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Sushi et Baggles #9

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Demokratia #1

Résultat de recherche d'images pour "demokratia tome 1 manga"Demokratia suit en 5 volumes l’expérience de deux chercheurs japonais, l’un en robotique, l’autre travaillant sur un algorithme permettant la prise de décision collaborative qui vont donner vie à un androïde qui sera piloté par des utilisateurs anonymes inscrits sur le site web du projet. Par un programme informatique alliant majorité et minorités, les internautes vont faire évoluer le robot dans le monde réel, le faire parler, se déplacer, en bref, agir presque comme un humain! C’est le grand intérêt de ce court manga que de donner forme via l’anticipation à des projets qui existent déjà dans le monde réel (la démocratie participative internet est utilisée par nombre de communautés dont beaucoup autour du logiciel libre et la robotique japonaise a déjà commercialisé plusieurs androïdes d’aide à domicile aux diverses fonctions).

Niveau dessin c’est correcte sans être renversant et avec une assez faible ambition. L’histoire traite autant des promoteurs du projet, des interlocuteurs du robot que des internautes, avec comme souvent dans les manga une approche sociologique de la misère sexuelle et affective de nombre de citadins nippons. Ce n’est pas le côté qui m’intéresse le plus, mais je pousserais pour voir si les idées concernant la démocratie internet vont plus loin que les premières idées fort intéressantes de ce premier tome.

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Dr. Stone 4 (Boichi)

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Les aventures de Senku continuent avec une avancée vers la « civilisation scientifique » à vitesse grand V! Le dernier volume a vu la découverte de l’électricité, ce quatrième commence par la fabrication du verre afin de pouvoir développer la chimie à même de soigner la prêtresse du village. J’aime toujours autant l’aspect vulgarisation scientifique en manga mais les passages qui cherchent à développer une pseudo intrigue restent assez lourdingues de même que l’humour très particulier japonais.

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Moonshine #2

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bsic journalismEn relisant mon billet du premier tome je me dis que j’ai peut-être été un peu dur sur le dessin, car j’ai pris pas mal de plaisir à lire ce second volume (série à suivre), jouant beaucoup sur les ombres et lumières en transposant cette fois l’intrigue en Louisiane où le personnage principal a été évacué en train après le final du premier tome. Attrapé par la patrouille il se retrouve forçat sur les routes ensoleillées du sud américain. Ce changement de couleur permet d’explorer d’autres thèmes de la période de la Depression: la violence toujours, les sales gueules et le comportement absolutiste des geôliers. On se demande un peu tout le long où le scénariste nous emmène et malheureusement on termine l’album en se disant que l’intrigue n’a guère avancé… pour ce qui concerne Lou. Car ce qui intéresse les auteurs semble plutôt être une guerre occulte entre créatures de la Nuit et mystérieux personnages qui semblent savoir s’y prendre pour éliminer les lycans. L’histoire avance en alternance entre Lou perdu au bagne et le clan Holt où l’on en apprend plus sur l’origine des animorph.

Moonshine est une lecture agréable avec une réelle identité graphique proche de Frank Miller et de vraies fulgurances. L’atmosphère est là, visqueuse, vaguement malsaine, violente (ou carrément gore). Le dessinateur a de vraies lacunes concernant les visages mais est particulièrement efficace dans les ombres chinoises et les séquences de terreur…. Sans révolutionner le genre elle sait nous accrocher, même si l’intrigue avance bien peu dans ce second tome et l’on espère que les auteurs sauront nous proposer une véritable fin sans nous laisser au milieu du gué.

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***·BD·Mercredi BD·Nouveau !

Mickey et l’océan perdu

BD du mercredi
BD de Denis-Pierre Filippi et Silvio Camboni
Glénat (2018), 56p. , collection Mickey vol.5 sur 8 parus.

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Depuis 2016 Glénat a commencé la parution (avec l’accord de Disney bien entendu) d’albums Mickey one-shot par différents auteurs souvent réputés. Je n’ai lu jusqu’ici que le volume 2 de Trondheim et Keramidas et avais moyennement accroché au concept de vrai-faux original qui impliquait que l’histoire était discontinue. L’esprit d’aventure qui va avec certains albums de Mickey originaux m’avait cependant bien rattrapé, comme c’est le cas sur cet album. L’ouvrage est grand format, avec tranche toilée, superbe illustration de couverture avec effets irisés sur le cadre steampunk, l’intérieur a un papier épais mat. Très belle édition et bon point pour Glénat.

Mickey et ses amis sont des chasseurs de trésor et notamment le  coralite, principale forme d’énergie utilisée pour faire fonctionner la technologie. Ils sont embauchés par le plus grand scientifique de leur temps pour récupérer un mystérieux objet au fond de l’Océan, mission pour laquelle ils disposent du seul équipement capable de résister à la pression…

Résultat de recherche d'images pour "mickey océan perdu"Le premier élément qui saute aux yeux de ce nouveau Mickey c’est le visuel. Pas que les dessins, très jolis, les couleurs, magnifiques, mais le design général de l’album porté par une ambiance SF steampunk que l’on n’attendait pas, avec rouages et rivets en veux-tu en voilà. C’est à la fois fidèle à l’esprit d’aventure du héros Disney que l’on a déjà vu en semi-Indiana Jones par le passé et étonnamment moderne. Ce n’est finalement pas l’aspect SF qui modernise et surprend le plus mais bien le parti pris double de rendre Mickey relativement passif au travers de l’ellipse que vous découvrirez en lisant l’album et de bouleverser les rôles avec Pat Hibulaire. Dans cette chasse aux trésors écolo les auteurs ont en effet choisi de mettre l’ensemble des éléments de l’univers Mickey dans un Shaker et de les ressortir modifiés. Est-on toujours dans un Mickey? La question se pose, vraiment. Est-ce gênant? Absolument pas car Filipi et Camboni parviennent à utiliser l’aura et la familiarité de ces personnages iconiques pour en faire tout autre chose, avec le respect du contrat: offrir un grand récit d’aventure aux lecteurs de 7 à 77 ans. Sur la pertinence de la rupture de mi-album je suis plus réservé même si elle agit comme un véritable aiguillon d’intérêt dans la lecture, par cette surprise alimentée visuellement par une des magnifiques doubles pages parmi les nombreuses que comporte l’album.Résultat de recherche d'images pour "mickey océan perdu"Que dire du travail de Silvio Camboni (ou bien de la colorisation d’Yvan Gaspard?) tant les planches explosent toutes à la figure? Certains pourront critiquer le côté numérique, lissé, brillant, mais il est indéniable que cet univers visuel correspond parfaitement à l’esprit Mickey. L’équipe scénariste-dessinateur-coloriste travaille ensemble depuis plusieurs séries maintenant l’on peut dire que l’alchimie fonctionne parfaitement. Je ne suis donc pas loin de penser que l’album doit plus à la mise en couleur vraiment impressionnante qu’aux dessins, si ce n’était le design général et la mise en cases qui sont tout de même marquantes, de part la sensation d’espace, de panoramas et que la thématique de l’Océan aérien permet de magnifier.Résultat de recherche d'images pour "mickey océan perdu"A vouloir décortiquer les mérites de chaque intervenant on finit par perdre l’essence de l’art et de la BD, à savoir le plaisir, plaisir du récit, de l’imaginaire et plaisir graphique. Mickey et l’océan perdu procure les trois en cinémascope et sincèrement, si l’on ne peut pas parler d’album d’auteur (le peut-on sur un Mickey?), cet album respire le plaisir de la production et du partage d’un imaginaire d’enfant où la noirceur n’existe pas. J’appelle ça un bonbon sucré.

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***·BD·Mercredi BD·Nouveau !

Travis #13: serpent à plume

BD du mercrediBD de Fred Duval et Christophe Quet
Delcourt (2018), Travis tome 13, série en cours, arc 4.

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La série Travis a déjà vingt ans et clôture avec Serpent à plumes le quatrième arc narratif de la série, après les Cyberneurs (tomes 1 à 5), Le Hameau des Chênes (tomes 6 à 7) et le cycle de l’eau (8 à 10). A savoir que chaque cycle est disponible dans une intégrale, bonne formule pour apprécier la série et que tout les éditeurs devraient proposer généralement. La couverture est réalisée depuis le tome 11 par un autre que Christophe Quet, ce que je trouve dommage car ce dernier a produit dans la série de très belles couvertures et que cela trompe toujours un peu le lecteur, même si l’illustration de Nicolas Siner (que j’aimerais retrouver comme illustrateur sur une série BD…) est magnifique.

Enfermés dans un bunker de l’UNESCO où se trouve la preuve de la collusion entre une IA et les cartels de la drogue, Travis et ses compagnons vont devoir échapper à la horde de robots tueurs qui les encerclent en même temps qu)aux redoutables tueurs à gage envoyés à leurs trousses. Pendant ce temps Pacman et son puissant employeur discutent avec le Président des Etats-Unis de la réalité de la menace des cartels sur les intérêts des multinationales au Mexique… Business as usual!

Résultat de recherche d'images pour "travis serpent a plume"Fred Duval est l’un de mes scénaristes préférés car il a su, discrètement mais avec constance, construire un univers cohérent de SF d’anticipation aux enjeux à la fois techniques et hautement politiques, de la bonne SF qui parle au futur des problèmes d’aujourd’hui. Non content d’être un très bon metteur en scène (déjà sur le cultissime 500 fusils avec le comparse Vatine). Si ses séries reprennent souvent les mêmes thèmes (y compris sur le récent et réussi Renaissance), l’univers partagé de Travis/Carmen MacCallum est ce qui illustre le mieux cette volonté de réalisme dans un monde où la technologie est réaliste et où les multicontinentales et l’ultra-libéralisme a gagné…

Dans l’arc mexicain qui s’achève les auteurs, à la manière d’un Lupano, parviennent à nous rappeler la rébellion du Chiapas du sous-commandant Marcos des années 90 au sein d’une BD SF d’action à grand spectacle! C’est tout l’intérêt de l’anticipation que de permettre à la fois au dessinateur de se faire plaisir par des designs futuristes tout en parlant de l’hyperactualité, la quasi totalité des inventions scientifiques de la série provenant de techniques existantes aujourd’hui et les idées thématiques prenant leurs sources dans les problématiques actuelles. Résultat de recherche d'images pour "travis serpent a plume quet"Si les méchants de ce volume peuvent sembler un peu décevants, l’intrigue techno-géopolitique est toujours aussi redoutable et pointue chez Duval, les dialogues entre Pacman et le président étant le genre de choses que l’on relit pour être certain d’avoir saisi les tenants et aboutissants. A ce titre, je vous suggère de reprendre votre lecture au début de l’arc (Les enfants de Marcos), voir carrément le cycle de l’eau pour vous remémorer les influences de l’IA Dolly sur le scénario de ces derniers tomes. C’est ce que j’aime dans cette série, cette complexité d’intrigues solides qui reprennent toujours les mêmes fondamentaux et habillées par la technologie design et l’action la plus débridée.

La petite déception  viens du dessin de Quet… Rassurez-vous, il est exactement au même niveau que sur les précédents albums et maîtrise toujours parfaitement les scènes d’action rapide, très lisibles malgré les angles de caméra parfois gonflés. Résultat de recherche d'images pour "travis serpent a plume quet"Mais justement, son dessin n’a que peu évolué depuis le premier Travis et j’aurais aimé une progression technique ou des expérimentations chez cet auteur que je trouvais prometteur. Certaines petites faiblesses passent en début de carrière, moins après vingt ans. Il reste que j’ai toujours un faible pour ses personnages, leurs visages, le design général de cet auteur pour lequel j’ai une petite tendresse graphique.

Serpent à plume est un bon cru dans une série dont seul l’arc du Hameau des chênes était un peu faiblard par son ampleur. Travis reste une série qui maintient une qualité très élevée au fil des ans et qui ne voit aucun essoufflement tant le scénariste parvient à tisser des liens entre ses albums et à introduire de nouveaux personnages et problématiques à suivre régulièrement. Ici se termine pour notre héros l’enfer mexicain avant de rempiler dans sa chasse aux IA et aux capitalistes affreux pour encore de longues années probablement.

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****·Cinéma·Graphismes

Blade runner 2049

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L’Etagère étant un blog surtout centré sur la BD, je précise lorsque je m’éloigne du 9° art que vous trouverez aussi ponctuellement ici des billets sur des films ou des artistes dont le caractère graphique sont indéniables. Le premier billet de ce type fut pour Georges Hull et son incroyable travail sur Jupiter Ascending des Wachowski (… et sur Blade Runner 2049, si-si!).

Blade Runner n’a jamais été mon film SF préféré (bien que je reconnaisse son immense qualité graphique, que je sois un fan absolu de Ridley Scott et que BR fut à l’époque une étape majeure dans l’avancée vers une SF moderne au cinéma). L’intrigue m’avait toujours parue un peu trop intellectuelle et obscure, les débats sur la nature de Replicant de Deckard, sur les cocotes en papier et sur les différents montages du film confirmant mon impression. Pour moi la grande saga SF est et reste Alien (du même bonhomme, tiens tiens). C’est d’ailleurs sur ce dernier que Ridley Scott a fait sa première expérience d’un nouveau concept: l’auto-remake-suite-préquelle… Ayant intégré les impératifs de fructification des franchises par Hollywood, l’auteur a préféré s’occuper lui-même des remakes de ses films (avec les moyens qui accompagnent généralement le lancement d’un nouveau culte pour une nouvelle génération!) en leur intégrant une véritable démarche artistique. Quoi de plus fascinant que de revisiter soi-même ce que l’on a créé il y a 30 ans en en changeant le prisme pour développer de nouveaux thèmes? Sur Blade Runner, s’il ne s’est pas occupé de la réalisation, Scott reste la cheville ouvrière de cette véritable et passionnante suite.

statueMais revenons à nos moutons graphiques. Si l’articulation scénaristique entre les deux films est parfaitement agencée, c’est sur le plan graphique que le film de Denis Villeneuve surpasse assez largement son aîné. J’avais remarqué sur Sicario et Premier Contact la tendance à la lenteur et aux plans très graphiques (notamment aériens) du réalisateur canadien. Celui qui travaille déjà sur la nouvelle adaptation de Dune apporte à l’univers de Blade Runner une cohérence et une exigence d’univers graphique à la fois beau et cohérent qui happe pendant 2h40 (c’est long, je ne suis pas le premier à le dire).

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 Rarement un si long métrage a ainsi généralisé l’ambition graphique sur chaque plan, ce qui donne très envie d’aller regarder du côté des designers qui ont travaillé sur le film. La principale différence avec le film de 1982 est l’exploitation du jour (précédemment tout se déroulait de nuit pou en intérieur). Cela permet de travailler des aplats de blanc, d’orange, de bleu beaucoup plus fins que les noirs profonds du film de Ridley Scott. La séquence à Las Vegas est à ce titre sublime, tant par les décors que par la lumière. Alors oui l’intrigue est cérébrale, lente, longue, mais comment se plaindre d’une telle plénitude oculaire pendant près de 3h?