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Sushi & Baggles #23

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Exceptionnellement pas de comics sous la main du coup une spéciale manga (une fois n’est pas coutume…):

  • Magical girl Holy shit! #1 (Souryu/Akata) – 2018, série en cours (7 vol Jap/6 vol fr).

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couv_338211L’ami Xander, blogueur-testeur qui se rapproche dangereusement de l’exhaustivité en matière de publication de manga avait conseillé cette série de la bien nommée collection WTF (What the fuck!) chez Akata, collection sur laquelle j’avais déjà testé Saltiness. Le pitch en mode très décalé m’a plu et je n’ai pas été déçu par ma lecture. On a donc une entrée en matière très rapide avec une sorte d’ange en forme de pokémon qui jette son dévolu sur une jeune fille semblant correspondre aux critères des Magical Girls… et s’avère être une fille complètement barrée qui fume comme un pompier et adepte des bourre-pif pour résoudre tous les problèmes. Dans ce premier volume on a droit à bien quatre-cinq démons qui se font immédiatement latter sans que l’auteur ne se préoccupe trop de mettre en place un scénario. On nous présente les bribes de background de la fille et on rencontre les autres anges qui expliquent à leur congénère que tous les démons convergent vers la Terre attirés par l’énergie négative de la nouvelle magical girl. C’est plutôt bien dessiné, ça bastonne à mort à coups de « putain de sa race » et de nuages de clopes. L’héroïne est timbrée et tire une tronche super flippante chaque fois qu’elle combat… bref, le contrat est totalement rempli sur ce volume qui se moque allègrement des codes des mangas de jeunes filles jusque dans les vues de petites culottes qui sont ici loin du Ecchi mais plutôt ironiques. A voir si ça tient la route sur plusieurs volumes. Personnellement je vais continuer un peu car la bonne déconne il n’y en a pas tant que ça!

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  • Ex-Arm #2 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2016.

Série finie en 14 volumes (10 vol. parus en France)

badge numeriquecouv_286695Le billet sur le premier volume est lisible ici.

Ce volume clôture l’affaire des bombes humaines (en deux tomes donc) et souffre des mêmes problèmes de découpage trop rapide qui oublie totalement les ellipses. Dommage car graphiquement ça dépote toujours autant avec des trames très fines, un dessin vraiment élégant et un super-design. L’intrigue reste minimaliste et les enquêtes se résolvent en deux coups de cuillère à pot. Mais franchement, pour une série très grand public, c’est le grand luxe, on en prend plein les mirettes, les personnages sont sympathiques (bien que très basiques) et l’ambiance techno très bien rendue. C’est formaté à mort mais un peu comme un bon Marvel, quand c’est réussi, pourquoi bouder son plaisir? Moi je continue!

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Sushi & Baggles #22

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Exceptionnellement pas de comics sous la main du coup une spéciale manga (une fois n’est pas coutume…):

  • The promised neverland #1 (Shirai/Demisu/Kazé) – 2018, 15 vol parus (10 vol en France)

9782820332233-475x500-1mediathequeThe promised Neverland est l’un des phénomènes manga de l’année 2018 et remporte des prix au Japon depuis sa sortie en 2016. Il y a donc deux ans de décalage avec l’édition française, au rythme de cinq albums par an, que l’éditeur Kazé suit. Une série animée a commencé à être diffusée et un film live est prévu l’an prochain (… comme pour à peu près tous les mangas qui marchent bien du reste). La couverture très réussie et le titre (faisant référence au Pays perdu de Peter Pan), sont un peu trompeurs puisque la série prends plutôt comme référence les histoires d’évasion et la série Prison Break à laquelle elle m’a immédiatement fait penser. Le lecteur est en effet très surpris de découvrir le pot aux roses dès le premier chapitre: le merveilleux orphelinat plein d’amour est en fait un élevage de bétail pour des démons vivant au dehors… Objectif évasion pour trois jeunes pensionnaires qui vont passer ce premier tome à réfléchir aux risques, pièges tendus par leur « maman », les raisons de ceci ou de cela. La structure du récit faisant une grande place à l’illustratif pendant les analyses des enfants ne permet pas un grand dynamisme, l’action proprement dite étant réduite à la portion congrue. Si l’on s’adresse à un public jeunesse la seule personnalité des enfants et les discussions en mode « club des cinq » peuvent soulever l’enthousiasme. Pour des ado ou des adultes ça fait un peu court. En outre sur ce premier tome les dessins (assez petits) n’ont rien d’extraordinaires. Bilan mitigé donc pour ce premier volume au regard d’autres séries contemporaines comme Docteur Stone on Dragon ball Super. Je continuerais probablement quelques tomes pour voir mais pour l’instant pas de grand enthousiasme.

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  • Zetman #3 (Katsura/Tonkam) – 2005, série finie en 20 vol. 12 chapitres par volume.

badge numeriquezetman03Bon, je vous rassure (un peu), ce troisième volume reprends les qualités du premier en gardant ses défauts: l’histoire avance à petits pas, avec beaucoup de mystères, de gros éclats fantastiques marquants qui montrent la qualité du dessin de Katsura mais on alterne souvent entre plusieurs personnages, plusieurs moments et plusieurs intrigues que l’on devine devoir se rejoindre progressivement. Ça peut lasser à la longue si ça reste trop séparé entre les histoires du frère et de la sœur de la riche famille d’industriel et l’intrigue principale de Zet et se ses mystérieux pouvoirs. La dureté visuelle et thématique sont étonnantes et bienvenues. Bref, on sent à la lecture que la structure de l’histoire se construit progressivement et ça peut donner quelque chose d’assez bon. A noter le côté rigolo d’une époque pas si lointaine où les téléphones portables n’étaient pas des ordinateurs miniatures et les mails avaient la forme de SMS…

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  • Ex-Arm #1 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2016.

Série finie en 14 volumes (10 vol. parus en France)

couv_281534badge numeriqueEx-Arm est une série SF, voir Cyberpunk que l’on peut classer dans le registre Ecchi soft. L’inspiration évidente est Ghost in the Shell du grand Masamune Shirow, dont le concept même est repris à l’envers: ici un jeune adolescent dont le cerveau est sauvé et qui se réveille quinze ans plus tard dans cette coquille (shell)… On laisse ici de côté toutes les réflexions philosophiques voir ésotériques de Shirow pour donner un grand spectacle SF sexy, action et techno avec une fliquette mignonne, une copine androïde super forte et peu pudique et un cerveau expert en hacking de tout type. De ce que j’en ai vu on retrouve un peu du Origine de Boichi, avec un dessin plus classique mais franchement dans le haut du panier. Le dessinateur abuse bien entendu de contre-Résultat de recherche d'images pour "ex-arm tome 1 komi"plongées, de vues sur les culottes et de prétextes à dénuder les poitrines des demoiselles… ça s’adresse à un public ado japonais et c’est un peu le passage obligé. Mais ici rien de vulgaire, pas beaucoup plus coquin que pas mal de BD franco-belges, c’est bien dessiné, très rythmé et on ne s’embarrasse pas (pour une fois!) d’intrigues et de tirades interminables. Pour ce premier tome Ex-Arm est très efficace et perturbe un peu par sa construction avec des sauts temporels brefs qui créent une complexité totalement artificielle. On sent que la lecture de la préquelle one-shot Ex-Vita serait un plus permettant de connaître les deux héroïnes mais rien d’indispensable non plus. Personnellement cela fait longtemps que j’attends quelque chose de la trempe des mangas de Shirow et cette introduction à tout de l’héritière décomplexée, jolie à regarder, bourrée d’action et de thématiques typiques du Cyberpunk. Série à suivre.

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Sushi et Baggles #9

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Demokratia #1

Résultat de recherche d'images pour "demokratia tome 1 manga"Demokratia suit en 5 volumes l’expérience de deux chercheurs japonais, l’un en robotique, l’autre travaillant sur un algorithme permettant la prise de décision collaborative qui vont donner vie à un androïde qui sera piloté par des utilisateurs anonymes inscrits sur le site web du projet. Par un programme informatique alliant majorité et minorités, les internautes vont faire évoluer le robot dans le monde réel, le faire parler, se déplacer, en bref, agir presque comme un humain! C’est le grand intérêt de ce court manga que de donner forme via l’anticipation à des projets qui existent déjà dans le monde réel (la démocratie participative internet est utilisée par nombre de communautés dont beaucoup autour du logiciel libre et la robotique japonaise a déjà commercialisé plusieurs androïdes d’aide à domicile aux diverses fonctions).

Niveau dessin c’est correcte sans être renversant et avec une assez faible ambition. L’histoire traite autant des promoteurs du projet, des interlocuteurs du robot que des internautes, avec comme souvent dans les manga une approche sociologique de la misère sexuelle et affective de nombre de citadins nippons. Ce n’est pas le côté qui m’intéresse le plus, mais je pousserais pour voir si les idées concernant la démocratie internet vont plus loin que les premières idées fort intéressantes de ce premier tome.

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Dr. Stone 4 (Boichi)

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Les aventures de Senku continuent avec une avancée vers la « civilisation scientifique » à vitesse grand V! Le dernier volume a vu la découverte de l’électricité, ce quatrième commence par la fabrication du verre afin de pouvoir développer la chimie à même de soigner la prêtresse du village. J’aime toujours autant l’aspect vulgarisation scientifique en manga mais les passages qui cherchent à développer une pseudo intrigue restent assez lourdingues de même que l’humour très particulier japonais.

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Moonshine #2

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bsic journalismEn relisant mon billet du premier tome je me dis que j’ai peut-être été un peu dur sur le dessin, car j’ai pris pas mal de plaisir à lire ce second volume (série à suivre), jouant beaucoup sur les ombres et lumières en transposant cette fois l’intrigue en Louisiane où le personnage principal a été évacué en train après le final du premier tome. Attrapé par la patrouille il se retrouve forçat sur les routes ensoleillées du sud américain. Ce changement de couleur permet d’explorer d’autres thèmes de la période de la Depression: la violence toujours, les sales gueules et le comportement absolutiste des geôliers. On se demande un peu tout le long où le scénariste nous emmène et malheureusement on termine l’album en se disant que l’intrigue n’a guère avancé… pour ce qui concerne Lou. Car ce qui intéresse les auteurs semble plutôt être une guerre occulte entre créatures de la Nuit et mystérieux personnages qui semblent savoir s’y prendre pour éliminer les lycans. L’histoire avance en alternance entre Lou perdu au bagne et le clan Holt où l’on en apprend plus sur l’origine des animorph.

Moonshine est une lecture agréable avec une réelle identité graphique proche de Frank Miller et de vraies fulgurances. L’atmosphère est là, visqueuse, vaguement malsaine, violente (ou carrément gore). Le dessinateur a de vraies lacunes concernant les visages mais est particulièrement efficace dans les ombres chinoises et les séquences de terreur…. Sans révolutionner le genre elle sait nous accrocher, même si l’intrigue avance bien peu dans ce second tome et l’on espère que les auteurs sauront nous proposer une véritable fin sans nous laisser au milieu du gué.

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****·Manga

Wallman

Manga de Boichi
Kazé (2016), 3 volumes parus, 225 p./album.

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J’ai découvert le mangaka Boichi très récemment et notamment son œuvre phare (et la plus longue): Sun-ken Rock. C’est clairement en parcourant les recherches d’image Google que j’ai flashé sur ces cases dont certaines sont réellement sidérantes. Wallman étant en seulement trois volumes à ce jour (probablement un premier cycle) je me suis laissé tenter. Et donc qu’est-ce que ça vaut?

Et bien je dirais plutôt très bien et plutôt mieux que Sun-Ken Rock. D’abord, la série étant plus récente, son dessin est déjà à pleine maturité (les premiers tomes de Sun-Ken Rock étaient « à améliorer ») et son style également. Résultat de recherche d'images pour "wallman boichi"Les fondamentaux sont là: on est dans un manga d’action effrénée où l’humour vaguement scato ou sexuel et les (très) jolies filles (très) aérées ont une place sinon centrale, disons régulière. Boichi adore les plans osés sur les petites culottes. L’insistance est un peu lourdingue mais question virtuosité cela permet des plans assez incroyables dans les scènes d’action. De même, les filles ont une fâcheuse tendance à oublier de mettre des pantalons/des soutifs… bref. L’artiste un peu Otaku sur les bords se fait plaisir et finalement il n’est pas le seul dans l’univers de la BD à aimer dessiner les filles…

Résultat de recherche d'images pour "wallman boichi"Passons donc au cœur du manga: l’action. Là-dessus on entre directement dans le vif du sujet avec des acrobaties câblées de Maître Ku et sa charmante disciple (format oblige: on est sur trois volumes dans une histoire finie quand Sun-Ken Rock se clôt en 25 volumes avec quelques longueurs) dès les premières pages. Ça va même un peu vite pour du manga et on est un peu frustré de passer si rapidement sur ces affrontements qui virent dès le second volume en mode jeu vidéo (inspiration claire de Boichi) avec boss successifs avant d’atteindre la fin du « level ». L’originalité des combats câblés est réelle et permet à la fois une scénarisation des combats et des innovations graphiques franchement chouettes. Le design et concept des adversaires est également hissé vers le haut et l’on pense parfois aux inventions du jeu vidéo Metal Gear Solid avec ces boss aux qualités très spécifiques. Niveau dialogues ça ne vole pas haut mais on n’est pas là pour philosopher…

Image associéeCe qui fonctionne très bien dans ce manga c’est l’articulation du trio Maitre Ku (le héros +/- assexué)/Nami (la bombe anatomique qui voit en lui un père/amant)/Kubota (l’ami mangaka rigolo). Kubota apporte un vrai plus niveau humour, ce petit gros expert en grand écart sauté avec fusil à pompe est très drôle et tempère le caractère ténébreux du héros. Il permet également d’introduire le thème des armes à feu, comme sur le tome 3 où l’auteur nous explique les subtilités des calibres des fusils antichar des soviétiques et des finlandais… Le côté technique est très sympa dans cette série et me rappelle un peu Appleseed.

En trois tomes sur les chapeaux de roue on n’a pas vraiment le temps d’installer une histoire, mais le troisième volume (clairement le mieux) commence à détailler l’univers des agences d’espionnage et des organisations occultes qui embauchent les Wallmen. Ça semble bien plus touffu et avec un plus gros potentiel que Sun-Ken Rock… auquel Wallman est lié puisque Nami apparaît dans la grande série de Boichi et que Wallman nous parle du Gang que Ken (qu’on voit apparaître à la fin) a décimé.

Résultat de recherche d'images pour "boichi wallman"Le mangaka est pour l’instant parti sur une nouvelle série (Origin, à paraître en France en juin chez Pika), ce qui reporte la suite des aventures de maitre Ku, mais il est certain que l’assassin câblé va voir de nombreux tomes dans le futur, pour notre plus grand plaisir!

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… et si vous souhaitez en savoir plus sur les séries de Boichi, le site anglosaxon Mangakalot propose la totalité de son œuvre en version numérisée, histoire de jeter un œil avant d’acheter.

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