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X-O Manowar #3: Héros

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Comic de Matt Kindt, Trevor Hairsin, Juan Jose Ryp, Thomas Giorelo
Bliss (2019) – Valiant 2018, Tome 3/3 (épisodes 15-26), 320p.

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L’ouvrage s’ouvre comme d’habitude sur un court résumé des épisodes précédents, une table des matière détaillée, puis chacune des quatre parties propose les couvertures originales. En fin d’album des couvertures alternatives

Aric est de retour sur Terre. Mais celle-ci a changé, son peuple a changé, son amour a changé pendant son absence et l’obligent à recherches un but à sa vie. Entre passé, présent et futur, il va devoir affronter ses divers ennemis et trouver sa place. Mercenaire, Wisigoth? qu’est-il?

Disons-le tout de suite, ce troisième et dernier volume est le moins solide de la saga de Matt Kindt, du fait d’un statut bancal peut-être créé par l’intervention de l’éditeur. Car si le nouveau XO plaisait par sa radicalité et ses questionnements sur le pouvoir et l’identité, ce volume découpé en trois sections très inégales et peu reliées entre elles, perd de la cohérence pour apparaître comme une sorte de spin-off à la manière d’un Divinity III.

Image associéeAinsi le premier récit dessiné par un Trevor Hairsine assez moyen nous transpose en 393 de notre ère, date répétée de très nombreuses fois, jusqu’à la limite du ridicule, sans que l’on comprenne bien cette insistance sur la quête du jeune Aric pour récupérer le frère de son meilleur ami enlevé par les romains. Le seul intérêt de cette séquence repose sur le personnage de Sabbas, qui semble devoir jouer un rôle important dans la suite de l’univers Valiant. Le second récit (plutôt bien dessiné par l’inégal Ryp) est la suite directe du one-shot Eternity (qui était la suite de Divinity) et il sera préférable d’avoir lu celui-ci (excellent) pour bien saisir. L’histoire du reste met Aric dans la peau d’un mercenaire du GATE, rôle qu’il a déjà endossé par le passé, par exemple sur Harbringer Wars II. Ça bastonne avec des êtres d’une autre dimension, on noue des relations pour la suite, mais on ne voit pas trop le rapport ni avec les autres volumes ni avec le premier récit. Le troisième enfin rappelle les mercenaires du précédent tome sous le crayon du talentueux Thomas Giorello. Là encore ceux qui n’auront pas lu l’attaque extra-terrestre narrée dans Unity découvriront Résultat de recherche d'images pour "xo manowar agent ryp"surpris des robots géants faisant office de vaisseaux spatiaux et utilisés par les mercenaires comme par la chérie Gorinienne d’Aric revenue le sauver. Ça continue de bastonner, les problématiques associées à l’armure sont un peu oubliées et si l’épisode se laisse lire il ressemble plus à un passage obligé vers une clôture qu’à un magistral épilogue que la série méritait.

Au final ce troisième volume n’est pas déplaisant et chaque séquence est à la fois jolie et sympathique dans ses combats et les liens qu’elles tissent avec d’autres albums Valiant. Comme conclusion on ne pourra néanmoins s’empêcher de penser que Kindt aurait mieux fait de laisser Aric à la fin du second volume qui aurait été bien préférable comme conclusion.

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Bloodshot Reborn #2-4

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Comic de Jeff Lemire, Butch Guice, Mico Suayan, Lewis Larosa et Tomas Giorello
Bliss (2016)-Valiant (2015), série terminée en 4 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Bliss pour leur fidélité.

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badge numeriqueSuite de la saga Reborn après un premier volume brillant. Que va donner la suite de cette série en quatre volume seulement?

Disons que chaque album est très différent, et pas uniquement en matière graphique. Il est certain que Mico Suayan et Lewis Larosa mettent le niveau très haut sur les épisodes qu’ils mettent en image et comme à son habitude Valiant fait en sorte que chaque volume soit dessiné en intégralité par un même dessinateur. Ce n’est pas exactement le cas pour toutes leurs sorties récentes mais ici cela tient et c’est très agréable.

  • Résultat de recherche d'images pour "bloodshot reborn guice"Le deuxième volume est le plus faible. Le dessin très classique de Butch Guice fait très bien le job mais n’apporte pas le truc en plus qui enthousiasme sur les autres épisodes. Surtout, il clôture l’intrigue lancée par le premier tome mais sans le gros plus qu’étaient les voix intérieures de Bloodshot incarnées par la géomancienne et l’excellent Bloodsquirt. On a donc une bonne intrigue qui reprends l’enquête de l’agent Festival (quel nom!) qui cherche à en savoir plus sur le Rising Spirit Project et les bastons de Bloodshot sans le côté psychologique. Ça reste sympa mais dans la grande moyenne des comics Valiant.
  • Le troisième volume nous bouscule en nous envoyant directement trente ans dans le futur, dans une dystopie post-apocalyptique où la nano-technologie a pris le pas sur la civilisation et où une élite s’est retranchée dans des cités fortifiées et alimentées en eau. Le reste? Désertique et parcouru par des bandes sauvages… On est en plein Mad-Max ou plutôt Old-man Bloodshot (en référence au culte Old-man Logan de Mark Millar dont il reprend exactement le principe, avec un vieux Ninjak qui vient demander l’aide du soldat ultime pour sauver un monde devenu fou…). Le dessin et le découpage incroyable du grand Lewis Larosa (que l’on retrouvera sur la série suivante Salvation) font le reste pour vous mettre une bonne grosse claque dans la tronche. Un monument du niveau de l’ouvrage de Millar et Steve MacNiven, dont la seule faiblesse est de paraître comme une repompade. Mais quel plaisir de voir transposé ce concept dans l’univers Valiant!

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  • Le quatrième volume intitulé Bloodshot Island, est une grosse baston sur une île, avec le retour de Mico Suayan aux dessins. C’est très beau (malgré un personnage de Deathmate très numérique avec des effets pas terribles) et permet de découvrir les différents bloodshot créés au travers de différentes guerres. Ce principe (déjà vu notamment sur la dernière série Ninja-K) commence à sentir le réchauffé mais ça permet au dessinateur de créer des variations sympathiques. Du reste on est dans le dialogue de bidasse testostéroné, ce n’est pas très subtile. Cet épisode permet de découvrir différentes séquences des Bloodshot passés, avec un Tomas Giorelo bien moins en forme que sur le X-O Manowar mais cela reste très agréable à lire.

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Cette série, comme on m’en avait averti le spécialiste de l’Antre des psiotiques, est l’une des meilleurs choses qu’ait produit Valiant, même si l’on peut regretter la mauvaise habitude générale à l’ensemble des comics d’en garder vraiment beaucoup  sous le coude. Beaucoup d’éléments de construction d’univers et bien peu de réponses. Le principe de Bloodshot restant celui de la manipulation conspirationniste, on se rapproche de XIII et l’on s’éloigne des fusillades bourrin avec destruction corporelle gore auxquelles nous avait habitué le tueur aux yeux rouges. On est ainsi surpris de le voir très peu mourir. Est-ce une réorientation complète ou un simple intermède? Le gros apport de cette saga est la relation amoureuse et la culpabilité de Ray Garrison (qui sera prolongée dans la suite Salvation). Sur le PRS et le GATE on n’en sait pour l’instant que bien peu, c’est dommage. Mais pour peu que la mini-série Bloodshot USA clôture enfin cet arc (je vous dis ça très vite), l’ensemble est de haut niveau et une bonne façon de découvrir en douceur les éléments de cet univers super-héroïque.

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Harbringer wars: Blackout

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De façon imprévue (… mais c’est ça le charme des blogs!) j’entame une semaine comics avec du Valiant, Du Esad Ribic, du MCU et du Gerald Parel.. Allez hop, c’est parti (euh pardon: Let’s Go folks!…)


Comic de Matt Kindt, Tholas Giorello, Patricia Martin et Renato Guedes
Bliss (2019) – Valiant (2017), 184 p.

bsic journalism Merci aux éditions Bliss pour cette lecture.

Blackout est intégré au relaunch Valiant après le très bon Secret Weapons (dont c’est la quasi suite directe), le récent Ninja-K (qui se déroule à peu près en même temps) et la trilogie en cours X-O Manowar.

La psiotique Livewire (dont on comprend qu’elle est destinée à devenir le personnage majeur de cet univers), capable de communiquer et contrôler tout ce qui est électronique, provoque un blackout total sur les Etats-Unis lorsque le gouvernement s’en prends à ses protégés, les jeunes psiotiques branques découverts dans Secrets Weapons. Le GATE envoie alors le héros Aric tout juste rentré de ses aventures spatiales pour contrer Livewire. Ninjak et Bloodshot se mêlent à la bataille ainsi que le HARD corp, dans un conflit sur le rôle que doivent jouer les héros, la liberté individuelle et l’attitude autoritaire des gouvernements.

Résultat de recherche d'images pour "harbinger blackout giorello"Un héros doit-il obéir au pouvoir ou est-il un contre-pouvoir? Les psiotiques sont-ils un danger pour l’humanité?… des thèmes classiques de l’univers X-men qui nous sont proposés ici de façon pas hyper originale donc mais très bien écrit et remarquablement dessinée. Car si j’aime toujours le traitement radical des héros Valiant, avec des caractères bien trempés et indépendants voir sombres, c’est bien le graphisme qui marque sur cet album et en fait sans hésitation le plus bel album de l’éditeur proposé jusqu’ici. J’ai déjà remarqué depuis plusieurs albums la barre mise assez haut en matière de dessins mais ici on arrive à un niveau rarement vu en comics. En effet les quelques quatre artistes qui officient sont tous très très forts et particulièrement inspirés. Résultat de recherche d'images pour "harbinger blackout guedes"Par exemple Renato Guedes qui m’avait estomaqué sur ses planches de X-O Manowar mais beaucoup déçu sur Bloodshot Salvation #2, impressionne fortement sur cet album. Idem pour Thomas Giorello dont le style semble plus adapté à  l’univers terrestre de Blackout (comme celui de Ninja-K) que le gros bordel guerrier d’Aric. Enfin, Patricia Martin reprends exactement le style, la colorisation et le découpage particulier de Secret Weapons pour notre plus grand bonheur. Une véritable dream-team sans aucune baisse de régime qui maintient un intérêt visuel sur une trame sans les ruptures qui avaient pu faire la marque de fabrique de certains albums Valiant (Bloodshot ou Ninjak). Du coup la lecture est aisée, sans réflexions permanentes sur qui est qui et on est quand et reste centrée sur l’intrigue principale. Ça se fout pas mal sur la gueule, l’évolution de Bloodshot est très intéressante et pour peu que vous soyez à jour dans les derniers albums publiés par Bliss vous prendrez grand plaisir à lire l’évolution émotionnelle de Ninjak et Livewire. L’image totalitaire des agences gouvernementales (déjà aperçue dans Ninja-K) étonne et pousse les héros à remettre en question leur rôle. Dès mes premières lectures Valiant j’ai aimé l’idée d’un Toyo Harada, sorte de Magneto œuvrant pour l’essor de la race psiotique tout en les persécutant, cette zone grise où personne n’est très propre. Avec de vrais questionnements qui laissent de côté les quelques délires fantastiques d’autres séries Valiant, Blackout est pour moi le deuxième album de l’éditeur où je prends autant de plaisir (… et qui donne envie de lire d’autres titres!) depuis The Valiant qui m’a fait commencer cet éditeur. Une grande réussite et une porte d’entrée/vitrine possible, relativement facile d’accès et rattachée à beaucoup de séries publiées en France par Bliss.

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Ninja-K

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Comic de Christos Gage, Thomas Giorello, Ariel Olivetti, Juan Jose Ryp et Roberto de la Torre
Bliss (2019) – Valiant (2017), 320 p. contient Ninja-K 1 à 14.

bsic journalismMerci aux éditions Bliss pour cette découverte.

couverture_ninja-k_v4_cmjn-600x923Cette série est un relaunch récent de la série Ninjak de Valiant dont mes critiques sont dispo ici. Il continue donc l’intrigue de la précédente série là où elle s’était arrêtée, avec ceci de nouveau qu’il revient à des considérations beaucoup plus espionnage, ce qui n’est pas pour me déplaire. Les couvertures sont de l’excellent Trevor Hairsine et les dessins intérieurs d’un très haut niveau avec notamment un Thomas Giorello qui semble plus à l’aise dans l’univers réaliste de Ninjak que dans la SF de X-O Manowar.

Après la destruction de King’s Castle, Ninja-K doute de son employeur, le MI6. Sa relation compliquée avec la psiotique Livewire lui masque ce qui se trame dans l’ombre. Lorsque Ninja-D, l’un de ses prédécesseurs du programme d’espions-assassins, est tué, il mène une enquête qui va lui apprendre le passé de ses homologues et les pratiques secrètes du service de renseignement de Sa Majesté…

Trois parties assez distinctes dans ce volume:

  • Résultat de recherche d'images pour "ninja-k giorello"Une première très espionnage avec des dessins vraiment superbes de Thomas Giorello donc, aborde l’histoire du programme Ninja et l’enquête de Colin King auprès de ses prédécesseurs. On apprend les débuts des premiers Ninja du MI6 pendant la première guerre mondiale, un interlude illustrée par le très doué Ariel Olivetti (qui avait travaillé sur la dernière série X-O Manowar et les zones sombres du programme pour garder le contrôle de ses agents.
  • La seconde dessinée par un Juan Jose Ryp plutôt bon (et qui assure la continuité avec la précédente série où il officiait sur les Dossiers Ninja) est une réunion d’équipe, très sympa, contre un rassemblement de méchants qui voit des personnages de Divinity III intervenir. Après l’introspection place aux grandes batailles et aux enjeux inter-dimensionnels grandioses!
  • La troisième partie est dessinée par Roberto de la Torre que j’avais beaucoup aimé sur Shadowman et Rapture où son style encré et « griffé » se prêtait à un univers de magie noire, d’univers parallèles où la réalité n’est pas évidente… Ici ses encrages restent très chouettes mais moins percutants dans une intrigue où Ninjak infiltre une base en Ukraine en pourchassant une adversaire vue dans l’arc précédent.

Résultat de recherche d'images pour "ninja-k de la torre"Ce gros volume a le grand mérite d’avoir une équipe graphique de haut niveau et de proposer à la fois une immersion en douceur pour les nouveaux lecteurs (du coup ça peut être une porte d’entrée dans Valiant) sur le premier arc espionnage mais aussi de gratifier les lecteurs habituels de Valiant qui retrouveront avec plaisir des personnages connus et leurs interactions avec les différentes dimensions des comics de l’éditeur: Livewire, Ninjak et le Guerrier éternel (Unity), Punk Mambo et Dr Mirage (Shadowman), Kosity l’immortelle (Divinity)… Il s’inscrit dans la chronologie officielle après Unity, Secret weapons,et l’attaque des chasseurs d’armure dans X-O Manowar (série 2016).

Beaucoup moins de fantastique que dans le premier Ninjak (même si on fait appel aux chasseurs de l’étrange Punk Mambo et docteur Mirage…) et surtout une trame cohérente qui relie les trois parties autour du passé du programme Ninja, de la morale d’un assassin et de la fidélité de Colin King qui n’a plus d’autre accroche au monde que son amante Livewire (très réussie et que l’on a très envie de retrouver!). Ce volume marque un tournant dans l’histoire de Ninjak et l’univers Valiant en préparant un Harbringers Wars: Blackout (à sortir très bientôt chez Bliss) qui s’annonce graphiquement et thématiquement grandiose. En tout cas l’effet d’appel est réussi dans ce volume qui joue à la fois sur l’intime et le grandiose multi-héros dans un équilibre particulièrement accrocheur.

Résultat de recherche d'images pour "ninja-k ryp"La partie graphique est en revanche très variée, un peu trop sans doute. Techniquement on est sur le niveau d’exigence des dernières séries Valiant, très haut, avec un Thomas Giorello, Ariel Olivetti, ou Roberto de la Torre qui excellent dans leur style respectif. Même Ryp qui m’avais laissé une impression un peu brouillonne sur la précédente série (notamment sur le design général de ses « monstres »), se mets au niveau de ses collègues. Alors que la structure de l’ancien Ninjak était assez découpée avec beaucoup de sections différentes, la relative continuité de l’intrigue ici  fait un peu tiquer quand à ces changements graphiques. Encore une fois ce ne sont pas les artistes qui sont en cause mais peut-être le choix de ceux que l’on a appelé. Un Lewis Larosa aurait mieux collé à Thomas Giorello par exemple… Il reste que ce tome est plutôt une bonne surprise et reste intéressant tout le long. Pas le plus flamboyant des Valiant mais peut être un de ceux qui associent le plus d’éléments de l’histoire éditoriale récente de l’éditeur et qui est susceptible de vous emmener (subtilement) vers beaucoup de séries publiées par Bliss comics.

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