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Hit the Road

La BD!

Histoire complète en 48 pages, écrite par Dobbs et dessinée par Afif Khaled, parue le 01/07/2020 aux éditions Glénat/Comix Buro.

Hit the road, Clyde

La fin des sixties représente le crépuscule d’un âge d’or. Celui de bandits old school, des gangsters post-WW II venant d’une époque révolue où le manichéisme était encore de rigueur. Après ça, le Watergate, le Viet-Nam et la crise pétrolière se seront chargés de saper les fondations du vieux monde pour le faire entrer dans une ère pas nécessairement plus sombre, mais résolument plus grise.

Clyde n’en est pas conscient, mais il vit malgré lui la transition entre ces deux mondes. Bandit de grands chemins comme on en fait plus, bad boy nimbé de principes qui lui ont valu quelques années de placard, il ressort, libre, et prêt à régler quelques comptes avec Granny pour mieux repartir de zéro.

Non loin, la jeune Vicky gère la pression que lui met sa mère pour la faire participer aux affaires criminelles de sa famille dirigée par Granny, tout en cherchant le moyen d’avorter le plus discrètement possible. C’est alors qu’elle va faire la rencontre de Clyde, qui compte bien se servir d’elle pour atteindre la vieille cheffe de clan.

Arnaques, crimes et tatouages

Les histoires de gangsters sont devenues l’apanage de certains auteurs reconnus. On pense notamment à Quentin Tarantino ou Guy Ritchie, qui se sont fait une spécialité des populaces interlopes en créant des histoires à tiroirs, parfois sordides, souvent violentes, mais avec toujours ce ton mordant qui a fait leur renommée.

Force est de constater que leur travail a phagocyté le genre, tant et si bien que l’on parle de dialogues tarantiniens et de mise en scène « à la Ritchie« . Devenir ainsi le maître-étalon de tout un genre de fiction n’est pas chose aisée, mais peut avoir pour inconvénient de formater non seulement le genre en lui-même, mais également nos attentes de lecteurs.

C’est un peu ce qui se passe avec ce Hit the Road, dont l’intrigue, tout en restant cohérente dans son ensemble, ne s’aventure pas au-delà du premier degré, et se refuse le côté outrancier des œuvres tarantinienes. On trouve toutefois un peu d’ironie ainsi qu’un sens de la répartie dans les premières pages, mais qui s’efface bien vite au profit d’un scénario quelque peu convenu.

Reconnaissons néanmoins qu’il est délicat en 48 planches, de développer une histoire qui soit à la fois dense et dynamique. La révélation sur les motivations réelles de Clyde, bien pensée, est amenée assez maladroitement, trop pour élever le scénario dans son ensemble. A coté de ça, certaines thématiques, comme celle de l’avortement, auraient mérité un traitement plus dense mais paraissent saupoudrées ou survolées.

Le point fort de Hit the Road reste le graphisme excellent de Afif Khaled, qui livre de très belles planches grâce à un trait précis et dynamique.

En bref, malgré une partie graphique attractive et soignée, Hit the Road ne fait que passer, et c’est bien dommage !

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BD et vrac #11

Aujourd’hui pas de jeunesse ni de docu mais une fournée spéciale nouveautés toutes fraîches avec de grosses sorties très grand public. Après la grosse artillerie de com’ autour de ces albums, en vrai qu’est-ce que ça vaut?

  • Le dernier dragon #2 (Pecau/Pilipovic/Delcourt) – 2019, 2 vol parus.

Critique réalisée sur version numérique pour Iznéo.

bsic journalismbadge numeriqueLe premier tome de cette série est paru en mars dernier et nous voilà déjà avec la suite d’une très bonne surprise du printemps. Si la couverture est tout aussi magnifique que la première, l’album souffle le chaud et le froid et l’on se demande du coup s’il n’a pas été réalisé un peu vite… Le scénario très étrange commence sur des récits de Léonard de Vinci avant de nous faire retrouver l’héroïne envoyée en Terre-sainte pour finir par retrouver les protagonistes des toutes premières pages de la série. Les sauts sont du coup un peu brutaux et le scénariste pourtant chevronné oublie un peu de développer son background et la liaison entre les séquences. Même chose pour les dessins de Pilipovic, parfois superbes et précis, parfois manquant étrangement de netteté. Le duo a un talent certain et le matériau est riche mais les affrontements dragoniers ne suffisent pas à maintenir l’intérêt au niveau du premier volume. Espérons que ce ne soit qu’un petit coup de mou car il serait vraiment dommage que cette série tombe dans une banalité du tout venant Fantasy.

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  • Danthrakon (Arleston/Boiscommun/Drakoo) – 2019, 1 vol/3 parus.

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bsic journalismAprès des années passées chez Soleil où son univers fantasy a très grandement participé à marquer la ligne éditoriale de l’éditeur toulonnais, Arleston a accepté de prendre en charge le nouveau label Drakoo de chez Bamboo, avec en ouverture de bal ce Danthrakon, série jeunesse prévue en trois tomes. Si vous suivez ce blog vous savez que je considère les séries de plus de six volumes comme des démarches commerciales, aussi ce format me met dans de bonnes dispositions. Je connais l’univers d’Arleston et ai toujours aimé Lanfeust (au moins les deux premiers cycles), en revanche si j’aime bien les images des BD de Boiscommun je n’avais rien lu de lui jusqu’ici. Cet album nous présente un univers (ou plutôt une cité) de magie ou différentes races cohabitent et se rangent par fonction. Les mages prennent des apprentis à leur service dans des maisonnées organisées comme les domaines du XVIII° siècle. Une caste d’inquisiteurs surveille l’utilisation de la magie dont la variante « magie du sang », considérée comme primale et incontrôlable, est interdite. Le héros, jeune marmiton un peu niais (ça ne vous rappelle personne?) se retrouve dépositaire de la puissance magique d’un ancien grimoire, qui le transforme en bête surpuissante… Résultat de recherche d'images pour

J’avoue avoir été un peu déçu par cet album qui se confirme être destiné à un lectorat jeune, avec une simplicité d’action et de textes qui se justifient en cela. Tout d’abord le dessin d’O.G. Boiscommun est étonnamment faible et brouillon par rapport à ce qu’il a produit jusqu’ici. Je soupçonne l’encrage et la colorisation (réalisées par deux autres personnes) assez plate et informatique d’être la cause de cela puisque le cahier graphique de fin de tome montre de superbes dessins. Ce dessinateur nous a habitué à apprécier ses couleurs directes et le style que l’on apprécie est ici perdu, c’est très dommage! Pour ce qui est de l’univers et de l’histoire il n’y a rien de très surprenant. Encore une fois l’efficacité d’Arleston plaira probablement aux jeunes lecteurs mais contrairement à Lanfeust et d’autres séries du scénariste les adultes risquent d’avoir du mal à se laisser tenter. Pour l’originalité on attendra de voir les autres tomes mais pour l’heure on reste avec de la BD très formatée dont on peine à détecter la plus-value dans l’océan de la BD fantasy. Pour un démarrage de collection j’attendais quelque chose de plus qualitatif, surtout que ce qui s’annonce chez Drakoo semble plutôt alléchant.note-calvin1note-calvin1


  • Time lost #1 (Sala/Khaled/Soleil) – 2019

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On ne va pas se mentir, ce pulp plein de nazis, de soldats amérloques malpolis, de pom-pom girls, de dino et de Mechas se lit très très vite. Si tout est dans la couverture et que certains pourront trouver le ratio prix d’achat/temps de plaisir un peu dur, il est indéniable qu’Afif Khaled est un super dessinateurs qui maîtrise à merveille la technique numérique et que son dessin ne souffre que de très peu de défauts avec une minutie des détails remarquable. Jean-Luc Sala est un scénariste expérimenté qui aime les univers d’aventure décalés (son très bon Spynest et le plus complexe Cross-fire avec Pierre-Mony Chan) et il aurais pu nous en donner un peu plus pour cette entrée en matière. Du coup je crains la série à rallonge très commerciale… Il n’en demeure pas moins que l’on prend un plaisir certain dans cette immersion pop-corn proche de ce que va nous proposer Herenguel avec son Kong Crew: c’est chatoyant, plein de testostérone, de clichés qu’on aime, bref une BD de garçon coupable qui souffre surtout de dialogues franchement bof avec beaucoup de bons mots qui tombent à plat. Mais ce n’est pas très grave puisqu’on est là pour les dessins et l’action.

Et un autre avis chez Constellation. https://blogconstellations.home.blog/2019/09/27/time-lost-01-operation-rainbow-2-jean-luc-sala-et-afif-khaled/

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