****·BD·La trouvaille du vendredi·Rétro

Orbital, cycle 2

La trouvaille+joaquim

La Trouvaille c’est un trésor que vous avez gardé dans votre mémoire, une pépite de votre bibliothèque et qui mérite d’être offerte à l’appétit de vos lecteurs. Une pause de fin de semaine hors du brouhaha des publications récentes…


BD de Sylvain Runberg et Serge Pellé
Dupuis (1999-2005), série en cours, 8 volumes parus. 46 p./album

J’avais découvert le premier « cycle » de cette série réputée, à moitié convaincu mais intrigué par le phénoménal design installé par Pellé et par la richesse d’un univers qui ne demande qu’à être exploré. Je confirme mon impression des quatre premiers albums concernant la structure de la série: il n’y a absolument ni cycles ni missions, mais bien une continuité de l’intrigue du premier au huitième tome. Très étrange que cette présentation en diptyques qui ne correspond pas au récit…

Caleb est aux portes de la mort après l’attaque du Varosash et laisse Mézoké seule face à une tentative de déstabilisation de la Confédération toute entière. Alors que les factions opposées cherchent à utiliser la situation de crise  et que le pouvoir saute de camp en camp à chaque incident, les deux agents diplomatiques vont se retrouver en fuite pour sauvegarder l’ordre établi… pour peu qu’il doive être sauvé…

Résultat de recherche d'images pour "orbital 7 pellé"L’intrigue évolue assez vite dans cet arc, avec l’arrivée de la plutôt réussie sœur de Caleb dont nous n’avions plus entendu parler depuis le premier tome. Sa personnalité explosive et son opposition de mentalité avec son frère sont intelligemment amenés et participent au développement de la relation avec Mézoké en faisant réaliser aux deux agents diplomatiques qu’ils ont finalement beaucoup en commun. A noter que ce sont résolument les femmes qui mènent la danse et tissent notre intérêt dans cette série, en laissant les mâles dans des rôles assez ingrats! De nouveaux personnages majeurs arrivent également et nous permettent de mieux comprendre le rôle d’Angus le Nevronome que l’on voit beaucoup depuis le début sans savoir comment ni pourquoi. Comme pressenti, cette série monte en puissance lentement mais surement, chaque tome gagnant en intérêt, en qualité, en complexité. C’est vraiment étrange et je ne crois pas avoir déjà ressenti cela sur une autre série. Passer ainsi de l’assez banal à l’une des meilleures séries SF en quelques tomes n’est pas commun.

Clipboard02.jpgCela est d’abord dû à la noirceur assumée d’une série dont les dessins des personnages tranchent avec l’intrigue politique complexe (Runberg nous y a habitués). L’aspect politique très poussé est l’autre atout avec une galaxie tombant dans la guerre civile dans une progression particulièrement réaliste pour une série SF et qui pourrait sans soucis ranger Orbital dans la catégorie Thrillers politiques. On décortique de multiples facteurs, de l’attentat ayant coûté la vie aux parents de Caleb et sa sœur aux tensions sécessionnistes, xénophobes, aux débats de conception politique au sein d’Orbital entre différents courants qui veulent mettre leur chef sur le siège de dirigeant… Tout cela est mené très finement, sans manichéisme (ou presque), les méchants ayant tous des motivations crédibles avec pour point de convergence la peur. Car mine de rien cette série aborde des problèmes actuels et universels qui mènent aux conflits, qu’ils soient locaux ou galactiques avec le plus souvent comme moteur la peur de l’autre, de l’étranger, de la perte, de l’inconnu. Ainsi le rôle des Nevronomes (dont l’action est centrale sur ces quatre tomes) est très intéressant de par la gestion du mystère laissé par Runberg. On ne sait à peu près rien de ces vaisseaux pensants qui Résultat de recherche d'images pour "orbital 7 pellé"semblent terrifier la confédération et dont on peine à comprendre la nature et les motivations. Cela nous titille dans l’envie d’en savoir plus et les auteurs vont distiller de tout petits cailloux jusqu’à la conclusion marquante du tome huit qui ouvre de nouvelles portes et monte d’un cran dans l’ambition de la série. Même chose, plus subtilement, avec les Sandjar, la race que représente Mézoké et qui est physiquement androgyne, perturbant les humains qui ne savent pas s’ils ont affaire à un mâle ou une femelle… ce qui permet de pointer sans en avoir l’air la question du déterminisme sexuel et du schéma hétérosexuel de nos sociétés (Florent Maudoux avait abordé cette question dans son étonnant et superbe Vestigiales)

Même si Pellé est toujours aussi imaginatif dans sa description des aliens et des lieux (la superbe cité du crime!) et tend à faire évoluer ses personnages humains vers des traits légèrement plus réalistes, ces derniers restent le point noir de la série. C’est vraiment dommage car cela empêche le lien d’empathie avec le lecteur (en contre-exemple du superbe travail d’expression de Corentin Rouge sur Rio et de Paul Gastine sur Jusqu’au dernier). Les personnages humains sont finalement peu nombreux mais demeure le putatif héros, Caleb, qui malgré ses pouvoirs temporaires ne parvient pas à endosser le statut de personnage central.Clipboard01.jpg

Orbital est ne singulière série que je ne classerais pas dans les blockbusters mais qui par ses défauts et son évolution que l’on ressent instinctive attire une grande sympathie par la générosité de ses auteurs qui semblent passionnés par leur univers sans être certain qu’un plan d’ensemble existe. Une BD qui semble progresser volume par volume avec talent et qui gomme progressivement ses quelques problèmes en nous emmenant sur des concepts SF très intéressants, vers l’infini, et au-delà…

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·BD·La trouvaille du vendredi·Rétro

Orbital, intégrale cycle 1

La trouvaille+joaquim

La Trouvaille c’est un trésor que vous avez gardé dans votre mémoire, une pépite de votre bibliothèque et qui mérite d’être offerte à l’appétit de vos lecteurs. Une pause de fin de semaine hors du brouhaha des publications récentes…


BD de Sylvain Runberg et Serge Pellé
Dupuis (1999-2005), série en cours, 8 volumes parus. 46 p./album

couv_375172La série de Runberg et Pellé propose des enquêtes « diplomatiques » sous un format de doubles albums, avec une continuité générale qui nous fait découvrir l’histoire des personnages au fil des intrigues. L’intérieur de couverture est illustré et le design de titre particulièrement réussi. Les couvertures sont assez classiques de la BD d’action SF et pas particulièrement inspirées au regard du style du dessinateur (j’y reviens plus bas).

Orbital est une station spatiale gigantesque située dans un autre espace-temps. Caleb l’humain et Mézoké la Sandjarr forment un duo d’agents diplomatiques, envoyés en mission sur des planètes pour éviter ou résoudre des conflits pacifiquement au sein de la Confédération rassemblant une myriade de peuplades. Leur duo marque symboliquement un espoir pour la confédération qui a été parquée il y a des années par une terrible guerre entre leurs deux peuples. Pourtant chacun a un passé pas toujours conforme à l’idéal qu’ils représentent…

Résultat de recherche d'images pour "orbital pellé"A la lecture de ce résumé j’imagine que vous vous faites la même remarque que moi à la découverte de cette série: … mais c’est Valérian! En effet il y a beaucoup de la mythique série de Christin et Mezière dans Orbital, tellement que l’on ne peut s’empêcher de voir le seul design de leurs combinaisons comme un hommage au valeureux agent spatio-temporel. Les extra-terrestres très exotiques, les conflits diplomatiques, le centre galactique et l’organisation de gestion des conflits… tous est là. Il est très étonnant que Dargaud ait autorisé cette série et que les auteurs n’aient pas plutôt proposé une série parallèle comme les épisodes de Lauffray/Lupano et Larcenet. Ceci étant dit, Orbital a ses qualités propre, à commencer par le design terriblement original et efficace de Serge Pellé. Venu de la pub et du design, le dessinateur parvient sur chacun des décors, véhicules, alien, à produire quelque-chose de particulièrement esthétique, dans un genre (la SF) très balisé. C’est clairement une des réussites de la série.

Résultat de recherche d'images pour "orbital pellé"Le premier cycle regroupe donc les deux premières missions des agents Swany et Mézoké (en deux volumes chaque fois) et à ce stade on ne peux que constater le déséquilibre entre les deux personnages. Si l’on sent que l’idée était d’avoir une Sandjarr posée, mystérieuse (on nous dit dès le début que ce peuple est hermaphrodite et que toute relation amoureuse avec un humain risque de s’avérer très compliquée…) et un Caleb plus instinctif, voir agressif, après quatre albums ce dernier reste étonnamment insipide! Il faut dire que la principale faiblesse du dessinateur reste les visages humains, ce qui ne facilite ni l’expressivité ni l’attrait de ce héros qui ne brille ni par ses idées, ni par ses actes de bravoure. Les autres personnages sont eux plutôt intéressants, avec donc Mézoké et la pilote du vaisseau conscient dont on attend beaucoup. Mais ce sont surtout les personnages secondaires, chefs extra-terrestres ou de peuples humains qui attirent l’attention du lecteur.

Résultat de recherche d'images pour "orbital pellé"Si la première mission est un peu poussive avec un retournement assez prévisible et un aspect assez manichéen dans les conspirations politiques, la seconde monte d’un cran avec une intrigue diffuse, complexe, impliquant de nombreux protagonistes et des ramifications qui ne seront que partiellement révélées. Surtout ce diptyque montre déjà la propension de Sylvain Runberg à maltraiter ses personnages et son univers. C’est toujours rare et particulièrement remarquable pour faire monter la tension et l’imprévu et personnellement j’adore… On retrouvera cela dans sa superbe série Warship Jolly Rogers comme sur Reconquêtes. Sur le plan scénaristique on a donc deux missions inégales mais l’on sent une montée en puissance et surtout en maîtrise de cet univers et de sa structure de narration. Autre constante chez Runberg: l’approche éminemment politique et subtile. Beaucoup de volontés antagonistes qui font références à notre monde et ses frictions entre une communauté diplomatique mondiale un peu hors sol et des impératifs locaux qui poussent au sécessionnisme, souvent violent. C’est donc bien le reflet contemporain qui surprend le plus dans cette saga galactique et son univers particulièrement travaillé et cohérent.

Résultat de recherche d'images pour "orbital pellé ravages"Il en est de même sur le graphisme de Pellé dont la texture donnée par une technique inhabituelle donne un vrai plus à des planches souvent très belles et inspirées. L’inspiration est à trouver dans Bilal (le plus évident), Cromwell et par moment Loisel dans certains visages. Pour une première série on sent un besoin d’affirmer un style et je gage que si le design est déjà fort les personnages devraient gagner en maturation dans les autres albums.

Orbital est donc sur ce premier « cycle  » (… qui me semble un peu artificiel puisque hormis la structure en doubles albums rien n’est fermé dans le quatrième volume) une série en consolidation, dotée d’une idée de départ très risquée mais qui commence progressivement à trouver ses marqueurs du fait de deux auteurs de qualité. J’attendais un plus gros choc du fait de la notoriété de la série. Beaucoup de BD sont découvertes après quelques albums. Si les deux premiers m’ont un peu refroidis j’ai désormais envie de voir ce que va devenir cette série malgré cela, avec le potentiel de devenir soit très bon soit très moyen selon les risques que prendront les créateurs.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

Achetez-le chez njziphxv

***·BD·Documentaire·Nouveau !·Service Presse

La tuerie

Le Docu du Week-End
BD Laurent Galandon et Nicolas Otero
Les Arènes (2019), one shot, 142 p. couleur.

bsic journalismMerci à mon partenaire fidèle Les Arènes pour cette découverte.


La tuerie par Galandon

Couverture très réussie qui donne bien envie d’ouvrir cet album. L’intérieur de couverture comporte une illustration de cochons (on reste dans le thème) et la page de garde comprend un court texte du chroniqueur de France Inter Gillaume Meurice. Maquette élégante mais rien de particulier. Comme d’habitude je trouve dommage que sur des albums de ce type les éditeurs n’incluent pas quelques pages documentaires et biblio sur le sujet.

L’abattoir Gourdin est le seul employeur de la région. Son patron est maire. Lorsque Yannick se fait embaucher en sortant de prison, il découvre la dureté des conditions de travail et le fonctionnement de ce petit milieu. Suspicieux, employés comme direction redoutent l’infiltration de militants de la cause animale…

Résultat de recherche d'images pour "otero la tuerie"Le rangement de ce billet dans la rubrique Docu est un peu forcée… Si les Arènes publie essentiellement des BD à thème en lien avec l’actualité ou au message politique fort (comme sur Morts par la France du même dessinateur Nicolas Otero), La Tuerie reste un thriller social avant tout, prenant pour contexte un abattoir. Si l’album propose donc un vrai scénario avec personnages fictifs, il est didactique tout le long car son objet est bien d’illustrer les conditions de travail des ouvriers de ces petites entreprises locales souvent toutes puissantes. Toute ressemblance avec des situations connues et parues dans la presse n’est pas fortuite. Le scénariste Laurent Galandon se présente comme scénariste politique et souhaite ici donner au lecteur des images de l’intérieur de ces abattoirs dont on parle beaucoup depuis les actions de caméra cachée de l’association L214. La forme est donc ici clairement celle des films à thèse, ces métrages suivant un lanceur d’alerte ou scénarisant des scandales sanitaires. Et ça fonctionne en jouant parfaitement entre les deux lignes de son album: le descriptif documenté d’une industrie indispensable, invisible, soumise à des pressions des industries de l’agroalimentaire et de la distribution, puis l’enquête du personnage principal qui cherche les raisons de la mort de son frère.

Résultat de recherche d'images pour "otero la tuerie"L’histoire est bien menée, efficace mais assez attendue. C’est peut-être du en partie au dessin, propre mais qui a ses limites, notamment avec des personnages qui ont des physionomies assez proches (sur son précédent album Otero avait su être plus subtile et détaillé). Leur caractérisation est assez simple également (comme dans un film grand public…), avec le beau héros rugueux, costaud, le copain arabe qui écoute du rap et le patron pourri appuyé sur un contremaître dictatorial. Le stress est bien rendu, dans ce milieu masculin, un peu beauf où règne la loi du plus fort. La subtilité est amenée par la vétérinaire sympa qui peut difficilement s’extraire de la corruption, prise dans ses contradictions. Pour le reste on sait qui sont les méchants et les gentils…

L’intérêt de l’album est donc bien documentaire et sur ce plan il est vraiment intéressant. L’actualité donne beaucoup d’informations qui restent en surface. Cette industrie est totalement opaque et l’album rend parfaitement cet ensemble d’éléments qui concourent à s’exonérer de toutes règles salariales, sanitaire, réglementaire. Comme dans un bon Lupano, le message est donné sans fart au lecteur: dans une société de surconsommation où l’été arrive avec ses barbecue et ses bières, le citoyen ne veut pas savoir d’où vient la viande qu’il déguste. Comme les soldats, comme les matons, les ouvriers de la viande sont un lumpenprolétariat qui permet sous terre à une société de fonctionner comme elle le voudrait. Avec des conséquences donc: personne ne veut savoir, comme ce préfet contraint de pousser sa menace par-ce qu’on lui a apporté des documents sur son bureau mais qui ne veut pas être responsable pour des raisons sanitaires de la fermeture d’un employeur dans une région sinistrée. La Tuerie est un peu la version sérieuse des Vieux fourneaux avec son Garan-Servier.

Fidèle à son catalogue, l’éditeur Les Arènes propose donc avec La tuerie un bon album, original, qui vous éclairera sur un sujet rare dans le neuvième art. L’actualité immédiate est plus souvent abordée noyée dans des scénarios plus ou moins politiques et donne rarement des ouvrages directement illustratifs. L’album d’Otero et Galandon n’est pas le coup de poing qui marque mais arrive à allier plaisir de lecture BD et intérêt journalistique, et c’est déjà beaucoup.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

Achetez-le chez Decitre, librairie en ligne, achat et vente livres

****·BD·Documentaire·Numérique·Service Presse

La revue dessinée #18

Le Docu du Week-End

Connaissant de réputation et ayant feuilleté plusieurs fois La revue dessinée sans prendre le temps d’en lire un numéro, la rubrique docu du blog était une bonne occasion de sauter le pas et de décortiquer un volume. Izneo me permet de lire en numérique le numéro 18 sorti récemment. Étant donnée la pagination (228 p. de BD pour seulement 15€…) cet article vise à vous donner un aperçu des thèmes abordés et de la qualité générale de cette excellente revue.

https://www.larevuedessinee.fr/wp-content/uploads/2017/11/001-228_lrd18_couv_couv_dos-1.pngLe numéro comporte quatorze articles: cinq sont du reportage au format BD, sur une trentaine de page chacun, le reste est composé de courts articles ou pages illustrées sur des rubriques régulières. La revue dessinée a la même structure que tout magazine mais en format BD. Elle a donné naissance à Topo, sur le même principe mais destinée aux moins de 20 ans. A la fin de chacun des articles-BD une double page de prolongations donne des infos, statistiques, précisions, commentaires des auteurs et courte bibliographie. On ne peut rien demander de plus et en outre un courrier des lecteurs assure le contact entre la revue et les lecteurs. Dernière précision, vue la qualité de la revue et la taille du budget, il semble qu’il n’y a que très peu de stock sur les anciens numéros. Je conseille par conséquent de les acheter sur Iznéo pour vraiment pas cher (5€ le numéro)!Résultat de recherche d'images pour "la revue dessinée 18"

  • La clinique de la Borde: le premier chapitre remarquablement dessiné (l’illustrateur de Pereira pretend, qui a joui d’un excellent écho a sa sortie) aborde la psychiatrie institutionnelle à travers l’histoire de la clinique de la Borde et de Jean Oury, médecin convaincu qu’il fallait commencer par « soigner l’institution pour pouvoir soigner les fous ». Cette histoire rejoint le massage de Désobeisseurs que j’ai chroniqué il y a quelques semaines. Dans ces années 50 où les aliénés sont cantonnés aux électrochocs et a l’abandon, ce précurseur et ses amis/inspirateurs Deleuze, Foucault, Guattari ouvrent les cellules et les esprits des malades. Passionnante, cette histoire nous apprend beaucoup de choses sur un sujet peu vulgarisé.
  • Retour sur la manif pour tous: dialogues-vérité fictifs de personnalités du mouvement, les succès et échecs des combats de ce mouvement traditionaliste  et les liens avec les représentants politiques de la droite classique. Idée originale avec reprise de la bichromie rose bleu du mouvement, mais l’article est plus une pastille amusante qu’un reportage.
  • Les parafoudres radio-actifs: reportage effarant sur un scandale étouffé par France-Telecom/Orange. Des centaines de milliers de parafoudre contenant du gaz radioactif ont été installés sur les poteaux du réseau Telecom national. Des 1978 des alertes sanitaires internes sont lancées. Jusque dans les années 1990 l’entreprise tente d’étouffer, d’enterer les dossiers, d’intimider les lanceurs d’alerte. La radioprotection et la justice finissent par obliger le démontage des éléments radioactifs, tache confiée à des prestataires externes et les éléments toxiques sont stockés dans des fûts plastique sans aucun respect des règles de confinement… Ce problème concernerait également la SNCF et Air France. Histoire absolument sidérante et qui fait froid dans le dos car l’on sait que des affaires similaires sortent régulièrement et que les dirigeants à l’origine des scandales ont décennie après décennie le même cynisme qui n’est pas prêt de s’arrêter. Ecoeurant!
  • Une maternelle Montessori publique: pour qui a des enfants et s’intéresse un tant soi peu à l’Education Nationale, les paradoxes entre les réussites des pédagogies Montessori/Freinet et le coût des écoles privées qui les mettent en place est connu. L’Education Nationale vise à élever par l’éducation tous les enfants et notamment ceux victime de la reproduction des inégalités, via tout un tas de processus coûteux et ciblés mis en avant par les politiques. On sait combien les élèves différents auraient à gagner à des pédagogies « innovantes ». Un groupe de professeurs des écoles d’une cité parisienne décide collectivement d’appliquer la pédagogie Montessori, basée sur l’autonomisation des enfants et l’adaptation de l’enseignement à leurs envies, de façon souple, tout en ouvrant l’école aux parents et à la société. Loin de toute caricature les auteurs de la BD ne montent pas la méchante institution contre les gentils instit’. Très subtile et magnifiquement illustré, l’article montre les différentes problématiques de l’école et d’un système social et scolaire élitiste qui ne corrige que très peu les inégalité. Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, le format reportage permet de coller à la réalité des enfants et des adultes qui les côtoient. Un excellent docu qui aurait mérité un album édité!
  • La buvette des députés: double page décalée racontant ce qu’il se passe dans les coulisses du Parlement, en ce lieu autrefois fort aviné, mais qui aujourd’hui encore permet aux adversaires politiques de discuter dans un environnement serein, loin des caméras et de l’institutionnel. Aucun intérêt graphique, mais le sujet est sympa.
  • L’explosion des supermarchés: une présentation très didactique et illustrée de façon rigolote sur la croissance des surfaces d’hyper-marchés en regard de la baisse des achats des clients. Tout cela est lié à la libéralisation et l’idée selon laquelle cette activité crée de l’emploi et que le commerce attire le commerce. La BD se conclut avec les pages habituelles d’infos avec d’étonnantes photos de centres désaffectés aux Etats-Unis, qui permet de voir vers quel avenir on se dirige..
  • Les grammar Nazi: sketch super drôle où un ayatollah de la langue ou « grammar nazi » corrige un jeune parlant le langage sms et nous explique l’étymologie du mot Orthographe qui devrait se dire « orthographie »!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1