Cinéma·Graphismes

Bilan ciné de 2018

Comme on est dans les bilan et que dès le début j’avais envisagé ce blog comme traitant de tout ce qui était graphique, tout média confondu, je vais faire un petit retour ciné sur les films qui m’ont paru le plus visuellement intéressants de l’année passée (pas forcément les meilleurs films de l’année):

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Depuis quelques temps l’ami Steven aime à faire joujou avec les outils numériques, sans aucune honte à proposer un jeu vidéo en salle de cinéma. Du coup, comme il sait un peu faire des films on ne s’ennuie pas une seconde et il se permet en outre de poser pas mal de références plus qu’explicites à des films d’animation ou de cinéma, de Gundam à Shinning, avec une séquence entière totalement insérée dans le film de Kubrick. Ca reste un film pour ado, pas le plus intéressant ni novateur du siècle mais visuellement totalement ébouriffant.. pour peu que l’on ne soit pas un habitué des jeux vidéo dernière génération qui sont tout aussi jolis et souvent bien mieux écrits… Le serpent qui se mord la queue?

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Un premier film, de genre, très graphique, on en a eu plein en France, pas toujours réussis et rarement suivis par autre chose. La bande-annonce m’a plu, les images surtout et j’aime bien ces histoires simples de vengeance brutale en pleine nature. Il ressort du film un étonnant faux-rythme, une image saturée dans des paysages magnifiques et un travail radical (sur le sang par exemple) que l’on ne trouve que dans des premiers films. Ça se laisse franchement regarder, ça n’a pas plus d’ambition que celle d’une bonne série B et c’est très joli.

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Que dire de ce coup de poing à l’estomac, de ce quasi acmé super-héroïque? Vous l’avez tous vu, comme Avatar en son temps… sauf que c’est finalement vachement mieux qu’Avatar! Alors paradoxalement, si je l’aurais aisément mis dans mon top des films de l’année, graphiquement ce n’est pas le plus réussi du Marvel cinematographic universe. On reste dans des canons très hauts, très colorés aussi, avec quelques illuminations visuelles et très peu de fautes techniques pour un film avec autant de plans synthétiques. La réussite du film est plus thématique (le méchant!!!!!) que visuelle, mais bon, c’est trop tard, il est sur ce billet et il y reste, voilà!

Spider-Man : New Generation

Vu juste après Asterix qui m’avait déjà bien claqué la rétine, j’ai eu la désagréable impression de voir le film en 3D sans lunettes à cause de cet effet de flou qui semble être au final volontaire. Dommage car sinon c’est l’un des objets animés les plus inventifs et gonflés que j’ai vu, un patchwork de culture urbaine du graph, de la BD de papa et de l’image de synthèse classique agglomérés comme une synthèse absolue de BD sur écran… C’est juste superbe, dérangeant visuellement et en plus très sympathique (et drôle)  question scénario. L’un des films de l’année certainement et l’un des meilleurs films de super-héros sortis au cinéma. Et last but not least, aucune nécessité de connaître l’univers de Spidey pour apprécier le film.

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Le précédent Asterix par Astier était déjà très joli mais sincèrement je pense que personne n’attendait ce film sur le plan visuel. Or c’est sa principale force en proposant quelque chose à la fois totalement fidèle au dessin d’Uderzo et vraiment très beau. Ça fait parfois penser à la saga Dragons (dont le 2 était également magnifique) et ça montre que les français savent totalement rivaliser visuellement avec les grosses prod’ d’outre-atlantique.

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Sans doute trop ambitieux et un peu pédant, le scénario n’arrive que peu à décrocher, mais l’ambiance visuelle de cet univers corrompu par la couleur est vraiment original. On pense par moment à des films de Gilliam ou de Tarsem dans un espèce de délire graphique. Ça n’a pas beaucoup d’autre vertu que son imaginaire graphique mais ça peut valoir le coup pour cela tout de même, . La critique est ici.

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Pour finir, la suite de la très grande réussite visuelle Les Animaux fantastiques… tout aussi réussie visuellement (bien que résolument plus sombre, comme une dramatique obligation à suivre l’assombrissement de la saga Potter?) mais franchement galère niveau scénario. Le drame des épisodes 2 (sauf que l’Empire contre-attaque mais bon…). J’adore toujours autant ce design rétro et l’imagination (mention spéciale aux séquences parisiennes et aux animaux pas assez présents) et si c’est un peu long ça reste vraiment très joli. Il faudra juste expliquer un jour aux réalisateurs que plus l’image est sombre moins on la voit à l’écran… je dis ça je dis rien…

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Le triomphe de Zorglub

BD d’Olivier Bocquet, Brice Cossu et Alexis Sentenac
Dupuis (2018), 55 p.

9782800174594-couv-m800x1600Comme beaucoup, Spirou a fait partie de mes professeurs en BD… enfin pas le même Spirou, moi ce fut celui de Tom et Janry, qui sont les seuls à avoir véritablement refondés le héros après les années Franquin et ses successeurs. Avec eux Spirou est devenu un héros moderne, une sorte d’Indiana Jones appuyé par un dessin à la fois « gros nez » et réaliste. Bref, après leur passation de pouvoir suite à Machine qui rêve (le meilleur album de Spirou toute époque confondue et véritable ovni très gonflé) je n’ai jamais pris le temps de tenter à nouveau l’aventure. L’arrivée de ce Triomphe de Zorglub m’a attiré par un graphisme qui m’a rappelé celui de Janry… mais laissé sceptique par une communication assez calamiteuse de Dupuis qui le présente comme lié à la sortie du film. Alors oui le timing est le même et l’histoire est celle d’un film tourné sur Spirou et Fantasio… mais une fois ce pitch passé, on est surtout dans une vraie histoire de Spirou, drôle, pleine de mises en abymes et d’action débridée. Je n’ai absolument pas envie de voir le film, pourtant je me suis régalé à la lecture de la BD. C’est iconoclaste, un peu scato sur les bords et vraiment percutant.

Les dessins sont très correctes, un peu plus réalistes que d’habitude et la mise en couleur très vive et agréable. On saute du coq à l’âne par des ellipses temporelles et géographiques vertigineuses, mais cela n’a aucune importance: on a du Zorglub (le vrai… bien qu’un peu faiblard), du Champignac, du Slip (… pardon, Spip..), Sécotine et un Fantasio que j’ai rarement vu si drôle avec sa tignasse qui a du beaucoup inspirer les auteurs. L’histoire du film permet une immersion dans le monde du cinéma et des commentaires sur le statut de héros. Le découpage propose quelques séquences qui vont vous faire pleurer de rire… Une vraiment belle surprise humour que je n’attendais pas et qui montre que l’on peut allier démarche commerciale et réussite artistique.

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Cinéma·Graphismes

Bilan ciné de 2017

Comme on est dans les bilan et que dès le début j’avais envisagé ce blog comme traitant de tout ce qui était graphique, tout média confondu, je vais faire un petit retour ciné sur les films qui m’ont paru le plus visuellement intéressants de l’année passée.

Blade runner 2049

zkrbe1vncvacnuhnocp8J’en ai parlé sur le blog évidemment tant la claque graphique parvient presque à dépasser l’original. Le film de Villeneuve a une âme, une identité propre et un goût d’une grande délicatesse. Premier contact avait déjà donné une idée des originalités visuelles percutantes que pouvait proposer le canadien. Ce réalisateur est à mon sens l’héritier directe de Ridley Scott comme maître d’un cinéma graphique absolu.

Valerian

Résultat de recherche d'images pour "valerian mille planètes artwork"Luc Besson est un besogneux et un têtu. Des années qu’il se fait allumer notamment à chacune de ses adaptations BD. Il faut dire que son OPA sur l’Adèle Blanc-sec de Jacques Tardi que seul un Jean-Pierre Jeunet pouvait prendre en main avait fait du dégât. Si la participation de Mézière au réussi Cinquième élément donnait des gages, tout le monde retenait son souffle craignant le naufrage industriel. J’en ai parlé sur le blog, le naufrage est loin et si au final on a un honnête film d’action SF grand public, visuellement, artistiquement, c’est une grande réussite, très fidèle à l’esprit de la BD. Comme quoi quand Besson mets son âme et oublie les dollars et les Yuan il peut encore être bon (voir très bon).

Logan

Résultat de recherche d'images pour "logan movie artwork"Quelle surprise! Logan montre encore une fois combien Hollywood est capable quand on s’y attend le moins à produire des choses uniques, ambitieuses, artistiques, novatrices. Tout le monde avait proclamé le début de la fin des super-héro movies et la saga des X-men n’en finissait plus de s’effondrer avec un initiateur (Bryan Singer) s’éloignant à chaque film de son coup de génie du premier opus, Sam Mendes avait donné sur le précédent Wolverine un objet commercial informe destiné au marché asiatique… et voilà qu’en adaptant le génial comic de Millar Old-man Logan, il proposait un inattendu one-shot crépusculaire, mettant à l’écran le désespoir poussiéreux que George Miller n’a osé mettre dans son Mad Max Fury Road. Un rôle en or pour Hugh Jackman qui peut ainsi rendre son tablier la tête haute. Si Incassable a montré ce que devait être un film de genèse de super-héros, Logan restera sans doute pour longtemps un requiem de tout un genre.

John Wick 2

Résultat de recherche d'images pour "john wick 2 concept art"Improbable de voir un film de gunfights dans ce top, et pourtant, l’univers urbain et nocturne développé pour cette trilogie participe vraiment à la réussite de l’ensemble. Outre les chorégraphies, le choix des lieux (du métro aux catacombes romaines en passant par les cages à pigeon New-yorkaises), la création d’univers (l’hotel COntinental) donnent aux films un atout visuel que d’autres ambitions (je pense au Grandmaster de Wong Kar-wai) n’ont pas si bien réussi. Personnellement j’ai pris un vrai plaisir visuel à ces visionnages. Des films d’ailleurs dotés de très belles affiches qui donnent le ton.

Kong Skull Island

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M’étant dispensé de ciné pour le coup tant ça semblant n’importe-quoi (avec Samuel Jackson on craint toujours le pire), j’ai été très agréablement surpris par l’ambition série-B et la recherche graphique vraiment chouette de cet univers de monstres géants. On est très proche de ce qu’a fait Guillermo Del Toro sur Pacific Rim, avec un background fouillé et un design barbare adapté su sujet. Le travail sur les indiens est excellent, les décors fouillés et terriblement graphiques. Bref, une vraie BD à l’écran. Si le scénario est pas plus mauvais que pour tout blockbuster estival, on reste avec un vrai sourire graphique qui donnerait presque envie de voir la suite. Avec en prime un magnifique générique final (… généralement le travail du générique donne le ton sur l’ambition et le sérieux de la production).

Roi Arthur

Image associéeÉtrange film que cette adaptation par le très visuel Guy Ritchie. Une première séquence d’abord, totalement sidérante de démesure, d’équilibre entre son et image, de puissance de mise en scène muette… Puis un travail d’invention syncrétique entre plusieurs époques pour Londinum. Enfin, un long film banal dans sa mise en scène, dans ses décors, dans l’utilisation de son bagage… Enfin, un combat contre le bosse de fin que n’aurait pas renié Frazetta. Passons donc sur les défauts pour nous concentrer sur la grande réussite du film: les références visuelles, à Frazetta donc (le monstre est très directement issu des illustrations du maître comme jamais auparavant au cinéma), au Seigneur des anneaux et ses Olifants ici démesurés, à ce que le design de chevalerie à fait de mieux (on pense au Boorman d’Excalibur évidemment). Il en résulte une petite frustration que Ritchie n’ait pas produit le grand film barbare qu’il aurait pu, sorte de suite moderne au Conan de John Milius.

Note: Thor Ragnarok comme Les Gardiens de la Galaxie 2 m’embêtent un peu car je reconnais une véritable démarche artistique dans les deux cas (et très proches l’une de l’autre). Si je reconnais en outre une certaine qualité au premier dans l’humour et le décalage avec le MCU, pour les deux films je trouve qu’il y a une faute de goût manifeste et en tout cas quelque chose qui ne m’a pas du tout accroché. Une sorte de fausse bonne idée qui aboutit à quelque chose de moche alors que tant d’argent et tant de talent ont été utilisés sur ces métrages. Dommage, vraiment!

 

Cinéma·Graphismes

Jupiter et George Hull

Dans la fascination grandissante envers les films de SF et fantastiques, une grande part tient au design et à la créativité des artistes géniaux embauchés par troupeaux et qui créent des univers dans lesquels on se demande souvent après coup quel a été le rôle du réalisateur… Ces artistes la plupart du temps inconnus (comme du reste l’essentiel des techniciens) sont pourtant l’âme de ces films. Quelles qu’aient été les visions des réalisateurs de ces films, Alien n’existerait pas sans Giger, Star Wars sans Ralph McQuarrie, et Le Seigneur des anneaux sans Alan Lee et John Howe. Je me remémore la séquence des DVD Star Wars où George Lucas passe tamponner en quelques secondes les illustrations validées ou non sans un regard aux graphistes anxieux…ja_titus_open_fin5

Parmi les réalisateurs les plus inventifs de ces dernières années se trouvent les Wachowski, sans doute les plus grands apports à la SF depuis George Lucas. Si Matrix est entré dans l’imaginaire collectif, une incompréhension sur les volumes 2 et 3 a atténué l’aura de ces inventeurs d’univers auprès de la presse du du public. Leur film Cloud Atlas est significatif de cette gêne autour de leurs oeuvres, les critiques semblant désemparées au visionnage sans pour autant critiquer. Les visionnaires sont souvent victimes de tels problèmes.

set_titusdockjumperfront_fin5fJupiter Ascending (je vous dispense de son abominable titre français), leur dernier métrage, bien que victime de quelques difficultés de studio, est à ce titre au moins un chef d’œuvre graphique (je vous renvoie à la critique d’écran large, à laquelle je souscris, pour la partie cinéma) et est pour beaucoup sorti de l’univers de George Hull, designer ayant travaillé sur tous les films Wachowski mais aussi sur Star Wars, les Gardiens de la galaxie, Tree of life, Transformers et Blade Runner 2049 excusez du peu !

Le film est un maelstrom visuel presque exempt de faute de gout et150113_zerocoloreddrngv3_gh proposant une alchimie des arts culturels humains jamais vue depuis Star Wars (encore, oui, je sais). Du design des vaisseaux à la planète centrale qui parvient à se démarquer de Coruscand (pas simple pourtant), tout fascine dans les tableaux dessinés par Hull. Encore une fois, étant donné le fonctionnement artistique des Wachowski il est probable que beaucoup d’idées soient issues de leurs cerveaux, mais je vous laisse parcourir les différentes galeries de ce très grand designer (dont je n’ai malheureusement pas trouvé trace d’Art-Book) pour vous faire une idée de sa cohérence et de son style inimitable et original. Personnellement je ne me suis toujours pas remis des armures exo-angéliques…

Graphismes

Tout l’art de Star Wars – Le réveil de la Force

Phil Szostak

Huginn & Muninn (2015)

Bel Art-book reprenant telle quelle la version américaine (accessoirement indiquée à 25 USD alors que la version française est à 40€…). La confection est sans doute identique puisque imprimée aux Etats-Unis. A noter que contrairement aux Art-book des épisodes 1, 2 et 3 publiés chez Del Rey sur le même modèle, ici on change d’éditeur mais l’on  garde le même concept: genèse graphique d’un film (et de son environnement) avec présentation chronologique des explications et des illustrations. Le format est agréable (bien que pas évident à ranger, comme souvent pour les Art-book…), comporte une jaquette mais peut se ranger sans (la tranche du livre est imprimée). Ouvrage de bonne fabrication. Rien d’exceptionnel mais c’est du travail bien fait.

L’intérêt de ce livre est le même que celui des making-of des dvd: entrer dans le processus de création, fait de tâtonnement, de débats artistiques et créatifs sur les orientations et les idées lancées par les graphistes. L’enjeu majeur (à la fois pour le réalisateur J.J. Abrams et pour les illustrateurs) est de coller avec un univers graphique déjà bien installé (par les films mais aussi l’univers étendu) tout en prenant une certaine autonomie. L’évolution chronologique est sensible, les concepts de personnages principaux évoluent, changent de nom, puis sont validés par le réalisateur. Sur le plan créatif, ce livre est un régal tant il nous immerge dans une foule d’idées non retenues et de prémices à ce qui apparaîtra finalement à l’écran. Parfois une illustration prolonge fortement l’histoire elle-même et le livre n’est pas avare de légendes et explications.

Sur le plan graphique en revanche, du fait des techniques utilisées (et peut-être de la qualité des artistes eux-même…?) on est en deçà des Art-book des épisodes 1 et 3. Ces derniers faisaient déjà la part belle au speed-painting numérique, mais l’ensemble comportait une touche totalement ahurissante. Ici c’est plus sage et entièrement à l’ordinateur, avec un usage des textures plaquées (sans doute dans l’idée de photoréalisme à destination du réalisateur) d’un goût discutable. Il y a finalement peu de surprises par rapport à ce qui est vu à l’écran et la finesse des images laisse parfois à désirer. Surtout, malgré la présence de Doug Chiang aux commandes du département graphique (comme sur les précédents épisodes), pratiquement aucun dessin en technique traditionnelle. D’ailleurs, quand les précédents livres indiquaient la technique utilisée et le format, ici rien de tel, c’est significatif. Cela ne dérangera pas les fans de l’univers de George Lucas mais pourra rendre ce livre dispensable à ceux qui recherche avant tout un haut niveau graphique.

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