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TMNT Micro-Séries: Villains

Anthologie comprenant huit histoires courtes liées à la série Teenage Mutants Ninja Turtles d’IDW Publishing. Publication française assurée par HiComics le 19/10/2022.

Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

History of violence

C’est bien connu, on mesure la grandeur d’un héros à l’aune des dangers qu’il affronte. Et c’est d’autant plus vrai pour les Tortues Ninja, qui font face à pléthore d’individus peu fréquentables pour protéger New York, et parfois le monde, de dangers mortels. Après 17 tomes d’affrontements et de guerres en tous genres, il était temps de s’intéresser à certains des plus farouches adversaires de nos reptiles mutants.

Parmi les personnages ayant droit à un spotlight dans ce numéro spécial, on trouve bien sûr Shredder, mais aussi Bebop et Rocksteady, Karai, Alopex, Krang, bien évidemment, et d’autres moins connus tels que Hun, Old Hob ou Baxter Stockman.

Shredder, le maître cruel et incontesté du Clan Foot, est mort il y a des siècles, avant d’être ressuscité à l’ère moderne par sa descendante Karai. Mais où était-il durant tout ce temps ? En Enfer, où il a du se battre à chaque seconde pour ne pas être englouti dans les flammes ardentes de l’oubli et de la rétribution.

Bebop et Rocksteady, quant à eux, sont deux malfrats décérébrés et maladroits que le clan va transformer en redoutables mutants. Quand on a le pouvoir mais pas la jugeotte pour s’en servir, il n’y a qu’à bien se tenir. Krang, quant à lui, est un conquérant interdimensionnel qui n’a de considération que pour son désir de conquête. Mais comment en est-il arrivé là ? Et si ses souhaits de domination étaient avant tout… un désir de reconnaissance ?

Il en va de même pour Baxter Stockman, le génie scientifique contraint de travailler pour Krang. Comment tirera-t-il son épingle du jeu, et qui lui a inculqué cette soif de vaincre ? Old Hob est un vieil ennemi des Tortues et de Splinter, mais il a plus en commun avec eux qu’il ne le pense. La jeune Karai cherche à laisser son empreinte dans l’histoire du clan foot. Mais pour assurer l’avenir, elle va devoir se replonger dans le passé. Même chose pour Hun, qui n’accepte pas le déclin et refuse de rester sur la touche, raison pour laquelle il va se compromettre avec les Foot.

Ce hors-série nous montre, chapitre après chapitre, une facette inédite des adversaires des TMNT. Perspective rafraichissante, qui permet d’en apprendre plus sur un certain nombre d’ennemis parfois laissés de coté. Les histoires courtes, rapides à lire, s’intercalent entre certains numéros de la série, indiqués en fin de chaque chapitre pour plus de lisibilité, la continuité étant désormais telle qu’il peut être ardu de s’y retrouver.

L’aspect anthologique reste appréciable, même si certaines histoires revêtent un intérêt mitigé par rapport à d’autres. Il est à noter que le passage sur Shredder sera extrapolé en fin d’année dans le one-shot Shredder in Hell.

Ce hors-série TMNT sera donc réservé aux fans complétistes de la série, qui ont à cœur d’approfondir leurs connaissances de son univers foisonnant.

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We Live

Premier tome de la série écrite et dessinée par Roy et Inaki Miranda. Parution initiale aux US chez Aftershock, publication en France chez 404 Comics le 03/02/2022.

Et si on partait ?

Au cas où on ne vous l’aurait pas déjà répété, la planète Terre est foutue. Pour de vrai. Après des millénaires d’anthropocène abusifs, notre monde nous a sorti un bon et gros middle finger, sous la forme de catastrophes naturelles, qui ont conduit à des guerres, puis à une mutation de toute la faune et la flore, partout à travers le globe, dont le seul et unique but était désormais d’étriper des humains. Jusqu’ici, il n’y avait que trois façons de mourir en masse, les épidémies, les guerres, ou les famines, il y a désormais des lions mutants.

Un peu comme un aristocrate qui vous propose un jus d’orange à la fin d’une exquise soirée, la Terre nous pousse donc discrètement vers la sortie, mais il n’est pas évident de trouer une planète aussi accueillante. Pas de souci, l’Humanité a trouvé une issue, ou plutôt, une issue de secours, sous la forme d’un message extraterrestre. Plus qu’un message, c’était une promesse, celle qu’un certain nombre d’élus serait évacués, pour peu qu’ils soient présents autour d’une balise à la fin d’un compte à rebours. Ces élus sont ceux et celles qui ont trouvé un bracelet spécial, issu d’une technologie extraterrestre, tous des enfants.

Depuis la mort de leurs parents, Tala veille du mieux qu’elle peut sur Hototo, son jeune frère espiègle et encore innocent malgré les horreurs qu’il a vécues. Lorsqu’elle a trouvé un des fameux bracelets, Tala n’a pas hésité une seule seconde et a l’a enfilé au bras de son frère, se sacrifiant ainsi pour lui offrir une vie meilleure, sur une planète lointaine.

Après avoir survécu à toutes sortes de dangers, il est temps pour le duo fraternel de tout quitter pour se mettre en route vers la balise la plus proche, situé dans une des 9 mégalopoles, derniers bastions humains sur une Terre devenue hostile au genre homo. Ce sera là une dangereuse odyssée pour Tala et son frère, car les obstacles sont nombreux et veulent généralement déchiqueter tout ce qui marche et parle dans leur champs de vision.

On l’a vu récemment avec No One’s Rose et d’autres sorties récentes, la thématique écologique, en plus d’être une urgence planétaire bien réelle, fournit une source actuelle et non négligeable d’inspiration pour la fiction, notamment pour le genre SF/Anticipation. Bien évidemment, les frères Miranda maîtrisent bien leurs codes narratifs, puisqu’avant d’être un énième récit de fin du monde, We Live compte avant tout l’histoire d’une fratrie, l’attrait du récit réside principalement dans les liens qui les unissent plutôt que dans le cadre post-apo, qui n’est finalement qu’un écrin pour l’évolution de ses personnages.

  • Les deux auteurs connaissent donc bien leur recette:
  • a) des personnages bien définis et pour lesquels les lecteurs ressentent de l’empathie: On ne peut que valider la cause de Tala, surtout lorsqu’on apprend qu’elle a privilégié la survie de son frère au détriment de la sienne.
  • b) un objectif simple avec des enjeux compréhensibles: survivre, ça reste, a priori, à la portée de tout le monde.
  • c) des obstacles de taille et un compte à rebours: comme on l’a dit, un environnement hostile rempli de monstres, pas évident à surmonter pour des enfants. Quant au compte à rebours, il est littéralement mentionné dans le récit puisque le duo n’a que quelques heures pour rejoindre le lieu d’extraction, sans quoi Hototo restera coincé sur une Terre mourante.

Le final fait basculer l’histoire du survival SF à un récit plus super-héroïque, ce qui est un peu désarmant il faut l’avouer, mais cela n’enlève rien à l’intérêt de l’album, et promet même une suite plutôt palpitante. Un des autres aspects questionnants est le caractère foisonnant de l’univers du récit, qui part dans plusieurs directions avec des animaux mutants, des zombies fongiques, des méchas, etc… Mettons-ça sur le compte d’un univers baroque, la richesse n’étant pas nécessairement un défaut. We Live est donc une quête initiatique bien construite, avec des personnages sympathiques, un univers violent mais poétique.

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TMNT #17: Lignes de front

Poursuite de la série avec Kévin Eastman et Tom Waltz au scénario, Dave Wachter et Michael Dialynas sur la partie graphique. Sortie le 06/07/22 chez Hicomics.

Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

Lard de la guerre

Depuis la fin des conflits contre les Tricératons, redoutables combattants issus de manipulations génétiques commises par les Utroms sur des dinosaures, la poussière retombe sur New York. Mais ce n’est pas pour autant que les Tortues Ninja auront le loisir de se reposer !

En effet, alors que l’île de Burnow, qui accueillait jusque-là les réfugiés Utroms, devient également le refuge des Tricératons survivants, l’infatigable Agent Bishop lance un assaut de taille avec toutes les forces de la FPT afin d’éradiquer ce qu’il considère comme une menace. Comme on l’a vu dans les précédents tomes, l’atout principal de Bishop n’est pas l’ensemble des troupes de son organisation, mais le contrôle total qu’il exerce sur Slash, un puissant mutant-tortue capable de faire des ravages dans les rangs extraterrestres.

Soucieux de préserver la paix et de sauver leur ami Slash, les tortues tiennent la ligne de front, ce qui va les pousser à une curieuse alliance avec les Utroms… Comme on dit, « l’ennemi de mon ennemi est mon ami » !

La série TMNT en est déjà à son 17e tome, ce qui démontre une longévité certaine et donc, un savoir-faire de la part des auteurs. Alors que l’on pouvait craindre un redondance, il s’avère au contraire que les auteurs en ont encore suffisamment sous le capot pour poursuivre les aventures du quatuor reptilien sans que l’on ait une impression de déjà-vu. A première vue, cela est du à la richesse du casting et la multiplicité des factions, qui permettent des combinaisons variées en terme de conflits.

Dans ce tome, le passé mystérieux de l’agent Bishop sera exploré via plusieurs flashbacks, ce qui redonne de l’intérêt à cet antagoniste qui est une épine dans le pied de nos héros depuis un long moment déjà. S’agissant de l’intrigue en elle-même, on pourrait dire que l’on est plutôt sur de la « macro-écriture », puisque le sujet principal est la guerre entre les différents camps, ce qui laisse un peu de côté les interactions entre les quatre frères pour le moment.

Sans spoiler, cette guerre aura certaines conséquences dramatiques, les fans devront donc s’accrocher à leur siège à la lecture de ce tome. L’album se termine par un épisode intermédiaire qui reprend la fameuse formule du Chant de Noël de Charles Dickens (dommage que l’on soit en été), et qui met Splinter, le mentor des Tortues, en lumière le temps de l’épisode. Intéressant pour approfondir un peu le père aimant qu’a toujours été Splinter, mais pas indispensable dans le contexte de l’album.

Graphiquement, Dave Wachter s’en sort vraiment très bien, notamment dans les nombreuses pages d’action que comptent cet album. La série maintient donc son rythme et continue de proposer une intrigue engageante et dynamique.

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Les chroniques d’Atlantide #1: Eoden, le guerrier

Premier tome de la série écrite et dessinée par Stefano Martino. Parution chez Glénat le 30/03/22.

Si l’Atlantide m’était contée

L’Atlantide est un royaume prospère, ce qui ne signifie pas nécessairement qu’il est tranquille. En effet, comme toute civilisation qui l’aura suivie au fil des siècles, elle ne peut avoir bâtie son opulence et sa magnificence que sur les cendres de la guerre, notamment celle qui a couté son bras à Eoden.

Le guerrier mutilé, dont le corps sculpté sur les champs de bataille et encore aussi robuste que son esprit, s’est exilé sur une île lointaine au Sud, pour échapper au tumulte des cités et gérer son traumatisme. Eoden a laissé derrière lui la gloire des combats mais aussi son frère Leoden, qui fut couronné roi, aux côtés de Leyon, la femme dont Eoden est amoureux depuis toujours.

Alors qu’il profite de sa retraite, Eoden voit un jour débarquer un ancien compagnon d’armes, qui lui révèle de que Leoden est depuis longtemps sous la coupe de Hak-Na, un sorcier fourbe qui prêche une obscure religion, et dont les manigances, saupoudrées d’épices psychoactives, embrument l’esprit du jeune roi et menacent l’intégrité de l’Atlantide.

Toutefois, rien n’a moins d’intérêt aux yeux d’Eoden que le sort de l’Atlantide. En effet, lui qui a tout donné pour sa patrie n’a aujourd’hui pour elle qu’un regard amer, mais lorsque son ami mentionne le nom de Leyon, et le danger qui la guette aux mains de Hak-Na, le sang du guerrier ne fait qu’un tour. Il décide alors de se mettre en selle pour parler à son frère et tenter de le ramener à la raison. Les obstacles seront nombreux, à commencer par les hommes d’Hak-Na qui sont partout, prêts à se débarrasser de tout ce qui gênerait leur maître. Sans oublier Leoden, qui, poussé au bord de la folie par le vil prêtre, voit des ennemis partout et pourrait bien se retourner contre son frère.

Conan l’amoureux

Déjà connu pour des séries telles que La Geste des Chevaliers Dragons, Les Forêts d’Opale, ou encore Ghost War, Stefano Martino prend pour la première fois les rênes intégrale d’un projet, en tant que scénariste et dessinateur.

A première vue, l’auteur s’appuie, pour son premier galop d’essai, sur des références solides qu’il manie avec une certaine habileté. Nous avons un univers anachronique basé sur différents mythes, notamment celui de l’Atlantide, ce qui engendre un cadre fantasy mâtiné de péplum.

Eoden, le protagoniste de ce tome, est un personnage qui évite l’écueil de l’unidimensionnalité. Blessé physiquement, il porte aussi des stigmates psychologiques qui en font un personnage attachant, assez loin des stéréotypes invinciblement badass que le genre a pu produire. Son retour après des années d’exil permet au lecteur d’adopter son point de vue avec facilité, et rend l’exposition plus fluide, car nous découvrons en même temps que lui les changements qui se sont produits durant son absence.

L’immersion dans ce premier tome est donc très effective, de même que la dynamique entre les différents personnages. Le triangle amoureux, bien qu’encore balbutiant, est écrit avec tact et ajoute un souffle romantique à l’ensemble. Pour le reste de l’intrigue, on n’évite pas un certain classicisme, avec présentation du méchant sorcier et de la galerie d’antagonistes, mais l’ensemble est suffisamment bien orchestré pour conserver son intérêt.

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Oblivion Song #3

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Série en cours, écrite par Robert Kirkman, dessinée par Lorenzo De Felici. Trois tomes parus en France chez Delcourt, en 2018, 2019 et 2020.

Je rêvais d’un autre monde

Il y a quelques années, Philadelphie a connu un évènement surnaturel aux conséquences tragiques: la transférance, qui envoya toute une partie de la ville dans une dimension baptisée Oblivion, zone hostile peuplée par une faune cauchemardesque. Nathan Cole, scientifique de son état, maîtrise une technologie pouvant reproduire, à petite échelle, le transfert vers Oblivion, et s’est donné pour mission de ramener tous les habitants de Philadelphie perdus là-bas.

Nathan a poursuivi ses périlleux sauvetages des années durant, même après l’abandon du gouvernement américain. Une victime après l’autre, au compte-goutte, Nathan ramène des survivants sur Terre, espérant secrètement retrouver son frère Ed. Ce que Nathan, enfermé dans son complexe du sauveur, ignore, c’est qu’entre temps, les survivants d’Oblivion se sont adaptés à leur nouvel environnement, et certains d’entre eux s’y sont même épanouis.

Les deux premiers tomes étaient le théâtre des retrouvailles entre Nathan et Ed. Le frère rebelle, marginal dans notre monde, était devenu à Oblivion le leader respecté d’une communauté de survivants solidaires et débrouillards. Attaché à son nouveau mode de vie, Ed ne voyait pas les choses du même œil que Nathan. Notre scientifique eut bien du mal à accepter ça, mais les deux frères parvinrent à se réconcilier, chacun d’entre eux reprenant le chemin qu’il s’était tracé.

Hélas, les choses ne sont jamais aussi simples quand on parle de transfert dimensionnel. Ce que Nathan cachait à tout le monde, et ce qui motivait ses recherches effrénées de survivants, c’est sa véritable responsabilité dans la transférance. Membre d’une équipe de recherche, le scientifique a contribué à créer la machine qui engendra le phénomène. Débusqué par l’armée, Nathan a du se rendre pour assumer sa responsabilité.

L’Abysse le scrute à son tour

Le troisième tome opère un changement de paradigme, grâce à une ellipse temporelle de trois ans. Libéré de prison et relaxé des charges qui pesaient contre lui, Nathan découvre qu’Oblivion a été explorée et exploitée pendant qu’il était absent. De nouvelles ressources ont été découvertes, permettant des avancées médicales et scientifiques significatives. Malheureusement, Oblivion n’est pas seulement peuplée de monstres carnivores. Teasés dans les précédents tomes, les Sans-Visages font ici leur entrée fracassante.

Forme de vie intelligente, ces êtres énigmatiques semblent piqués de curiosité pour ces êtres étranges venus d’un autre monde, les humains. Capturant en masse des survivants et des explorateurs, les Sans-Visages attirent l’attention d’Ed et de Nathan, chacun de leur côté. Ce sera donc l’heure des retrouvailles pour les deux frères que tout oppose. Seront-ils de taille face à ces aliens hostiles ?

On ne présente plus Robert Kirkman, auteur à succès dont la plus grande création a touché plusieurs médiums comme la BD, la TV et le Jeu Vidéo. Il nous sert ici un concept original qu’il exploite de manière très fun. Switchant entre les dimensions, Nathan se sert de ses connaissances pour passer les obstacles et résoudre des problèmes, rappelant des univers comme celui de Portal ou Soul Reaver. Cette mise en scène est servie par les dessins maîtrisés de Lorenzo De Felici, qui fait tantôt penser à James Harren (pour les monstres), tantôt à Ron Garney (pour les visages et le dynamisme du trait). Avec du recul, le scénario contient sans doute quelques fils blancs, mais la trame générale, menée avec le brio que l’on connaît à Kirkman, reste suffisamment addictive pour nous tenir en haleine. A ceci s’ajoute bien sûr la psychologie torturée des personnages, ce dont le scénariste a fait sa marque de fabrique.

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Giants: Brotherhood

Récit complet en 128 pages, écrit par Carlos Valderrama et dessiné par Miguel Valderrama. Parution le 25/09/2020 aux éditions Urban Comics, collection Urban Link (format comics).

Kaiju-palooza !

Il y a de nombreuses années déjà, le monde s’est écroulé sous les pas des géants. Des monstres à la peau impénétrables, qui ont rasé ce que l’homme tenait pour acquis et qui l’ont forcé à se cacher profondément sous terre. De cette catastrophe a émergé une nouvelle société, post-apocalyptique, violente, régie seulement pas la loi du plus fort.

C’est dans cet environnement hostile, contrôlé par des gangs en guerre perpétuelle, qu’ont grandi Gogi et Zédo. Deux jeunes orphelins réunis par le destin, prêts à affronter ensemble toutes les galères, mus par un simple rêve: faire partie du gang des Bloodwolves.

Pour ça, les deux survivants vont se voir confier une mission, déguisée en rite de passage: remonter à la surface, et mettre la main sur de l’ambrenoir, une ressource rare et puissante, issue du corps même des monstres géants. L’ambrenoir donne l’avantage à ceux qui la possède, et ici-bas, ne sert qu’à faire la guerre.

Gogi et Zédo vont donc embarquer pour leur périlleuse mission en territoire kaiju, impatient à l’idée de rapporter le trésor qui leur vaudra de faire enfin partie d’une famille, aussi toxique soit-elle. Mais les deux jeunes ne sont pas prêts pour ce qui les attend en haut. Leur fraternité sera-t-elle à l’épreuve des monstres ? Et d’ailleurs, qui sont les véritables monstres ?

L’Homme est un kaiju pour l’Homme

Dans les œuvres post-apocalyptiques, il est intéressant de voir ce que ce serait devenue l’Humanité si elle avait faire face à l’éventualité de son extinction. Comment les sociétés et les institutions se seraient réorganisées, la résurgence de la loi du plus fort dans un monde dévasté, sont autant de sujets fascinants et traités à l’envi dans ce genre transmédia.

Autant le dire tout de suite, ce n’est pas vraiment le cas dans Giants. Les frères Valderrama mettent le focus sur la relation entre leurs deux protagonistes, et ne livrent que le strict minimum concernant le background. Tout ce que l’on apprendra dans la série, c’est que des gangs de jeunes s’affrontent dans des villes sous-terraines, tandis qu’à la surface, règnent des (deux?) monstres géants qui se livrent eux aussi bataille.

Où sont les adultes ? Quid du pouvoir politique dans ces villes ? Si l’ambrenoir est une source de combustion, est-elle utilisée autrement que pour la baston ?

Si l’idée de base est intéressante (on retrouve la thématique des bandes de jeunes et le duo d’orphelins post-apo comme dans Akira), elle donne l’impression de n’être qu’effleurée, sans que les auteurs ne prennent la peine de la contextualiser. Les monstres non plus n’ont pas droit à un traitement en profondeur (ce qui est parfois le cas dans certains films de kaijus, Cloverfield en tête), même si leur design reste intéressant en évitant les poncifs reptiliens du genre. On retrouve d’ailleurs, en parlant de Cloverfield, l’idée des parasites de kaijus, sortent de puces monstrueuses et agressives.

Giants exhibe donc ses influences de façons assez ostentatoires, sans nécessairement en tirer profit sur la longueur du récit. La dynamique des frères ennemis est traitée de façon classique, mais assez efficacement pour que l’on s’attache aux personnages et à leur sort.

Giants: Brotherhood reste une lecture agréable, que l’on aurait aimé voir traitée plus en profondeur, au vu des influences évidentes citées plus haut.

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Funerailles #6: Bad moon on the rise

BD du mercredi
Freak’s Squeele : Funerailles #6
BD de Florent Maudoux
Ankama (2020), 87 p. 6 volumes parus.

bsic journalismMerci à Ankama pour leur fidélité.

couv_384511Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas aimé l’illustration de couverture de cet album, pourtant bizarre comme l’univers qu’elle couve mais loin du classicisme épique et de la thématique trinitaire qu’utilisaient les autres volumes. La rupture esthétique est nette, c’est dommage tant cette série avait jusqu’ici peut-être les plus belles couvertures de BD jamais réalisées…

Après la grande bataille contre les guerriers d’Isis et le sacrifice de Mammouth, la XIII° Légion vogue vers la victoire finale à Rem à bord d’une flotte de ballons. Alors que les généraux devisent sur la stratégie pour faire tomber le pouvoir de la Mante Religieuse, Funerailles étudie le processus d’immortalité en recueillant les histoires des soldats de la Légion…

Résultat de recherche d'images pour "maudoux funerailles bad moon on the rise"Ce sixième album de la série dérivée de Freak’s Squeele marque la fin du premier arc… mais la série va se prolonger! Depuis le début de la saga Florent Maudoux n’avance qu’au gré de ses envies, de ce dont il a envie de parler, de ce qu’il a envie de dessiner. C’est là toute l’originalité de ses créations (comme de toute la production du label 619) de proposer des albums extrêmement personnels, sans aucun compromis. Cela peut parfois déstabiliser, comme ces récits textuels sur cinq pages qui coupent la narration BD. Les nouvelles sont bien écrites et intéressantes, en nous plongeant dans le passé des personnages comme une sorte de Requiem d’un auteur qui sait que leur histoire va s’arrêter. Si la démarche (qui s’inscrit logiquement dans le scénario de cet album) est louable, son insertion rompt à mon sens la dynamique de la BD qui aurait mérité de voir ces textes compilés en fin d’ouvrage au lieu d’un texte final assez étonnant où l’auteur nous parle des Chevaliers du Zodiaque (Saint Seya en VO) en forme de résumé de la saga…

Hormis cela l’histoire est dans la ligne des précédents, bien construite, centrée sur des personnages et des créations visuelles toujours originales et réussies avec un design général où le plaisir du dessinateur se ressent. Il n’est jamais simple de conclure une histoire et si celle de la XIII° légion l’est très bien, il demeure pas mal de questions sur l’articulation avec la série d’origine. Funerailles aura été plus centrée sur Scipio et Mammouth que sur Pretorius dont on attend toujours de savoir comment il devient le redoutable guerrier de Freak’s Squeele. Gageons que Florent Maudoux sait où il va et a Résultat de recherche d'images pour "maudoux funerailles bad moon on the rise"prévu dès l’origine la liaison entre les deux séries qui restent à l’heure actuelle assez éloignées (univers contemporain pour FS, plus épique et Fantasy pour Funerailles).

La furie du précédent tome provoquera en comparaison une impression de calme qui atténue la force du combat final pourtant très réussi contre Psamathée de la Mantis. La gestion du rythme a toujours été très étonnante, inhabituelle, chez Maudoux, auteur qui a énormément de choses à dire, choses qu’il insère dans des dialogues toujours fournis et rehaussés de bons mots et de vannes de caserne (et pour cause!). Cette construction novatrice nous donne une petite impression d’être au milieu du gué achevant une révolution sans bien savoir sur quoi elle débouchera. A l’image de ces dernières pages de conclusion toutes en couleur et aux visions apocalyptiques, proches des films Hellboy, aussi belles qu’hermétique. Étonnant.

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Funerailles #3: Cowboys on horses without wings

BD du mercredi
Freak’s Squeele : Funerailles #3
BD de Florent Maudoux
Ankama (2016), 81 p. 5 volumes parus.

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Rien à redire sur la thématique graphique des couleurs, la maquette, tout est formidable, soigné, maîtrisé par l’auteur qui se fait toujours autant plaisir à proposer de beaux objets. En fin d’album un cahier revenant sur les inspirations de la série est proposé, qui éclairera les lecteurs en manque de références. Je noterais simplement à l’usage que finalement le format comics est un peu étroit pour la force des encrages de Maudoux (surtout avec les fonds de page noirs) et qu’Ankama pourrait envisager une fois la série terminée des versions grand format. Ce tome marque la fin du premier arc (sur trois à priori) « Shonen » et est suivi d’un arc « Shojo« .

La guerre civile se met en place, entre Psamatée de la Mantis qui a pris le contrôle du clan de l’Araignée et du Conseil et une résistance qui voit en Pretorius l’héritier de son père, seul à même de redonner la vertu à la république de Rem. L’armée se trouve au cœur de ce conflit à venir et les allégeances se révèlent alors que les deux frères se retrouvent enfin…

Résultat de recherche d'images pour "funerailles maudoux tome 3 cowboys"Funerailles est une série particulière, à la fois grand public et très personnelle, reflet d’un auteur qui mets ses tripes, ses passions, ses réflexions dans des albums parfois risqués. C’est sans doute la seule raison pour laquelle un auteur d’un tel niveau graphique n’apparaît pas dans les top des ventes de BD. Pourtant, si Freak’s Squeele était destiné à un public Young Adult et gavé de références télé qui pouvait restreindre l’audience, sa série dérivée a tout du blockbuster: un socle mythologique romain, une guerre, des conspiration, des nichons et un zeste de fantastique,…

Cet album marque une accélération dans l’intrigue avec la résolution de quelques drames installés au premier volume. La famille du héros Spartacus est réunie et rentre en clandestinité pour contrer la menace qui menace les fondations de la République. Résultat de recherche d'images pour "funerailles maudoux tome 3"Le concept de cyclopes est révélé aux lecteurs de même que le fonctionnement des armures directement issues du manga Saint-Seya (référence totalement assumée et détaillée dans le cahier annexe). C’est d’ailleurs l’utilisation non filtrée de ses références par Florent Maudoux qui peut le plus perturber: si la majorité des auteurs digèrent leur culture personnelle pour la réutiliser plus ou moins à bon escient, ici le dessinateur assume sa Bible sans fard, il transpose les chevaliers et leurs armures dans son univers, il insère très explicitement la République romaine dans un univers techno-fantasy et agence sans complexe des armées de dark fantasy, de la technologie rétro-futuriste et l’esprit de caserne des films sur le Vietnam. Cela ajouté à des personnages toujours du côté des Freaks (bien plus que dans la série mère où ce terme s’appliquait plus à des super-héros) et un refus des canons esthétiques  classiques (même si la mère et le fils sont des incarnations de l’idéal physique), ce qui sort du shaker est une création qui ne ressemble à nulle autre.

L’aspect sombre (très sombre) des thématiques mais aussi du graphisme est également un parti pris. Les planches sont bien plus poussées que dans Freak’s Squeele avec une gestion de la colorisation et de différentes techniques impressionnante. Maudoux est seul maître à bord et se laisse aller à des expérimentations comme ces séquences de combats de gladiateurs où les cases basculent en noir et blanc tramé (rappel des inspirations manga de son style), rupture visuelle totale et réussie. Résultat de recherche d'images pour "funerailles maudoux tome 3"Le design de l’univers est plein de goût et les maisons seigneuriales issues de l’univers des insectes. C’est glauque à souhait mais diablement esthétique.

Ce troisième volume n’est ni plus ni moins réussi que les autres, simplement il semble adopter une trame scénaristique plus linéaire, ce qui fluidifie la lecture et permet de se concentrer sur les détails des dessins. Mon grand regret est (je l’ai dit en préambule) que le dessin est trop détaillé pour un tel format et que l’on doit se rapprocher des pages en pleine lumière (ne faites pas l’erreur de lire dans la pénombre, vous rateriez beaucoup) pour apprécier le talent de l’auteur. Mais si vous aimez les dessins encrés, les filles sexy, l’action virile et les combats en armures magiques, les conspirations entre familles nobles… qu’attendez-vous, vous n’en êtes encore qu’au tome 3?

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****·BD·Mercredi BD·Rétro

Pain in black

BD du mercredi
Freak’s Squeele : Funerailles #2
BD de Florent Maudoux
Ankama (2014), 86 p. 4 volumes parus.

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J’ai beaucoup aimé le premier tome, du coup j’enchaîne (toujours plus confortable de lire une série dans la foulée). Pour le descriptif matériel se reporter à la critique du tome 1. La tranche du premier volume arborait un profile de Spartacus, ici celui de l’Araignée et l’ensemble proposera une frise continue du plus bel effet. J’aime toujours quand l’éditeur porte attention au rangement des séries dans l’étagère.

Une idée en passant, vu que l’on est sur un format comics et que la série principale regorge d’annexes texte et images originaux, ce serait très agréable d’avoir des bonus, sur Funérailles…

Les deux frères ont été séparés, l’un envoyé à l’académie formant l’élite dirigeante  de Rem, l’autre au camp militaire où l’on prépare la chair à canon des légions de la République. Ne perdant pas de vue leur serment de faire tomber cette République, ils poursuivent leur apprentissage tout en tissant des liens avec de futurs alliés. Pendant ce temps, leur mère, ravagée par le désespoir de l’exécution de Spartacus, retourne dans le château familial où des révélations l’attendent auprès de la matriarche du clan…

https://i.pinimg.com/originals/75/f9/85/75f985837ed0773a3611e29498adafb3.jpgLa structure du récit de se second tome est assez simple, répartie entre Scipio d’un côté, Pretorius de l’autre, la veuve noire enfin. Les deux héros vont parfaire leurs capacités et démontrer qu’ils sont des leaders. L’album s’attarde plus sur Pretorius dont la conviction en fait une menace pour l’institution militaire qui ne considère les gueules cassées que comme de la piétaille bonne à aller mourir sur le champ de bataille. L’inspiration de cette partie est clairement celle des films sur le Vietnam, comme l’illustre le titre inspiré de la chanson des Stones (et rattachée à la guerre asiatique) et les jeux de mots (toujours!) sur le Nam’, qui est ici la République de Namor, éternel rivale de Rem. On a ici une ambiance de caserne qui colle bien à l’humour de l’auteur et correspond plus à la série mère que les séquences dans la haute société. La grande force de la série reste les personnages, divers, attachants et bien caractérisés. On est ici en terrain connu mais les différentes séquences de constitution d’un groupe de fidèles à Pretorius sont parfaitement menées et intéressantes.

https://i0.wp.com/chrysopee.dd1.free.fr/Img_PAO/Matos_BD/FreaksSqueeleFun%E9arailles_T2_pl1.jpgLa partie sur Scipio nous révèle de nouvelles informations concernant le fonctionnement de la République et voit l’arrivée d’un alter-égo, Aelius le héros parfait que le caractère rebelle de Scipio mets en danger malgré leur amitié. Cette partie nous propose surtout une magnifique séquence d’action magique sur des planches noir et blanc tramées (style manga) qui donnent un effet très original et permettent d’apprécier les encrages toujours aussi magnifiques de Maudoux. Les manigances autour de l’Araignée permettent enfin de comprendre la conspiration politique qui a lieu pour la prise de pouvoir sur la religion d’État et nous en apprennent plus sur les règles génétiques très particulières de cette société: il semblerait que les femmes n’accouchent pas toujours de jumeaux et que ceux-ci fusionnent parfois en un seul être tel Janus…

daed46f13a632f7d2087c202f8506ff6.jpgFlorent Maudoux élargit sa palette sur cet album en proposant une variété très riche (qui prépare son futur Vestigiales): une couverture peinte de toute beauté, des intérieurs tantôt colorisés, tantôt noir et blanc, des planches en effet crayonné, d’autres très encrées… tout cela est très riche et varié avec une qualité moyenne très élevée. Je remarque également l’utilisation d’effets de flous et d’une économie sur certains arrière-plans quand d’autres (architecturaux notamment) sont très fouillés. Ce n’est pas du tout problématique et l’aspect général est vraiment très beau, avec quelques séquences sexy pour agrémenter le tout.

Cette série est décidément remarquable d’équilibre, chaque tome étant très bien défini et abordant un genre spécifique tout en faisant progresser l’intrigue générale et la découverte de l’univers. Si j’avais quelques réticences sur Freak’s Squeele, Funerailles montre que Florent Maudoux est un remarquable scénariste et j’ai hâte de continuer ma découverte de la geste de Scipio et Pretorius!

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****·BD·Mercredi BD·Rétro

Fortunate sons

BD du mercredi
Freak’s Squeele : Funerailles #1
BD de Florent Maudoux
Ankama (2013), 80 p. 4 volumes parus.

couv_186772L’album reprend la maquette classique de la série, sur le même papier épais, format comics, mais sur une maquette et pages à base noires. Une carte du monde et de ses nations est insérée en intérieur de couverture et pose les base de cette intrigue géopolitique. Les tranches donnent un aspect très élégant à la collection une fois insérée dans la bibliothèque. Enfin, ces couvertures…. donnent envie d’avoir des exemplaires grand format sous verre!

Dans la légendaire république de Rem le jeune héros à la tête de l’armée et sa compagne pressentie pour prendre la direction du Culte donnent la vie à des jumeaux. Or la loi de la République organise une séparation stricte entre haute classe composée d’être « parfaits » et ceux qui sont dotés d’une tare. Les deux enfants vont se retrouver séparés par cette société d’apartheid rongée par la corruption. Mais le même sang qui coule dans leurs veines va les mener à affronter ces lois iniques et bouleverser l’ordre établi…

Résultat de recherche d'images pour "maudoux funerailles tome 1"Ma découverte de l’auteur Florent Maudoux et son univers de Freak’s Squeele remonte à quelques années, en tombant sur les couvertures des premiers albums du Spin-off Funerailles, que j’avais trouvé vraiment sublimes. Intrigué par ce titre imprononçable je ne m’étais pas précipité après feuilletage, ne sachant pas si j’avais affaire à une BD pour ado, un manga, un comic,… L’an dernier j’ai entrepris la lecture de la série mère qui m’a laissé le même goût indéfini, ne sachant pas où situer cette série pourtant très rafraîchissante. Un attrait prononcé pour le langage djeun’z et la culture SMS cohabitant avec une mythologie très intéressante et une vraie personnalité graphique, bref, Freak’s Squeele m’a donné l’impression d’un cadavre exquis avec lequel j’ai finalement moyennement accroché.

Le personnage de Funerailles, qui a donné naissance à la première série dérivée, était l’un des point d’intérêt de la première série, par son design sombre, sa caractérisation complexe et le hors champ important qu’il recouvrait. Le fait qu’il soit le cœur de la série dérivée et que celle-ci soit présentée comme plus sombre m’a donné envie de la lire.

Image associéeNous avons donc ici une série d’inspiration médiéval fantastique avec une touche de steampunk ou même de SF, proposant un univers improbable où magie, créatures mythologiques et technologie télévisuelle cohabitent. On a les bases d’une saga de dark fantasy, avec ses guerres lointaines, ses héros en armures épiques, ses conspirations de confréries occultes et ses secrets enfouis dans les fondements même de la République. Le principe original (qui rattache avec le concept de Freak) est donc cette loi qui fait que la plupart des bébés naissent avec une défaillance physique plus ou moins importante et vivent dans les bas-fonds, travaillant pour l’armée ou pour la société qui les exploite. Une minorité est « parfaite » et vouée à la meilleure éducation. Sans déflorer l’intrigue (on l’apprend assez vite) une anomalie apparaît lorsque deux jumeaux naissent parfaits et risquent ainsi de briser la règle antédiluvienne en reproduisant ce qu’annonce une vieille prophétie…

Résultat de recherche d'images pour "maudoux funerailles"Le premier volume s’attarde sur cette séparation de classes, sur l’apprentissage parallèle de ces deux enfants, l’un en haut, l’autre en bas, tous deux très doués, et sur leur rencontre. Autour de cela ce sont les manigances de certains personnages pour orienter et maintenir un ordre très réglé mais pas toujours accepté. Cette partie se lit d’une traite, remarquablement bien écrite avec un scénario sage mais très bien ordonné: une longue introduction expliquant le contexte, puis la naissance et l’apprentissage. Beaucoup de découvertes donc, très intéressantes et beaucoup de portes ouvertes, sur un ton effectivement moins déconneur que la série mère. Personnellement je préfère. Quelques traits d’humour et de subtiles éléments (les soldats de plomb rappelant les bonhommes de pain d’épice, l’immortel) raccrochent cette série à la première mais on reste globalement assez éloigné tant par le ton que par l’intrigue.

Les dessins de Florent Maudoux progressent par rapport aux déjà très bons premiers albums de Freak’s Squeele, notamment grâce à l’apport de la couleur. Dommage que nous restions sur ce papier épais qui atténue la précision des encrages vraiment remarquables. Le design général de cet univers est classique (fantasy épique) mais très élégant, avec ces palais aux architectures antiques et ces costumes voilés. L’immersion dans les bas-fonds donne lieu à un autre aspect de cette République et seul le côté techno dénote un peu, sans que cela soit gênant.  Le format comics, la base noire des pages et le style assez minutieux du trait de Maudoux rendent les planches assez sombres, ce qui n’est pas pour me déplaire même si cela peut nécessiter de se concentrer sur certaines cases pour bien comprendre et voir les détails. Résultat de recherche d'images pour "maudoux funerailles"Comme je l’avais remarqué sur Vestigiales Florent Maudoux est vraiment un des tous meilleurs dessinateurs actuels, à la marge de progression encore conséquente, ce qui laisse augurer du sublime pour la suite. Le format choisi pour la série est sympa mais je pense que l’idée de proposer des versions grand format serait intéressante pour profiter de ces très belles planches.

Je dirais donc mission accomplie pour ce premier tome de Funerailles qui m’a enfin accroché à cet univers en recalibrant le curseur aventures/graphisme/ambiance. Ce ne sera donc sans pas le même publique qui appréciera les deux séries mais les passerelles entre les deux ont un côté intéressant en proposant plusieurs aspects de ce monde que l’auteur a construit, très original et qui, sans proposer une BD Fantasy comme on en trouve chez soleil, permet grâce aux graphismes et un certain côté décalé de sortir du lot.

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