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All-New X-men #1-3

esat-west

Comic de Brian Bendis et Stuart Immonen, David Marquez et David Lafuente
Panini (2014-2015)/ Marvel (2013), Série de 8 volumes, terminée.

Couverture de All-New X-Men (Marvel Now! - 2014) -1- X-Men d'hierCouverture de All-New X-Men (Marvel Now! - 2014) -2- Choisis ton campCouverture de All-New X-Men (Marvel Now! - 2014) -3- X-Men vs X-Men

Cet article porte sur les trois premiers tomes de All-New X-men, le « relaunch » de sa série par Marvel en 2013, qui s’est accordé pour l’occasion une énorme brochette de talents: Stuart Immonen puis Mahmud Asrar, Frank Cho, Esad Ribic, Sara Pichelli,… excusez du peu! Accompagnés par des encreurs monstrueux, cette série me fait découvrir Stuart Immonen dont je n’avais rien lu et qui devient instantanément mon nouveau chouchou comics depuis Esad Ribic.

Résultat de recherche d'images pour "all new x men immonen"Le monde des mutants a changé. Rendu fou par la Force Phénix , Cyclope a tué le professeur Xavier et entamé une nouvelle carrière de « méchant » en s’alliant avec Magnéto afin de rendre leur dignité aux mutants. Terrassé par ce nouveau contexte, Hank MacCoy, « la bête » retourne dans le passé pour demander de l’aide aux jeunes X-men. Le fait d’accepter sa proposition va envoyer Cyclope, Jean Grey et leurs amis dans un maelstrom de questionnements identitaires sur leurs pouvoirs, le bien, le mal et comment choisir ce qui est le mieux pour tous…

Avant de commencer, très distant des chronologies Marvel et DC, je n’ai absolument aucune idée du lien temporel entre cette série sortie en 2013 et celle dessinée par Humberto Ramos (et chroniquée ici) et dont certains personnages qui semblaient nouveaux apparaissent bien chez Stuart Immonen et Brian Bendis… Ceci étant dit, je suis tombé fou dingue du trait du canadien Stuart Immonen dont le style m’indique ce que produirait Olivier Vatine s’il exerçait dans une industrie aussi exigeante que les comics. Il y a une réelle proximité entre les deux dessinateurs dont les encrages et la gestion des ombres sont à tomber. C’est bien simple, sur les trois volumes parcourus c’est un sans faute et chaque case inspire une telle maîtrise et expression que l’on en oublierait presque de se concentrer sur les dialogues et le scénario… très verbeux!

Résultat de recherche d'images pour "all new x men immonen"Il va sans dire que dans un scénario de BD de super-héros (qui plus est dans un relaunch, impliquant une dimension créative assez limitée) le dessin facilite grandement la perméabilité du lecteur aux thèmes du scénariste. Brian Bendis en scénariste chevronné maîtrise son sujet en alternant le récit autour de trois groupes: les X-men adultes, les jeunes X-men en tenue originale jaune et une bande de renégats autour de Mystic. La série porte sur les effets psychologiques (et dans le contrôle de leurs pouvoirs) sur les jeunes X-Men confrontés à la perte du Père, le professeur Xavier. Le plus intéressant est le traitement donné à Cyclope qui n’est pas présenté comme un méchant mais plutôt comme un héros mature et dérangé par son acte  mais qui semble souhaiter réellement le bien de tous. Au passage la réinvention graphique de Cyclope est absolument magique, les deux auteurs se faisant plaisir en lui procurant des costumes tous plus inventifs les uns que les autres.Résultat de recherche d'images pour "all new xmen immonen tome 2"

Ce run a le gros avantage de ne pas trop perdre le lecteur « débutant » en se concentrant sur les premiers X-men… que l’on trouve également dans les films (première série et deuxième série) ce qui permet de toucher un relativement grand public. Bien sur les références aux différents événements passés (la mort de Xavier, la Force Phénix, le génocide mutant) complexifient un peu la trame mais c’est présenté de manière didactique comme un simple « hors champ » qui densifie l’univers sans donner l’impression d’avoir raté un épisode. L’irruption des Uncanny Avengers donne très envie de voir ce crossover des deux franchises au cinéma et la qualité du dessin permet de profiter pleinement de la BD sans en faire un simple argument commercial pour donner des billets au Marvel Studio.

Ce run sublimement dessiné (je vais de suite me lire le reste de la biblio de Stuart Immonen!) profite d’une mise en scène (découpage, utilisation des voix entendues par Jean Grey) et de dialogues drôles autour d’une trame simple qui permet de se focaliser sur ce qui fait la force des séries X-men: les relations entre personnages. Assez peu d’action finalement et plus de réflexions intimistes sur l’identité de mutant et les incidences du voyage temporel sur la suite des événements. Comme sur la version d’Humberto Ramos, les perso et leurs pouvoirs tiennent le tout, et franchement ca donne envie de continuer la série…

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***·BD·Guide de lecture·Numérique

Méta-Baron, cycle 3

La trouvaille+joaquim

BD de Jerry Frissen et Valentin Sécher
Humanos (2016-2017), série terminée en 3 cycles.

Couverture de Méta-Baron -5- Rina la Méta-GardienneLe troisième cycle est la suite directe du second… avec un retour de Valentin Sécher au dessin… et l’annonce d’un quatrième cycle. Ce que je craignais dans ma chronique du cycle 2 est donc arrivé, avec une série qui risque de se prolonger plus que de raison… Non qu’il s’agisse d’une mauvaise BD, bien au contraire, les auteurs sont parvenue à transformer un projet assez bancal en un récit plutôt courageux qui parvient à respecter le matériau en le transmutant.

Le Méta-Baron a percé à jour le mystère de l’Epiphyte et s’est translaté sur un autre univers où la Méta-gardienne, son alter-égo, veille sur l’équilibre du Cosmos et de la substance primordiale, incarnée en une planète. Sur ce monde paradisiaque il croit un moment avoir trouvé le repos… jusqu’à ce que la menace Techno-Techno ne réapparaisse…

Ce qui m’a surpris sur ce diptyque c’est le décalage entre les sublimes et très inspirées couvertures du dessinateur et l’intérieur qui semble révéler ses quelques limites (il en faut bien) à transposer certains univers. Est-ce le scénario ou le dessin qui est en cause,? …toujours est-il que la description de cette planète-Nature où les peuples sont en osmose avec leur environnement (antithèse évidente avec le thème de l’empire technologique) paraît un peu brouillonne, étonnamment sombre et confinée, alors que c’étaient les larges espaces et trajectoires spatiales qui nous avaient singulièrement ravi dans le premier cycle. Valentin Sécher semble avoir un peu changé de technique, peut-être moins numérique, plus organique… cela convient effectivement au thème mais je trouve personnellement cela moins beau. De même lorsque survient l’infâme armada Techno l’ampleur du combat semble bien timide au regard de l’échelle cosmique des affrontements de la saga des Méta-Barons. Il en résulte un enthousiasme graphique moindre à la lecture de ces pages, dans une BD où la force principale reposait sur le talent du dessinateur d’origine. La folie de Jodo manquerait-elle pour un tel projet?

Résultat de recherche d'images pour "meta-baron rina"La thématique de l’amour se prolonge dans ce cycle avec un Méta-Baron qui a pris le dessus sur ses penchants nihilistes, en quittant un univers détestable pour un paradis où la Méta-Gardienne semble d’une naïveté touchante. On passera sur le fait qu’elle tombe en pâmoison aussi facilement et sur sa faiblesse guerrière… L’idée de confronter le Méta-Baron à son alter-Ego après l’avoir fait affronter son clone raté était bonne et aurait pu donner lieu à un affrontement dantesque. Méta-Baron est une BD de garçon, c’est ainsi! On constate ici un petit manque d’ambition graphique comme thématique, Jerry Frissen revenant en fin de compte à un méchant tout à fait abominable qui questionne sur l’avenir de l’humanité en tant que corps physique. Les ficelles sont malheureusement un peu grosses et l’on tombe dans le syndrome « méchant invincible/méchant vaincu » un peu trop rapidement. Comme si le rythme était difficilement géré. L’on a assez vite l’impression de voir une transposition d’Avatar avec ses gentils indigènes bleus confrontés à une Image associéeinvasion technologique. Le principe des cowboys et des indiens, très archétypal mais pas assez original ici pour booster l’intérêt. L’auteur oublie ainsi l’un des personnages principaux du cycle précédent (pourtant très intéressant) sans que son absence vienne alimenter l’intrigue.

Au final si le double album reste très lisible et propose quelques pages très chouettes (notamment le passage à l’action du Méta-Baron), on sent un certain flottement tout au long de ce qui aurait dû clôturer cette saga. Un manque d’inspiration probablement dû à la difficulté de gérer un autre univers avec d’autres lois… Cela ressemble fortement à une fausse bonne idée qui fait de ce cycle le plus faible des trois. Le potentiel était pourtant là et la réduction de la perversité des personnages pouvait rendre cette saga grand public. On attendra la conclusion sur ce que j’espère (encore) comme le dernier cycle (j’ai souvent parlé du format idéal de 6 tomes).

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***·BD·Guide de lecture·La trouvaille du vendredi·Numérique

Méta-Baron, cycle 2

La trouvaille+joaquim

BD de Jerry Frissen et Valentin Sécher
Humanos (2016-2017), série terminée en 3 cycles.

Couverture de Méta-Baron -3- Orne-8 le Techno-CardinalDu premier cycle de cette nouvelle saga ressortait l’incroyable dessin de Valentin Sécher et une intrigue sympa qui laissait le grand héros galactique un peu de côté. Je craignais beaucoup le changement de dessinateur, l’écart entre Henrichon et Sécher étant assez rude.

L’univers est en fin de course, les galaxies entrent en collision, montrant à l’humanité son destin. Le nouvel empire Techno-Techno refuse de voir arriver la fin, aveuglé par sa quête de l’Epiphyte, substance primordiale qui daterait d’avant la Création… Alors que le Méta-Baron accepte avec son nihilisme habituel le sort de l’univers, un étrange néo-cardinal est envoyé en mission secrète pour éliminer l’adversaire du Techno-Pape. Mais la rencontre entre les deux personnages ne va pas se dérouler comme prévu…

Couverture de Méta-Baron -4- Simak le TranshumainJe dois dire qu’encore une fois je suis agréablement surpris par le traitement du scénariste Jerry Frissen qui parvient à développer l’intrigue générale en se raccrochant à la genèse de la Caste des Méta-Barons (jusqu’à reprendre des scènes entières redessinées par Henrichon) pour développer l’intrigue dans un univers connu mais vers un horizon à la fois logique et intéressant. Il est toujours risqué de faire évoluer un personnage aussi iconique et monolithique que le Méta-Baron et je dois dire que Frissen a le grand mérite de ne pas ressentir l’ombre du créateur et d’agir avec une grande liberté en même temps qu’une bonne connaissance de ce monde. Si le scénario se trouve débarrassé des tics de Jodorowsky (cela apporte un soupçon de subtilité), il reste très cohérent avec les personnages de cet univers immonde. Ainsi lorsque le Méta-Baron décide de renoncer à sa semi-immortalité et succombe aux plaisirs de la chaire le fait est accepté simplement par le lecteur comme une thématique crédible. La violence du premier cycle s’estompe pour plus de sensualité, bien que les dessins d’Henrichon ne s’y prêtent guère.

Résultat de recherche d'images pour "meta-baron henrichon"Le dessinateur canadien (qui avait produit l’excellent Pride of Bagdad) rends une partition très correcte, plutôt réussie pour ce qui concerne les décors, vaisseaux et environnements spatiaux (qui sont une part importante de cet univers visuel), moins pour les personnages. Là où Sécher excellait justement dans ces visages très expressifs où chaque personnage était très caractérisé, son successeur est moins à l’aise et doit « habiller » ces derniers pour les distinguer. Il n’y a pas grand chose à reprocher au dessinateur qui rends deux albums très sérieux… simplement son style est relativement banal et ne permet pas de hisser ce Space-Opera là où il pourrait être.

Ce que j’ai apprécié dans ce cycle c’est une réelle ouverture par rapport à un premier diptyque qui se contentait de proposer simplement un nouvel adversaire au Méta-guerrier. Le thème de l’amour parcourt tout le cycle de la Caste et nécessitait de revenir habiter l’univers du Méta-Baron. Résultat de recherche d'images pour "meta-baron henrichon orne 8"Le thème de l’Epiphyte également est développé, renforçant le lien déjà très fort entre le monde du Méta-Baron et Dune (et son Epice). Si le premier tome est un peu poussif, le second est très réussi en révélant de nouveaux personnages et en rendant intelligemment le héros de nouveau vulnérable, permettant de développer un « drama ». Un changement dans la linéarité, un adversaire efficace, un héros vulnérable, une perspective énorme à l’échelle galactique, tout est réuni pour relancer la machine du Méta-Baron. Le format en trois cycles de deux tomes est parfait pour conclure cet univers, en espérant que l’éditeur sache refermer définitivement la saga du personnage en résistant aux sirènes des lecteurs et de l’argent.

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***·Comics·East & West·Nouveau !·Numérique·Service Presse

Inhuman #1: inhumanity

East and west

Comic de Charles Soul, Matt Fraction, Olivier Coipel, Nick Bradshaw, Joe Madureira et Ryan Stegman.
Panini – Marvel NOW (2017)/ Marvel (2014). Contient les épisodes « Inhumanity » 1-2 et « Inhumans  » 1-6.

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Cette histoire se place dans la continuité de l’arc « Infinity » scénarisé par Jonathan Hickman et qui voit l’arrivée de Thanos sur Terre à la recherche de son fils. Un résumé introductif explique ces événements et leur conclusion: suite au duel de Thanos contre Flèche Noire (le roi des Inhumains) la cité d’Attilan, siège millénaire de la civilisation inhumaine, est détruite et révélée aux humains. Un nuage Teratogène se répand sur la Terre, révélant la nature génétique jusqu’ici cachée de milliers d’inhumains. Alors que les Avengers entrent en contact avec la reine Medusa et tentent de comprendre ce qu’il se passe, une ancienne faction inhumaine résidant en la cité d’Orollan cherche à rassembler les nouveaux inhumains qui découvrent soudainement leur nouvelle apparence et leurs pouvoirs…

Une galerie de couvertures originales des fascicules est présente entre les parties et à la fin (notamment une – assez moyenne – de Manara).

Je suis relativement novice en matière de chronologie de Super-héros et ai découvert assez tardivement le groupe des Inhumains (qui ne me semblent guère autre chose que de nouveaux Mutants à l’instar des X-men…). J’ai donc lu cet album avec un regard de novice, public cible de la collection Marvel NOW (destinée à proposer des reboot pour différents super-héros, ne nécessitant pas une connaissance approfondie de tous les arcs précédents). Tant mieux car les rares chroniques que j’ai trouvé concernant cet album critiquent justement le côté pédagogique et sur-place de l’intrigue. Personnellement je trouve que c’est pour une fois totalement adapté à un lectorat novice qui est souvent perdu dans la multitude de références aux événements précédents présentes dans les comics.

L’opération éditoriale semble donc plutôt réussie pour Marvel qui rassemble une équipe artistique relativement homogène graphiquement et un scénario très progressif et pédagogique expliquant de manière répétée qui sont les inhumains et quels sont les enjeux de l’explosion d’Attilan: cohabitation entre humains et mutantRésultat de recherche d'images pour "inhuman madureira coipel"s, administration d’une nouvelle Cité aux yeux de tous alors que les Inhumains ont toujours agi dans l’ombre, acquisition de nouvelles identités pour les Novhumains (nouveaux inhumains révélés par le nuage Teratogène), apparition de factions dans le monde Inhumain… On comprend que les fans hardcore de ces personnages soient peu intéressés par cette série mais elle est une véritable porte d’entrée dans l’univers des super-héros et des Inhumains, ce qui n’est pas si courant. Je suis cependant surpris que les Avengers (qui sont très présents dans la première section dessinée par l’excellent Olivier Coipel et qui permettent au lecteur familier des films de rentrer progressivement dans ce nouvel univers Marvel) disparaissent ensuite presque totalement.

Ce scénario ni révolutionnaire ni indigne pour un comics de super-héros est rehaussé par des illustrateurs qui proposent un niveau plus que correcte. Résultat de recherche d'images pour "inhuman ryan stegman"L’industrie du comics nous a habitué à supporter des planches atroces à côté des illustrations des maîtres du dessin US alors pour une fois on ne va pas bouder son plaisir. Dans le comics je lis essentiellement des one-shot ou des arcs créés par des duos d’auteurs alors je dirais qu’ici c’est une agréable surprise.

Personnellement un nom m’a donné envie de lire ce récit: le trop rare Joe Madureira, auteur du mythique Battle Chasers et parti depuis de longues années dans le monde du jeu vidéo. Il est la star du récit, illustrant trois parties que j’ai savouré longuement. Que ce soit dans le pur graphisme (les ombres chinoises jouant sur la chevelure de Medusa) ou dans les scènes d’action (la bataille avec Cap’ est courte mais vraiment excellente), Madureira est vraiment un des tous meilleurs illustrateurs actuels de comics (… et ce depuis longtemps!). Ceux qui le découvriront à l’occasion de cette BD pourront lire le fameux Battle Chasers et les déjà-fans seront ravis d’apprendre qu’il a annoncé (… depuis quelques temps maintenant…) travailler enfin à une suite après la sortie de son dernier jeu vidéo issu de l’univers de BC. Olivier Coipel n’illustre que la première section, pas très bien colorisée mais vraiment agréable au niveau du dessin. Enfin Ryan Stegman m’est totalement inconnu mais arrive à maintenir la barre derrière ces deux monstres. Une rapide recherche d’image sur internet montre un travail vraiment intéressant de cet artiste. J’aime bien découvrir de nouveaux auteurs, notamment via les comics et je crois que dorénavant je regarderais d’un peu plus près ses productions.

Au final on a une BD qui commence un cycle et a les défauts du système de l’édition BD US (multiplicité d’auteurs-tacherons, histoire à rallonge, schémas très manichéens) mais a le grand mérite d’être accessible aux lecteurs novices en matière de comics. Surtout, elle permet de savourer des planches magnifiques de Joe Madureira et d’Olivier Coipel. Plaisir des yeux comme on dit!

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