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L’Évadé de C.I.D. Island

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Récit complet en 125 pages écrit et dessiné par Ibrahim Moustafa. Parution française chez les Humanoïdes Associés le 07/04/2021.

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Merci aux Humanos pour leur confiance.

Monte-Cristo à Alcatraz

Le jeune Redxan Samud n’avait pas tout pour réussir, mais la chance semble tout de même lui sourire. De basse extraction, il a du redoubler d’efforts pour faire ses preuves sur le navire marchand où il trime depuis des années.

Après un énième exploit qui attire sur lui l’attention de l’armateur, Redxan est désigné capitaine de son navire. Cette promotion inespérée, qui récompense des années d’efforts, va lui permettre de demander l’élue de son cœur, Meris, en mariage.

Ulcéré par cette ascension, Onaxis, un homme fourbe et cupide issu de la noblesse, fomente un complot contre Redxan afin de provoquer sa chute. Accusé de trahison envers le régime, Redxan est condamné lors d’une glaçante parodie de justice, puis jeté dans les geôles de C.I.D. Island, une prison impénétrable dans laquelle il rejoint nombre de prisonniers politiques. Clamer son innocence ne fait que précipiter sa disgrâce et durcir son châtiment, si bien que Redxan perd tout, son honneur, son avenir et la femme qu’il aimait.

Forcé de lutter pour sa survie lors de combats à mort, Redxan perd peu à peu espoir et sombre presque dans la folie. Un jour, il fait la rencontre d’Aseyr, un vieil homme enfermé depuis des décennies, avec lequel il va se lier d’amitié. A partir de là, Redxan va retrouver la volonté de vivre, puis préparer sa vengeance, contre ceux qui lui ont tout pris…

Un homme trahi en vaut deux

Nous sommes ici face à une adaptation du célèbre Comte de Monte-Cristo, d’Alexandre Dumas. Un homme est trahi et perd tout, puis revient des années plus tard sous un nom d’emprunt pour accomplir sa vengeance.

L’auteur s’approprie bien sûr l’histoire à sa manière, notamment en utilisant un décorum SF, qui n’impacte toutefois pas l’intrigue de façon significative. Si la première partie reste fidèle au modèle, la suite prend néanmoins une tournure plus personnelle à l’auteur. En effet, sur fond de lutte des classes, le scénario va passer du cadre intimiste de la vengeance personnelle à celui plus large de la révolution.

Cette direction élude donc tout un pan des manœuvres originelles d’Edmond Dantes, qui dans l’œuvre de Dumas, éliminait un à un ses anciens persécuteurs avec patience et froideur. Dans C.I.D. Island, la duplicité du héros ne dure qu’un temps, puisque le tout bascule bien vite dans l’action pure et les affrontements frontaux, ce qui est finalement dommageable, bien qu’entendable dans le cadre d’une adaptation.

Le tout est traversé par un souffle épique, en grande partie grâce aux fabuleux graphismes d’Ibrahim Moustafa, qui fait mouche tant sur les personnages que sur les décors. Vaisseaux volants, robots de guerre et îles flottantes, duels au sabre, tous les ingrédients sont réunis pour constituer ce récit prenant et divertissant.

En bref, L’Évadé de C.I.D. Island est un récit d’action et de vengeance fort bien réalisé, ambitieux et cohérent dans son ensemble, même si l’on aurait aimé que la partie mascarade, qui fait tout le sel de l’œuvre originale, soit davantage mise à l’honneur.

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Cannibal

esat-westComic de Jennifer Young, Brian Buccellato et Matias Bergara
Glénat (2018) – Image (2016), 94 p., épisodes 1-4.

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L’album a été lu en numérique, donc hormis la maquette reprenant l’habillage d’une bouteille de Whiskey, aucun bonus hormis les couvertures des épisodes, ce qui est rare dans les comics.

Cannibal vous transporte dans l’Amérique profonde, celle que les scénaristes américains illustrent de plus en plus dans leurs récits de genre, en cette période de Trumpisme où une Nation s’interroge sur son sort et sur la viabilité à faire encore cohabiter des populations si différentes et notamment un Sud réactionnaire, violent, anti-autorité. Car sous un habillage d’histoire d’horreur se cache surtout la chronique d’une fratrie de la Louisiane, un endroit où le centre est le bar, où tout le monde se connaît et où on chasse les étrangers (entendre « étranger au comté »…) à coups de barres de fer. Surtout, un endroit où comme jadis dans l’Amérique pré-Union, les habitants se font justice eux-même en vague forme de milice et où le Shériff bien loin de sa tutelle ferme les yeux. Un univers où la petite amie est gogo-danseuse et où le héros défonce un concurrent juste au cas où…

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L’esprit des scénaristes n’est donc pas à dresser des proximités entre lecteur et personnages. Je ne sais si c’est le dessin ou la construction mais on a du reste un petit peu de mal à suivre qui est qui entre tous ces grands gaillards redneck. La seule once de fantastique reste cette rumeur lancinante qui revient discrètement qui nous fait comprendre que certains deviennent cannibals et l’album s’ouvre et se termine sur une telle scène. C’est tout. Pour une série titrée Cannibal on peut considérer qu’il y a tromperie sur la marchandise. Je ne dirais pas cela mais simplement que l’action tarde un peu à venir comme l’enquête de ce shériff noir très zen qui sait gérer sa population de sang chaud. Le cœur de l’histoire, très bien dessinée (un peu à la manière de Sean Murphy) est intéressant à suivre et l’on a envie de connaître la suite. Ce premier volume de Cannibal est à consommer tranquillement, au calme, sans s’énerver. Il ne vous retournera pas mais vous fera voyager dans un lieu où l’on a pas très envie de vivre et cette immersion convaincante justifie sa lecture.
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