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L’homme qui tua Chris Kyle

Le Docu du Week-End
BD de Fabien Nury et Brüno
Dargaud (2020), 162p., one-shot.

Chris Kyle fut le sniper le plus « efficace de l’histoire de l’armée américaine. Véritable « héros américain », sa vie a été racontée au cinéma par un autre héros américain, Clint Eastwood, dans son film American Sniper. En 2013 Kyle est assassiné par un autre vétéran. La légende se retrouva confrontée au réel et l’Amérique obligée de regarder l’envers du beau miroir…

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Fabien Nury aime parler des vilaines histoires, les histoires sans héros qui confrontent ce que l’Histoire laisse comme trace et la chienne de vie que chante le rock punk. Il est un maître pour effacer les vernis créés par les récits mythiques, nationalistes et pour aller titiller l’humanité là où ça fait mal. On peut parler de nihilisme et il est vrai que les lectures de ses albums ne sont pas véritablement des parties de plaisir, comme ce formidable triptyque Katanga dont on ressortait lessivé par tant de vilainie et d’absence d’espoir. Dans sa grande saga Il était une fois en France il parvenait à accrocher à personnage de « héros » même s’il s’agissait d’un anti-héros, bien gris, bien complexe, comme l’est la véritable Histoire.

L'homme qui tua Chris Kyle – SambaBD

Avec son compère Brüno qui l’accompagne depuis dix ans maintenant il a choisi cette fois de dézinguer le mythe américain en nous racontant l’histoire de ce qui s’en rapproche le plus, à la façon d’un documentaire télévisuel. Le style du dessinateur, très figé mais redoutable dans la reprise des cadrages et cinéma (Brüno n’a pas illustré pour rien le volume de la BDthèque des savoirs abordant le Nouvel Hollywood…) renforce cet aspect en évacuant tout réalisme graphique qui pourrait nous détourner du propos. Dans L’homme qui tua Chris Kyle ( titre emprunté bien évidemment au célèbre film de John Ford) les auteurs dressent le portrait réel d’une vraie légende. Quitte à écorner sur les bords le récit de cette vie qui semble valider l’american way of life et le mode de pensée des redneck dans l’Amérique de Trump (l’album ne sort bien évidemment pas cette année pour rien), ils ne remettent pas en question ce que représenta cet homme dont les choix et la réussite semblent valider totalement la mythologie de la vie par la volonté et les valeurs… simples si possible. Le propos est plutôt de gratter le traitement par l’Amérique, ses plateaux de chez Fox news, ses grands éditeurs qui fabriquent les best-sellers alimentant le mythe du héros tué par un lâche et de la veuve courageuse qui défend la mémoire de son mari, de présenter l’évidence brute, documentaire pour ensuite nous donner une interprétation plus complexe de ces évènements. Ainsi ils dressent le parcours du héros, puis de son assassin, vétéran comme lui mais comme son négatif à qui rien n’a réussi alors qu’ils avaient le même parcours… jusqu’à fréquenter le même lycée. Ensuite la veuve qui fructifie sur son mari pour endosser un statut national héroïque et l’argent qui va avec. Enfin le traitement judiciaire expéditif. Tout cela de façon presque clinique, sans commentaire ou presque, laissant le lecteur européen s’amuser tout seul des monstruosité du système médiatique américain que nous adorons détester.

L'homme qui tua Chris Kyle - Lire, Écouter, regarder...

C’est seulement dans l’épilogue que le scénariste sort de sa réserve pour proposer son explication de texte. Non, celui qui a été présenté comme un raté n’est pas devenu assassin tout seul. Le traumatisme qu’il a vécu sur le terrain l’a laissé démuni, baladé entre des hospitalisations sans lendemain et sans réaction de l’administration des vétérans face aux multiples alertes violentes démontrant le besoin de le soigner. Ainsi la victime du système est-elle devenue assassin du mythe lorsqu’elle a du affronter le terrible miroir déformant. Nury nous envoie à la figure cette Amérique de papier glacé qui réussit à quelques uns en laissant tous les autres rêver sans véritable espoir d’en être. La subtilité du traitement de cet ouvrage est très impressionnante. Avec un sujet improbable qui laisse circonspect en ouvrant l’album, il arrive à extraire la substantifique moelle de l’analyse documentaire en mettant en exergue un très grand nombre de sujets touchant à cette Amérique, mais également à des valeurs universelles. S’il est facile de ricaner devant l’adoration des armes à feu, les auteurs respectent tout autant ce héros qui croit dans un idéal des pères fondateurs, des pionniers partageant une nature pléthorique… même si c’est en 4X4. Ou sa femme qui est intimement convaincue que dans un monde où il y aura toujours des méchants, il faut de bons fusils pour sauver leurs victimes. Des raisonnements d’enfants désarmants mais sincères. C’est cela l’Amérique de Trump.

D’un récit simple, cristallin, parlant à l’intelligence de son lecteur (européen), L’homme qui tua Chris Kyle propose ainsi un impressionnant documentaire qui en parlant d’une histoire américaine touche l’universel. En attendant que monsieur Nury lâche ses stylos pour une véritable caméra.

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Alter #2

La BD!

BD de Philippe Pelaez, Laval NG et Daniel Florent (coul.)

Drakoo (2020),104p., série finie en deux tomes.

Nouvelle édition de la série Parallèle parue en 4 tomes chez feu Sandawe.

bsic journalism Merci aux éditions Drakoo pour cette découverte.

La maquette du premier album est reprise avec une couverture élégante. Voir la critique du premier volume pour les éléments d’édition. Le cahier graphique final est moins intéressant que dans le premier tome et propose plutôt les prouesses graphiques de Laval NG et du matériau d’ambiance qui n’aide pas vraiment à mieux pénétrer cet univers faute d’explications des auteurs.

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Sylan Kassidy a récupéré sa femme… ou plutôt ce qu’il en reste, convaincu qu’il peut lui rendre sa forme humaine en revenant dans sa réalité. Pendant ce temps sur Terre le temps s’écoule en tenant compte des découvertes de la Terre alternative, dite « Alter ». Mais sans la solidité morale de l’ex-président Saint-John et du capitaine Kassidy, les projets des scientifiques risquent de mener la Terre à un chaos définitif…

Parallèle -3- Moitié, moitiéNous avions laissé le très héroïque capitaine Kassidy abandonnant son équipage pour partir au secours de sa femme. L’album reprend sur un gros flash-back relatant les événements qui ont amené au début du premier tome, déflorant un peu plus l’événement physico-spatial qui a provoqué la projection dans l’univers parallèle. La structure de ce second volume est bien plus complexe que le précédent qui avait le mérite de nous faire suivre l’équipage uni en réduisant les sauts de narration à un unique passé. La grande difficulté des récits de réalité alternative et de paradoxes temporels est qu’ils exigent une très grande lisibilité et une rigueur scénaristique de tous les instants. Sur le premier point le dessin de Laval NG, s’il est toujours aussi élégant, ne permet pas toujours de s’y repérer entre les personnages, surtout que son scénariste complique la tâche en proposant différentes variantes de certains personnages et que d’autres apparaissent sans avoir été introduits (la nouvelle présidente). Du coup la lecture en devient compliquée et nécessite sans doute plusieurs passages pour bien saisir les subtilités du récit.

Le texte en lui-même est toujours aussi agréable et montre que le succès de Philippe Pelaez n’est pas dû au hasard tant son écriture a une fluidité  au-dessus de la moyenne. Alter est un projet ambitieux, surtout pour un scénariste Parallèle tome 4 - BDfugue.comdébutant et sa conclusion me laisse un peu la même impression que sur Brane zéro de Mathieu Thonon: un projet passionnant, très complexe, sur lequel les auteurs ont mis toutes leur passion… mais qu’un peu plus d’expérience aurait sans doute huilé un peu. Sans doute qu’une lecture d’affilée des deux volumes amoindrirait cette impression. Ce volume se concentre sur les conséquences sur les différentes réalités de ce qu’a provoqué le bombardement magnétique de 2070. L’action est bonne, les dessins agréables et les manigances politico-scientifique du Pouvoir nous font basculer d’un récit techno-scientifique (tome un) à un aspect plus conspirationniste. L’histoire est passionnante, mais le montage rend le suivi compliqué, si bien que je ne suis pas certain d’avoir compris la fin qui nous emmène dans une thématique carcérale. Il y a de l’idée pourtant dans ces alternances de pages en regard nous montrant les événements simultanément dans les deux réalités, comme cette excellente séquences initiale nous faisant vivre l’événement des deux vaisseaux. Alter fait partie de ces albums qui demandent au lecteur de travailler et personnellement j’adore. Peut-être que l’ajout d’un narrateur aurait pu accompagner la lecture…

On termine la lecture un peu décontenancé, avec l’impression d’avoir vécu une aventure généreuse, intelligente, ambitieuse et gourmande. Sans doute l’envie de jeunes auteurs de mettre tout ce qui leur plait dans un récit déjà complexe finit-t’il par un léger trop plein. Alter reste pourtant dans le club des très bonnes séries SF et n’a rien à rougir face aux albums de maître Fred Duval.

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****·BD·Mercredi BD·Nouveau !·Service Presse

Lone sloane – Babel

La BD!

BD de Xavier Cazaux-Zago et Dimitri Avramoglou
Glénat (2020), 78 p. one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

L’album s’ouvre sur une préface de Druillet expliquant son envie de laisser « libre de droit » le personnage de Sloane, permettant à de jeunes artistes de réinventer sa création. De fait cet album est né de sa rencontre avec l’artiste Dimitri Avramoglou et la participation au scénario de Serge Lehman. L’ouvrage est paru également en grand format noir et blanc. L’édition classique est estampillée « édition spéciale » dotée de la jaquette assez classique chez Glénat comportant une affiche une fois l’intérieur déplié.

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L’Écume avance inexorablement, dévorant les mondes et annonçant la fin de tout… Un mystérieux émissaire est envoyé réclamer l’aide du plus grand conquérant et voyageur qui ait jamais existé: Sloane. Retiré des soubresauts de l’univers il va partir en quête de la légendaire bibliothèque de Babel, seule à même, dit-on, de contrer la menace ultime…

https://www.ligneclaire.info/wp-content/uploads/2020/01/Lone-Sloane-800x1062.jpg.webpPère fondateur du légendaire magazine Métal Hurlant qui révolutionna la Bande-dessinée en en faisant un média adulte avec la postérité qu’on lui connait, Philippe Druillet a créé l’un des univers visuels les plus innovants et originaux qui soit dans les univers fantastiques du neuvième art. N’ayant jamais lu ses albums, l’initiative d’une réinvention par une jeune génération (la dernière publication de Druillet remonte à 1980!) m’a paru une bonne occasion pour monter sur le vaisseau du voyageur galactique…

La première chose qui saute aux yeux c’est l’univers graphique dantesque posé par le dessinateur, dont c’est la seconde publication BD (de même que son scénariste). Pour des débutants on peut dire que le projet, on ne peut plus casse-gueule, est maîtrisé! Le principal risque était de mécontenter la horde sauvage des fanatiques de Druillet qui ne se contenteront pas de l’adoubement du Maître et décrient, chose prévisible, l’éditeur pour une démarche présentée comme commerciale. Je n’hésite jamais sur ce blog à dénoncer certaines démarches qui me semblent peu respectueuses du lecteur ou des auteurs, y compris quand l’éditeur est partenaire du blog. Pour autant, lorsque un projet artistique permet à une nouvelle génération de découvrir d’autres œuvres, d’autres auteurs, et notamment des créateurs complexes je ne peux qu’applaudir. C’est le cas ici où sans tomber dans une pédagogie qui dénaturerait l’oeuvre inspirant, les auteurs parviennent à initier des nouveaux venus avec un véritable plaisir de lecture imaginaire et intellectuel.

Lone Sloane : Babel (0), bd chez Glénat de Cazaux-Zago, Avramoglou ...Babel est intelligent car outre de s’inspirer d’un grand créateur de mondes graphiques il convoque des références universelles telles que le Babel de Borgès et les grands héros de la littérature mondiale. Débordant d’envie et de générosité, Avramoglou détaille ses planches sans renier sa propre identité et dépasse pour moi la qualité graphique de Druillet en proposant une lisibilité plus grande à ces planches magistrales qui rappellent un des héritiers du créateur de Sloane, Olivier Ledroit. J’aime le space_opera grandiose dont Dune est sans doute l’aboutissement ultime et l’inspiration de tous. Les auteurs de Babel piochent plutôt chez Elric et la Dark Fantasy mise à la sauce spatiale. La démesure tordant l’espace et le temps, l’ambition d’un univers ayant dépassé les limites de la physique pour migrer vers des concepts fondamentaux rappellent l’étonnant projet sur Léonard de Vinci. Le personnage lui-même a inspiré de toute évidence un compère de Druillet, Jodorowsky et son Méta-Baron, guerrier ultime dont les aventures dessinées par Jimenez sont à la même échelle que ce Babel. Le texte narratif ampoulé au possible et confronté à des dialogues très… basiques font partie de l’univers, directement issus d’une volonté de rébellion, de liberté absolue née dans les pages de Métal-Hurlant.

Lone Sloane - Babel - BD, avis, informations, images, albums ...Je parlais d’initiation, cet ouvrage convoque donc la plupart des personnages des aventures passées de Sloane en évitant de perdre le lecteur. Chose hautement périlleuse  et qui donne envie de découvrir les albums originaux. Que peut-on demander de mieux? Babel nous fait ainsi découvrir un impressionnant jeune dessinateur, un univers magistral, une déconstruction graphique d’une élégance barbare folle en même temps qu’une ambition narrative qui fait refermer l’ouvrage avec le sentiment que tout cela est parfaitement cohérent. Projet donc totalement réussi, il ne reste plus qu’à demander aux gardiens du Temple un peu de tempérance et d’ouverture en comprenant que Druillet et ses personnages n’appartiennent pas qu’aux premiers lecteurs de Métal-Hurlant mais que les bébé-Lanfeust ont aussi le droit de découvrir les pères de la BD par ce type d’approche.

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Alter #1

BD du mercredi

BD de Philippe Pelaez, Laval NG et Daniel Florent (coul.)

Drakoo (2020),104p., série en deux tomes.

Nouvelle édition de la série Parallèle parue en 4 tomes chez feu Sandawe.

bsic journalism Merci aux éditions Drakoo pour cette découverte.

Superbe édition que cette ressortie chez Drakoo en deux tomes (le second arrive cet été, sauf report lié au COVID). Outre une très belle illustration de couverture à la fois représentative et esthétique, une maquette élégante, l’ouvrage comporte une illustration d’intérieur de couverture type blueprint et un Carnet de bord (cahier graphique) de huit pages en fin, comprenant une chronologie, des fausses affiches de contexte renforçant le background, une interview fictive d’un protagoniste et quatre pages d’illustrations originales contextualisées. Très généreux, j’espère que le second tome sera doté pareillement. Un bon point pour l’édition qui mets dans les meilleures dispositions pour la découverte…

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En 2082 le capitaine Sylan Kassidy est envoyé avec  le vaisseau Hybris et son équipage au fin fond de la galaxie pour rechercher un exil pour une humanité au bord de l’extinction. Échoué sur une planète de glace, il rend compte en directe à son armateur, le président des Etats-Unis, sur Terre. Soldat héroïque, meneur d’hommes implacable, Kassidy va pourtant rapidement comprendre que cette étrange planète cache un secret terrifiant remettant en cause toutes les théories physiques connues…

Parallèle T. 1 : New York, New York - Par Philippe Pelaez ...Parallèle faisait partie des séries que j’avais repéré à l’époque où Sandawe publiait à un rythme élevé grâce au soutien des lecteurs-financeurs. Quelques séries avaient réussi à passer plusieurs tomes et jouissaient d’une bonne réputation. Philippe Pelaez n’était pas encore connu… C’est la seconde BD que je lis de lui et je dois dire que sa réussite actuelle n’est pas le fait du hasard tant cet Alter est une sacrée claque, la première de cette année!

L’album prend la forme d’une histoire de zombie où un équipage très bien armé se fait progressivement décimer sans avoir le temps de comprendre ce qui lui arrive. Plaçant son scénario dans un contexte de SF futuriste et scientifique, il joue ainsi sur les deux tableaux d’une action immédiate efficace comme toute histoire de zombies et compense le vide de fonds de ce genre d’intrigues par un background solide de guerre nucléaire et d’interrogations spatio-temporelles. Les presque cent pages de cette version ne sont donc pas de trop pour nous abreuver de problématiques que personnellement j’adore! La SF scientifique a pour étalon inaccessible Universal War one et il est toujours compliqué d’assumer une ambition du Parallèle -1- New York, New Yorkmême type. Plus modeste, Alter réussite cependant son pari d’une progression dramatique qui nous fait passer de l’action inquiétante à la Aliens (le début nous place au cœur de la tempête de neige alors que des membres de l’équipage sont perdus sous la menace des monstres) à des débats scientifiques sur les conséquences de la guerre. Alternant son récit avec des flashback redoutablement découpés par son compère Laval NG, Pelaez donne du souffle à une action qui prenait le risque d’un album un peu vide. Avec des dialogues également très efficaces, la grande réussite de la BD est sans aucun doute ce personnage de capitaine impérial comme on n’en a pas eu en fiction depuis longtemps. Dans une période plus propice aux anti-héros et personnages torturés, les auteurs assument la grandeur de leur héros qui mène ses hommes sans hésitation, combat vaillamment les créatures et discours d’égal à égal avec le président des Etats-Unis. De la classe!

Parallèle -2- Donnant, donnantGraphiquement c’est également héroïque avec un dessinateur que je ne connaissais pas mais sur lequel il faudra compter dans les années à venir tant il est solide et doté d’un style très caractérisé. Rappelant par moment Matteo Scalera (influence très probable avec des combinaisons qui ressemblent à celles de Black Science) sa technique à l’ancienne très élégante est fortement rehaussée par une colorisation superbe de Florent Daniel. Comme pour beaucoup de dessinateurs les décors et arrières-plans pourraient être plus pointus mais le cadrage très serré, facilitant l’action et l’ambiance huis-clos permet de ne pas souffrir de cela et de profiter de designs SF très réussis. Ayant fait ses armes sur les derniers tomes de la saga Ballade au bout du monde et des albums historiques, son incursion dans la SF montre qu’il est à l’aise dans tous les styles et à voir les illustrations finales on peut attendre d’ici peu un album choc de Laval NG. Il en a le talent.

Dans un genre très fourni mais donnant souvent des albums inaboutis ou peu originaux, Alter arrive à se glisser dans les interstices très balisés avec une vraie verve cinématographique truffée de références visuelles et d’un souffle épique indéniable. Élégant, efficace, punchy et par moment touchant, c’est une très grande réussite que ce premier volume dont j’attends la suite avec impatience!

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