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Manga en vrac #20: Carol & Tuesday #1-2 – The cave king #1 – Alma #2-3

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  • Carole & Tuesday (Yamataka/Nobi-Nobi) – 2019-2021, série terminée en 3 tomes.

mediathequeCarole & Tuesday est à l’origine une série d’animation  en une saison, du studio d’animation Bones (qui produit My Hero Academia et autrefois Fullmetal Alchemist), visible en France sur Netflix. Simultanément une version manga est lancée, faisant de la licence un crossmedia.

Série très courte, C&S m’a attiré par son graphisme et l’univers de la musique. Et j’ai été très surpris en déroulant les premières pages (le manga se lit très vite) de voir un contexte SF puisque l’environnement est une planète Mars colonisée et où l’intégralité des industries culturelles sont le fait d’IA. Avant d’entamer les aventures très Shojo des deux filles issues de milieux radicalement opposés (l’une est une émigrée, l’autre une fille de la haute bourgeoisie), on saisie directement la critique très intéressante des industries musicales actuelles qui imposent à une jeunesse formatée des tubes formatés à coups d’Autotune. Si le titre reste bien gentil et très prévisible, le graphisme est plutôt élégant et l’idée de suivre deux jeunes passionnées confrontant leur passion et leur sincérité à une industrie déshumanisée m’a bien plu. Au final C&S est un titre sans prétention mais qui plaira à son public cible (une histoire de copines…) avec quelques perches pour les faire réfléchir un peu à ce qu’elles consomment.

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  • The cave king (Demise-Naehara/Doki Doki) – 2021, série en cours, 2/2 volumes parus.

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Merci aux éditions Doki-Doki pour leur confiance!

thecaveking-1-dokiAprès le sympathique Shangri-la Frontier chez Glénat je tente un autre shonen formaté pour les gamers avec ce Cave King qui ambitionne de proposer une histoire manga reprenant les codes des Mining-games comme Minecraft. Et je dois dire que sur ce premier volume le concept prend plutôt bien en évitant les longueurs dans une mise en place extrêmement simple (aussi basique qu’un scénario de jeu vidéo) mais très fun. En sautant carrément l’étape d’introduction on comprend que les auteurs ne vont pas traîner en route et enchaînent les découvertes de pouvoirs qui permettent au héros de se comporter comme un joueur de Minecraft et de miner et façonner son île (on devrait plutôt dire « rocher »). Le dessin n’a rien de transcendant mais reste lisible, dans le style type de la fantasy avec quelques bébêtes et une bande de gobelins qui fait office de compagnons pour le personnage. Du coup même s’il manque une intrigue on ne s’ennuie pas, ça rebondit sur une bonne dizaine d’étapes sur le modèle de DR. Stone et la lecture avance sans forcer, à fortiori pour un public Shonen et encore plus pour de jeunes gamers. Très sincèrement, si l’on enlève la comparaison graphique, ce titre n’a pour le moment pas grand chose à envier à la série post-apo de Boichi. A suivre…

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  • Alma #2-3 (Mito-Panini) – 2019-2021, série terminée en 4 tomes.

couv_431117Toujours partant pour une nouvelle aventure SF post-apo avec des machines, j’avais plutôt accroché avec le premier Alma, série courte qui se termine en novembre avec le quatrième tome. Bon format pour une histoire simple je dirais. Je dois dire que si l’introduction, assez linéaire, était fort alléchante, le second tome se complexifie en développant l’univers post-apo fait d’une post-Union européenne dominée par la Russie, la Turquie et l’Allemagne, dans une dernière cité humaine protégeant les quelques centaines de milliers de survivants aux grandes guerres du passé contre les Gajin, ces androïdes dont le système de sécurité a sauté jadis, ce qui a provoqué le génocide… On pardonnera à l’auteur dont c’est le premier manga les quelques difficultés du dessin, notamment anatomiques pour se concentrer sur une volonté de décrire de très beaux designs de vaisseaux et bâtiments et de densifier le background. Côté construction en revanche, comme souvent en SF, la structure faite de visions déstructurées et de bulles à l’auteur pas toujours clair complique la lecture pour pas grand chose mais en créant un ralentissement inutile. Quelques scènes d’actions (pas toujours justifiées) viennent pourtant mettre du rythme jusqu’à l’assaut final du tome trois qui nous rappelle la rage désespérée du final de Matrix. L’épilogue attendu viendra apporter des réponses finales attendues après un cliffhanger assez sympa et des révélations pas révolutionnaires mais cohérentes. Oeuvre perfectible, Alma manque quelque peu de questionnements philosophiques pour hisser son propos, mais arrive à sortir du tout venant par quelques qualités réelles qui plairont aux amateurs de SF. Les autres pourront plutôt se reporter sur des oeuvres plus matures comme Heart gear ou Origin.

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Manga en vrac #17: Ex-arm #13 – Tetsu et Doberman #3 – Centaures #5

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  • Ex-arm #13 (Collectif/Delcourt – 2021 13/14 tomes parus.

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badge numeriqueAlors que nous entamons l’avant-dernier tome de cette série qui aura su proposer le meilleur comme le plus commercial, je vous mentirais en vous disant que le meilleur reste à venir. La quasi-totalité des protagonistes ayant été révélés il ne reste plus que cette terrible IA bien décidée à anéantir Tokyo, voir l’humanité toute entière! Cette vraie-fausse fin se résume donc à cette simple question: comment oblitérer le cœur de ce golem d’acier qui commence à dévorer toute l’île olympique sans avoir recours aux bombardiers nucléaires déjà en route? Malgré la puissance de l’Ogre Akira semble bien peu de choses, à moins qu’une aide inattendue vienne lui procurer la puissance infinie des ex-arm…

Le scénario tente de recouper la boucle de l’origine d’Akira et de son frère en apportant une intrigue plus importante que sur la plupart de la série, avec par conséquent moins d’action dantesque. On sent le souffle retomber (il faut bien!) même si le volume continue de nous enchanter par des panorama grand luxe avec force pleines pages voir doubles pages. Comme dit précédemment on n’est pas dans une folle originalité (le monstre gargantua on a déjà vu cela mille fois!), pourtant cette série a ce charme des blockbusters hollywoodiens qui copient la formule de leurs aînés avec les moyens de nous en jeter plein la vue. L’histoire aurait pu s’achever là mais un ultime cliffhanger vient nous redonner une décharge, sans doute histoire de donner à Alma un dernier baroude d’honneur…

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  • Tetsu et Doberman #3 (Ohno/Doki-Doki) – 2021 série finie en 3 volumes..

bsic journalismMerci aux éditions Doki-Doki pour leur confiance.

tetsu_doberman_3_dokiTrès grosse déception que ce tome de conclusion d’une série que l’on regrettait courte surtout au vu des grandes qualités tant graphiques que de potentiel, vus sur les deux premiers tomes. Il est totalement incompréhensible de comprendre l’objectif de l’auteur et de l’éditeur que une trilogie qui a pris soin de développer un univers, de nombreux personnages (à peine entrevus) et de créer une frustration très efficace en lançant des mystères autour du grand héros Big One Kurogan, les liens familiaux avec le héros, le clan ninja vu dans le #2 ou encore l’histoire de l’orphelinat… Tout cela permettait sans forcer de partir pour une série d’au moins dix volumes, appuyés sur une technique graphique vraiment élégante et des séquences d’actions très fun… Eh bien non content de s’arrêter au bout de trois volumes, l’auteur se contente de clôturer rapidement l’histoire du navire fantôme du volume précédent puis nous balance une histoire solo sans même les héros dont on se demande ce qu’elle vient faire là… En clair il aurait été préférable de se contenter d’historiettes avec des personnages différents sans prendre soin de bâtir un héros… On a quand-même une histoire bonus très réussie et drôle bien que totalement découplée de Tetsu & Doberman, illustrant là encore la difficulté à finir un projet bizarrement monté.

Très grosse frustration donc, quand à un potentiel gâché et sur un auteur de talent qui semble avoir du mal à produire régulièrement… Au prix où sont les manga il n’est pas superflu de faire l’investissement des trois tomes, ne serait-ce que pour l’histoire bonus.

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  • Centaures #5 (Sumiyoshi/Glénat) – 2021 série finie, 5/6 tomes parus.

centaures-5-glenatNous avions laissé cette très belle série sur une conclusion en 2020. Le second cycle n’était pas prévu à l’origine, le troisième pas plus. Si le précédent apportait une autre tonalité à la dureté des débuts, les tomes cinq et six sont un « cycle du passé », nous renvoyant dans la jeunesse de Matsukaze. Si l’apprentissage de la vie naturelle dans les montagnes avec son père et son frère sont très intéressantes bien qu’assez classiques, il en est tout autre du graphisme. La maîtrise de Ryo Sumiyoshi nous avait impressionné dès les premières planches du premier volume, de même que ses expérimentations dans les styles. L’autrice sait toujours manier ses crayons… mais semble avoir du composer avec un emploi du temps très serré ou un impératif éditorial qui aboutit à beaucoup de dessins que l’on n’ose considérer comme bâclés mais qui sont clairement peu finis. L’usage original des trames ne cache pas la misère et si les problèmes de lisibilité constatés sur l’autre série Ashidaka ne sont pas présents ici, on reste frustrés devant un potentiel immense, un thème qui donnait envie de retourner dans cet univers primordial et un style de l’autrice qui enchante autant que sa collègue de l’Atelier des sorciers. On poursuivra sur un sixième opus qui sera très certainement le dernier, avec quelques regrets tout de même…

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Manga en vrac #15: Asadora #4 – Tetsu & Doberman #2 – 008: apprenti espion #2

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  • Asadora! #4 (Urasawa – Panini) – (2020) 2021, série en cours, 4/5 volumes parus.

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Le monstre a été vu en mer et les forces de sécurité s’activent pour lancer en urgence Asa et son avion en reconnaissance. Mais un enchaînement de hasards ralentissent la réunion de l’équipe…

2021 aura été pour moi une année Urasawa puisque en simultané de mon avancée sur sa nouvelle série Asadora! je découvre son grand œuvre 20th century boys et peux comparer les deux séries que vingt ans séparent. Et si le style graphique est resté assez simple, la précision et la lisibilité se sont affinées. Concernant le scénario je n’ai pas assez de recul pour dire si la simplification est ici une nouveauté mais l’auteur a mis la pédale douce sur les enchevêtrements temporels et d’intrigues. Il en résulte une forme d’épure de BD qui nous rapproche de ce qu’on pouvait trouver dans l’âge d’or de la franco-belge, celui de Franquin et de Spirou. Sans oublier les références nombreuses et précises aux années soixante, Urasawa reprend ses codes de l’espionnage, des chroniques culturelles, des concours de circonstances et de l’action improbable mais redoutablement efficace. Il en découle peut-être le meilleur tome depuis le démarrage et un cinquième Calvin qui vient illustrer une totale maîtrise du mangaka. Vite, la suite!

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  • 008: Apprenti espion #2 (Matsuena/Kurokawa) – (2018) 2021 série en cours, 2/14 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

008-apprenti-espion-2-kurokawaEn se réveillant dans un canot gonflable, Eight découvre que toute sa promotion a atterri sur une île déserte où certains proclament le « Battle Royal » pour éliminer les plus faibles. Confrontant ses valeurs d’entraide il va devoir compter sur ses alliés pour affronter un énigmatique homme à tête de lapin…

Le premier volume de cette série Ecchi m’avait plutôt conquis par son aspect parodique des aventures d’agents secrets et l’énormité des visions sexy. Malheureusement ce tome tombe dans un premier degré assez piteux dans la banalité et le déjà-vu des séquences et d’une intrigue minimaliste: affrontement des forts contre les faibles où l’entraide triomphe finalement, bons sentiments et poids des héritages sur les jeunes gens… Pour trouver un côté positif, la seconde partie de l’album revient à ce qui m’avait plu à savoir des épreuves plutôt amusantes dans le lycée et l’apparition de prof spécialisés chacun dans un domaine et forcément caractérisés de façon extrêmement caricaturale. La jeune ninja plantureuse est toujours au centre des épreuves et fait office de deus ex machina permanent. Volume donc franchement décevant mais qui est peut-être une mauvaise transition vers un gros délire potentiel.

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  • Tetsu et Doberman #2 (Ohno – Doki-Doki) – 2021, 2/3 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Doki-Doki pour leur confiance.

testu-doberman-2-dokiFortement emballé par le premier volume, je suis parti avec Tetsu et Doberman pour une nouvelle mission mettant en jeu un clan ninja et un mystérieux commanditaire à escorter dans une vallée dangereuse. Si le background n’a guère le temps de se développer (pour rappel on est sur un triptyque), on prend un grand plaisir à découvrir les design de chaque méchant et des scènes d’action parfaitement huilées. Le fait de sortir de la cité permet de profiter de beaux décors épurés désertiques et d’imaginer les potentialités d’une série décidément frustrante au vu de son potentiel. Le tome se sépare ainsi en deux histoires : l’escorte et la recherche d’une cité mobile fantôme qui va lier Tetsu et le début de carrière de Big One Kurogan. Cette seconde intrigue est beaucoup plus attrayante avec de belles séquences d’affrontements et des énigmes techno-magiques qui permettent d’apprécier les superbes dessins de Ohno. Rendez-vous donc en septembre pour la conclusion de cette trilogie de grande qualité, en espérant qu’elle donne enfin envie à l’auteur de nous proposer une ambitieuse saga…

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Manga en vrac #10: Alpi the soulsender 4 – Egregor 6 – Le Tetsu & Doberman 1 – L’ile entre deux mondes 1

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Petite pioche aujourd’hui avec des séries qui peinent un peu à prendre leur envol après quelques volumes déjà parus…

  • Alpi the soulsender #4 (Rona/ki-oon) – 2021, 4/5 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

alpi-soul-sender-4-ki-oonPetit accident dans ce quatrième volume qui passe un peu à côté avec cette histoire de bibliothécaire fou qui entraîne 2/3 de volumes en mode slasher gentillet et pas très intéressant… Cela permet tout de même d’approfondir de futurs antagonistes mais on lit ce volume en baillant et en attendant le retour des beaux dessins et un approfondissement de l’univers des soulsenders. C’est dommage car le volume précédent nous a renseigné sur les capacités martiales d’Alpi… qui seront finalement bien peu utilisées et son caractère qui a muri après le récit de Sersella ne semble pas avoir évolué ici. Cette intrigue un peu simpliste a tout de même le mérite de nous parler des traditions de colportage (que Magus of the Librarian traite plus en profondeur). C’est bien maigre et la quasi-absence d’Esprit divin sur ce tome est fort surprenante quand on se rappelle de la structure assez géométrique des tomes jusqu’ici avec deux esprits à chaque fois. On reprends espoir avec la confirmation d’un groupe désirant la suppression de toute religion en se disant que ce quatrième opus n’était qu’une introduction à un grand arc plus solide…

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  • Egregor, le souffle de la foi #6 (Skwar-Jae Hwan/Meian) – 2021, 6 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur confiance.

egregor-6-meianComme attendu, ce tome marque une certaine pause en concluant les multiples combats entamés précédemment et en reprenant l’itinéraire des jeunes héros de cette saga foisonnante. On l’avait déjà constaté, Jay Skwar a une ambition très élevée pour sa série et a tendance à se noyer (et nous avec) dans une intrigue qu’il maintient toujours très cryptique et une ribambelle de personnages que l’on finit par avoir du mal à identifier malgré l’indispensable dramatis personae d’introduction d’album. De même pour une fort jolie carte (conçue par l’auteur d’Albator) pas assez détaillée pour nous assister dans la géographie d’Egregor. L’action continue installée depuis le début permettait de maintenir une accroche, malheureusement lors des pauses on souffre un peu à la lecture de dialogues parfois très « djeun’z » et qui manquent de relecture. Si les dessins restent tout à fait agréables à l’œil et assez lisibles avec des designs toujours réussis, ils ne suffisent pas à compenser une histoire qui peine à s’installer. Du coup on espère la prochaine scène d’action en attendant que les auteurs nous aident à nous attacher un peu à quelques personnages dans ce maelstrom permanent.

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  • L’île entre deux mondes #1 (Ishii/Pika) – 2021, 1/2 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pikacouv_421997 pour leur confiance.

Tatsumi revient sur son île natale pour enseigner dans le seul établissement scolaire d’Aoshima. Parti à quatre ans, il souhaite renouer avec un passé paradisiaque, en communion avec les éléments. Désormais adulte, il va vivre des expériences inexplicables le rapprochant d’un monde spirituel qui semble naturel aux habitants…

L’ile entre deux mondes est entre le feel-good album et le contemplatif onirique, de ces créations japonaises qui rappellent la richesse des traditions dans la culture et l’identité d’un peuple schizophrène toujours tiraillé entre une hypermodernité mortifère et un passé animiste proche de Gaïa. Sur des planches sublimes tant par les encrages subtiles que les blancs lumineux l’artiste Asuka Ishii (dotée d’une formation artistique solide et également peintre) s’insère dans une atmosphère proche des films de Naomi Kawase où la spontanéité des relations interpersonnelles tranche avec la rigueur sociale habituelle du Japon et où les ambiances, les odeurs, les sensations priment. Sa maîtrise graphique parvient à nous immerger dans ce paradis insulaire fait de langueur et de communion, elle nous fait ressentir la chaleur du soleil, le bruissement des feuils, toutes ces sensations universelles qui ressurgissent ici des pages du manga. Le héros (cultivé) est relativement passif dans ce premier tome où il semble soumis aux impulsions des autres personnages, sa jeune collègue et les deux élèves de sa classe tout comme aux manifestations (peut-être) surnaturelles de la nature. Les évènements étranges qu’il expérimente ne trouvent pas d’explication immédiate mais l’autrice nous maintient dans le récit par ses images qui évitent l’hermétisme que peut recouvrir ce genre de récit. Du coup on prend un grand plaisir à parcourir les plages de l’île, à ressentir le brouillard humide ou à s’immerger dans les flots d’une cascade…

Le découpage en deux volumes et l’attente d’une explication temporisent une note de 5/5 qui sera peut-être réévaluée à la conclusion du diptyque (prévue en juillet). On est très très proche du coup de cœur (parce qu’on est difficiles!).

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  • Tetsu & Doberman #1 (Ohno/Doki-Doki) – 2021, 1/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Doki-Doki pour leur confiance.

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Tsutomu Ohno est assurément un jeune mangaka à suivre! Avec sept manga à son actif et seulement Buchimaru Chaos paru en France avant cette nouvelle série courte en trois tomes, Doki-Doki tient une potentielle poule aux œufs d’or tant on sent un potentiel (graphiquement évident et à voir sur le plan narratif). Jamais engagé sur des séries longues, l’auteur nous propose avec ce premier volume une introduction résolument sympathique sur un pitch simple: un jeune orphelin se retrouve pris sous sa coupe par un homme-chien, légende des limiers d’une corporation de chasseurs associant un humain et un chien humanoïde. Qui dit shonen dit baston, pouvoirs spéciaux issus de l’interaction entre les deux éléments du duo et intrigue simple basée sur l’apprentissage, l’héritage familial et de méchants conspirationnistes. Ce qui marque dès les premières planches ce sont déjà les dessins très maîtrisés et dynamiques, mais également un humour proche de celui de Radiant et qui fait mouche sur une traduction très réussie. Le design général permet aussi de se projeter dans une intrigue qui ne fait ici que commencer, avec un méchant chasseur à peine aperçu mais qui intrigue fortement. Tête brûlée décidée à devenir un super-chasseur pour protéger son orphelinat de la destruction de méchants capitalistes, Tetsu est le héros type de shonen. Légère déception pour Doberman qui, s’il est graphiquement réussi, reste assez en retrait alors que je l’attendais comme un vrai héros légendaire. A la décharge de l’auteur, ce volume de moins de deux-cent pages avance à cent à l’heure, ne nous laissant pas le temps de s’ennuyer, avec le corollaire d’aller toujours un peu vite. On sent dans ce premier volume les mêmes qualités et défauts que dans le récent Demon Tune, avec un manga qui pourrait devenir excellent pour peu qu’il soit parti sur un format plus confortable. Après le très sympathique Ballade de Ran, Doki-Doki montre qu’avec une ambition limitée, Bamboo arrive également à trouver sa place dans le rayon fortement concurrentiel du manga.

A partir de 10 ans.

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Cautious Hero, #1- 2

Série en cours avec Tuchichi Light au scénario, Koyuki au dessin. Les deux premiers tomes paraissent en France le 09/09/2020 aux éditions Doki-Doki (même niveau de publication au japon).

bsic journalism Merci aux éditions Doki-Doki pour cette découverte.

Prudence est mère de sureté

Le domaine unifié des dieux s’est donné une mission, d’importance capitale: sauver autant de mondes que possible à travers le cosmos. Les joies de la bureaucratie étant ce qu’elles sont, les mondes en détresse sont classifiés, selon la difficulté rencontrée pour les sauver.

La déesse Ristarte, relativement jeune, n’a pas un tableau de chasse mirobolant à son actif. Et pourtant, elle va se voir confier le sauvetage de Geanburande, une mission labélisée D, le plus haut niveau de difficulté !

Pour l’aider dans sa mission, chaque divinité peut invoquer un héros, choisi au hasard parmi l’ensemble des mondes. Alors qu’elle browse les dossiers des potentiels candidats, Ristarte découvre le profil de Seiya Ryûgûin, dont les statistiques défient toute proportion. La jeune déesse en est persuadée, Seiya est un héros comme on n’en trouve qu’un sur des millions. Persuadée par cette aubaine, Ristarte invoque aussitôt le jeune homme.

Toutefois, elle s’est peut-être emballée un peu vite. Seiya a un potentiel sans limite, certes, mais il est si prudent que son attitude vire presque à la paranoïa. Questionnant tout ce que la déesse lui fait découvrir, il se révèle être moins un atout imparable qu’un formidable boulet pour l’impétueuse Ristarte. Quand les choses se gâteront sur Geanburande, Seiya sera-t-il à la hauteur de ses fantastiques talents ?

Le Magicien Dose (et ose)

Pour cette nouvelle entrée dans le genre Isekai, l’auteur est parti sur un postulat intéressant: Et si un héros pouvant tout, n’osait rien ? Bien souvent, les histoires de Fantasy classiques n’ont qu’un questionnement dramatique: le héros aura-t-il la force de triompher de son adversaire ? Ici, la réponse, en théorie du moins, est claire: oui, Seiya peut sauver Geanburande. La véritable interrogation est de savoir si son défaut, la prudence excessive, le lui permettra.

Durant les premiers chapitres, l’auteur joue avec ce paradigme autant qu’avec les nerfs de sa protagoniste Ristarte, qui désespère de voir son champion passer à l’action. Il est assez amusant de voir comment Seiya prépare et anticipe chaque combat, chaque situation, et de voir comment un être sensé s’engagerait dans une quête de cette ampleur.

Le souci qui se présente assez vite, c’est que ce qui est sensé être un défaut venant compenser un statut quasi-divin finit par s’effacer. J’entends par là que ce qui, dans nos attentes de lecteurs, devrait entraver Seiya dans sa mission et le forcer à changer, s’avère finalement être son grand atout puisque c’est justement cela qui le tire de mauvais pas éventuels. D’excessivement prudent, il en devient excessivement préparé, ce qui, en fait, lui donne l’avantage sur tous les antagonistes, dont on s’aperçoit de façon systématiques qu’il a anticipé tous les coups bas, prévoyant en conséquence.

Pour faire une comparaison avec les comics, c’est comme si on décidait finalement que la kryptonite ne tuait pas Superman, mais qu’elle ne lui allait tout simplement pas au teint.

Ce ressort dramatique manqué donne à Seiya des allures de Mary Sue, le distanciant ainsi du potentiel sympathie des lecteurs. Il n’en demeure pas moins que Cautious Hero est une série au démarrage dynamique, empruntant aux codes des univers Fantasy mais plus particulièrement aux RPG. On attend encore l’écueil qui forcera Seiya à prendre des risques, peut-être dans le tome 3 ?

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Sushi et Baggles #7

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Sun-Ken Rock #17-19

Couverture de Sun-Ken Rock -17- Tome 17Ces volumes concluent l’arc du combat entre la Sun-Ken team et le gang de Ban-Phuong. Dans le décors dantesque de l’immeuble en ruine rongé par les flammes d’un incendie, les deux chefs de clans s’affrontent dans un combat démentiel. Très peu de blagues dans cette séquence où Boichi peut faire parler sa virtuosité et régaler le lecteur sur ce pourquoi il lit ce manga. Comme depuis le début de la série, les combats sont entrecoupés de respirations sous la forme de dialogues assez plats sur la fraternité, l’identité de l’exilé Ban-Phuong, la vengeance etc. On a l’habitude, c’est un peu philo de comptoir mais dans la bouche de gangsters c’est relativement cohérent. Juste un peu trop redondant pour que l’on s’y intéresse, aussi on passe rapidement sur ces pages pour se régaler avec les planches de baston. Entre-temps Yumin s’est échappé et se retrouve à intervenir au cœur du combat avant l’intervention des forces spéciales du Clan du dragon blanc. Une ribambelle de jeunes filles en tenue très moulantes qui associées à l’amoureuse de Ken que les déboires ont placé en petite tenue, justifiant du fan-service habituel. Malgré toutes ces limites on est ici dans ce qui s’est fait de mieux depuis le début de la série et l’on approche de la fin. A noter que l’irruption des forces spéciales en mode grappin a clairement débouché sur la série dérivée Wall-Man, chroniquée sur l’Etagère et pour moi bien plus équilibrée que Sun-Ken Rock. Fin de la série dans un prochain billet manga.


Batman Metal #3

batman-metal-tome-3Attention, accident industriel! De mémoire de lecteur je n’ai jamais lu un tel effondrement sur une série en trois tomes. Parfois on a une disparition graphique en cours de route (Aquablue, Volunteer, …). Ici cela ne pose pas réellement de problème puisque l’on est dans un agencement d’épisodes d’un Event majeur de DC. Si Urban a généralement réussi plutôt bien à proposer aux lecteurs français une sélection d’épisodes centraux permettant de lire des Event sans se taper toutes les publications, ici cela a tenu deux volumes avant l’explosion en vol. Mes chroniques des tomes 1 et 2 étaient plutôt enthousiastes et laissaient la possibilité aux lecteurs non habitués à DC de lire les albums. Ici tout devient totalement incompréhensible mais pire, les quelques WTF vus dans les deux volumes précédents semblent devenir la norme. On se pince dix fois pour être sur qu’il ne s’agisse pas d’une liberté de traduction mais la correspondance de l’image ne laisse pas de doute: c’est du grand n’importe quoi! Je ne sais pas si les personnages débiles de cet album existent de longue date dans le catalogue DC mais les auteurs (et pourtant pas des moindres) semblent avoir mis un point d’honneur à ressortir tout ce qu’il y a de plus aberrant chez cet éditeur (entre Starro l’étoile de mer, le singe-Batman ou l’œuf de plastic-man…). Bref, j’arrête ici la mise à mort mais je dois avouer que la déception alliée à l’épuisement de cette lecture m’a vaguement dégoûté de tenter d’autres Event de chez DCHeroes in crisis me tentait bien. J’attendrais sagement les retours avant de me lancer.


Ninjak #3

Couv_306583Je continue ma lecture de Ninjak un peu dans le désordre (j’avais lu Shadowman intégrale et Rapture à sa sortie et commence juste à comprendre certaines choses). Une chose est certains, Valiant est monté d’un niveau graphique entre ses premières séries et les reboot récents. Ça reste très correcte mais disons que ce ne sont pas les dessins qui vous feront acheter l’album. Dans le troisième volume en forme de crossover Ninjak est envoyé avec Punk Mambo dans le monde des morts pour récupérer La Pie, la nouvelle forme de Shadowman (je ne spoil pas et vous envoie lire l’intégrale avant la nouvelle série à paraître en France en 2019). On a donc quelque chose proche de ce qui est proposé dans Rapture et qui se passe essentiellement de l’autre côté. Ninjak est toujours aussi invincible et un peu trop lisse par rapport à son inspiration (Batman) à mon goût. L’interaction avec la magicienne vaudou et les Loa est très sympa et les épisodes sont entrecoupés par la légende de la Pie. On oubliera la facilité à entrer chez les morts et à s’y promener  pour profiter de la grande réussite graphique du personnage du porteur de Loa. On est donc plus dans l’esprit de Shadowman et j’avais bien aimé cette série, du coup j’ai préféré ce troisième volume aux précédents même si je ne comprend pas pourquoi l’éditeur associe aussi fréquemment le seul héros sans pouvoirs à son personnage le plus magique, les deux univers ne collant pas selon moi. Si vous attendez des combats Ninja et de l’espionnage il faudra repasser.


Red Sonja: l’autre monde

Dans ce sympathique épisode de Red Sonja (l’alter ego de Conan, créée par Robert E. Howard et vue dans le film Kalidor avec Schwarzie), la guerrière vêtue d’un bikini en écailles de dragon se retrouve transportée à New-York à notre époque du fait d’un portail ouvert par le maléfique sorcier Kulan Gath.  Ce dernier a en effet pris l’identité d’un magnat capitaliste et envisage très naturellement de détruire le monde… Si le scénario, simple mais très bien tenu dans un second degré léger est assez anecdotique, la qualité première de cet album réside dans les dessins de Carlos Gomez, dessinateur argentin talentueux et rare. On est dans un style graphique de l’Ecole hispanique et perso j’adore! Red Sonja est montrée sous toutes les coutures avec sa tenue très aérée, sans que les dessins ne virent dans le vulgaire (la différence entre le fan-service made in USA et le japonais comme chez Boichi). Ça combat, la donzelle est aussi fine que Conan et les interactions anachroniques entre la bourrine amatrice de bibine et les personnages du XXI° siècle souvent drôles. La série est à suivre et le scénario de fantasy, bien qu’improbable, est suffisamment travaillé pour que l’on ait envie de poursuivre… pour peu que les dessins restent à la hauteur. Cet album m’a un peu fait penser aux albums de Frank Cho genre Shanna. Du coup je vais essayer de dénicher d’autres albums de Gomez, notamment sa série Dago, vraisemblablement introuvable. Si quelqu’un a un filon…

***·****·Manga

Manga en vrac #4

  • Radian #9

Résultat de recherche d'images pour "radiant 9 valente"La guerre fait rage en Cyfandir: la situation est plus désespérée que jamais, l’alliance entre les barons marchands et l’Inquisition ayant bloqué toute utilisation du Fantasia et donc toute protection aux chevaliers-sorciers. La défaite semble inexorable pour la reine Boadicée qui tente une charge désespérée contre les puissants Thaumaturges… ces derniers n’ont pourtant pas livré toute l’étendue de leur puissance. Ce volume est « l’Empire contre-attaque » de la série de Tony Valente! La convergence des forces de ce vaste et mystérieux univers magique donne lieu à une magnifique bataille épique au possible, faite de désespoir, de trahisons et de l’héroïsme forcené de set et ses alliés. L’originalité des pouvoirs est toujours aussi grande et on est immergé comme jamais (j’avais trouvé la première bataille de Rumble Town un peu brouillon) dans l’action avec mille interventions et rebondissements. L’équilibre entre action/histoire/Humour est toujours aussi réglé. Du très très bon manga!


  • Green blood #1-2:

Résultat de recherche d'images pour "green blood manga"Ce manga en cinq volumes propose de découvrir (un peu à la manière du Gangs of New-York de Scorsese) la préhistoire de la Grosse pomme: une ville boueuse où arrivent par bateaux des hordes d’immigrants crève la faim et prêts à tour pour survivre. Un sous-prolétariat qui va permettre l’essor d’un capitalisme débridé… Dans le manga, le « green blood » est le sang irlandais, basse couche de ce prolétariat, localisé aux Five points, quartier où règlent les gangs sur les bordels et toute l’activité économique. Le Grim Reaper est le tueur du gang des Grave Diggers. Il travaille la nuit pour récolter l’argent qui lui permettra d’échapper à cette misère avec son jeune frère. Cette double vie et les mensonges qui l’accompagne vont faciliter la tâche à ses adversaires… Ce manga a le grand mérite de nous proposer un propos assez politique sur une période mal connue. Dans les premiers volumes la couleur western est assez ténue pour prendre plus la forme d’un polar noire, très noir, ne serai-ce que par le graphisme qui semble sorti d’un film d’horreur, avec des rictus absolument atroces et une violence crue et sans détour.


  • Sun-Ken Rock #14-16:

Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock 16"Le combat contre le groupe de Ban-Phuong, téléguidé par le gang yakuzas du dragon blanc dirigé par le père de Yumin… commence. Réfugié dans une tour désaffectée (a l’aspect d’un donjon) le gang semble imbattable. A différents niveaux les membres de la sun-ken rock affrontent un adversaire doté d’une technique spécifique.

Comme lors du précédent combat majeur dans l’hôtel, le manga s’oriente vers un format jeu vidéo avec des niveaux et des boss dotés d’une technique particulière. Étant donnée le côté manichéen de l’intrigue ce que le lecteur attend c’est bien cette mise en scène optimale des combats dans un décors tragique et barbare de ruines urbaines. La série Sun-ken Rock a des hauts et des bas, mais depuis l’épisode 14 l’on sent que l’on rentre dans le dur, la couenne: l’affrontement final pour le leadership en Corée. Le graphisme se fait très sombre, les cases s’élargissent pour des combats furieux dans des décors décadents. Du coup on enchaîne les pages et les volumes sans temps mort et avec quelques retours de l’humour lourdingue mais sympathique de l’auteur. Enfin!

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Sun-ken Rock 8# – 11#

East and westUn premier article sur la série a été publié sur le blog. Un deuxième en mode étape de lecture pour les épisodes 3 à 7. Je viens de découvrir l’existence du sous genre Manga Ecchi, qui correspondrait à de la BD érotique chez nous (contrairement au Hentaï qui est porno). C’est vrai que quand on regarde les critères de ce genre on est pas loin. Ceci dit, dans Dragonball il y a des saignements de nez et des petites culottes… Si j’ai bien saisi ça reste de la BD avec une intrigue et un intérêt autre (ici la baston et les histoires d’État et de lutte de pouvoirs), le sexe n’est pas l’objectif premier du manga comme pour le Hentaï. Si je cherche une BD franco-belge dans ce style j’imagine qu’on serait entre Murena, les Borgia (Manara-Jodo) et Druuna (que du A…).Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock volume 8"

L’épisode 8 voit, après un intermède en mode « n’importe quoi », la fine équipe de Ken débarquer en Italie pour rendre visite au Parrain ami du père de Tae-Soo.  Ils rentrent en Corée avec Benito, un « étalon » membré comme un cheval que le Parrain dote d’une mission secrète. Comme vous le voyez, on reste dans le registre sexuel même s’il y a moins de nichons que sur d’autres tomes.

Le volume 9 voit Ken engagé comme chauffeur d’une star de la chanson. Il se retrouve quasi-esclave du manager et soumis à la tentation de la jolie Sun. L’auteur semble avoir voulu explorer le monde des fans et du star-système coréen. Pas franchement convaincu par cet arcRésultat de recherche d'images pour "sun-ken rock volume 8"

Dans le volume 10 un groupe de chanteuses est recruté et mis sous l’aile de Ken qui doit les protéger de l’appétit sexuels du manager et qui va être très tenté par les mœurs très très  libérées des donzelles…

Le volume 11 raccroche avec les thématiques précédentes: mélange de corruption, de traite des femmes et de baston mafieuse. On revient dans la ligne qui fait l’intérêt de Sun-Ken Rock. A noter que le trait évolue vers quelque chose de plus éthéré, noir, moins manga-déconne. Et plus esthétique que jamais!

Pas franchement intéressant, cet arc se déroule sur 4 volumes et est surtout un prétexte pour des séquences de nu en mode « huile et t-shirt mouillé » en laissant de côté les bastons et l’affrontement avec le Hakuryû-kai. On dira que ça dénonce vaguement la domination sexuelle masculine (c’est d’actualité)… Après cet écart, la série reprend vraiment à partir du tome 12…

****·East & West·Guide de lecture·Manga·Numérique

Sun-ken Rock 3# – 7#

East and west

Un premier article sur la série a été publié sur le blog.

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La poursuite de la série (et le plaisir de lecteur) m’a donnée envie de prolonger le billet au cours de l’avancée, sorte de billet d’étape.

Si les deux premiers volumes n’ont rien d’exceptionnel tant au niveau du scénario que du dessin (mais donnent le ton sur le côté pas sérieux, très sexy et tente-sixième degré de l’humour), le manga commence à devenir véritablement intéressant à partir du volume 3 où Ken et sa bande suivent un entraînement hardcore auprès de moines-soldats du mont Ji-ri. Dans le volume 4 ils mettent à profit leurs nouvelles capacités physiques et de combattants en éliminant un gang de Séoul et en devenant les protecteurs du quartier.

Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock"Le volume 5 marque un tournant tant graphique que scénaristique dans la série: Yumin explique qu’elle est la fille du premier chef Yakuza du Japon et l’on comprend aussitôt que cela sera le fil conducteur du reste du manga. C’est aussi l’occasion pour Boichi de s’envoler visuellement: des combats nocturnes, gunfights et katana, des gros plans et des pleines pages chorégraphiées… l’artiste se fait plaisir et nous fait plaisir! Résultat de recherche d'images pour "boichi sun-ken rock"La bascule est étonnante entre l’avant et l’après volume 5. A partir de là l’action ne s’arrête plus et on prend un vrai plaisir sur certaines cases ou pages. La maîtrise anatomique du coréen est impeccable et si ses visages empruntent légèrement à la tradition manga (des gros yeux) on sent une attraction sensible vers le réalisme avec une utilisation de traits hachurés qui cassent le côté industriel de l’impression manga et permettent un incroyable dynamisme sur les scènes d’action. La fureur marque beaucoup de dessins et cela pourra paraître trop à certains. Pourtant comme je l’avais dit dans le premier billet (mes premières impressions) on reste dans un genre codifié: le manga de baston mafieux, organisé sur le modèle du jeu vidéo avec niveaux (les chapitres du manga sont des « level ») et boss de fin. Tout est exagéré dans Sun-ken rock, des mafieux bourrins et graveleux aux filles se vautrant de tous leurs charmes aux pieds du héros.

Dans les volumes 6 et 7 s’engage une guerre pour la prise de l’Imperial Cacino afin de devenir le premier gang de Corée.

Résultat de recherche d'images pour "boichi sun-ken rock"Ce que j’apprécie notamment dans ce manga c’est sa radicalité et son absence de censure. Si beaucoup de manga et (tous) les comics de super-héros montrent les personnages (et les filles) dans des tenues hyper moulantes et suggestives mais « techniquement habillées », Boichi ne s’ennuie pas avec des cache-sexe: ses personnages sont hypertrophiés (hyper musculeux pour les garçons, hyper sexués pour les filles), beaucoup de scènes sont des excuses non voilées pour illustrer des scènes de cuisines ou des filles nues (étrange juxtaposition des deux mais c’est la réalité de ce manga). L’auteur semble un brin obsédé par la chose et très macho (attention, certaines scènes virent presque au Hentai… mais finalement pas plus que Manara), mais après tout c’est son manga et si l’image de la femme y est très chosifiée, celle de l’homme n’est pas franchement tendre: totalement poseurs, clichés mafioso et attitudes puériles systématiques, je ne suis pas sur que la gente masculine soit mieux traitée. L’envie graphique de Boichi est évidente et je crois qu’il ne faut pas se poser plus de questions que cela.

Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock"La série permet du reste de découvrir une partie de la vie quotidienne coréenne, beaucoup de recettes de cuisines (parfois insérées dans des situations improbables comme lors du combat de l’Imperial Hotel) et une réelle dénonciation de l’histoire politique et du système institutionnel coréen réputé pour sa forte corruption et qui fait justifier l’axe central de Sun-Ken Rock: dans un état corrompu, une organisation criminelle structurée est-elle plus nocive pour la société que l’État officiel?

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***·East & West·Guide de lecture·Manga·Rétro

Sun-ken Rock #1

East and west

Manga de Boichi
Doki-Doki (2008)
A partir de 15 ans

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Ken est un jeune japonais parti en Corée pour suivre la fille qu’il aime, engagée dans la police de Séoul. Se retrouvant à la tête d’un gang local, il va gravir les échelons entre ses idéaux de justice et le pragmatisme de la vie de criminel…

Boichi est l’un des prodiges du manga asiatique. Contrairement à son personnage, il est coréen et vit au Japon. Sun-Ken Rock est l’un de ses premiers manga; sur le plan graphique le premier volume ne sort pas de l’ordinaire de la masse des BD japonaises… ce qui changera rapidement dès les tomes suivants, jusqu’à fournir certaines planches absolument sublimes et un niveau moyen très au-dessus des standards. Boichi est précis, ses personnages sont caractérisés et son dessin impulse une énergie propre au média Manga mais qui sort ici vraiment du lot. La maîtrise des anatomies (hum…), des plans et cadrages délirants, font de cette série un must du manga d’action.

9_largeSur le plan de l’histoire, dans ce volume de démarrage on est vite dans le n’importe quoi, les scènes d’humour débile étant plus nombreuses que des scènes de combat improbables, assez rapidement menées et dotées d’un découpage parfois abrupte… Ce qui anime Boichi et ce manga ce sont la baston, les gags et les filles dénudées. Sun-Ken Rock n’est d’ailleurs pas à mettre entre toutes les mains car c’est assez cru et violent par moments. Les jeunes hommes sont des machines de combat et les filles de la chair fraîche à abuser ou à défendre: on est dans la psychologie et l’univers des mafia. On est néanmoins surpris de lire certains échanges assez intelligents (le débat sur le statut de l’Etat et celui du gang, la responsabilité de la Corée dans sa participation à la guerre du Vietnam) et qui entraîne des réflexions que l’on ne s’attend pas à trouver au milieu de ces planches délirantes.

gallery_474_10_220429Je ne m’étendrais pas sur un scénario assez dérisoire sur le premier volume et qui va se poursuivre dans une ascension du héros au sein des guerres de gang, scénario linéaire, simple, permettant les successions d’affrontements verbaux ou aux poings. On reste dans l’esprit de beaucoup de Mangas: humour décalé et combats.

Je découvre juste cet auteur et en parcourant les planches de ses différentes œuvres (qui commencent à être nombreuses) je retrouve une maestria que je n’ai jamais retrouvé depuis le chef d’œuvre de Masamune Shirow: Appleseed 4, notamment dans les scènes de combat. C’est brut, c’est cru, c’est violent, c’est précis. C’est le Manga comme je l’aime! sun-ken-rock-2346447Boichi a en outre le mérite de réaliser des séries assez courtes, ce qui permet de garder l’intensité nécessaire à ces histoires de rage et de fureur. Je lis peu de manga car j’ai du mal à trouver (un peu comme dans le comics) autre chose que de la grande consommation reproductible. Parfois pourtant je déniche des auteurs, comme Shin’ichi Sakamoto sur Ascension et en général c’est la baffe. Boichi et le manga c’est un peu comme quand on compare un comics de Jerôme Opena ou de Travis Charest au commun des BD US… on voit la différence! Dans la foulée je vais me lire sa dernière publi en France: Wallman, série sur un assassin en 3 volumes qui s’annonce dantesque.

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Un second billet d’étape de lecture se poursuit ici.