler…) qui contrebalance souvent les caractéristiques du leader, un génie (le duo C3PO-R2D2, Looping, Bruce Banner…) frêle mais intelligent, et un costaud (Chewbaca, Barracuda, Thor, Zeddemore…). On peut également trouver parfois un archétype dont le trait principal et la Féminité (Princesse Leïa, Black Widow…). Même un film comme les Goonies ne semble pas échapper à la règle: Mickey le leader, Bagou le rebelle, Data le génie et Choco le costaud.

Misfit City se veut une série à la fois nostalgique et moderne, reprenant ces archétypes de façon à les dépoussiérer façon 21e siècle par une astucieuse mise en abîme.

Cannon Cove est une petite bourgade portuaire quelque peu morose, où la vie ne semble pas trépidante. Le seul intérêt qui semble pouvoir être porté à la ville est du au fait qu’elle fut le lieu de tournage d’un célèbre film des années 80, The Gloomies, raison pour laquelle quelques touristes viennent encore souiller les côtes lors de leurs pèlerinages geeks.

Au milieu de ce marasme, Wilder (leader), Macy (rebelle), Dot (génie), Edwina (costaud), et Karma (féminin), tentent de survivre à l’ennui tout en esquivant les ennuis inhérents à la vie de lycéennes. C’est alors que disparaît le Capitaine Denby, figure locale quasi folklorique, qui lègue au musée de Cannon Cove un mystérieux et imposant coffre, dans lequel les adolescentes vont découvrir rien de moins qu’une carte au trésor. La réalité est-elle sur le point de dépasser la fiction ?

Toute ressemblance…

La scénariste Kirsten Smith, dont la masterpiece n’est autre que La revanche d’une blonde, nous sert ici ce qui faisait déjà le sel des Goonies il y a 30 ans: un groupe de jeunes se languissant dans une bourgade américaine, une chasse au trésor balisée par des indices, des codes à décrypter, la mélancolie à l’approche des séparations, et des bad guys qu’il faut distancer.

Le tout est rehaussé par les inévitables références au film culte que l’auteur s’est amusée à pasticher. Le groupe d’héroïnes, bien qu’archétypal, n’en demeure pas moins tout à fait complémentaire, crédible, et donc attachant, ce qui montre que les archétypes, lorsqu’ils sont bien utilisés, ne se transforment pas nécessairement en clichés.

Naomi Franquiz est une excellente dessinatrice, dont le style cartoon sied parfaitement à l’ambiance de l’histoire.

On suit donc avec délectation les péripéties de Wilder et compagnie jusqu’à un cliffhanger plutôt prévisible mais bien amené. Une œuvre tout public divertissante, à lire !