***·Comics·East & West

Hadrian’s Wall

Série en deux tomes, parus respectivement en 2016 et 2018, regroupant les 8 numéros de la série écrite par Kyle Higgins et Alec Siegel, dessinée par Rod Reis. Disponible sur le site des éditions Glénat.

Mur des fragmentations

En 2085, l’Humanité sera parvenue à dépasser les dissensions belliqueuses qui culminèrent, cent ans plus tôt, à une catastrophe nucléaire. Ces efforts conjoints de renouveau permettront un bond significatif dans le domaine de la conquête spatiale, ce qui conduira à la création d’une colonie sur la planète Thêta.

Malheureusement, beaucoup d’exemples dans l’Histoire nous ont démontré que les liens entre une colonie et son chaperon finissent toujours par devenir délétères, et Thêta ne fait pas exception. Le conflit entre les rebelles indépendantistes et la Terre fait donc rage, mais notre héros Simon Moore a d’autres problèmes à gérer.

Ancien policier reconverti en enquêteur privé, Simon affronte ses propres démons, lorsqu’il est contacté par un vieil ami travaillant pour la corporation Antares, responsable des missions spatiales. On propose au détective d’enquêter à bord du vaisseau Hadrian’s Wall, suite à la mort d‘Edward Madigan. La mission est en apparence des plus simples: constater l’accident de décompression, signer quelques papiers, empocher la prime et rentrer sur Terre… Sauf qu’un lien particulier unit Simon et Edward: Annabelle, l’ex-femme de Simon, qui est partie avec Edward il y a huit ans, et qui se trouve sur le vaisseau. Où est le problème ?

Dans l’espace, personne ne vous entendra enquêter sur le crime de l’Hadrian Express

Par opportunisme autant que par esprit de revanche, Simon accepte la mission. Une fois à bord du vaisseau, il découvre un microcosme sous pression, au comportement tantôt évasif, tantôt hostile. Les premiers indices découverts par Simon laissent penser qu’on a voulu maquiller le meurtre d’Edward en accident. Les alibis se font et se défont, mais Simon sait que parmi les passagers se trouve forcément le tueur.

C’est bien connu, les lieux clos donnent souvent les meilleures histoires, ce qui vaut tout particulièrement pour les histoires policières. Rien de plus clos, par définition, qu’un vaisseau spatial, dont l’étanchéité est la condition sine qua none à la survie de ses occupants. Là où Alien utilisait le vaisseau comme contenant de l’horreur, Hadrian’s Wall rejoue la carte de l’Orient Express pour en faire le théâtre d’une enquête aux multiples ramifications.

Tous les ingrédients y sont: la mégacorporation opaque, (Weiland-Yutani chez Alien, OCP chez Robocop), l’enquêteur désabusé à la Decard (Blade Runner), les rebelles extra-planétaires (Total Recall). Hadrian’s Wall parvient tout de même à surprendre par les relations tendues que les auteurs instaurent entre les personnages, qui présentent des fêlures bien humaines.

Bien entendu, les enjeux réels de l’histoire dépassent de loin le triangle amoureux Simon-Annabelle-Edward, mais tournent toujours autour de la confiance perdue, et du cycle revanchard entre deux personnes/planètes qui en viennent à se détester sans plus trop savoir pourquoi.

Une lecture qui remonte un peu mais qui vaut le détour !

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Effet miroir

La BD!

Histoire complète en 86 pages, écrite par Makyo et dessinée par Laval NG. Parution le 26/08/2020 aux éditions Delcourt.

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Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

Miroir, mon beau miroir…

Louis Ferrant est un homme à qui tout devrait sourire. Héritier d’un confortable empire industriel, Louis a été préparé toute sa vie à reprendre les affaires familiales, comme tous ses ascendants avant lui.

Seulement, la dynastie Ferrant est peut-être un héritage trop lourd à porter pour Louis. Obnubilé par la bonne marche de ses affaires, et tourmenté par d’inexplicables cauchemars où il se voit mourir dans un environnement totalement inconnu, Louis a laissé ses problèmes nuire à sa vie de couple. Récemment séparé, toutes ses tentatives pour récupérer sa compagne ont échoué, le laissant seul avec ses angoisses.

Le seul exutoire de Louis, c’est son jogging quotidien en forêt, unique moment durant lequel il peut faire le vide, et simplement avancer. Alors qu’il s’apprête à commencer sa course du jour, Louis croise un motard imprudent qui le frôle dangereusement. Croyant n’avoir affaire qu’à un chauffard, Louis peste mais ne s’emporte pas.

Toutefois, il ne s’agit pas d’un simple motard. L’homme juché sur sa moto va revenir, et harceler Louis à la faveur du crépuscule et de l’isolement. Seul face à ce danger surgi de nulle part, Louis va devoir se battre pour survivre, tout en essayant de savoir qui lui en veut au point de vouloir le tuer…

Reflet déformé

Effet Miroir fonctionne comme un huis-clôs, rythmé façon chasse-à-l’homme. L’auteur a pris le parti de construire une intrigue minimaliste, misant sur l’efficacité de sa mise en scène. Unité de lieu, unité de temps et d’action, toutes ces règles dramaturgiques sont ici respectées, ce qui donne du liant à l’album, qui se lit ainsi d’une traite.

On peut éventuellement regretter une exposition un peu trop subtile, car les éléments qui permettent d’appréhender le fin mot de l’histoire sont inscrit sur la quatrième de couverture et ne sont finalement pas mentionnés en amont dans le récit.

L’ensemble conserve tout de même un caractère haletant, jusqu’à un final sur lequel certains lecteurs pourront tiquer mais qui reste cohérent.

Le travail graphique de Laval NG est d’une qualité ébouriffante, que ce soit vis à vis des aquarelles que vis à vis du trait précis et dynamique. L’artiste, contraint par un décor minimaliste, parvient à en tirer le meilleur parti grâce à l’ambiance installée via les couleurs, et utilise une variété de cadrages qui permet d’éviter la redondance. Ses personnages sont également très bien campés, avec une mention spéciale pour l’antagoniste, aux airs véritablement inquiétants.

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Léna dans le brasier

BD du mercredi

BD de Pierre Christin et André Juillard
Dargaud (2006-2020), 54 p/album, 3 tomes parus.

Troisième album de ce qui ne devait à l’origine pas être une série, Dans le brasier fait suite à un billet rétro sur les deux premiers volumes parus.

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La Grande conférence doit résoudre le conflit territorial qui déchire la Syrie. Des diplomates de différents pays protagonistes se retrouvent dans le huis clos très confortable d’un hôtel de luxe dont l’organisation logistique est dirigée par Léna Muybridge…

Léna -3- Léna dans le brasierÉtonnante non-série que ce triptyque autour du personnage de Léna, dont le scénariste Pierre Christin, connu pour sa rareté et l’intelligence de ses textes semble développer la biographie progressivement, de façon non préméditée. Nous l’avions connue endeuillée et recherchant un sens à sa vie dans le premier ouvrage qui date déjà de quatorze ans! Puis elle avait été enrôlée comme agent infiltré pour les services de renseignements. Comme un aboutissement après un second volume imparfait, la voici au cœur du Brasier, au cœur des négociations secrètes qui doivent déterminer de la paix alors que personne ne semble franchement désireux de résoudre ce conflit. Le risque de la caricature était grand, Christin y tombe un peu avec ces gros lutteurs post-soviétiques et cet iranien passé maître des coups d’éclat. Mais la série Le Bureau des légendes est passé par là et a redistribué les bases des histoires d’espionnage. Du coup le jeu de chacun deviens subtile et subtilement mis en scène par le trait toujours si élégant d‘André Juillard.

Léna Tome 3. Léna dans le brasier - André Juillard - Livres ...La caractéristique de la série c’est le contemplatif, là où le dessinateur excelle. Ainsi les pensées intérieures dominent les dialogues et l’on suit cette hôtesse de luxe sans vraiment être jusqu’au bout sur qu’elle est un agent infiltré. Au regard des précédents volumes c’est probable, au regard du personnage il n’est pas exclu qu’elle ait entamé une autre vie… Ainsi on navigue dans ce théâtre d’ombres à la suite de Léna, où les problématiques techniques de la résolution du conflit ne seront que survolées pour nous intéresser plutôt aux personnages, à ces profiles qui en disent long des pays et de leur diplomatie. Si le scénario traite partiellement d’une situation fictive (on est quand-même en Syrie), Christin veut tout de même parler du monde d’aujourd’hui. Les marqueurs empruntés à la Guerre froide et au monde décolonisé sont là, nous disant la permanence universelle des motifs de conflit (le plus souvent religieux!) mais nous rappelant immédiatement à l’actualité des pages internationales des journaux.Pierre Christin & André Juillard, Léna – t.03 : « Dans le brasier ...

Léna dans le Brasier n’est pas un thriller géopolitique mais bien un théâtre diplomatique marqué par la modernité des créations récentes sur le sujet. Abordant ce qui le passionne (la géopolitique) avec le style qu’on lui connait, Pierre Christin propose à son compère André Juillard le plus bel album de la trilogie, sans doute le dernier… a moins que les deux hommes ne puissent de séparer de ce fascinant personnage dont le mutisme grandit le mystère intérieur.

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Hope one #1

BD du mercredi
BD de ‘Fane et Isabelle Rabarot
Comic Buro/Glénat (2019), 68p. couleur, 1/2 volumes parus.

couv_354106-1mediathequeLa jolie couverture très poétique de cet album et la maquette élégante (comme toujours chez Comix Buro) donnent envie d’ouvrir l’album. A noter que le studio d’Olivier Vatine publie désormais en tant que tel ses albums, dans le cadre d’une sorte de Join-venture avec Glénat, ce dernier gérant la fabrication quand tout le travail éditorial est intégré chez Comix-Buro. L’auteur ‘Fane a déjà collaboré avec le studio sur le diptyque Streamliner qui avait joui d’une excellente audience à sa sortie. Vatine travaille toujours en « famille » et je dois dire que si sa régularité d’auteur peut agacer, sa qualité artistique pour lancer projets, auteurs et collections impressionne.

Megan se réveille d’un sommeil de 49 ans, amnésique. Son hôte lui dit qu’elle était volontaire sur le projet Hope, anticipation d’un apocalypse nucléaire sur Terre et destiné à recommencer l’humanité avec une équipe triée sur le volet. Mais Megan a peur. Elle doute, elle panique. Elle veut sortir de cette station spatiale, cercueil autour d’une planète devenue inhabitable…

Résultat de recherche d'images pour "'fane hope one"Hope One est une version d’un genre très balisé: le huis-clos paranoïaque post-apocalyptique, ici transposé dans un vaisseau en orbite. Beaucoup de très bons films notamment sont sortis sur cette intrigue (récemment Cloverfield lane)et il est difficile de surprendre tant les hypothèses sont peu nombreuses et basées principalement sur la capacité de l’auteur à focaliser l’attention du lecteur sur le personnage principal et son esprit perturbé. Pour moi la réussite d’un tel album réside ainsi surtout dans l’efficacité et le respect des canons du genre. Faute d’originalité il faut parfaitement exécuter la figure de style.

Sur ce plan l’album est très réussi et montre une grande maturité, notamment scénaristique, de ‘Fane qui déroule son intrigue progressivement dans un faux-rythme constitué de coupures temporelles destinées à nous rendre impossible toute appréciation d’une continuité. L’idée est de nous faire ressentir la désorientation de son héroïne. Le cadrage de l’intérieur du vaisseau (assez réussi et détaillé) nous interdit toute exploration de l’environnement, qui ne transparaît que subrepticement par le hublot. et par des plans extérieurs de la station. Là encore dans une technique éprouvée, le lecteur ressent l’angoisse en étant obligé d’imaginer ce que peut être le hors champ.

Résultat de recherche d'images pour "'fane hope one"Tout se passe donc entre les deux personnages et rapidement on réalise que Megan est totalement dépendante de ce que lui dit Adam. Celui-ci, d’un physique et d’une allure très bienveillante, bonhomme, rassure dans un premier temps, avant que Megan ne panique et nous fasse douter de lui. Quelques éléments font monter la pression, comme ces cachets qu’il lui fait avaler ou le fait de se réveiller chaque jour nue dans son lit sans se souvenir du comment… Adam agit normalement, en technicien de vol qu’il est, opérant des sorties spatiales, suivant le protocole de contact des autres Hope en orbite autour de la Terre, mais chaque fois il est impossible à Megan d’en savoir plus. Il lui explique que son amnésie et l’isolement spatial provoquent une paranoïa qu’il lui faut contrôler. Qui dit vrai?

J’avais feuilleté Streamliner et avais moyennement accroché sur les dessins, pas assez précis. ‘Fane est très clairement dans la filiation Vatine, avec des visages parfois presque sans contours, de beaux encrages mais une certaine économie du trait qui se repose sur la très jolie colorisation d’Isabelle Rabarot (coloriste de Vatine et figure incontournable Image associéede la collection Série B Delcourt à l’époque). Je trouve cela dommage et reprocherais donc la même chose à cet album qu’aux dernières BD d’Olivier Vatine: une qualité graphique un peu gâchée. On pourra dire que la sortie rapprochée des deux volumes de la série (le second était annoncé pour mai, on peut prévoir une sortie à l’automne) justifie une réalisation rapide. En outre on voit déjà une progression du trait de l’auteur depuis sa précédente série.

En conclusion, Hope one s’avère un album très formaté, comme tout bon blockbuster ciné, surfant sur des ressorts psychologiques éprouvés mais très bien maîtrisés. Hormis l’atypique Mort vivante (en raison du graphisme unique de Varanda), les albums de Comix Buro, comme ceux de Série B autrefois, n’ont pas une grande ambition mais assurent le job tant graphiquement que par leurs concepts. Je le disais en introduction le risque des histoire à twist final est d’être déçu. Il faudra voir le prochain album pour savoir où on en est après le cliffhanger attendu. D’ici là cet album jouit d’une réalisation tout à fait solide, qui donne du plaisir et fait attendre la suite. C’est ce qu’on attend avant tout…

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****·BD·Documentaire·Rétro

La lune est blanche

Le Docu du Week-End
Dans la recherche constante de structurer ce blog et de m’adapter aux visites, j’ai constaté étonné que le dimanche était un jour de bonne fréquentation malgré l’absence de publi ce jour là (pour rappel, les jours des rubriques sont ici.)

J’ai donc demandé sur Facebook des avis sur une nouvelle rubrique du week-end et l’idée de la BD documentaire m’a bien botté! J’en lis peu et ce n’est pas toujours graphiquement intéressant, mais il y a souvent des pépites (comme sur l’album scénarisé par Leila Slimani que j’avais chroniqué cet automne). Du coup j’ai lancé ma prospection et je vous propose le premier billet de ce nouveau rendez-vous: de la BD documentaire avec un travail graphique important et qui reste de la BD !


La Lune est blanche
BD de François et Emmanuel Lepage
Futuropolis (2014), 221 p.

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Je suis un grand fan d’Emmanuel Lepage, autant de ses dessins que de sa sensibilité. Pourtant, lorsqu’il a entamé il y a quelques années un virage vers le documentaire illustré je n’ai pas suivi, non par manque d’intérêt mais par-ce que je recherchais de la BD et non du documentaire. La Lune est blanche m’a permis de revenir sur cet a-priori et de refaire mon retard (j’ai lu son Printemps à Tchernobyl à la suite): Lepage, par la qualité de son graphisme et par son intérêt pour l’objet documentaire, illustre justement ce que doit être la BD-documentaire pour attirer à elle un large public en proposant quelque chose de visuel, joli en même temps qu’intéressant.

La Lune est blanche raconte la participation des frères Lepage (François est photographe) à une expédition antarctique de l’Institut Polaire Paul-Emile Victor à bord du navire Astrolabe puis vers la base Concordia située à  plus de 1000 km de la côte du continent et à plus de 3000 m d’altitude (on apprend notamment à la lecture de l’ouvrage que l’Antarctique est un dôme montant à 4800 m!)…

Résultat de recherche d'images pour "la lune est blanche lepage"Futuropolis propose à ses auteurs de grands formats qui permettent de donner leur pleine puissance aux images. La particularité de cet album est qu’il intercale des photo de François au sein d’un récit BD d’Emmanuel. Cela pourrait sembler artificiel, mais outre le fait de rapprocher l’ouvrage du reportage classique (photo), cela met en parallèle les illustrations avec la réalité couchée par l’objectif. Car le travail d’Emmanuel, pour réaliste qu’il soit, reste une vision d’artiste, une vision graphique. Résultat de recherche d'images pour "la lune est blanche lepage"La relative monotonie de la lumière et des paysages lui permettent ainsi d’expérimenter des évocations de textures, de lignes, parfois tout en contrastes, tantôt dans les bleutés des icebergs. On imagine l’artiste avec une feuille blanche à la taille du continent, remplie de nuances infinies sur un même thème, de couleurs et de lignes qu’il n’a sans doute jamais vu… Les éléments techniques (bateau, engins, etc) apportent des touches de couleur vive dans de désert blanc et le dessin permet de les rendre graphiques. Ce qui étonne c’est ce ciel bas, ce gris permanent… que le dessinateur parvient à rendre intéressant par-ce que c’est la réalité qu’il observe, que cela fait partie du voyage. Alors oui, ce livre est magnifique, varié, un régal visuel.

Résultat de recherche d'images pour "la lune est blanche lepage"Il s’agit cependant bien d’un documentaire, récit de voyage au jour le jour et probablement écrit comme cela: l’on suit les frères Lepage des premières évocations du projet aux multiples contretemps qui jusqu’au dernier moment risquent d’annuler leur participation. La tension du dessinateur est palpable, les craintes de la famille aussi. On en apprend beaucoup (avec des passages très pédagogiques) sur le fonctionnement des missions polaires, sur le continent lui-même, sur les saisons… On est dans la peau de l’artiste novice apprenant tel une éponge tout ce qui est nécessaire pour être membre de l’équipage…et pour le croquer. Car une telle expédition ne peut se permettre d’emporter deux bouches inutiles: tout le monde a une fonction et celle d’Emmanuel sera de piloter l’un des engins qui traîneront les conteneurs de la base Dumont d’Urville à Concordia. Tout cela est passionnant et raconté avec un vrai suspens, nous faisant vivre les très nombreuses adaptations au quotidien que nécessite la vie en Antarctique. Emmanuel Lepage hésite, ne sait pas s’il va y arriver, nous fait partager les aspects les plus triviaux  (le mal de mer,…) de la petite communauté de scientifiques et de techniciens embarqués sur le bateau, puis sur l’expédition en engins à chenilles, enfin à Concordia, si près du pôle, mais si loin aussi… Longtemps il ne saura dessiner puisque dehors il n’est pas envisageable de rester mains nues avec son crayon. La grande sensibilité de l’homme évite tout narcissisme à cette histoire qui est une aventure à taille d’homme.

 

Résultat de recherche d'images pour "la lune est blanche lepage"

L’ouvrage, particulièrement complet, prend également le temps de nous relater l’histoire de la conquête du continent blanc, celle des premières expéditions polaires françaises, de l’organisation de la présence permanente, les enjeux stratégiques autant que scientifiques mais aussi les impératifs logistiques, les fenêtres de passage des bateaux depuis la Nouvelle Zélande etc.

Les bons documentaires racontent des histoires humaines, nous enseignent sur des sujets inconnus, nous font voyager. la Lune est blanche est tout cela à la fois. Une très grande réussite, un très beau livre, un très grand auteur.

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Comics·Mon vide-grenier livresque

Mon vide-grenier livresque #2

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Cette semaine Fifty propose le thème de l’horreur. Pas un genre que je cherche particulièrement mais en revanche au travers du Thriller et du fantastique (pas mal de BD inspirées par l’univers de Lovecraft ici…).

Du coup je ressort un article dont je suis assez fier sur les graphic novels du fabuleux illustrateur croate Esad Ribic, qui a produit il y a quelques années un huis-clos sous-marinier horrifique de tous les diables:

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Le billet

Une critique aussi chez Anotherwhisky.