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Seuls – Cycle 2

Rufus Stewart

On continue l’analyse de cette géniale série avec le cycle 2, toujours avec le fiston…

  • Mon fils c’est « Jean pédrovitch » (c’est un pseudo): à treize ans il a déjà lu une grosse partie de ma bdthèque, notamment Universal War 1&2, Thorgal, Blake et Mortimer, Largo Winch, Radiant,…

BD de Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann
Dupuis (2006-),  54 p. couleur. 2 cycle parus, cycle 3 en cours.

couv_314741Nous avons lu le second cycle sur les albums individuels, l’intégrale n’étant pour l’heure plus disponible (mais un retirage est prévu d’ici Noël), du coup aucun commentaire sur l’édition…

Après les événements marquants qui ont suivi la chasse vers le monolithe, deux clans se font face dans les Limbes. Maintenant que les lois régissant ce monde sont connues la donne a changé et nos héros vont bientôt devoir s’aventurer hors de la ville pour découvrir que les enjeux et les forces en présence sont bien plus complexes qu’ils ne le pensaient…


Toi qui a lu tous les albums jusqu’ici, parle-nous du changement entre le premier et le second cycle? A la lecture du début du cycle 3 on approche de la fin?

Résultat de recherche d'images pour "seuls gazzotti tome 9"Jean-pédrovitch: Sur ce cycle l’intrigue avance beaucoup plus vite. Les personnages ne sont plus « seuls »…: il y a beaucoup de personnages et de clans qui s’affrontent. Le premier était plus mystérieux et dans celui-ci on a beaucoup de révélations. Le groupe se sépare progressivement et on perd un peut l’esprit d’équipe. Globalement je l’ai préféré même si tous les volumes ne sont pas aussi bons. Le tome sept (l’échappée de Fortville) est clairement le meilleur de la série pour l’instant!

Sur le cycle trois, les deux premiers tomes ne font pas avancer l’intrigue et je trouve que ça baisse d’intérêt: les albums sont centrés sur un ou deux personnages.

On avait déjà abordé la dictature avec le clan du Requin, mais là on passe à un autre cap avec Néosalem…

Jean-pédrovitch: Oui. Dans le clan de Saul c’était la personnalité de Saul qui organisait le groupe et les autres étaient des enfants qui le suivaient aveuglement. A Neosalem c’est une vraie société, il y a des lois inégalitaires mais elles s’appliquent à tous. L’ambiance est romaine avec des moyens de changer de caste.

Préfères-tu le mystère morbide du premier cycle ou l’action fantastique du deuxième? Il fait moins peur, non?

Résultat de recherche d'images pour "seuls gazzotti tome 9"Jean-pédrovitch: Je ne sais pas trop. Je ne dirais pas qu’il ne fait pas peur, le tome sept avec la brume et les enfants zombies est quand-même flippant! Les trucs mystérieux et de fantômes ont un peu disparu. En fait je pense que ce sont les épisodes entre les deux cycles, du 3 au 7 lorsqu’ils sont à Fortville, qui font le plus peur, sont mystérieux et sombres. Par contre je suis d’accord qu’il y a beaucoup plus d’action.

Tes pronostiques sur la suite: plutôt un développement de l’univers et de ses règles ou un retour à la survie et aux inventions du groupe de héros?

Jean-pédrovitch: Le début du cycle trois revient clairement à la survie. Le rythme se ralentit, il y a quelques ponts avec Néosalem. Le sort de Camille va être assez central mais je pense qu’on est parti encore pour au moins deux cycles car l’intrigue n’est vraiment pas bouclée! En tout cas c’est toujours aussi accrocheur.

Les auteurs ont trouvé un bon moyen de changer notre vision des personnages (certains étaient centraux au début, d’autres montent en puissance).

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Le papa: Avec ce second cycle la série Seuls bascule du survival pour enfants à un monde fantastique plus classique bien que très intéressant. Inévitablement les révélations (qui se poursuivent tout au long du cycle) sur le monde des limbes et le destin des enfants qui a laissé place aux seules hypothèses d’Yvan et Anton font baisser le mystère. Les auteurs compensent cela par beaucoup d’action et la description d’un monde très riche et beaucoup plus ancien que les protagonistes le pensaient, avec des Résultat de recherche d'images pour "seuls gazzotti tome 7"clans dominants et des castes plus ou moins écrasées par les autres.  On a finalement un peu le même mécanisme que sur le cycle un avec le gang du requin mais en montant d’un cran puisque nous savons désormais que la « magie » fait partie de ce monde d’après. On reste happé tout le long avec une grosse envie d’en savoir plus avant que de nouveaux mystères nous tombent sur le nez comme cette main vivante et le maître-fou, encapuchonné de rouge et dont la tête renferme des araignées… Le thème principal du cycle reste néanmoins la dictature de ces premières familles contre lesquels on attend avec impatience de voir une résistance s’organiser. La grande force de cette série est la richesse de ses très nombreux personnages, tous très travaillés et dotés de motivations crédibles, comme ce Toussaint qui survient en toute fin de cycle et doté d’un charisme redoutable…

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Sushi & Baggles #24

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Lectures inhabituelles découvertes grâce au jury BDGEST et les blogueurs qui les citent souvent dans les meilleurs mangas de l’année.

  • NeuN #1 (Tsutomu/Pika) – 2019, 5 vol parus (2 vol en France)

couv_374557badge numeriqueDécouverte au détour de mes échanges avec le jury BDGEST’arts et des blogueurs spécialisés dans le manga comme une des sorties de l’année, j’ai pris plaisir à lire l’introduction (très rapide) de cette uchronie dans l’univers toujours fascinant du Reich nazi (… qui intéresse depuis longtemps les mangaka, comme en écho admissible avec leur passé étouffé…). Treize enfants issus du sang d’Hitler ont été inséminés et répartis aux quatre coins de l’Allemagne. Lorsque le régime décide de les éliminer, Neun, le neuvième, est extrait à ses bourreaux par son Wand, son garde du corps, bien décidé à assumer sa mission de protection jusqu’au bout, même s’il faut pour cela affronter toute l’armée allemande…

En nous rappelant par certains côtés le sombre Block 109 de Brugeas et Toulhoat, NeuN profite de son pitch attirant pour nous plonger dans ce premier tome en pleine action, la purge commençant sans mise en place et entraînant une course-poursuite sur tout le volume sans que l’auteur ne prenne bien le temps de détailler son background. Ça se laisse lire et on imagine que les explications viendront après. Le dessin est dynamique, les trames ne permettant pas de donner toute l’ampleur des lavis du mangaka, avec des faux airs de Samura (l’Habitant de l’infini) ou de Kakizaki (Green blood), notamment dans l’utilisation de rayures pour salir l’image. Au final pour ce premier tome on a un manga sympathique, qui n’explose ni la rétine ni l’intellect mais a du potentiel que je suivrais volontiers.

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  • Mirages d’Emanon (Tsuruta/Ki-oon) – 2019

couv_361444mediathequeAutre manga cité sur de nombreux blogs, je découvre en cours de route le personnage d’Emanon qui se promène sur plusieurs albums one-shot (que je n’ai pas lu). Cet album très contemplatif est un très beau moment avec peu de textes, qui nous montre cette jeune fille amnésique recueillie par un jeune scénariste qui ne lui demande rien. Ces deux êtres humains vont se côtoyer dans une pudeur toute japonaise, lui se nourrissant de la belle âme de cette fille qui déambule dans la petite ville et sa campagne. Les dessins sont élégants, simples, parsemés de visions oniriques liées à des flash d’Emanon. Album très zen qui peut se lire seul, comme je l’ai fait, avec cette part de mystère que peut-être les autres volumes effaceront… Un beau manga simple sur l’amitié, l’amour simple, le temps qui passe et la simplicité, comme seuls les japonais savent nous en parler…

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  • Unholy grail (Bunn, Colak/Snorgleux) – 2018

couv_343737badge numeriqueTrès intéressant one-shot assez inhabituel en comics et qui se rapproche pas mal des codes de la BD franco-belge. L’intérêt est le pitch de départ qui postule que Merlin a été remplacé par un démon qui oriente l’ensemble de la geste arthurienne dans une optique de chaos et de guerres. Idée très intéressante relevée par les dessins vraiment bons de Mirko Colak, cette variation de la légende d’Arthur se lit très agréablement, avec quelques moments bien sanglants et un soupçon de sexe (la version originale est publiée chez Aftershock, spécialisé dans la BD d’horreur et notamment le réputé Animosity, également publié chez Snorgleux). La limite de l’exercice est le format one-shot d’à peine cent pages qui contraint les auteurs à une simple exposition des grands moments de la légende (présentés comme autant de parties avec des sauts temporels brutaux entre elles) sous le prisme de cette « uchronie » si l’on peut dire. Tout cela reste intéressant mais postule la bonne connaissance de chaque épisode par le lecteur, ce qui n’est pas idéal pour découvrir une histoire originale. Disons qu’Unholy grail plaira à aux fans de fantasy et bons connaisseurs des différents mythes et légendes qui apprécieront l’exercice de style. Il n’y a ni source ni réelle chute à cette histoire qui manque un peu d’ambition et peine à dépasser son postulat. Dommage, mais l’album reste une lecture sympathique et une édition assez courageuse du petit éditeur-libraire.

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Seuls – Cycle 1

Rufus Stewart

La rubrique a quelques mois et semble plaire tant dans sa formule que sur les albums traités, tant mieux. Je vais tenter une autre formule pour le cycle 1 de la série phénomène « Seuls« . J’en entends parler depuis longtemps, les jeunes en sont archi acro et je viens de comprendre pourquoi tant cette série a de qualités. Mon fiston de 13 ans écrit un peu et avait envie de tenter une critique croisée en parallèle et non en question-réponse comme ce que l’on fait jusque là.

  • Mon fils c’est « Jean pédrovitch » (c’est un pseudo): à treize ans il a déjà lu une grosse partie de ma bdthèque, notamment Universal War 1&2, Thorgal, Blake et Mortimer, Largo Winch, Radiant,…

BD de Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann
Dupuis (2006-),  54 p. couleur. 2 cycle parus, cycle 3 en cours.

couv_118641Le premier cycle comprend les cinq premiers tomes de la série avec la couverture intérieurs en séparation. Aucun bonus, c’est bien dommage, surtout pour une série jeunesse où cela pourrait expliquer à ces gros consommateurs de lecture comment fonctionne un scénario de BD. A noter que l’intégrale du second cycle était épuisée depuis quelques mois mais sera ressortie pour la fin d’année en même temps que le dernier album.

Un matin un groupe d’enfants se réveille seuls. Les adultes ont disparu. Errant dans une ville désertée, ils constatent que seuls les animaux sauvages et les enfants sont encore là. De nombreux évènements mystérieux de produisent mais ils doivent avant tout apprendre à survivre en apprenant ce que les adultes faisaient jusqu’ici. Une nouvelle vie commence…


Jean-pédrovitch: J’ai découvert Seuls chez un pote qui l’avait reçu à son anniversaire mais cela ne m’a, au début, pas donné envie. Je n’étais pas trop BD jeunesse à la Titeuf ou Louca et rien que de voir le dessin et le style de la couverture ne m’a pas inspiré du tout et m’a fait penser à ce style . Mes copains ne lisais que des BD comme ça et je ne me fiait pas trop à eux pour les choix de lecture et je ne pensai pas du tout que se serais du fantastique ou de l’action comme j’ai l’habitude de lire. Mais à force d’en entendre parler Résultat de recherche d'images pour "seuls gazzotti"et de le voir partout, dans la cour, chez mes potes, à la médiathèque, j’ai d’abord feuilleté puis lu les premiers tomes, je m’y suis mit carrément à fond et ce que j’ai découvert m’a intrigué, ébahi, passionné, époustouflé, « suspensé », flippé, etc. Tout ce qu’on attend d’une BD. Le « seul » point négatif reste le dessin qui peut laisser penser que c’est une BD pour jeune, simple, gentille, rigolote… alors que la BD est un peu effrayante, flippante, compliquée, froide, plutôt pour ado,…

J’ai lu tous les Seuls sortis jusqu’au tome 11 ce qui fait deux cycles et demi. Le 1er cycle, à ce jour le plus gros, est composé de 5 tomes dont deux sont moyens car c’est le démarrage et la découverte des cinq personnages principaux. Les trois autres, surtout le dernier, sont vraiment super!!! Le 2ème cycle est fabuleux, le plus riche, révélateur et flippant et pourtant il est composé de 4 tomes à la différence du 1er cycle. Le 3ème est cependant le temps mort de la série et pour l’instant on a l’impression de n’avoir pas avancé d’un poil et que rien ne se passe.

Ce que j’ai préféré dans le 1er cycle ce sont les mystères cumulés et les choses inhabituelles inexpliquées qui sont en nombre importants. Ce sont des millions de petits détails en lien avec l’histoire comme les animaux de la zone rouge qui ont les yeux rouges, les insectes qui recouvrent le monolithe du centre de la zone rouge, les appareils électriques qui ne fonctionnent plus, ou comme la zone rouge elle même, mais qui n’ont, pour la plupart, même pas d’explications. Les personnages font eux-même pleins d’hypothèses et cela accapare l’attention même si ce n’est pas important. Les personnages sont très Résultat de recherche d'images pour "seuls gazzotti"variés, il y a Terry qui a 5 ans et est très capricieux, Yvan qui est intello est peureux, Leïla qui est casse-cou et très dégourdie, Camille qui est un peu Gnan, Gnan, et qui fait princesse, et enfin Dodji, le héros qui était maltraité par ses parents et est du coup renfermé, solitaire, autoritaire et violent. Il y a aussi Saul et Anton, qui apparaissent en cours de cycle et seront très importants et impliqués dans l’histoire. Mon préféré est bien sur Dodji car il est fort et héroïque mais aussi car parfois il s’agit un peu d’un anti-héros. Comme on vit presque avec les personnages, on est assez proches d’eux et les connaissons parfaitement après avoir seulement lu le premier cycle, ce qui ajoute un côté assez intéressant.

Seuls me fait beaucoup penser à Autre monde, une série Best-seller de Maxime Chattam qui raconte aussi l’histoire d’adolescent qui doivent se débrouiller seuls dans un monde plein de nouveau dangers et phénomènes alors que les parents ont disparu. C’est ma série de roman préférée ce qui explique aussi mon point faible pour Seuls.

Je conseillerais de lire Seuls à partir de 9/10 ans.


Le papa: je suis totalement bluffé par cette série et m’interroge sur le choix de ce type de dessins et de la stratégie de l’éditeur Dupuis, plutôt spécialisé dans la BD jeunesse. Un peu comme avec Harmony, autre excellente série fantastique de l’éditeur, nous avons tous ce qui fait une bonne série de BD adulte mais avec des dessins de la veine Dupuis. Est-ce que les parents suivront, laisseront leurs enfants lire cette série résolument Résultat de recherche d'images pour "seuls gazzotti"inquiétante, dérangeante par moments avec des thématiques comme la maltraitance infantile, la sexualité des enfants, la manipulation mentale, le totalitarisme et l’effet de groupe,…? Les auteurs assument la situation d’enfants placés dans la situation de devoir assumer des rôles d’adultes avec la disparition des règles et de l’autorité. Cela plaira aux jeunes qui pourront fantasmer sur cette fausse utopie mais nous montre également des scènes étonnantes avec des enfants alcoolisés, utilisant des armes, tuant d’autres enfants,… C’est une ligne éditoriale assez gonflée et pour ma part j’apprécie ce risque qui induit que la qualité et l’intelligence permettent de dépasser les codes d’age. La littérature (et la BD) jeunesse ont longtemps été soumis à une morale chrétienne assez conservatrice. Voir ce type de BD fait du bien en tant que parent. Nous avons de longs débats à la maison sur quelles BD montrer à quel âge. Est-ce que Thorgal est lisible par un enfant? Blake et Mortimer? Finalement on réalise que ce n’est pas l’aspect graphique qui détermine et que les enfants sont beaucoup plus ouverts que les adultes, moins enfermés dans des codes (d’où leur lecture de mangas autant que de Résultat de recherche d'images pour "seuls gazzotti"franco-belge). Je pense que les auteurs ont conscience de leur responsabilité de ne pas dépasser une ligne choquante et assument une série très très ambitieuse à la fois artistiquement et thématiquement. La progression dramatique des révélations est très équilibrée, progressive en prenant les codes de la série télé avec apparition/disparition régulière de personnages. Les adultes pourront clairement bloquer sur les dessins mais je ne saurais que recommander cette lecture à tout âge (je dirais quand-même après 11 ans pour des jeunes qui seraient habitués aux Sisters ou à Ducobu) tant on est happé par un mystère aussi sophistiqué que sur des séries comme celles de Bec (qui devrait prendre exemple sur son collègue en matière de simplicité efficace).

J’adore la BD quand elle nous propose des choses aussi inattendues qu’ambitieuses en s’adressant à l’intelligence du lecteur. Un très grand bravo aux auteurs pour cette tentative de faire entrer un lectorat dans l’univers de l’épouvante et du fantastique. Seuls est la porte d’entrée idéale pour initier vos enfants à ce type d’univers imaginaires.

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Harbinger wars

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Comic de Justin Jordan, Patrick Zircher, Clayton Henry, Pere Perez
Bliss comics (2016), 122 p. Inclus en version papier dans l’intégrale Harbringer.

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Précision nécessaire: ce billet porte sur le recueil du crossover Harbringer Wars, situé dans l’univers des comics Valiant. Il n’est a priori disponible sous cette forme qu’en version numérique (lu pour ma part avec la participation de la plateforme Iznéo). L’intégrale Harbringer éditée en version papier (et critiquée chez Xander) comporte ces épisodes.

J’avais expliqué dans mon billet sur The Valiant comment j’ai découvert les publications de cet éditeur qui m’était totalement inconnu il y a quelques mois. Après la très bonne surprise de ma première lecture, que donne ce volume abordant le thème des psiotiques?

La société de sécurité privée Rising Spirit travaille pour le gouvernement américain au développement d’armes non conventionnelles, comprenant le projet de super-soldat Bloodshot et les programmes de développement des capacités psiotiques (pouvoirs psychiques divers) au sein de la fondation Harbringer, dirigée par le puissant psiotique Toyo Harada. Soudain le rouage se grippe lorsque plusieurs équipes s’échappent dans le Nevada, mettant Las Vegas à feu et à sang, obligeant le gouvernement à intervenir…

Résultat de recherche d'images pour "harbinger wars"A chaque nouvelle immersion dans un comic Valiant l’envie d’aller plus loin se fait sentir. L’aspect nouveauté probablement, mais aussi la cohérence de cet univers imbriqué et la richesse de personnages vraiment intéressants alors qu’ils semblent au premier abord des redites d’Iron man pour les uns, des X-men pour d’autres,… Or chacun de ces personnages, de ses pouvoirs est vraiment original dans l’univers des comics et l’aspect adulte (pas mal de passages bien gores, notamment lors des combats éreintants du soldat increvable Bloodshot qui le retrouvent tantôt crane à nu, tantôt les articulations retournées ou éventré…) ajoute à l’intérêt de cette série.

Autre point très positif, les dessins. La petite équipe créative de Harbringer wars a un niveau moyen plus que correcte et certains (je pense au premier épisode en couleurs numériques directes) proposent des planches vraiment belles. Surtout, le changement d’illustrateur correspond toujours à un changement d’époque ou de réalité (certains personnages communiquant par l’esprit), ce qui n’abîme pas la lecture et se justifie pleinement.

Résultat de recherche d'images pour "harbinger wars"

La trame du scénario est également très intelligente: il s’agit du récit du PDG de Rising Spirit, la méchante multinationale financée par un gouvernement peu regardant sur le caractère éthique de ses activités, auprès d’un comité restreint de la sécurité nationale. Le récit d’un fiasco, de l’échec de docteurs Frankenstein incapables de garder le contrôle sur des armes vivantes qui peuvent devenir très dangereuses… Tout cela nous donne un paquet bien ficelé, joli, parfois amusant et souvent fun.

Cependant je tempérerais mon enthousiasme sur le côté brouillon de l’affaire, qui retrouve les reproches souvent faits aux comics des deux grands  éditeurs DC et Marvel: entre les nombreux personnages, équipes de super-héros, le novice aura du mal à s’y retrouver. Ainsi si le texte explique à chaque fois ce que fait untel ou untel, on a parfois du mal à s’y retrouver (ce que font les Renegades de Peter Stanchek dans le coin par exemple?). L’impression d’arriver au milieu de la bataille sans avoir eu l’itinéraire précédent. Le fait de proposer l’arc de 4 volumes en un seul livre n’était peut-être pas une si bonne idée de l’éditeur, ceux qui découvrent les psiotiques préféreront se plonger dans l’épaisse intégrale Harbringer qui inscrit chronologiquement les événements des différentes séries en comblant donc les trous.

Résultat de recherche d'images pour "harbinger wars"La lecture de cet épisode reste néanmoins un très bon moment qui m’a permis de retrouver le super-cool Bloodshot que l’on adore se voir faire refaire le portrait et de faire connaissance avec le charismatique Toyo Harada (qui est un peu ce que serait devenu l’Akira d’Otomo en grandissant) ou cette jeune psiotique qui matérialise les dinosaures de dessin-animé qu’elle a vu à la télé et qui font des dégâts réels autour d’eux… En attendant une prochaine lecture Valiant!

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