Comics·East & West

Secret Wars

esat-westComic de Jonathan Hickman et Esad Ribic
Pannini (2017), one shot, 312 p.

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Grand fan de l’illustrateur Esad Ribic dont je remonte progressivement la biblio (souvent avec joie, parfois un peu moins), je suis tombé sur ce bouquin très bien critiqué, formant un one-shot et illustré intégralement par le croate.

C’est la fin. Le multivers des différentes réalités/personnages Marvel sont sur le point de se percuter, provoquant un affrontement sans précédent de l’ensemble des héros et vilains de l’histoire Marvel! Cependant, Reed Richards (Mister Fantastic), le plus grand génie de son temps, a mis au point un « radeau de survie » destiné à tenter de sauver ceux qui peuvent l’être. De la collision nait Battleworld, une planète-univers dirigée par le Dieu Fatalis et où les héros et vilains d’avant sont devenus autre chose…

Les neuf parties de Secret Wars nous proposent rien de moins que la Fin des Temps et l’apparition d’un nouvel univers rebattant les cartes physiques et de rôles des personnages Marvel! Secret wars est sans doute l’un des albums de super héros les plus impressionnants graphiquement tout éditeur confondu, réalisé intégralement par un Esad Ribic au sommet de son art avec des couvertures d’Alex Ross. Résultat de recherche d'images pour "ribic secret wars"L’ atmosphère est désespérée, rappelant le récent film Infinity war, proposant des les premières pages une bataille totalement dantesque (bien que difficilement compréhensible) et quelques planches d’une composition et d’une puissance apocalyptique très impressionnante. A noter que différentes séries sont publiées, tournant autour de l’event Secret Wars et détaillant tantôt la fin de certains personnages, tantôt les évènements d’une partie de Battleworld,

La grande difficulté de cette fresque ambitieuse est d’une part le nombre invraisemblable de personnages (j’avais éprouvé les mêmes difficultés à la lecture de Kindom Come, d’Alex Ross justement), d’autre part le bouleversement des codes géographiques et de l’album même avec un chapitrage particulier alternant noms de chapitres et sous-parties à la régularité variable et aux titres qui n’aident pas forcément la lecture.

Résultat de recherche d'images pour "ribic secret wars"Très clairement Secret Wars s’adresse à des lecteurs chevronnés de l’univers Marvel. C’est vraiment dommage tant l’immersion visuelle est une expérience à souhaiter à tout amateur de BD. Un tel objet aurait vraiment mérité un accompagnement plus conséquent que le seul texte d’introduction proposé par Pannini. Lorsque l’on voit le travail fourni par exemple par Bliss sur ses comics Valiant c’est le parfait exemple de soutien à la lecture pertinent, proposant a la fois des informations bibliographiques sur les différentes parties, des notes de contexte très pédagogiques et des résumés des événements nécessaires à comprendre l’histoire qu’on s’apprête à lire. Des infos qui manquent vraiment ici…

Pourtant l’idée est vraiment chouette: un peu comme dans l’excellent Old man Logan (de Mark Millar), réorganiser l’ensemble des personnages est une idée très excitante. Résultat de recherche d'images pour "ribic secret wars"Si le démarrage nous perd complètement avec cette dimension de Fin des Temps et des insertions de planches totalement cryptiques, l’on atterrit en douceur sur Battleworld (le monde résultant de la collision du Multivers) où le scénariste nous accompagne via les personnages qui expliquent le fonctionnement de ce nouveau contexte où les héros connus ont changé de fonction et de personnalité. Ce monde dirigé par Fatalis (devenu Dieu) est organisé en baronnies dont le chef (tantôt un ancien Vilain, tantôt un ancien super-héros) prête allégeance au Seigneur de Battleworld. A ce stade le fait de ne pas connaître tous les personnages (Captain Britain, Sinestro ou la famille de Mister Fantastic par exemple…) n’a aucune importance puisque tout est rebattu. On apprend ainsi à découvrir, curieux, cette réalité alternative. Les choses se corsent lorsque apparaissent les rescapés du Multivers. L’on cherche alors à comprendre qui est qui, qui sur Battleworld est un rescapé ou est apparu à la recréation de l’Univers (en outre certains changements de costumes peuvent brouiller la compréhension pour ceux qui ne sont pas au fait des évolutions de garde robe de tous les héros)…

Résultat de recherche d'images pour "ribic secret wars"Ces enchevêtrements sont finalement dérisoires car le principal intérêt de cet event est  dans le graphisme somptueux et la possibilité d’expérimenter des scènes improbables (la Chose se battant avec Galactus (!!), Cyclope doté de pouvoirs divins ou Stephen Strange jouant un rôle bien surprenant…). Attention, le scénario, bien que complexe, n’est pas du tout anecdotique et va en se simplifiant à mesure de l’avancée de la BD. Le choix de partir du chaotique des premières planches pour aboutir à un schéma archétypal (affrontement du bien contre le mal) n’est pas un cadeau au lecteur mais peut être vu comme une progression pertinente une fois l’album refermé. Personnellement j’ai un peu soufflé  au rebondissement de mi-album. Mais sincèrement le travail d’illustration est totalement incroyable, sans nulle doute le boulot le plus abouti d’Esad Ribic qui peaufine absolument chacune des cases de ce volumineux recueil. Résultat de recherche d'images pour "ribic secret wars"On lui pardonnera (comme à son habitude) des décors un peu vides, tant le dessin des personnages sont impressionnants.

Pour finir je reviens sur le parallèle avec le mythique Kingdome Come (chez DC cette fois), lui aussi foisonnant de héros, proposant des planches à tomber d’un grand maître de l’illustration, mettant en scène un futur alternatif, lui aussi très cryptique avec le personnage du Spectre et nécessitant une bonne connaissance de l’histoire de DC. La grande différence étant que Urban, l’éditeur de DC a proposé une quantité astronomique de bonus et explications dans son recueil. Gros point noir pour l’éditeur Pannini, qui limite du coup à 3 Calvin la note de l’ouvrage.

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BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #4

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

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Les lectures bibliothèque de mes enfants, un SP Sarbacane, un SP Arènes BD et enfin mon Esad Ribic quêté en occasion!

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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Un cadeau, un SP Sarbacane, et révision du Roy avant lecture du 3, diantre!

3. Que vais-je lire ensuite ?

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Par-ce que les nouveautés de rentrée faut bien s’y mettre quand-même… Beaucoup de retard avant octobre, pas sur que je me tape les relectures de séries avant les suites prévues cet automne…

En vous que lisez-vous?

 

Comics·Graphismes·Guide de lecture·Rétro

Esad Ribic: panorama des graphic novels

d58528cec41febe6019cc635df02c6bdJ’ai découvert Esad Ribic sur les conseils d’un libraire à propos de Thor: le massacreur de dieux. Dire que j’ai été soufflé (à la fois par le scénario et par le graphisme) est un euphémisme, si bien que la découverte de l’artiste croate m’a donnée envie de voir ses œuvres précédentes (le dernier auteur comics qui m’a entraîné ainsi dans un rétro important c’était Tim Sale, que je suis depuis même s’il ne produit plus grand chose (« Captain America: Blanc«  aux dernières nouvelles). Rapidement je suis tombé sur le triptyque « Loki » (2004), « Silver Surfer Requiem » (2007), « Namor, voyage au fond des mers » (2008), trois réinterprétations de seconds couteaux très charismatiques de Marvel, trois publications Panini… forcément plus éditées comme à la très mauvaise habitude de l’éditeur. On trouve ainsi les ouvrages en relativement bon état à des prix vite prohibitifs sur le Web… Bref.

Les ouvrages sont en peinture directe et commencent à dater. Pourtant dès Loki l’on voit la puissance technique de l’auteur, qui a su depuis simplifier son trait vers un style plus BD (sur Thor et ses illustrations récentes). La qualité des cadrages, du trait, du dynamisme font que Ribic est très très loin de n’être qu’un peintre et aurait des leçons à donner à un maitre de la tempe d’Alex Ross en matière de mise en scène.

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Ainsi dans « Namor », variation assez classique du huis-clos horrifique en sous-marin, le découpage et la mise en scène sont plus qu’essentiels puisque de décors il n’y a presque pas! Tout est dans les visages (mêmes gros plans torturés et ravageurs que dans Loki ou même Thor) et les cadrages sens dessus dessous qui créent une véritable atmosphère paranoïaque et inquiétante. Namor devient une créature démoniaque et invincible (on est proche du Ghor du « massacreur de dieux« ) avec un traitement hyper-réaliste qu’utilise par exemple au cinéma M. Night Shyamalan sur Incassable. « Namor » (titré « the depth » en VO) est l’histoire d’un scientifique en quête de gloire qui souhaite prouver au monde que le mythe d’Atlantide n’existe pas. La descente en sous-marin dans la fosse des Marianne va confronter l’équipage à ses peurs et le scientifique à son cartésianisme (grosso modo le même sujet – en moins fantastique – que le très bon « Sanctuaire«  de Bec et Dorison). Le scénario est un voyage en tension vers la folie et l’irrationnel. Le dessin est un exercice de style de mise en ombres et en contrastes des visages de cet équipage. 2fryreqTantôt dans le noir absolu, tantôt dans la lumière blafarde des lampes, Ribic travaille ici la lumière puisque son histoire n’est qu’ombre et lumière (les monstres tapis dans la première face à la lumière de l’esprit rationnel). Si l’on peut tiquer sur un usage immodéré des « gros yeux » et une difficulté à distinguer ses personnages par moment, Esad Ribic livre néanmoins ici une partition impressionnante que l’on n’a pas l’habitude de trouver dans la production BD américaine.

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Changement de ton total sur Silver surfer (réalisé un an avant), dont le thème est plus intellectuel, se penchant sur les devoirs d’une puissance, sur la guerre, l’amitié et le sens de la vie. Graphiquement, si l’on est cette fois dans les immensités galactiques ou planétaires, Ribic focalise déjà son travail sur les contrastes, notamment avec les reflets du monde sur le mercure du Surfer. L’on sent le projet moins contraignant et l’artiste se livre à de sublimes tableaux de nébuleuses ou de conflits spatiaux gigantesques. Cet album est bien plus raccroché à l’univers Marvel puisque interviennent les 4 fantastiques, Spidey ou encore Dr Strange et l’humour n’est pas absent contrairement à Namor. L’ouvrage est couvert d’une belle mélancolie et comme sur Namor l’alchimie entre scénario et illustration est évidente.

Loki, le plus ancien des trois, est aussi le plus ambitieux. Véritable renaissance de Frazetta sous les pinceaux de Ribic, l’album projette la vision de la victoire de Loki sur les dieux d’Asgard et sa confrontation à la réalité du pouvoir et du regard des autres. planchea_228600On est dans du médiéval pur, oubliez la vision Marvel et plus encore MCU, ici on est dans la tradition directe du mythe. Esad Ribic apporte déjà ses expressions torturées en gros plans, ses couloirs sombres, ses colonnades surexposées. On est essentiellement en huis clos et les décors peuvent paraître austères, cyclopéens, mais c’est pour mieux se centrer sur le drama, le théâtre à l’ancienne, fait de monologues, de confrontations. Tragédie grecque transposée à Asgard, Loki est une lecture intellectuelle, qui se mérite. L’on pourrait regretter la présentation manichéenne de Loki (mais n’est-ce pas le caractère de ce dieu dans la mythologie?) dans la plume d’un auteur de comics américain, mais le cheminement est néanmoins réel jusqu’à la fin, théâtrale, majestueuse, cynique. Cet album se rapproche plus du Silver surfer par sa dimension « divine » et introspective et est une œuvre à lire, très étrangère à l’esprit des comics et qui encore une fois démontre une alchimie rare d’un auteur et d’un illustrateur au style très européen.maxresdefault

Cette trilogie (qui n’en est pas une) est réellement un monument graphique et artistique qui mériterait une réédition. En attendant, les trois sont dénichables par des moyens « détournés » sur les réseaux…

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Comics·East & West

Thor – le massacreur de dieux

East and west

Comic en 2 volumes de Jason Aaron et Esad Ribic
Panini (collection Marvel NOW) en 2014. Parution US 2012-2013.

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Les éditeurs de super-héros ont pris l’habitude de rebooter leurs personnages régulièrement. La série « Marvel NOW! » lancée en 2012 visait à proposer des album plus on moins one-shot permettant aux novices de s’introduire dans une histoire sans posséder une thèse en super-héros. Cet « arc narratif » (continuité scénaristique ayant un début et une fin même si elle s’inscrit dans une chronologie plus vaste) propose donc les épisodes 1 à 5 (pour le volume 1) et 6 à 11 (volume 2) de « Thor: god of thunder », publié en fascicule aux états-unis. La série se poursuit sur des tomes 3 et 4 toujours chez Panini, mais dissociés au niveau de l’histoire.

La fabrication éditoriale du livre est propre comme d’habitude chez Panini, avec des volumes reliés format comics incluant un Ours de l’édition américaine, un texte introductif original permettant de se situer dans la 7994922815b5c57b6e7be9e5cc7acb82trame du personnage et les couvertures originales des volumes US ainsi que des couvertures alternatives incluant un Thor par Manara (si-si !). Rien à redire.

Comme beaucoup d’albums que je chronique, l’élément déclencheur est le dessin. Ici une recommandation d’un libraire m’expliquant que Thor n’était pas forcément sa tasse de thé mais qu’il tenait là une pépite tant graphique que thématique. En effet, si la découverte d’Esad Ribic, fabuleux illustrateur croate très inspiré par Frazetta, est un choc, l’histoire et sa construction se hissent au niveau des meilleurs one-shot de la BD tout genre confondu. Totalement en phase avec le personnage de dieu, le massacreur de Dieux  propose de suivre le dieu du tonnerre dans une enquête galactique à la poursuite de 176e7b9d4a087a4e9be423ed814d08f7Gorr, celui qui cherche à éliminer toute trace divine dans l’univers. Il est rare qu’un nouveau méchant atteigne un tel niveau de charisme et de noirceur et je peux dire que Gorr est à inscrire dans le panthéon maléfique de la BD! Ses motivations sont cohérentes, sa puissance infinie et les combats récurrents avec Thor sont à l’échelle planétaire voir galactique. La construction de l’histoire est très intelligente puisqu’elle entrelace les Thor de 3 périodes: le jeune loup n’ayant pas encore dompté le marteau Mjolnir, le Thor des Avengers et le roi Thor, borgne et manchot, ayant succédé à Odin et luttant contre l’infinité de créatures sombres envoyées par Gorr au faîte de sa puissance dans un combat éternel… L’agencement des trois linéarités permet un grand dynamisme ainsi qu’une interaction très intéressantes entre les trois personnalités du même dieu. Enfin, le caractère mythique assumé de l’intrigue permet de donner toute la puissance graphique de l’album dans des planches décomplexées en dispensant de toute cohérence rationnelle (puisque nous sommes chez les dieux!).

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Quelques séquences sont dessinées par des tacherons peux alléchants graphiquement mais l’essentiel du double album est illustré par Ribic, un vrai régal oculaire. Et cerise sur le gâteau, rarement une fin aura été aussi aboutie, montrant la cohérence totale du projet. Marvel est décidément toujours aussi fort à allier la créativité réelle à la lourdeur des projets industrio-éditoriaux. Si le massacreur de dieux se clôt en deux volumes, Jason Aaron poursuit l’intrigue sur un tome 3 et 4 dont seul le 4 est illustré par Ribic. Ce dernier bien que valant le détour pour le combat d’anthologie entre Thor et Galactus (sic), reste un peu feignant niveau crayons et histoire.

Personnellement cette découverte m’a lancé dans une quête des précédents ouvrages de Ribic, notamment Namor: voyage au fond des mers, Loki et Silver surfer Requiem.

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Fiche BDphile

 

C'est lundi...

C’est lundi, que lisez-vous? #1

J’ai découvert l’initiative sur le blog de Xander et ai décidé de m’y associer comme beaucoup de bloggers. Donc, le principe: chaque lundi les blogueurs qui s’associent répondent à ces questions

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

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Un peu de nouveautés, un peu de lacunes à combler, un peu de relectures… et quelques mises à jour de Comics DC avant l’avalanche de BD de l’automne et Justice League au cinoche dont la nouvelle bande-annonce rassure enfin (un peu) sur l’avenir du DCEU !