Comics·Service Presse·Nouveau !·East & West·****

Sleeper #1: En territoire ennemi

Intégrale qui comprend les douze premiers épisodes de la série Sleeper, écrite par Ed Brubaker et dessinée par Sean Philips . En préambule, on trouve les cinq épisodes de la série Point Blank, du même auteur, avec Colin Wilson au dessin. Parution chez Urban Comics dans la collection Black Label, le 26/08/22.

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Merci aux éditions Urban pour leur confiance.

Ne dormir que d’un œil

Holden Carver est un criminel. Du moins c’est qu’il est parvenu à faire croire, grâce à l’aide de Jack Lynch, un super-espion qui s’est donné pour mission, entre-autre, de démanteler l’organisation criminelle de Tao, un mystérieux personnage à l’intelligence redoutable dont on ignore les motivations véritables.

Pour ce faire, Lynch a fabriqué de toute pièce la défection d’un agent d’élite, Carver, avant de l’envoyer dans la nature, comptant sur le fait que Tao ne laisserait pas passer un telle opportunité. Carver, qui a été accidentellement doté de super-pouvoirs, constitue donc une recrue de choix pour Tao. Il ne reste donc plus pour notre agent qu’à rentrer dans le rôle, et collecter des informations qui permettront de mettre à bas les terroristes.

Cependant, le déroulé des missions d’infiltration n’est jamais un long fleuve tranquille. Bien évidemment, Lynch, le commanditaire de la mission, sorte de Nick Fury, est le seul à être au courant du statut réel de Carver. Lorsque le vieil espion paranoïaque tombe dans le coma suite à une tentative d’assassinat, l’agent double se retrouve livré à lui-même, agneau déguisé en loup en plein milieu d’une meute affamée.

Agneau ? Peut-être pas tout à fait, car plus le temps passe, plus il est difficile pour Carver de faire la différence entre le bien et le mal, de distinguer entre ce qui relève de sa mission et de la survie au sens strict. Et si en plus du reste, vous ajoutez des sentiments amoureux, alors vous obtenez une recette parfaite pour le désastre.

Pour cette rentrée 2022, Urban va piocher dans les classiques, en déterrant cette série, créée en 2003, issue de la fertile collaboration d’Ed Brubaker et Sean Philips, duo à qui l’on doit entre autre les séries Criminal, Kill or Be Killed, Pulp, Fatale et Incognito.

Il faut signaler que l’action se déroule dans l’univers Wildstorm, label érigé à la grande époque des comics indé (Image Comics, Dark Horse, etc) par Jim Lee, et qui abrite notamment les Wild C.A.T.S, Stormwatch, et The Authority, des séries qui ont commencé timidement, avant de connaître leur heure de gloire grâce à l’intervention d’auteurs comme Alan Moore, Warren Ellis et Mark Millar, rien que ça.

Le label Wildstorm a plus tard été racheté par DC Comics, mais en 2003, au moment de la création de Sleeper, il s’agit encore d’un label indépendant, dans lequel les auteurs jouissent d’une marge créative importante. Les lecteurs réguliers de comics n’auront aucun mal à se rappeler l’appétence d’Ed Brubaker pour les intrigues sombres, liées au monde de l’espionnage et du crime. Sleeper est donc l’un de ses faits d’armes, dans lequel il utilise tous les atouts du récit d’espions: la double-identité, les faux-semblants, le sexe, le sous-texte de chaque personnage, notamment de Tao, dont on ne peut pas déterminer les réelles motivations ni le niveau d’information dont il dispose: ignore-t-il vraiment le rôle de Carver ? Ou attend-il simplement son heure pour l’éliminer au moment opportun ?

Vous l’aurez compris, Sleeper pose les jalons du genre espionnage-super-héros, en maintenant son héros dans un étau constant dont il tente désespérément de sortir, en utilisant son ingéniosité et ses super-pouvoirs.

Avis aux amateurs, toutefois, par souci de clarté, Urban a opté pour intégrer en préambule les cinq numéros de la mini-série Point Blank, qui détaille la tentative d’assassinat de Lynch qui est à l’origine de l’intrigue de Sleeper. Il faudra donc patienter plus d’une centaine de page avant d’entrer dans le vif du sujet, mais une fois entamée, la série produit son effet feuilletonesque et vous poussera à tourner les pages à un rythme effréné.

Sleeper est donc une réussite en terme de comics indé et récit d’espionnage super-héroïque, contrairement au Leviathan que nous chroniquions dans la douleur cet été. Vivement le second volume !

Manga·Rapidos·East & West·*****

Eden, It’s an endless world (perfect) #8

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BD de Hiroki Endo
Panini (2022) – 1998, 484 p./volume, 8 volumes parus sur 9 (1,5 tomes/volume).

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Il vaut mieux être à jour sur la série pour lire cet article!

L’exfiltration de Mana se poursuit lors d’un affrontement qui voit les forces redoutables du Propater et d’Elijah se neutraliser avec des dommages irrémédiables dans chaque camp. Bientôt l’IA Maya intervient, alors qu’une catastrophe mondiale se prépare, qui va bouleverser les équilibres…

Coup de coeur! (1)

Si vous ne l’avez pas encore compris Eden est un manga absolu, un miracle qui se hisse au-dessus de tout ce qui a été fait dans le pays de Tezuka. Pour que ce soit clair, à l’approche de la conclusion cette série dépasse par son ambition et sa réalisation Akira et tous les manga que je concevais comme des chefs d’œuvres…

Chapter 99 - Eden: It's an Endless World! - Manga1s.com - Read and download  Manga Online for Free!Je ne reviendrais pas sur les schémas narratifs de l’auteur qui continuent ici avec toujours autant d’efficacité pour me concentrer sur les thèmes de cet avant-dernier volume. Si on a largement abordé précédemment les déviances urbaines que sont la prostitution, les drogues et les mafias mais également les guerres civiles africaines, ici le scénario approfondit la question des religions en lien avec le concept d’IA et du Colloïde comme nouvelle entité de l’Evolution qui fusionne les questions de la singularité humaine et du rôle de Dieu.

Dans ce monde dévasté (et qui ne finit pas de l’être dans les mains de Hiroki Endo) Maya interroge plusieurs personnages sur le sens de leur vie comme entité individuelle et sur la proposition de fondre sa personnalité dans le collectif du Colloïde. Il pointe en cela directement la promesse non aboutie des religions qui laissaient transparaître dans l’Au-Delà une telle fusion. Dieu restant invisible et son action sur le monde manifestement peu efficace, le Colloïde convainc un nombre croissant d’humains qui voient dans sa matérialité et sa propagation une réalité tangible.

Eden: It's an Endless World! - Chapter 110L’auteur aboutit ainsi sur ce volume l’apport de la Gnose sur son œuvre (que hormis les théologiens et les érudits bien peu avaient pu percevoir jusqu’ici). Cette vision/réflexion est encore passionnante par sa modernité très concrète et son lien avec l’idée SF d’IA. Dans le paradigme futuriste on aura vu les cerveaux transférés dans des corps robotiques et des IA se matérialiser inversement. Il ne reste plus qu’à imaginer un transfert de l’esprit d’un humain dans un cyberespace collectif (idée vue récemment dans l’excellent Chappie de Neill Blomkamp) pour boucler avec le relativisme de la singularité démiurgique de l’Homme. Sans aucun prosélytisme, uniquement poussé par sa curiosité et son cartésianisme absolu, l’auteur ne cesse de jongler entre le plaisir de la BD et l’expression de ses analyses sur l’histoire des hommes, sur l’état du monde lorsqu’il écrit son œuvre (… qui n’a malheureusement guère évolué depuis). En lisant Eden on se sent plus intelligent, on réfléchis sans cesse aux vies très réalistes de cette multitude de personnages, à notre monde et au caractère très mortel et remplaçable des humains. Eden est une œuvre profondément nihiliste, froide, mais d’une richesse folle. Il ne reste plus qu’à conclure…

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***·Comics·East & West

Leviathan #1/2

Série en deux volumes, écrite par Brian Michael Bendis et Greg Rucka, et dessinée par Steve Epting, Yannick Paquette et Mike Perkins (volume 1), puis par Alex Maleev et Szymon Kudranski (volume 2). Parution chez Urban Comics en mars 2020 et juin 2020.

Les vies à temps

Comme vous le savez déjà sûrement, espions et super-héros ne font pas souvent bon ménage, les uns œuvrant dans l’ombre tandis que les autres enfilent masques et capes rutilantes pour semer la justice et récolter l’admiration. Qu’à cela ne tienne, DC et Marvel ont chacun leurs lots d’espions et de justiciers, et même des fournées de personnages qui sont pour ainsi dire les deux.

Chez Marvel, on a par exemple Nick Fury, directeur du SHIELD, un espion archétypal, tantôt ours mal léché, tantôt roublard paranoïaque, qui fraye souvent avec les justiciers masqués de la Maison des Idées. Chez DC, on pourrait y trouver un équivalent en la personne d’Amanda Waller, qui manipule à sa guise les super-héros et super-vilains du monde pour servir ses intérêts propres, et éviter d’avoir les mains sales.

Si tous les amateurs de comics connaissent le SHIELD, l’HYDRA et l’AIM, il n’en sera pas nécessairement de même pour l’ARGUS, le DEUS, SPYRAL et autres LEVIATHAN. Chez DC comics, l’univers du contre-espionnage semble fourmiller de petites organisations dont les prérogatives s’avèrent floues, ce qui n’est pas évident à suivre pour qui ne serait pas expert en ce domaine. C’est peut-être pour cette raison que Brian Bendis, grand architecte du monde Marvel durant plus d’une décennie, s’est mis en tête de faire le ménage peu de temps après son arrivée chez DC.

L’histoire débute par une série d’attaques terroristes de grande ampleur. Ces frappes minutieusement préparées rayent de la carte toutes les organisations citées plus haut, et semblent revendiquées par Léviathan. Cependant, nul n’est capable de discerner les motivations réelles de cette organisation, ni qui est à sa tête. Certains accusent Talia Al Ghul, mais la fille du Démon, qui fit autrefois tourner la tête à Batman, ne paraît plus être aux commandes.

Lois Lane et Clark Kent, duo de reporters intrépides, se lance donc dans une course contre la montre pour découvrir les motivations de Léviathan, et surtout, découvrir l’identité de son dirigeant. Absent du premier volume, Batman, secondé par d’autres héros détectives, rejoint l’intrigue pour tirer tout cela au clair.

Et bien, pour être honnête, on ne sait pas trop quoi penser de ce Leviathan. La perspective de lire Brian Bendis loin de son fief marvelien avait quelque chose d’excitant, d’autant plus que le second volume promettait un duo avec Alex Maalev, ce qui rappelait les heures de gloire du scénariste lors de son run sur Daredevil. Le premier tome, dont on se doit de souligner la couverture quelque peu mensongère, se concentre sur le duo Superman/Lois Lane, qui enquête alors que la poussière des premières attaques n’est pas encore retombée. Il y a dans ce volume-là un sentiment d’urgence et de mystère qui donne envie de poursuivre la lecture, mais l’arrivée du tome 2 fait s’éterniser l’intrigue et la recherche des différents suspects, sans que cela n’apporte d’intensité à la révélation finale quant à l’identité de Leviathan.

Ce sentiment est d’autant plus frustrant que l’intrigue est entrecoupée, du moins dans le second volume, par des épisodes de Action Comics qui n’ont pas grand chose à voir avec la ligne narrative principale, à savoir l’enquête de Batman et consorts. Le choix éditorial d’Urban se révèle donc hasardeux, car une compilation des six numéros de la série Event Leviathan aurait semble-t-il, largement suffi.

Brian Michael Bendis réussit donc à instaurer une ambiance d’espionnage super-héroïque comme à sa grande époque chez Marvel (Secret War, Secret Invasion, Dark Reign, Secret Warriors, etc), et profite du talent de son compère de longue date Alex Maleev (du moins sur les épisodes dédiés). Néanmoins, le choix éditorial d’inclure des épisodes annexes rompt quelque peu la fragile dynamique du récit et se termine sur un vari-faux cliffhanger qui décevra sûrement plus d’un lecteur. On y met trois calvin, pour le premier tome notamment, mais aussi pour la participation d’Alex Maleev.

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**·BD·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Au nom de la République #1: mission Bosphore

La BD!
BD de Jean-Claude Bartoll, Gabriel Guzman et Silvia Fabris (coul.)
Soleil (2022), 60p., série en cours.

couv_448232Voilà qui débute une nouvelle série d’espionnage qui s’inspire fortement de la série télé à succès Le Bureau des légendes. L’habillage général est alléchant en proposant un thriller hyper-réaliste plongeant dans les arcanes des opérations spéciales et clandestines des Renseignements extérieurs sur fond de terrorisme islamiste. Avec ses tampons « confidentiel défense », ses décors urbains banales entre Allemagne, France et Maroc, avec sa quatrième de couverture annonçant une cellule clandestine chargée d’éliminer les plus hauts responsables du terrorisme international on est alléché et en attente d’action et d’espionnage radical.

Mission Bosphore (par Jean-Claude Bartoll, Silvia Fabris et Gabriel Guzman)Sur l’aspect action on est plutôt servi avec une histoire qui commence par l’élimination à Istanbul d’une équipe de la DGSE par sa cible, un groupe djihadiste préparant un attentat. Le dessin et la colo sont plutôt correctes et efficaces et l’action revient à intervalle régulier tout au long de l’aventure. Rapidement le héros nous est présenté, sorte d’alter-ego du personnage de Malotru dans le Bureau, capable d’intervenir sur le terrain, déguisé ou non, comme d’élaborer une stratégie de contre-attaque avec les pontes du Renseignement. Là où on perd un peu pied c’est lorsqu’on réalise qu’il y a maldonne entre le titre, le pitch de la série et le déroulé de l’album. En effet, loin d’opérations d’assassinat ciblé sur fond de contournement de la loi on nous livre bien une énième série suivant un super-agent (au nom de code du « Renard ») en oubliant l’importance des personnages secondaires. Une grosse partie de l’intrigue suit d’ailleurs plutôt les djihadistes sans nous offrir grand chose pour raccrocher les wagons d’une intrigue qui semble prise en cours de route. Les dialogues se veulent techniques mais sont assez appuyés et trop didactiques pour une série de ce genre qui semble hésiter entre un aspect pointu et une version grand-public. Le secteur est très occupé depuis le onze septembre et les vagues d’attentats en Europe et si ce premier tome se laisse lire, ni les dessins, ni le texte ni l’intrigue apportent suffisamment de nouveauté pour donner envie de poursuivre. Au nom de la République sera donc à réserver aux fana du sujet.

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****·Comics·Nouveau !·Service Presse

The scumbag #1

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Comic de Rick Remender, Lewis Larosa, Eric Powell et collectif.
Urban (2022), Image (2021), série en cours.

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bsic journalismMerci aux éditions Urban pour leur fidélité.

Ernie Ray Clementine est un sac à merde… une authentique raclure de bidet, une loque droguée jusqu’au bout des ongles dont la seule philosophie (ou « pensée ») est « éclate toi ». Une facétie du destin a pourtant voulu qu’il entre en possession d’un sérum de surhomme, conçu par l’agence gouvernementale chargée de lutter contre l’organisation nazi Scorpionus. Les gardiens de la paix mondiale n’ont plus le choix: ils doivent convaincre le pire « humain » sur Terre de sauver le monde…

The Scumbag (2020-) Chapter 1 - Page 18On connaît le concept. Prenez le pire anti-héros imaginable face à une menace fasciste caricaturale, plongez cela dans beaucoup de mauvais goût, une dose de sexe, une crudité graphique et un dixième degré empli d’humour noir et vous avez une chance d’embarquer un lectorat ennuyé par le formalisme bien-pensant. Ça vous donne du Renato Jones (versant politique), du Mezkal (version cartels mexicains) ou plus loin de nous Anibal 5 par Bess et Jodo. Le problème de la recette c’est l’équilibre entre radicalité (en la matière un peut faire confiance à Rick Remender qui a construit son œuvre sur les moutons noirs de la BD, avec au choix du Seven to Eternity, du Tokyo Ghost ou du Black science…) et scénario, avec le risque majeur de voir notre connard préféré devenir un véritable héros avec happy end. Le paradoxe entre le besoin de simplicité du genre et le jusqu’au boutisme de la dirsuption.

Sur ce plan on peut être inquiet sur le déroulé du scénario qui pour faire progresser son intrigue fait progressivement pousser une conscience pour ne pas dire quelques neurones à Scumbag (je ne vais pas dire « sac à merde » à chaque paragraphe non plus!). Je vais pourtant être bon prince et reprendre l’album par le début, une ouverture magistrale, tonitruante de provocation jusqu’au-boutiste qui nous rappelle pourquoi on aime Remender: cet homme va droit au but et ne s’encombre jamais de bonne morale. Aidé par les incroyables planches de Lewis Larosa (qui a travaillé chez Valiant sur le superbe Bloodshot) dont on ne sait pas si c’est le découpage dingue ou la technique graphique qui impressionne le plus, l’auteur nous balance un gros pavé dans la gueule et l’on termine le premier chapitre avec le même sourire d’extase qu’Ernie Ray Clementine… Bien vite allié à une super-espionne fort sexy et confronté à des nazi américains qui nous rappellent le mauvais coton que filent nous cousins d’outre-atlantique depuis quelques temps, Scumbag va se normaliser lorsqu’on apprend que pour activer ses pouvoirs il doit avoir des pensées positives. Mauvaise idée et mauvais point pour Remender qui introduit ainsi une bonne morale dans son histoire de sale gosse en orientant le sens de l’histoire vers une rédemption dont on ne veut surtout pas après tout cela!The Scumbag”, l'archétype du sale type face à l'apocalypse

De façon assez injuste cette bascule arrive sur le chapitre dessiné par Eric Powell, excellent dessinateur qui semble pourtant bien peu à l’aise sur sa section. Si l’action reste omniprésente et assez fun, le dessinateur ne parvient pas à illustrer la folie du projet qui devait faire tout le piment de cette lecture. Si la suite remonte le niveau trash avec une maous orgie , on réalise progressivement que l’ensemble dépend beaucoup de l’inspiration du dessinateur. Si la qualité graphique générale est de très bonne facture, on sent une certaine timidité à assumer l’idée originale, ce que Jeff parvenait parfaitement à rendre sur ses Mezkal et Gun Crazy.

Au final un a une lecture en yo-yo qui va de l’excellent au banal. Même si l’ensemble se savoure avec plaisir, on aimerait que le second tome assure un destroy intégral plus cohérent. La brochette d’artistes annoncée sur les tomes deux et trois (avec du Bengal, Dinisio et Mobili) laisse augurer en tout cas de sacrées planches.

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*****·East & West·Manga·Rapidos

Eden, It’s an endless world (perfect) #6-7

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BD de Hiroki Endo
Panini (2022) – 1998, 484 p./volume, 7 volumes parus sur 9 (1,5 tomes/volume).

Il vaut mieux être à jour sur la série pour lire cet article!

La recherche de l’assassin d’Helena va envoyer Elijah en Australie où  le Propater détient sa sœur Mana. Alors que le professeur Mishima va faire une découverte majeure sur l’origine et les buts du Disclosure virus, une nouvelle IA fait son entrée pour aider Elijah mais également poursuivre ses propres buts…

Coup de coeur! (1)

Chaque nouvel album d’Eden est un bonheur rare et une souffrance, celle de voir avancer irrémédiablement la conclusion alors que l’on a le sentiment de n’avoir approché qu’un dixième de l’univers et des possibilités de l’œuvre. Cela ne retire en rien la confiance absolu que l’on a dans cet auteur qui semble immunisé contre les fautes de goût et les digressions inutiles. Entamant le volume six par une nouvelle séquence d’action magistrale qui nous rappelle encore le poids d’Appelseed sur ce manga, on saute toujours d’une séquence à l’autre avec un sens du rythme et des coupures machiavélique. Dans Eden il ne suffit pas d’être un super-guerrier, d’apparaître depuis quatre volumes ou de Eden: It's an Endless World Volume 14 TPB :: Profile :: Dark Horse Comicsdétenir des informations cruciales pour survivre. Renouvelant sans cesse son personnel, Endo maintient une tension permanente pour le lecteur, seulement soulagée par les quelques séquences wtf qui instaurent un jeu savoureux entre un Elijah dévergondé et une Miriam Arona  que l’on adore voir en garçonne effarouchée.

Si l’aspect techno-sf reste majeur et d’un niveau rarement vu en BD, l’intrigue avance fortement sur le sixième volume qui voit le personnage du scientifique confrontée à la personnalité du Disclosure virus en nous faisant comprendre  l’idée d’une évolution de Gaïa vers une forme de conscience maîtrisant les propriétés quantiques de l’univers… Oui car chez Endo la précision scientifique ne cesse jamais et le jargon n’est jamais étouffant mais plutôt pédagogique, jouant à la fois le rôle d’habillage sérieux et de réflexion SF. Laissant malgré tout toujours le contexte général en retrait, l’auteur avance ses intrigues secondaires avant de nous envoyer le Propater brutalement sur des séquences inattendues. Je dirais qu’on continue à avancer à dose homéopathique dans les objectifs de ce gouvernement mondial, sans savoir quand le mangaka se décidera à nous balancer ses révélations. Tic-tac-tic-tac il reste deux tomes seulement et on commence à craindre un effet Ajin très frustrant…

Abordant ici le sujet des violences ethniques en Afrique et l’impuissance de l’ONU, l’auteur rendre comme à l’accoutumée dans une analyse tout sauf manichéenne qui rejoint son propos SF de gouvernement mondial visant à abolir les conflits. Réintroduisant sa dream team qui nous manquait avec Nazarbaïev, Kenji, Sophia et une nouvelle venue, le septième tome s’oriente plus sur l’action avec l’opération d’exfiltration de Mana, alors que le Propater semble décidé à envoyer ses plus redoutables assassins pour récupérer la fille d’Enoa Ballard. Et nous laisse, le souffle court, en plein milieu d’une (nouvelle) séquence d’action dantesque…

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****·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

Retroactive

Histoire complète en 120 pages, écrite et dessinée par Ibrahim Moustafa. Parution chez les Humanoïdes Associés le 02/03/2022.

Ce qui s’appelle courir dans tous les sens

Merci aux Humanos pour leur confiance.

Regarder dans le rétro

En 2057, Tarik Abdelnasser est un agent du BTA, l’agence américaine qui gère les affaires temporelles. En effet, à cette époque, le voyage temporel est possible, et il est utilisé par les grandes puissances pour remodeler le passé à leurs convenances.

Dans ce contexte de guerre froide où tous les pays s’observent et mettent en échec différentes tentatives de modifier le présent, Tarik fait équipe avec Avery au cours d’une mission périlleuse qui consiste à empêcher un voyageur temporel d’exécuter Adolf Hitler. Peu de temps après, Avery, qui a été blessé sur le terrain et qui occupe désormais un poste d’encadrement, assigne une nouvelle équipière à Tarik, et le charge d’une nouvelle mission.

Depuis quelque temps, les agents du BTA ont constaté la présence de vortex temporels, qui ne peuvent être générés par aucun des accélérateurs temporels connus. Qui se cache derrière cette menace, et quel est son but ? Son enquête à peine débutée, Tarik va se retrouver face à une dérangeante vérité et se retrouver piégé dans une boucle temporelle dont même la mort ne peut l’extraire. Parviendra-t-il à s’en extraire avant de sombrer dans la folie?

Rétrogradé

Après L’Évadé de C.I.D. Island, Ibrahim Moustafa change de registre et s’attaque au voyage dans le temps. L’idée d’une agence dédiée à la surveillance et au contrôle des voyages temporels a bien sûr déjà été exploitée: Valerian, la TVA chez Marvel, Umbrella Academy, Prédestination… bon sang, même Jean-Claude Van Damme y est allé de sa contribution !

Il est donc certain que la thématique du voyage temporel et l’idée d’une police temporelle ont bien cheminé fictionnellement parlant. Toutefois, l’intrigue tissée par Ibrahim Moustafa parvient à séduire dès le premier chapitre, en dépit de cette scène d’introduction qui ne parvient pas à éviter le point Goodwin et le cliché qui lie immanquablement le voyage dans le temps et opportunité d’assassiner Adolf H. On doit cet intérêt principalement à l’action et au charisme du personnage principal, mais une fois cette introduction dépassée, l’intrigue prend son envol et se crée un intérêt propre, grâce à l’ambiance « film d’espionnage » et contexte de guerre froide temporelle.

PARTIE SPOILER A ÉVITER SI VOUS SOUHAITEZ DÉCOUVRIR L’ALBUM PAR VOUS-MÊMES

En ce sens, on peut rapprocher Retroactive d’œuvres récentes telles que Predestination, Looper (pour la fin), ou encore Tenet. Comme dans Predestination et Tenet, le protagoniste appartient à une agence qui utilise une version militarisée du voyage temporel afin d’endiguer ses effets potentiellement dévastateurs. Et comme dans ces deux films, le héros se retrouve confronté aux actions d’une version future de lui-même dont il doit assumer les conséquences (cette comparaison tient surtout avec Predestination, car dans Tenet, la version future du Protagoniste, qui n’est d’ailleurs pas montrée, ne commet pas d’actions malveillantes).

La boucle temporelle dans laquelle se trouve Tarik fait clairement penser à Code Source, ce film dans lequel Jake Gyllenhaal doit stopper un attentat au travers de multiples tentatives dans une boucle temporelle.

Bref, vous l’aurez constaté, Retroactive puise dans de nombreux éléments fictionnels antérieurs pour construire une intrigue classique mais prenante autour du voyage dans le temps. Les dessins d’Ibrahim sont toujours aussi qualitatifs, dans un style réaliste au découpage très cinématique.

Apparemment, l’auteur aurait signé pour trois albums chez Humanoid (la branche US des Humanoïdes Associés), on risque donc de le retrouver bientôt pour une dernière proposition narrative.

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Mind MGMT #3: Savoirs opératifs et leurs impacts sur l’individu

Troisième volume de 328 pages de la série réalisée par Matt Kindt. Comprend les épisodes 25 à 36, parution le 07/01/21 aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

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Merci aux éditions Monsieur Toussaint Louverture pour cette découverte!

Management vertical des capacités corticales

Après un tome 1 vertigineux et un tome 2 fracassant, Matt Kindt vient apporter la touche finale à son œuvre phare. Après avoir découvert les ramifications du Mind Management, Meru, jeune écrivaine en mal d’inspiration, a découvert avec effroi son implication passée dans l’organisation et le caractère récursif de son parcours depuis qu’elle l’a quittée. [SPOILERS!]

Forcée par Henri Lyme de revivre sans cesse les mêmes évènements dans une suite implacable de lavages de cerveaux et d’enquêtes futiles, Meru Marlow est parvenue à briser le cercle en apprivoisant ses formidables capacités psychiques. Avec d’autres anciens agents du Management, elle s’est mise à la poursuite (ou vice versa) d’un redoutable agent surnommée l’Effaceur, déterminée à faire renaître l’organisation.

Alors que la course au recrutement bat son plein, il semblerait bien que Meru et son escouade improvisée aient été pris de cours par les facultés adverses. Après une embuscade meurtrière, l’équipe de Meru est mal en point, laissant l’héroïne seule pour contrer l’Effaceur et son armée d’agents psychiques.

Toutefois, Meru a prouvé par le passé qu’elle était pleine de ressource, et surtout, tenace. La jeune femme, forte de ses souvenirs d’agent retrouvés, va remonter à la source du Mind MGMT, et obtenir des atouts de taille dans son combat, tandis que l’Effaceur avance sûrement ses pions sur l’échiquier, sûre de sa victoire.

Bataille au centre de l’Esprit

Après nous avoir plongés dans des abîmes de paranoïa et de complots, Matt Kindt se décide enfin à lever les doutes de son héroïne tout en nous éclairant sur les origines du Mind MGMT, et plus précisément sur ce qui a déraillé. L’auteur explore donc cette fois encore le caractère corrupteur du pouvoir, et fait réaliser à sa protagoniste que même (et surtout) des intentions louables peuvent se transformer en ignominie si on les laisse être teintées par des intérêts personnels.

Kindt revitalise donc le comics indépendant en mêlant super-pouvoirs et intrigues politiques, en superposant réflexion philosophique et remise en question de la réalité. Une œuvre incontournable qui aura mis du temps à parvenir jusqu’aux lecteurs français, mais l’attente en valait la peine !

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Mind MGMT #2: Espionnage mental et son incidence collective

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Second volume de la série écrite et dessinée par Matt Kindt, parue chez Dark Horse aux US entre 2012 et 2013. On doit la publication française aux éditions Monsieur Toussaint Louverture, parution le 03/09/2020.

Jeux d’esprit

A moins que votre mémoire ait fait l’objet d’un recalibrage, vous vous souviendrez certainement du premier rapport d’opération du Mind Management, cette organisation nébuleuse et opaque composée d’agents dotés de facultés psychiques hors-normes.

Dans le premier tome, Meru Marlow, jeune journaliste en mal d’inspiration, se jetait corps-et-âme dans une nouvelle enquête impliquant un certain Henri Lyme, un homme ayant mystérieusement disparu au cours d’un vol durant lequel tous les passagers perdirent la mémoire. Bien vite, Méru mit le doigt sur une conspiration vieille de plusieurs décennies, le Mind MGMT.

Après avoir échappé à ses agents les plus redoutables, surnommés les Immortels, Meru fit la rencontre de Lyme, l’agent le plus talentueux, et donc le plus dangereux, que le Management ait connu. Dangereux car ses pouvoirs psychiques sont si puissants qu’ils ont occasionnellement échappé à son contrôle, provoquant des catastrophes d’ampleur comme la destruction de Zanzibar, et la mort de son épouse et de sa fille. Parti en exil, Lyme a œuvré dans l’ombre pour démanteler l’organisation, tout en s’assurant que sa jeune protégée, Meru, survivante du carnage de Zanzibar, soit en sécurité. Meurtri par ses crimes involontaires, Lyme est allé jusqu’à effacer la mémoire de Meru, à chaque fois que la jeune investigatrice est remontée jusqu’à lui.

La cuillère n’existe…pas ?

Ayant recouvré sa mémoire, Meru s’embarque dans une nouvelle mission pour mettre un terme définitif aux agissement du Mind MGMT, dont la résurgence promet la déstabilisation à grande échelle. Pour cela, Lyme, Meru et d’autres anciens agents recrutés sur le volet vont devoir s’associer et contrer l’Effaceur, un agent implacable et calculateur qui est décidé à avoir leurs peaux.

Après avoir fissuré le vernis de la réalité dans le premier volume, Matt Kindt fait entrer ses personnages en guerre dans le second avec une histoire à construction moins complexe, car moins basée sur le mystère et davantage sur l’action. Le chassé-croisé des premiers chapitres fait monter progressivement la tension, nous faisant anticiper un affrontement aussi inévitable que sanglant.

L’auteur se repose sur des personnages très bien construits et caractérisés, possédant pour chacun leur histoire et leurs motivations propres. Le Mind Management apparaît comme une organisation toujours plus floue, dont les motivations sont sciemment opacifiées et les dirigeants occultés, ce qui tend à renforcer le sentiment de paranoïa et de complotisme. La galerie de personnages s’étoffe néanmoins, Kindt introduisant un casting assez bigarré qui tranche avec le panel d’agents déjà présents.

Malgré la tension bien présente, on pourrait néanmoins déplorer le déroulement de certains affrontements, qui à mon sens n’exploitaient pas intégralement les facultés particulières de ses personnages. Avec autant de pouvoirs psychiques, il est en effet étonnant de constater que les combats sont avant tout physiques (ce qui demeure toutefois logique avec un enjeu de vie ou de mort).

Au premier abord, la construction éclatée du récit pourrait rebuter certains lecteurs. Néanmoins, il faut avouer que l’intrigue et la mise en scène restent claires, aidées en cela par le dessin à la volée de Kindt, lui-même sublimé par ses belles aquarelles.

Mind MGMT est une série atypique, fruit du travail complet d’un excellent auteur. Ce second volume confirme l’intérêt et la qualité de la série, à lire absolument !

****·Comics·East & West·Nouveau !

Mind MGMT: Guerres psychiques et leurs influences invisibles

esat-westPremier tome de 329 pages, comprenant les douze premiers numéros de la série écrite et dessinée par Matt Kindt, parution le 19/03/2020 aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

Where is my Mind ?

Depuis la publication de son best-seller, dans lequel elle résout des meurtres jusque-là non-élucidés, Meru Marlow cherche le rebond, la nouvelle inspiration qui lui fera noircir les pages de ce roman qu’elle espère, et, au passage, qui l’aidera à payer son loyer.

Seulement, la gestation de cette nouvelle œuvre est plus délicate que ce que la jeune femme avait pressenti. Les jours s’égrainent, tant et si bien que la hype de son premier roman a laissé la place à un vide existentiel qu’elle a grand mal à combler.

Toutefois, un jour a priori comme un autre avachie devant son écran de télévision, Meru tombe sur la commémoration d’un incident qui a laissé le monde entier sans voix: il y a deux ans, les passagers du « Vol 815 » ont posé le pied au sol amnésiques. Plus étonnant encore: l’un des passagers, Henry Lyme, s’est volatilisé durant le vol, sans laisser aucune trace.

Meru y voit là les prémisses d’un roman-fleuve, une enquête passionnante qui sera la base de son nouveau roman. Toutefois, en débutant ses investigations, Meru va s’apercevoir qu’elle a posé le doigt sur une couture qui pourrait détricoter la nature même de la réalité telle qu’on la connaît. Et bien vite, les agents du Mind Management, soucieux de maintenir le statu-quo tant qu’il sert leurs intérêts, vont se mettre à sa poursuite.

Ceux qui croivent savoir se trompent

Meru ne l’a pas encore réalisé, mais elle va bientôt découvrir une effrayante et silencieuse conspiration. Le Mind MGMT, entité anonyme, insaisissable, regroupe des agents dotés de capacités mentales hors-normes, formés à toutes sortent de techniques de manipulation, de coercition et de déstabilisation.

Certains de leurs agents sont capables, par exemple, de guérir n’importe quelle blessure par la seule force de leur volonté. D’autres encore ont le don d’anticiper l’avenir en décryptant les pensées de toutes les personnes autour d’eux, ou de créer des commandes subliminales par le biais de messages publicitaires ou de romans, manipulant ainsi les masses.

L’influence du Mind MGMT et ses ramifications sont insondables, quiconque étant susceptible de s’être fait effacer la mémoire, pour peu qu’il ou elle ait représenté une gêne. Meru est donc confrontée d’emblée à un ennemi invisible, invincible, même, qui peut prédire ses actions et jouer avec sa réalité comme bon lui semble.

Ainsi, les frontières du vrai et du faux se confondent-elles au fil des pages, au fur et à mesure que la jeune enquêtrice fauchée soulève les pierres que le MGMT aura bien voulu semer sur son chemin.

Encore une fois, Matt Kindt fait la retentissante démonstration de son talent d’auteur, en livrant une œuvre conceptuelle fourmillante de détails. L’ambiance y est pesante, et la paranoïa telle que l’on se surprend à revenir régulièrement en arrière, incertain de ce que l’on vient de lire un chapitre auparavant.

L’auteur pose patiemment les strates successives de son récit, alternant fausses pistes et révélations, certaines scènes posées dans un chapitre ne prenant sens que grâce à la nouvelle perspective apportée par une information jusqu’alors cachée. Dans Mind MGMT, la réalité perd de sa substance, elle se vide même de son sens étant donné qu’un souvenir peut être effacé, tronqué, altéré, ou tout bonnement fabriqué.

A l’ère de la toute-puissante information confrontée au péril de la Fake News, à l’heure des Deep Fakes et des algorithmes prédictifs, Mind MGMT vient apposer un filtre paralogique sur un questionnement quasi aporétique: où est la Vérité ?

Malgré une méta-narration maîtrisée de bout-en-bout, le graphisme de Kindt n’est clairement pas son point fort. On se laisse néanmoins porter par le trait esquissé et les chaudes aquarelles, qui accentuent encore le goût d’irréel qui traverse ce roman graphique d’une portée tout à fait étourdissante. Une lecture aussi dense que déroutante !