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Dceased: hope at world’s end

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Comic de Tom Taylor, Renato Guedes, Dustin Nguyen et collectif.
Urban (2021) 176p.

bsic journalismMerci aux éditions Urban pour cette découverte.

L’ouvrage présente les évènements précédents en ouverture, les personnages intervenant et une double page de planches encrées. Tout à fait minimaliste d’autant que la thématique Dceased a fortement inspiré les très talentueux artistes DC…

L’équation d’anti-vie est en train de se répandre à grande vitesse sur Terre et les héros de la Justice League sont démunis. En différents endroits les derniers survivants de l’Apocalypse utilisent leurs pouvoirs pour sauver ce qui peut l’être…

Avec le Harleen de Sejic, Dceased avait été la grosse claque comics de l’an dernier, montrant que malgré les nombreuses abominations que la Distinguée concurrence produit un petit pas de côté permet toujours des miracles. Las, afin de laisser le temps à l’équipe Taylor/Hairsine de réaliser la suite (annoncée pour septembre chez Urban) l’éditeur a lancé deux spin-off: l’un centré sur les méchants (Unkillable) et l’autre que voici, centré sur la JL ou plutôt la Young JL et autres personnages très secondaires du catalogue DC. Avec trois très bons dessinateurs en les personnes de Dustin Nguyen, Renato Guedes et Carmine Di Giandomenico (entre autres) on savait déjà que ce qui s’avère un bouche-trou tout à fait commercial serait graphiquement qualitatif (ce qui permet de maintenir deux Calvin sur cette chronique). Si Guedes propose des personnages un peu figés et perd le côté novateur qu’il avait dernièrement chez Valiant, les autres artistes font un bon job qui permet de ne pas s’ennuyer sur l’aspect purement récréatif.DCeased Hope At World's End #5, cover

Car en matière de surprise et d’intérêt, hormis comme introduction à l’univers des Young Justice que la marque aux deux lettres tente de lancer avec un joli matraquage on peux passer son chemin. Le principal intérêt de ces quelques séquences relativement dissociées est de découvrir des personnages peu connus et notamment les ouvertures politiquement correcte de DC vers la « diversité » avec des couples de héros homo. Pas sur que ce soit un argument de vente suffisant… En outre, comme toujours avec l’alternance des dessinateurs on perd la puissance graphique que la présence de Trevor Hairsine seul permettait sur Dceased. Aucune tension dramatique ici avec un ton volontairement « teen » adopté par Taylor qui assume le public cible. Etrange quand on regarde la couverture, dans la ligne des précédentes très belles réalisations de Francesco Mattina et qui tranche résolument avec les aventures de teen Batman, teen superman, teen WonderWoman, la famille Flash et Krypto le chien Kryptonien… Désolé d’enfoncer le clou, certains accrochent peut-être mais j’avoue qu’après Starro l’étoile de mer sur Batman Metal je coince un peu sur les délires les plus absurdes de DC. En matière de renouvellement on préfèrera le travail de Sean MurphyDCeased – Hope At World's End 002 (2020) | Read All Comics Online For Free

Au final ce qui devait être une rustine dans le calendrier DC reste une rustine et même si je n’ai pas lu Unkillable je gage qu’il vaut mieux choisir soit de lire tout le pack par soucis d’exhaustivité soit de faire l’impasse sur les deux spin-off et profiter de la réedition en intégrale d’Injustice pour profiter d’un vrai bon travail de Tom Taylor.

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Dceased

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Comic de Tom Taylor et Trévor Hairsine
Urban (2020) – (DC (2019), one-shot.

L’album est siglé au symbole de Darkseid (Omega), le grand méchant de l’univers DC. Un texte introductif explique la démarche créative de Tom Taylor et Trevor Hairsine. Chacun des six chapitres présente comme d’habitude la couverture original de l’issue et une grosse galerie de vingt-six cover alternatives !! est proposée en fin d’ouvrage. Édition très correcte donc avec une démarche particulière de DC puisque je ne suis pas certain qu’une précédente publication ait vu autant de cover variantes notamment sur l’édition classique qu’Urban propose en quatre versions (Batman, Joker, Wonder Woman et Superman). Une édition spéciale Angoulême a été tirée en quatre autres versions. Étrangement ces huit cover ne sont pas inclues dans la galerie finale.

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Darseid est parvenu à ses fins en résolvant l’équation d’anti-vie… qui se retrouve lâchée sur Terre et propagée via les réseaux informatiques. Coupés de leurs moyens de communication les héros tentent difficilement de contrer l’apocalypse qui menace…

MYSTERY COMICS: DCEASED #1, de Tom Taylor, Trevor Hairsine et ...Toujours méfiant à l’arrivée d’une nouvelle mini-série chez DC, les premiers échos de lecteurs étaient plutôt bons, et le fait que Trevor Hairsine (que j’ai découvert sur Divinity et d’autres titres Valiant) soit sur toute la partie graphique était plutôt bon signe. En commençant ma lecture je n’avais pas repéré que le titre était écrit par Tom Taylor, celui qui me bluffe à chaque épisode depuis que j’ai commencé Injustice! Avec un dessinateur venu du catalogue Valiant, bien moins formaté et plus « adulte » que le Big Two et l’auteur du comic de Super-héros le plus gonflé lu depuis longtemps, il n’est pas surprenant que Dceased soit une bonne claque qui rafraîchit (… si je puis dire en parlant de Zombies…) le genre et surtout l’ambition scénaristique.

Pour ceux qui ne connaissent pas Injustice, le concept est en gros de transposer le choc nécrologique d’un Game of Thrones sur la Justice League. Taylor reprend ce concept avec la propagation du virus à vitesse grand-V en tuant les uns après les autres un certain nombre de héros, sans aucune possibilité de savoir si les plus connus seront épargnés. A la différence de Injustice où la longueur nécessite de préserver certains héros et méchants, ici s’agissant d’un one-shot la liberté est totale. Et je dois dire que le morceau est sacrément gonflé si bien que jusqu’à la dernière page on se demande jusqu’où iront les auteurs…

MYSTERY COMICS: DCEASED #6, de Tom Taylor et Trevor Hairsine avec ...Reprenant les principes très codifiés des histoires de zombies (le rassemblement de survivants dans des îlots après que différentes tentatives aient échoué), Dceased est un peu plus qu’une récréation pour dessinateurs, le jeu de massacre sans lendemains que prévoyait le concept. En dynamitant certaines règles induites par le genre super-héroïque (en gros, on peut faire souffrir les héros mais tout doit être réversible), Taylor donne soudain une ambition nouvelle à son ouvrage… dont la fin vous laissera sonné. L’épisode intercalaire (qui n’est pas dessiné par Hairsine) rassemble un certain nombre de ce qu’il y a de plus foutraque chez DC mais cela permet de laisser un petit espoir… qui arrivera sans doute dans la suite annoncée.

La partie graphique est superbe, tant dans l’encrage, le dessin et les couleurs. L’anglais déjà très bon sur Divinity parvient à rester fidèle aux personnages DC  en donnant par son style une épaisseur aux dessins apocalyptiques. Et il était loin d’être évident de parvenir à ne pas tomber dans la monotonie de villes dévastées, de corps enragés et de sang à tous les étages. De la première à la dernière planche les dessins sont un régal.

Publié sous la forme d’une mini-série, Dceased se prolonge ainsi dès cet été avec le spin-off Unkillable centré sur les méchants. Aux Etats-Unis une véritable saga s’annonce puisque Hope at world’s End  (avec le dessinateur de Descender aux crayons) et la suite véritable du présent volume, Dead planet, ont commencé leurs publications (avec Hairsine toujours aux dessins). Le risque est grand de briser ainsi ce qui fait la force de cet album… gageons que Taylor ait suffisamment de liberté pour ne pas diluer déraisonnablement l’idée magnifique.

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