BD·C'est lundi...·Comics·Jeunesse·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #4

Un peu noyé sous la gestion du blog et des lectures tout azimut (grâce notamment à Iznéo et aux services de presse), j’ai manqué de temps pour suivre la chronique « c’est lundi ». Petit rattrapage donc…

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

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Deux nouveautés (dont une pour Iznéo et la suite des Spectaculaires dont le premier tome a été chroniqué ici), et je suis très content d’avoir repris Hariti dont j’avais acheté le premier volume il y a plus de 10 ans (!!) et que je n’avais pas continué pour je ne sais quelle raison. Excellente série du coup, que je vais chroniquer bientôt sur les Trouvailles du vendredi. Enfin l’album du dingue Kim Jung Gi (découvert via Twitter avec ses dessins NB incroyables!),

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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Le dernier Tuniques Bleues (bien longtemps que j’en ai pas lu, mais j’adore cette série), un Lupano (fait-il des albums moyens?) et le Lepage en espérant qu’il se rachète après la déception d’Ulysse. Et puis je commence à rattraper les sorties de l’automne avec Nils 2 (qui nécessite de relire le 1 je pense).

3. Que vais-je lire ensuite ?

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J’ai tenté le coup de JL crise d’identité en voyant des critiques dithyrambiques sur le web, une BD pour la rubrique Trouvaille du vendredi et le manga de Shin’ichi Sakamoto, un des rares mangaka qui me fait très envie, après la claque Ascension. Du coup je me remets au manga avec l’apparemment hardcore Sun-Ken Rock…

Et vous? Toujours dans l’orgie de la rentrée ou vous avez fini de digérer? Donnez vos lectures du moment en commentaires, ça m’intéresse!

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BD·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

L’esprit de Lewis

BD de Bertrand Santini et Lionel Richerand,
Soleil – coll. Métamorphose, 72p.

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Lewis vient de perdre sa mère et se retrouve propulsé à la tête d’une famille composée de trois sœurs et d’un patrimoine immobilier important. Dans cette Angleterre victorienne il n’aspire pourtant qu’à une chose: publier son premier roman. Retiré dans un manoir familial il va y faire la rencontre d’un fantôme, une âme en peine qu’il va s’efforcer d’aider grâce à ses connaissances occultes.

La collection Métamorphose fait toujours attention à proposer des couvertures attirantes, à l’esthétique rétro soignée. J’avais vu passer cette image et d’assez bonnes critiques m’ont poussé à lire ce premier Acte d’une série prévue en deux parties. J’avoue que j’ai été un peu déçu par cette intrigue assez faible malgré des dessins inspirés qui instillent une ambiance adéquate à l’histoire. Le visage de Lewis notamment est très réussi et l’on s’intéresse rapidement à ce jeune aristocrate à la tristesse prégnante et au regard lunaire. La vieille Angleterre florale transparaît dans ces décors sombres aux couleurs automnales. Le basculement vers le paranormal change le style de la BD pour introduire de l’humour et se centrer sur la relation entre ce fantôme improbable et l’écrivain sans inspiration. La multitude de type de spectres décrits par l’occultiste Lewis est amusante… pourtant quelque chose n’accroche pas. Peut-être la mélancolie du texte et des images empêche-t’elle de s’immerger. Le graphisme, pourtant bien maîtrisé, ne m’a pas non plus inspiré malgré quelques très bonnes idées (comme la double page sans dessus-dessous). Bref, je suis un peu passé à côté tout en reconnaissant le travail des auteurs. J’ai eu un peu la même impression que sur le cycle des Ogres-Dieux (également publié en Métamorphose). La BD n’est pas mauvaise mais n’attirera peut-être qu’un public très ciblé.

Comics·Nouveau !·Service Presse

Corpus Monstrum

Comic de Gary Gianni
Mosquito (2017), 124p. n&b, Dark Horse (US, 1996-2017 )

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Gary Gianni est un illustrateur « classique »: formé aux Beaux-arts, il a officié comme illustrateur de littérature d’aventure et fantastique (Jules Verne, ouvrages de Robert E. Howard,…) mais aussi sur pas mal de couvertures de Comics et de comics eux-même (Prince Valiant, Indiana Jones, ou encore Batman, que l’on peut trouver dans le recueil Black & White édité chez Urban).

L’éditeur Mosquito propose dans son Corpus Monstrum un recueil d’histoires des Monstermen, duo de chasseurs de spectres dont les aventures sont parues dans des épisodes spéciaux de Hellboy (Gianni et Mignola sont proches). Dark Horse a d’ailleurs sorti en juillet dernier aux Etats-Unis un album reprenant les aventures des Monstermen et d’autres histoires de fantômes, assorti d’une intéressante introduction. Il est dommage que Mosquito n’ait pas proposé d’éléments biographiques ou bibliographiques à l’instar de l’éditeur américain, permettant de comprendre le travail de Gianni. On remercie néanmoins l’éditeur isérois de proposer ainsi régulièrement des auteurs non traduits dans notre pays, avec toujours une ligne qui correspond bien à celle de ce blog: le graphisme.

corpus-monstrum2L’ouvrage propose donc cinq histoires de Gianni dans la plus pure tradition des « short ghost stories » américaines (type Tales from the crypt). Dès la première page la maîtrise technique  de l’illustrateur apparaît, mais aussi son univers baroque empruntant autant aux mythologies européennes qu’aux auteurs de de littérature fantastique américains (Poe, Lovecraft). Le style s’inspire beaucoup de la gravure et notamment de Gustave Doré, mais aussi par moment de l’Art déco. La précision des arrière-plans (perspectives et anatomies parfaites) contraste avec les premiers-plans en style hachuré. L’illustrateur s’amuse en outre dans des jeux d’image, utilisant des déformations ou par exemple cette pleine page reprenant une vue de haut d’une maison à la Cluedo…

L’ouvrage regroupe cinq histoires:

  • Silencieux comme une tombe (49 pages):gian_4

Une actrice de films d’épouvante disparaît alors qu’un démon est invoqué et sème la pagaille en ville. Le chasseur de fantômes Benedict et son acolyte St. George le cinéaste apparaissent pour la première fois ainsi que l’esprit grandiloquent de la série: le paquebot planté par la proue, le casque de Benedict,… La création artistique n’est jamais loin chez les Monstermen qui naviguent entre studio de cinéma et actrices du cinéma muet. Le déroulement est échevelé, plein d’action, sans queue ni tête mais permet à Gianni de se faire plaisir et nous avec.

  • Autopsie en si bémol (18 pages):

Cette fois Lawrence St George raconte ses mésaventures avec une bande de pirates à tête de poulpe. La courte histoire est emplie de références mais j’avoue ne pas avoir tout compris…

  • Un cadeau pour le vilain (12 pages):

Un riche seigneur convoque les Monstermen pour chasser des démons de son manoir. On comprend que les « explorateurs de l’étrange » du Corpus Monstrum (fraternité secrète) interviennent sur demande pour éliminer des spectres.

  • Le crâne et l’homme des neiges (24 pages):3

L’histoire la plus construite et la plus intéressants graphiquement comme scénaristiquement, qui s’ouvre sur ce qui est sans doute la plus belle planche du recueil: une lamasserie perchée sur un piton défiant les lois de la gravité. Le crâne d’un puissant nécromancien est depuis des lustres dans cet endroit reculé. Les Corpus Monstrum vont se rendre sur l’Everest pour le récupérer et y rencontreront le Yéti…

  • O pécheur, tombés bien bas (12 pages):

L’infâme Crulk (déjà vu dans la première séquence) tente d’attirer Benedict dans un piège dans les tréfonds de la terre.

corpusmonstrum-119Globalement s’agissant de « short stories » l’intrigue n’est que secondaire et souvent tarabiscotée. Ce qui intéresse l’auteur c’est de proposer des galeries monstrueuses, des illustrations fantastiques, d’illustrer le monde des fantômes. Entre surréalisme pour les jeux d’optique et de découpage de cases (qu’on peut trouver chez Ledroit par moment) et pandémonium médiéval à la Giotto. Les corps sont tordus, les lieux sont immenses (la lamasserie, le paquebot) et l’auteur n’oublie pas de convier des figures connues telles que l’abominable homme des neiges, le père noël ou la créature de Frankenstein. Corpus monstrum est une sorte de grand fantasme d’aventure, fantastique et surréaliste d’un maître de l’illustration à l’ancienne.

 

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