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Avengers #5: Le défi des Ghost Riders

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Cinquième tome de la série, qui comprend les épisodes 22 à 25. Jason Aaron à l’écriture et Stefano Caselli au dessin. Parution le 10/11/2021 aux éditions Panini Comics.

Highway to Hell

Dans le premier tome des Avengers par Jason Aaron, nous assistions aux débuts du jeune Robbie Reyes dans l’équipe. Le jeune américano-hispanique est depuis peu le détenteur des pouvoirs du Ghost Rider, une lignée de motards fantômes crachant le feu de l’Enfer et dédiés à la vengeance. Chaque Rider doit avoir sa monture, et celle de Robbie est quelque peu singulière, puisque c’est une voiture démoniaque qui semble avoir une personnalité propre, comme on a pu le voir à quelques reprises durant les précédentes aventures du groupe.

Depuis un moment déjà, Robbie sent que quelque chose cloche avec ses pouvoirs de Rider. Contrôlé par le roi des vampires dans le tome 3, il est depuis en grande remise en question et se persuade qu’il n’est pas digne de rester dans l’équipe des plus grands héros de la Terre. Notre Ghost Rider débutant va malheureusement se retrouver confronté aux dérangeantes vérités qui se cachent derrière son crâne enflammé et sa voiture démoniaque.

Bien entendu, lorsqu’un Avenger est en difficulté, il peut compter sur le soutien de ses frères et sœurs d’arme, qui vont le suivre jusqu’en Enfer… littéralement.

En effet, Robbie Reyes est convoqué au royaume des damnés, dirigé par un ancien Ghost Rider, le bien nommé Johnny Blaze. Le Roi de l’Enfer provoque Robbie en duel, une course avec en jeu ses pouvoirs de Rider. Si Blaze l’emporte, il cumulera ses pouvoirs avec ceux de Reyes et sera ainsi capable de régner entièrement sur les légions des damnés. Et si les desseins de Blaze étaient initialement vertueux, on peut être quasiment certains que la charge du Trône Infernal l’aura corrompu jusqu’à l’os.

Après un quatrième tome assez dispensable, Jason Aaron revient à ses moutons et met en lumière un des personnages les plus prometteurs de sa nouvelle mouture des Avengers. Robbie Reyes, héros réticent, subissant un pouvoir qui confine davantage à la malédiction et dont il commençait progressivement à tester les limites. On découvre donc à l’occasion de ce défi des Ghost Riders les différentes facettes du pouvoir de Robbie.

Jason Aaron s’amuse clairement comme un petit fou avec cette série. Dans chaque nouvel arc, il implémente de nouvelles idées originales, et ce Défi ne fait pas exception, avec moult incarnations de Riders, une course folle en Enfer et des drakkars customisés. En parallèle, l’intrigue liée aux Avengers préhistoriques avance de façon significative, sans que l’on sache encore clairement de quoi il retourne et ce qui lie les deux époques.

En résumé, ce cinquième volume relance la série avec un cocktail d’action et d’intrigue, comme Jason Aaron nous y a habitué.

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Infidel

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Histoire complète en 154 pages, écrite par Pornsak Pichetshote et dessinée par Aaron Campbell. Parution en France chez Urban Comics le 08/10/2021 dans la collection Indies.

Le bombe samaritain

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La seule chose de radicale chez Aisha, c’est le changement de vie qu’elle a opéré il y a peu. Quittant le domicile d’une mère intransigeante, elle a laissé le New Jersey pour s’installer avec son compagnon Tom à News York. Tom vit avec sa mère, Leslie, ainsi qu’avec sa fille Kris, qui a retrouvé en Aisha la figure maternelle qu’elle a perdue plus jeune.

La cohabitation n’a pas été aisée entre Aisha et Leslie, mais il semblerait que les deux femmes soient parvenues à se parler, ce qui a permis à la belle-mère de ne pas camper sur ses aprioris culturels et ses biais racistes. Cependant, tout n’est pas rose pour Aisha, qui est hantée par des cauchemars oppressants, sans savoir à qui en parler. Craignant de passer pour une folle aux yeux de la femme qu’elle s’évertue à convaincre, le jeune musulmane garde pour elle son malaise, tandis que les visions et apparitions se font de plus en plus proches, de plus en plus tangibles, de plus en plus poisseuses.

Il faut dire aussi que le passé récent de l’immeuble donne du grain à moudre à tous ceux qui voient les hijabs et les tapis de prières comme d’inquiétants signes d’altérité invasive. En effet, il y a quelques mois seulement, une bombe y a explosé, concoctée par un homme musulman qui s’était radicalisé de manière isolée.

Sept morts représentent bien évidemment autant de raisons d’haïr l’auteur du crime, seulement, voilà, la haine a pour elle une certaine voracité, et ne s’arrête jamais à sa première victime. Les habitants de l’immeuble, chacun retranché chez lui, scrutent Aisha et tous les autres habitants non-blancs avec un mélange de crainte et de mépris, alors que la jeune femme sent l’influence morbide prendre son assise. Jusqu’au drame inévitable.

Les hijabs de la nuit

Récits de genre et critique sociale ne sont pas nécessairement antinomique, loin de là. Et pourtant, aux yeux du grand public, il aura fallu un certain temps pour associer les deux, et admettre qu’une histoire peut incorporer des éléments de genre, en l’occurrence l’horreur, tout en explorant des facettes de notre société qui donnent à réfléchir.

Il y a quelques années de ça, le film Get Out, de Jordan Peele, faisait sensation par son traitement d’un symptôme américain, le racisme, par le prisme de l’horreur. Comble du comble, l’auteur mettait en lumière un héros afro-américain, pris au piège d’une méchante famille WASP qui en avait après ce qu’il était, ce qui le définissait aux yeux de cette société biaisée par des considérations génétiques. Le ton était résolument satirique, la mise en scène choc, pour un résultat subversif qui en a fait un classique instantané. Cette production avait aussi pour intérêt non négligeable, outre sa critique d’une société américaine marquée par le racisme, de mettre au ban les poncifs de l’horreur, voulant que le personnage noir dans un groupe donné (ou par extension, tout autre communauté non blanche) soit souvent le premier à mourir.

Gageons que Jordan Peele aura fait des émules, puisque Infidel puise directement dans cette même veine, afin de renverser les poncifs, dans le but de traiter de la problématique du racisme en Amérique. Fait significatif, les deutéragonistes, Aisha et Médina, sont musulmanes, ce qui est assez rare pour être souligné (le seule autre occurrence qui me vient à l’esprit est Khamala Khan, alias Miss Marvel). Confrontées au jugement, à la bigoterie et à la xénophobie de leurs concitoyens, elles ont du chacune forger leur caractère, pour pouvoir y faire face, de la manière qui leur est propre. L’auteur profite donc de la situation pour glisser, de façon parfois assez évidente, il faut l’avouer, des réflexions pertinentes sur le racisme, et la façon dont il peut s’insinuer dans les valeurs, les discours, et les actes de tout un chacun.

Car ces biais racistes peuvent aller jusqu’à être inconscients, ce qui les rend d’autant plus difficiles à combattre et à éradiquer. Dans Infidel, le racisme devient une allégorie, manifestée sous la forme de spectres vengeurs et monstrueux, prêts à mutiler tous ceux qui se mettent en travers de leur route. Le fond de l’intrigue, m’a rappelé le dogme gnostique comme on pouvait le voir traité dans Wounds , évitant, de peu, les poncifs sataniques du genre.

Malgré les écueils potentiels, la caractérisation fonctionne, de même que les dialogues, fluides et naturels. En cherchant bien, cependant, on peut reprocher le petit déséquilibre qui existe au niveau du focus, accordé initialement à Aisha, mais recentré au forceps sur Médina, raison pour laquelle j’évoquais plus haut des deutéragonistes, et non une seule protagoniste.

Côté graphique, les superbes et dérangeants dessins d’Aaron Campbell rendent parfaitement l’ambiance glauque et poisseuse qui sied à ce type de récit. On regrette cependant un découpage assez peu engageant, et une mise en scène plutôt figée.

Infidel reste malgré tout un récit d’horreur efficace, traitant habilement du racisme sans compromettre l’une ni l’autre.

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Manga en vrac #18: Toilet Bound Hanako-Kun #3 – Elio le fugitif #2 et 3 – La guerre des mondes #2

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  • Toilet-Bound Hanako-Kun #3 (Aidalro/Pika) – 2021 série en cours, 3/15 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

toilet-bound-hana-kun-3-pikaLa chronique des deux premiers volumes se trouve ici.

J’avais été comme mes camarades de blog assez enjoué par ma découverte des deux premiers volumes sortis cet été. En entamant ce troisième tome je découvre que contrairement aux précédents le mystère des archives de 16h s’étale sur plusieurs chapitres qui forment l’intégralité de ce volume, ce qui change pas mal la donne en matière de rythme. Ce qui était présenté comme des histoires courtes avec rotation rapide de l’action et des personnages s’installe plus dans la durée, avec approfondissement notamment dans la recherches qu’entreprend Nene sur son maître-allié Hanako. Ce jeune esprit qui nous est décrit ici comme ni plus ni moins que le chef des Mystères de l’école est depuis le début fort mystérieux et on va ainsi se retrouver dans son passé pour comprendre comment il est devenu un esprit. Les pages du volumes sont toujours très agréables dans leur mise en scène destructurée et fourmillant de détails. L’humour et l’action sont en revanche un peu en retrait et j’ai découvert cette intrigue un peu moins enthousiaste, je dois le reconnaître. La difficulté de ce format était dès le début de parvenir à s’inscrire dans la longueur car autant on a regretté le format très court d’un Tetsu & Doberman autant pour Toilet Bound une tomaison sur les doigts de la main aurais sans doute suffi. Je dis cela alors qu’aucune intrigue au long court n’a eu le temps de se mettre en place, aussi il faudra voir (je rappelle que la série compte déjà quinze volumes au japon, ce qui laisse à Pika le temps de développer sa licence)

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  • Elio le fugitif #2-3 (Hosokawa/Glénat) – 2021, série en 5 volumes, terminée au Japon

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

elio-fugitif-2-glenatImpression mitigée et assez tranchée sur les deux volumes, qui recoupent au final le sentiment du premier volume. Le second tome est très faible (du niveau d’un calvin) même s’il met enfin en place une véritable intrigue liée à des vengeances dynastiques. Ce qui était attendu jusqu’ici s’étoffe donc un peu avec un descriptif politique de l’époque qui habille un peu une fuite tout à fait linéaire et que les quelques combats très hachés et coins d’humour shonen ne suffisent pas à rythmer. On attendait soit un récit historique à la Vinland Saga soit un prétexte en mode baston avec des personnages de jeux vidéo… on est au final entre deux et ce n’est guère satisfaisant, d’autant que les dessins juste correctes ne relèvent pas vraiment l’intérêt. Le personnage d’Elio dont le second degré touchait plutôt juste (un jeune gamin hyper-fort qui semble à peine réaliser dans quelles situations il est et s’en sort toujours haut la main) est ici plutôt effacé.

Sur le troisième volume on reprend de l’intérêt avec une histoire qui devient beaucoup plus structurée, simple mais cohérente avec une progression, des flashback sur les personnages et un final qui prépare un affrontement d’arène que l’on imagine aboutir la série sur les deux prochaine volumes. Si du coup le manga se laisse lire plus agréablement, les combats tout à fait rageurs, exagérés (les personnages sont presque aussi forts que dans Dragon ball!) souffrent d’un montage très haché et peu lisible, le lecteur devant fréquemment revenir en arrière avec l’impression d’avoir manqué des cases. Il ressort de tout cela l’impression d’une série de grande consommation destinée à ravir les boulimiques en attendant un prochain tome de Vinland Saga mais sans aucune ambition particulière.

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  • La guerre des Mondes (Ihara-Yokoshima/Ki_oon) – 2021, 170p., 2/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki_oon pour leur confiance.

guerre_des_mondes_2_ki-oonLa chronique du premier volume (détallant notamment la très jolie édition) est ici.

Ce second tome continue sur la même tonalité que le premier à savoir une course du personnage principal (témoin-photographe) parmi les populations fuyant devant l’avancée meurtrière des martiens. L’intrigue est donc tout à fait linéaire et construite autour des destructions terrifiantes et des quelques lueurs d’espoir qui surgissent avant d’être étouffées. Quelques morceaux de bravoure humaines (un peu désespérées) viennent donc pimenter ce qui pourrait devenir redondant et on enchaîne ces cent-soixante-dix pages à grande vitesse et un plaisir non feint. Les dessins, pas virtuoses mais très correctes et portés par des cardages  qui appuient le désespoir et le drame absolu portent ainsi bien ce récit qui confirme sa qualité et intrigue (pour qui ne se souviendrait pas par cœur du récit original) quand à son dénouement…

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*****·East & West·Manga·Nouveau !·Service Presse

Ajin, semi-humain #15-16

East and west

Manga de Gamon Sakurai
Glénat (2015-2021) – ed. japonaise Kodansha (2012). 228 p., 16 volumes parus (série finie en 17 vol.).

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

 

couv_414624La base d’Iruma dévastée, Sato dans son Jet, son bras a été récupéré et inséré dans le piège qui doit mettre un point final à l’odyssée de ce génie du crime… Mais alors que Kei Nagaï et son équipe ne voient toujours pas le retour de Sato, le doute étreint le jeune homme: est-il seulement possible de vaincre Sato? Son esprit n’est-il pas tout simplement supérieur au leur?

Attention Spoilers! Il vaut mieux être à jour avant de lire cette chronique…

Scan Ajin 78 VF scan • one piece scanEn miroir des héros d’Ajin, le lecteur qui entame les trois derniers volumes (de ce qui est pour moi la meilleure série manga depuis Akira!) doute en se demandant comment l’auteur va pouvoir boucler son intrigue avec un dix-septième tome paru au Japon… Quand on aime se faire manipuler par des scénarii minutieux on ne peut bouder son plaisir devant cette série qui a donné le jour à rien de moins que le plus charismatique méchant jamais vu en BD… Cela permet de maintenir le lecteur sur la brèche, ne sachant jamais où va tourner le vent.

Après une nouvelle bataille épique dans une base exsangue l’intervention de l’équipe anti-Ajin semble boucler le plan infaillible de Kei Nagaï. Personne ne voit comment Sato peut s’en sortir… et pourtant! Avec toujours un coup d’avance ce dernier décide de quitter le Japon pour poursuivre son oeuvre révolutionnaire aux Etats-Unis… Le fil est tout trouvé pour réintroduire le professeur Ogura, le très désinvolte spécialiste des Ajin qui révéler des sa vision de l’origine des Ajin. A ce moment, surpris de ces révélations tardives alors même que l’intrigue semble loin d’être finie, on assiste à l’apparition d’un Flood, cette génération spontanée évoquée plus tôt dans la série par le professeur et qui crée une situation proche d’un apocalypse zombie…

AJIN: Demi-Human No.74.5 - Comics de comiXology: WebA ce stade, toujours sidéré par la précision des dessins et une action effrénée dans la maîtrise des corps et du mouvement on imagine que la conclusion de la série ne peut être que le commencement d’un autre cycle, plus vaste? J’ai eu le sentiment que les dessins des derniers volumes avaient évolué, notamment le visage de Nagaï, adolescent au début du manga et qui semble avoir acquis une physionomie adulte arrivé au seizième tome. Est-ce juste une progression technique de l’auteur ou une volonté d’exprimer dans les corps les effets de toutes ces morts et mutilations? Toujours est-il que rien à ce stade ne laisse penser dans le déroulement des opérations comme dans la structure du récit (qui propose un nouveau flash-back et des concepts sur les Ajin) que l’on arrive à la fin. Du coup la tension est à un niveau insoutenable avant d’entamer un dernier tome que l’on imagine probablement très frustrant… conclusion dans quelques mois!

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Bone Parish #2

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Second tome de 112 pages de la série écrite par Cullen Bunn et dessinée par Jonas Scharf. Publication en France chez Delcourt le 07/10/20.

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Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

Enfers artificiels

Le premier tome de Bone Parish nous présentait le business tout particulier de la famille Winters, dont le décès récent du patriarche avait forcé Grace, la mère, à prendre les rennes et à faire face aux redoutables concurrents qui souhaitent mettre la main sur la Cendre, drogue fabriquée à partir de dépouilles permettant de revivre les instants de vie d’un défunt.

Frappés par le décès d’un des leurs, les Winters n’auront pas le temps de s’appesantir sur leur deuil, car déjà, les requins se massent autour d’eux. Grace, qui jusqu’ici comptait sur la Cendre pour diriger la famille grâce aux conseils de son défunt mari, va devoir faire des choix radicaux pour protéger son clan, tandis que Brae, le fils aîné, aspire toujours à plus et commence à prendre des risques pour prouver sa valeur. Brigitte, quant à elle, est sursollicitée pour fabriquer toujours plus de Cendre. Les cartels adverses, de leur côté, tentent de reproduire la Cendre, avec des résultats pour le moins préoccupants.

From ashes to ashes

Après un premier tome mettant l’accent sur une ambiance glauque et morbide, Cullen Bunn nous fait plonger plus profondément encore dans l’horreur, n’hésitant pas à y apporter une touche graphique pour appuyer son propos. Le rythme est sans doute moins porté vers l’action, l’intrigue avance néanmoins, l’auteur positionnant ses différents antagonistes en prévision du troisième tome qui doit conclure la série.

Les Winters maîtriseront ils la Cendre suffisamment pour prendre le pas sur leurs rivaux ? Quels secret cette maudite substance recèle-t-elle encore ? réponse dans le dernier tome !

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Naissance du Tigre

La BD!

Histoire indépendante en 120 pages, écrite par Feldrik Rivat et dessinée par Jean-Baptiste Hostache. Parution le 09/09/2020 aux Humanoïdes Associés.

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Merci aux Humanos pour leur confiance.

Grand Theft Me

En cette année 1889; Sélène Fouquart est l’une des médiums les plus réputées de Paris. Pour peu que vous croyiez au spiritisme, vous pouvez aller la consulter pour entrer en communication avec un défunt. Un jour cependant, ce n’est pas n’importe quel mort qui se manifeste: Victor Coqueret, surnommé l’Étrangleur, guillotiné pour ses crimes odieux.

Désespérée, Sélène va demander de l’aide à l’homme qui arrêta son terrible mari: le lieutenant Eudes Lacassagne, la fine fleur de la Sureté de Paris. Cet homme taciturne, à la fois respecté et redouté par ses pairs, ne croit pas aux fantômes. Et pourtant, des faits troublants vont peu à peu donner raison à la veuve voyante. Un esprit frappeur rôde-t-il réellement dans les rues de Paris ?

Paris et ses poltergeists

Lacassagne, secondé par les bras cassés de la police parisienne, va débuter cette enquête singulière avec comme qui dirait, un sourcil levé. Mais le limier torturé va vite comprendre le sérieux de la menace lorsque de nouvelles victimes sont découvertes, des personnes ayant toutes un lien avec l’Étrangleur.

L’inspecteur ne néglige alors aucune piste et considère tous les acteurs de cette affaire comme de potentiels suspects. Mais que fera-t-il lorsque les indices pointeront même vers lui ?

Bienvenue dans ce récit tiré de l’univers de la 25e heure, univers précédemment développé sous forme romanesque par Feldrik Rivat. L’album réussit très bien le mélange entre un Paris fantasmé en steampunk et une intrigue paranormale dans la lignée du Témoin du Mal. L’auteur joue la carte d’un protagoniste badass qui oscillerait entre un Sherlock Holmes et une Adèle Blanc Sec, ce qui fonctionne assez bien dans ce type de récit.

On peut donc dire que les auteurs savent poser un décor et une ambiance, notamment grâce aux dessins de Jean-Baptiste Hostache, que l’on pourrait ici comparer à un jeune Mike Mignola.

La Naissance du Tigre semble servir de prélude à un univers riche et intriguant, une bien bonne lecture !

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Spirite tome 1: Tunguska

La BD!

Premier album de 56 pages, écrites et dessinées par Mara, parution le 01/10/2020 aux éditions Drakoo.

Esprit(s) de contradiction

Ian Davenport est un jeune homme malhabile mais passionné par son travail. Parcourant les rues de New York avec son mentor Boris Voynich, il étudie et répertorie un genre tout particulier de créature: les spectres.

En effet, ces derniers existent bel et bien, et peuvent être observés pour peu que l’on soit dûment équipé. Ian et Boris les ont même catégorisés en dix classes différentes, en fonction de leur capacité à se manifester dans le monde matériel.

Malheureusement, le passé mystérieux de Boris finit par le rattraper, et Ian assiste ainsi, impuissant, à l’assassinat de son mentor par une singulière silhouette surgie du passé. Ce n’est que le début des ennuis pour le jeune spiritologue. D’autres éminences du domaine sont tuées, toutes reliées d’une façon ou d’une autre à la même expédition, celle qui suivit la célèbre explosion de Tunguska.

Who you gonna call ?

Désespéré, Ian se tourne vers la police pour résoudre ces meurtres. Cependant, il subit la mauvaise réputation de sa discipline jugée fantaisiste et ne récolte que du mépris de la part des forces de l’ordre, qui haussent les épaules sans écouter ce que le pauvre homme a à dire.

C’est alors qu’il fera la rencontre de Nell Lovelace, jeune journaliste qui vit dans l’ombre de sa brillante mère. Employée à contrecœur dans la rubrique paranormale d’un journal sans envergure, Nell, sceptique, voit dans l’histoire de Ian l’occasion de se faire remarquer par un scoop tonitruant, et se voit déjà félicitée pour avoir résolu une série de meurtres. La jeune reporter embarque donc le spiritologue en détresse pour une aventure qui promet d’être dangereuse.

Pour cette rentrée 2020, les éditions Drakoo attaquent fort avec cette nouvelle série fantastique. L’album débute dans le feu de l’action, par un énigmatique flash-back, avant de nous présenter de façon efficace les différents protagonistes de la série. Le ton est léger, en revanche les enjeux restent suffisamment sérieux pour que l’on soit pris dans l’histoire. On appréciera notamment que l’auteure évite l’écueil habituel voulant forcément présenter les revenants comme hostiles, et qu’elle préfère plutôt les développer sous un jour plus neutre, voire plus bienveillant.

Le graphisme de Mara fait ici des merveilles, son trait s’approprie avec grâce l’ambiance et l’architecture du New York des années folles (même si l’histoire est sensée se dérouler durant la Grande Dépression). Ses personnages sont tous très bien designés et expressifs, rendant la lecture d’autant plus agréable pour ce premier tome. Le tout porte une patte très particulière renvoyant aux codes de l’animation 2D.

Spirite est un album beau et efficace, une très belle sortie à ne pas manquer !

****·Comics·Nouveau !

Bone Parish #1

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Premier tome de 112 pages, d’une série écrite par Cullen Bunn et dessinée par Jonas Scharf, parue aux US chez Boom! Studios et publiée en France chez Delcourt le 19/02/2020.

Narcotiques nécrotiques

La Nouvelle-Orléans, ses rues bigarrées, son Mardi-Gras, sa cuisine cajun…et ses drogues vaudoues. La Cendre est une nouvelle substance en vogue dans la ville, qui s’arrache à prix d’or à cause des effets étranges qu’elle produit. En effet, toute personne absorbant cette drogue, fabriquée à partir d’ossements humains, ressentira et vivra des instants de la vie du défunt qui a servi à la fabriquer. Ainsi, chaque échantillon produira des effets différents, au-delà de tout ce que peut produire la chimie ordinaire.

On doit l’initiative de ce business à la famille Winters, notamment grâce aux efforts conjoints de Grace, la mère, de Bae, le fils aîné, et surtout de Brigitte, qui détient la recette secrète de cette singulière drogue.

Toutefois, cette irrésistible ascension attire la convoitise de cartels plus ambitieux, mieux organisés, et bien plus agressifs. Que les Winters se préparent, car l’offensive de leurs cupides rivaux risque de faire des dégâts.

Breaking Dead

Cullen Bunn nous plonge d’emblée dans une ambiance glauque, en mettant au centre de l’action une famille criminelle, qui, de par la nature de son activité, doit traiter avec les dealers crasseux de la Nouvelle-Orléans, les clans rivaux et les flics véreux. Mais ce qui fait de Bone Parish un comic singulier, c’est sans doute son pitch de départ, assez osé et redoutablement bien exploité par l’auteur, qui a à sa disposition une infinité de combinaisons possibles et de possibilités à exploiter, si tant est qu’il ose exhumer le bon cadavre.

La dynamique de la famille Winters est également très intéressante et pose des enjeux que le lecteur aura à cœur de suivre dans les prochains tomes. En effet, Grace, la matriarche, est dépendante à la Cendre qui lui permet d’invoquer l’esprit de son défunt mari, ce qui entrave son processus de deuil et l’empêche d’avancer personnellement et diriger le clan à sa manière. Bae, le fils aîné, déplore d’être sous-estimé par sa mère et aimerait avoir plus de poids lors des prises de décisions. Brigitte quant à elle, garde jalousement ses secrets, considérant qu’ils sont sa seule garantie. Tout cet aréopage disparate doit pourtant œuvrer de concert pour poursuivre l’activité familiale et faire face à tous ses antagonistes. Y arriveront-ils ?

Coté graphique, Jonas Scharf offre un trait réaliste avec un grain particulier, à la manière d’un Doug Mahnke, d’un Trevor Hairsine ou d’un Brian Hitch. Notons que la colorisation signée Alex Guimaraes y est pour beaucoup dans la construction de l’ambiance graphique.

Ce premier tome de Bone Parish vous accrochera très certainement, et promet de grandes choses pour la suite !

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Clinton Road

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Récit complet en 136 pages, écrit et dessiné par Vincenzo Balzano, paru le 24/01/2020 aux éditions Ankama.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour cette lecture.

On the road again

John Morgan mène une existence en apparence paisible dans le comté de Passaic dans le New Jersey. Ses journées monotones en tant que ranger sont rythmées par ses patrouilles le long de la Clinton Road, une route quasi désertique qui entretient la réputation d’être hantée, et ses conversations distantes avec son fils Benjamin, qu’il élève seul.

La morne quiétude de John va être bousculée lorsqu’il devra se lancer à la poursuite d’une bande de braconniers qui sévit dans la forêt, le long de la Clinton Road. Son enquête va lui faire rencontrer des personnages à la fois étranges et familiers, qui l’aiguilleront progressivement vers la vérité autour de la route hantée et les esprits tourmentés qui en sont prisonniers.

I see dead people

L’ambiance de Clinton Road est posée dès les premières planches, grâce aux couleurs pastel et au sublime dessin de Vincenzo Balzano. Le récit, au rythme lent, traîne son protagoniste placide dans un univers sombre où la mort plane à chaque virage de cette route maudite, derrière chaque arbre de cette forêt moribonde, dont l’apparence et la place dans le récit évoquent le concept du Genius Loci, qui désigne en fiction les lieux malveillants doués d’une volonté propre, souvent évoqués dans les œuvres de Stephen King ou encore de Lovecraft.

La lecture de Clinton Road est envoûtante, mais peut tout de même laisser le lecteur pragmatique perplexe. En effet, l’intrigue et son rythme particulier laissent volontairement le lecteur dans le flou, à l’image de son héros John Morgan, qui navigue à vue sur un terrain qu’il connaît pourtant par-cœur, et ceci pour le mener à un final perturbant bien que déjà-vu.

Clinton Road demeure un très bon roman graphique, où Vincenzo Balzano fait montre de l’étendue de son talent.

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Histoire(s) à dormir debout

BD de Pedro Rodriguez et Jorge Garcia
Les aventuriers de l’étrange (2019), 89 p. one-shot.

Prenez garde: le regard à la fois vide et hypnotique de ce chimpanzé va vous attirer dans un abîme d’effroi et de terreurs nocturnes !

Histoire(s) à dormir debout est le fruit de la collaboration de Pedro Rodriguez et Jorge Garcia, deux auteurs espagnols ayant déjà collaboré sur Les Aventures du jeune Jules Vernes en 2010. Il s’agit en fait ici d’une réédition de leur album intitulé « Macabre« , lui aussi sorti en 2010, et prend la forme d’un recueil d’histoires courtes, adaptées des récits signés par les grands noms de la littérature fantastique: Edgar Allan Poe, Sheridan Le Fanu, Guy de Maupassant, Robert-Louis Stevenson…

Vous croiserez donc, au fil de ces glaçantes lectures, des spectres, des mains étrangleuses, un vampire, et même… le Diable en personne !

Histoire(s) à dormir debout est une lecture accessible aux plus jeunes lecteurs, mais saura également saisir d’effroi les amateurs de BD plus expérimentés. Ici, point de gore ni de monstruosités, mais plutôt l’ambiance oppressante et l’angoisse propres aux récits d’épouvante qui ont fondé le genre.

Le dessin de Pedro Rodriguez est magnifique, parfaitement adapté aux univers sombres des ces auteurs. Son trait est tel que l’on pourrait croire que l’on regarde un métrage d’animation, couché sur papier ! J’ai pu entendre certains lecteurs se plaindre de l’usage trop répandu du dessin et des couleurs numériques, il n’en demeure pas moins que le résultat est ici très réussi.

S’agissant des différentes intrigues, on pourrait regretter la fin plutôt abrupte de certaines d’entre elles, personnellement, j’aurais apprécié de les voir extrapolées un peu plus.

Pour conclure, Histoire(s) à dormir debout est un très bel album, qui permettra aux petits comme aux grands de frissonner. N’hésitez donc pas à vous plonger dans l’effroi, sans oublier de jeter un œil du côté du catalogue des Aventuriers de l’Étrange !

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