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Sushi & Baggles #33

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Excellente fournée Manga et Comics qui montre qu’il ne faut jamais désespérer de séries parfois mal embarquées et que les projets les plus improbables mènent parfois à de grandes choses…


  • Ex-Arm #11 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2020 série achevée en 14 volumes (Japon)

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badge numeriqueOn approche de la fin avec ce onzième tome où continue une action effrénée et un enchaînement de révélations. Je le répète, si cette série excellemment dessinée depuis le premier volume a un gros retard à l’allumage, dès le commencement de l’intrigue principale au tome 6 on se rapproche très fort du statut de digne successeur de Ghost in the ShellLa bataille finale a déjà commencé avec la disparition de la plupart des familles engagées dans le combat pour la possession de la dernière ex-arm. Confrontée à Alma, Minami se voit dans l’obligation d’assumer son rôle de flic, même si cela doit passer par l’élimination de son amie… Alors que l’arrivée de l’Ogre, ce cyborg à la puissance phénoménale est annoncée, la récupération d’Alma devient impérative pour éviter la destruction de tout le site. Seul Akira et sa puissance de Hacking peut pirater ce monstre via l’IA d’Alma. Alors que les Octopod déversent un déluge de feu qui menace de faire s’effondrer le stade, le propre frère de Minami s’apprête à révéler sa véritable puissance…

Quel plaisir de retrouver ce manga aux scènes d’action parfaites, d’une lisibilité, d’une élégance parfaites et aux thématiques enfin au niveau! Plus que trois tomes avant la conclusion… qui sera prolongée par une suite annoncée et un anime prévu pour cette année. Avec une durée très raisonnable il est vraiment temps de découvrir cette excellente série trop méconnue.

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  • Centaures #4 (Sumiyoshi/Glénat) – 2019, série finie en 4 volumes.

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Ce quatrième volume achève (déjà!!) une série qui se classe nettement dans le très haut panier des mangas publiés depuis pas mal d’années. Pour une première publication, ce double diptyque s’avère d’une maturité impressionnante tant par des dessins qui visent à rappeler l’estampe que par l’ambition du découpage et des thématiques utilisées. Pour rappel les deux premiers volumes narrent la résistance du colosse Matsukaze dans un monde qui persécute et mets en esclavage les centaures. L’auteur avait prévu d’achever son récit sur une note sombre au bout de deux volumes mais devant la qualité du récit un second cycle a été lancé qui s’achève avec cet opus. Après avoir découvert que la guerre était finie et qu’humains et centaures apprenaient désormais à vivre ensemble, le fils de Matsukaze dont le père a fait promettre de se battre jusqu’à la fin des persécutions, se retrouve démuni face à ce nouveau monde et la nécessité du pardon. Le dernier tome nous montre Gonta employé pour transporter des bois sur un chantier commun aux deux Centaures tome 4 - BDfugue.comespèces. Là il trouve un amour qu’il ne sait assumer… Elevé en guerrier, aux habitudes très éloignées de la civilisation humaine, de très nombreux questionnements se bousculent dans sa tête, l’empêchant d’envisager une vie paisible et amoureuse qui lui tend pourtant les bras. Le pardon pour les souffrances infligées par les humains, le renoncement au mode de vie ancien (faut-il porter le kimono, présenté comme civilisé par la nouvelle société ou continuer à se promener la croupe à l’air comme toujours?), l’oubli du père en abandonnant son combat, la liberté individuelle de Tanikaze contre la prédestination, sont autant de thématiques très riches abordées dans ce seul et dernier tome d’une série construite comme deux faces, un premier cycle très dur posant la résistance contre une espèce humaine impitoyable et un second beaucoup plus posé, renvoyant les personnages au passé. Imprévue et subtile, cette construction prends tout son sens dans une conclusion potentiellement ouverte et aussi réussie que l’ensemble de la série. Une série majeure assurément!

Et Glénat annonce déjà la parution du dernier manga (Ashidaka) de cet autrice très talentueuse!

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  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 1, 2° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2015

badge numeriquecouv_236040Je m’étais pris une grosse claque inattendue en janvier avec ma lecture de la première partie de l’année 1 de cette série. Fort heureusement à partir de l’année 2 de vraies couvertures de comics avec des dessinateurs plus classiques apparaissent et c’est tant mieux… Doté de dessins un peu moins réussis que précédemment, le scénario monte encore d’un cran dans cette fuite annoncée vers le totalitarisme d’un Superman qui a brisé ses chaînes morales. Si la première partie se structurait autour de la constitution de deux camps, la rupture est désormais rompue avec l’équipe du Chevalier noir quand l’Homme d’Acier commet son premier meurtre sur un super-héro… et pas le dernier! Tom Taylor réalise ici ce que personnellement je n’ai vu que dans Watchmen, une déconstruction totale des personnages iconiques, en supprimant tout le vernis éditorial d’autocensure posé jusqu’ici par la horde d’auteurs qui se sont succédé sans jamais oser passer à l’acte. Dans Red Son Superman abordait le rôle de méchant mais avec le soutien de son gouvernement, la dystopie créant une simple bascule d’Ouest en Est. Beaucoup plus ambitieuse la série dirigée par Taylor dit toutes les facettes psychanalytiques sombres des héros, Superman comme Batman, Wonder Woman comme Green Arrow. Tout cet habillage bien pensant auquel on n’a jamais cru, ces bourres-pifs menant les méchants en prison, bref, toute la règle posée par le Comic Code Authority et jamais vraiment démentie jusqu’ici est mise par terre pour nous proposer l’un des premiers récits adultes de super-héros chez DC.

Les seuls bémols que je mettrais sont l’irruption totalement WTF (et franchement mauvais goût) de Lobo, quelques dessins assez médiocres et quelques passages qui semblent rattachés à d’autres volumes et qui paraissent ici un peu perdus dans la trame scénaristique. Pour le reste Injustice est au bout de cette première « année » la meilleure chose que j’ai lu chez le Big Two depuis bien longtemps!

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Sushi & Baggles #26

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  • Tsugumi Project  #3 (Ippatu/Ki-oon) – 2019, 3 vol. parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

couv_381451Cette excellente série continue sur sa lancée avec des volumes assez différents et une pâte graphique dans un style crayonné rapide qui donne une dimension chaotique et terriblement esthétique à ce japon post-apo. Après les scènes d’action du précédent volume le rythme se repose un peu ici avec le retour du singe géant rencontré plus tôt et l’arrivée d’un nouveau personnage qui semble signifier la présence d’humains dans ce monde dévasté. L’album fait toujours la part belle aux paysages, pérégrinations muettes et échanges de vannes et de grimaces entre Léon et Doudou. Du coup ça se lit assez rapidement mais avec plaisir et toujours de nouvelles découvertes de créatures et personnages aux design géniaux. On sent que le projet prends sa source dans un univers graphique… ce qui peut laisser un peu de côté l’avancée de l’histoire. Entre recherches matérielles et infos progressives sur Tsugumi et la faune locale, l’intrigue est assez linéaire, mais Tsugumi project reste un très bon manga d’atmosphères montrant si besoin était la force du post-apo pour proposer des visions fascinantes.

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  • Ex-Arm #5 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2017

badge numeriquecouv_309944La troisième mission de la série commence très bien, juste après le redoutable Cliffhanger du précédent où toute la petite équipe se retrouvait prisonnière dans l’esprit d’Akira. Ce premier tiers de l’album permet d’installer une ambiance à la Inception, alors que l’équipe anti ex-arm tente de réveiller je jeune homme pour les libérer de la réalité virtuelle… ce qui permet bien entendu de provoquer quelques séquences sexy entre Akira et Minami. Je ne reviendrais pas sur les nombreux plans de petites culottes qui restent moins appuyés et vulgaires que dans Sun-ken Rock et ne dérangent pas outre mesure surtout quand on regarde la qualité graphique générale du manga qui flatte vraiment les yeux… Malheureusement une fois cette affaire résolue les auteurs nous lancent dans une dérisoire affaire impliquant une ex-arm, qui outre d’être très mal traduite avec coquilles en prime, n’est pas intéressante faute d’une narration suivie. On retombe dans les travers du début de série avec la très mauvaise habitude d’installer des coupes temporelles ou spatiales sauvages qui rendent le suivi compliqué. Comme l’intrigue ne brille pas par son originalité ni son ambition, ce cinquième volume apparaît comme un intermède bien dispensable. C’est dommage car la séquence VR promettait de bien belles choses et se paie le luxe de lancer quelques pistes qui, on l’espère seront reprises plus tard.

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  • Ex-Arm #6 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2017

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Ouf, le précédent volume n’était qu’un vague loupé entre deux et ce sixième tome installe enfin une histoire un peu plus sophistiquée en remettant l’aspect sexy aux seules tenues de l’androïde et surtout en proposant une intrigue simple mais efficace autour d’une vente aux enchères d’Ex-arms entre certaines des familles les plus puissantes du crime mondial. Les auteurs nous placent donc toute une ribambelle de personnages (très caricaturaux comme souvent en manga) dans le huis-clos d’un hôtel de luxe où nos héros vont se retrouver embarqués dans une partie de Blackjack fort sympathique en ce qu’elle permet de jouer sur les cadrages, de faire monter une tension de thriller un peu plus posée que ce l’action effrénée qu’on a eu jusqu’ici. On vire Mission impossible où Akira tente d’utiliser ses capacités pour deviner les statistiques qui permettront à Minami de l’emporter… Pour le côté graphique ça reste absolument royal, élégant et techniquement parfait. On a donc un début d’intrigue intéressant, faisant monter le niveau d’ambition dramatique, avec des méchants charismatiques, bref, un des meilleurs volumes jusqu’ici pour une série grand public qui reste vraiment sympa à suivre malgré quelques défauts.

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  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 1, 1° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2014

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badge numeriqueTrès grosse surprise que cette excellente lecture! Si vous suivez ce blog vous savez combien je suis sceptique sur l’univers DC et son traitement par les scénaristes, ne trouvant hormis dans les album Batman, que peu de choses à sauver. Avec ce projet issu d’une série de jeux vidéo et alimenté par une fournée de dessinateurs et une couverture de jaquette de jeu j’aurais du fuir… Le pitch m’ayant toutefois fortement éveillé j’ai tenté le coup, et pris mon pied comme jamais depuis Red Son, autre histoire de Superman. L’idée: Alors qu’il s’apprête à être papa l’Homme d’acier voit le Joker commettre l’irréparable. Il décide alors de rompre avec son non interventionnisme et d’imposer la paix mondiale en utilisant ses pouvoirs partout où des personnes malveillantes agissent. Très vite deux groupe se forment dans la Ligue de justice. Pour les soutiens de Superman la fin justifie les moyens. Autour du Chevalier noir d’autres restent attachés à une règle morale d’airain… On le voit, Red Son comme le film Dawn of justice apportaient déjà ce sujet passionnant du rôle des super-héros et de la seule morale comme limite à un pouvoir absolu. Si ce traitement est passionnant avec une radicalité qui montre Superman tuer (on n’est pas chez Disney) et devenir assez flippant, le rattachement de cette histoire à des thèmes d’actualité et un contexte réel de la guerre en Irak ou en Syrie, des dictateurs africains ou de la péninsule arabique font poindre l’étincelle qui sort immédiatement cet album du lot des histoires de super-héros. Outre des dessins vraiment de très bon niveau avec une grande harmonie entre les différents dessinateurs, les dialogues sont bien menés, avec un rôle comique d’Harley Quinn très réussi. Je n’attendais plus depuis longtemps d’histoire adulte de super-héros avec de vrais enjeux qui rangent les délires cosmiques liés à Darkseid, aux boites mères et aux inter-mondes dans un placard. C’est une histoire politique avec des super-héros. Ce qui a passionné la planète dans le MCU revient ici chez DC et crée une grosse envie. Tout simplement excellent.

La série est découpée en cinq années de deux tomes (soit onze tomes), une suite intitulée Ground zero et une autre, Injustice 2, en cours de publication chez Urban.

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Sushi & Baggles #25

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  • Ex-Arm #3 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2016

couv_293965badge numeriqueL’équipe anti ex-arm enquête sur des assassinats en maison close particulièrement sanglants: l’assassin semble utiliser un laser de découpe qui rappelle des pratiques utilisées il y a quelques années dans une dictature d’Asie…

Pour ce début de seconde mission, les auteurs confirment la référence majeure Appleseed/Ghost in the Shell et corrigent un peu les quelques problèmes scénaristiques liés à des coupures temporelles trop brutales qui complexifiaient pour rien l’histoire. On se recentre se quelques protagonistes dont un méchant très charismatique et des technologies visuellement très réussies. Autres confirmations, Ex-arm est l’un des plus beaux mangas de ces dernières années et cet arc accentue (ponctuellement je pense) le côté Ecchi avec une première partie en total fan-service où Akira prends le contrôle de l’androïde Alma pour entrer sous couverture dans la maison close où les emmène leur enquête. S’ensuivent des scènes très explicites où le jeune homme découvre le plaisir féminin. C’est visuellement très beau, sans trop d’insistance et on repasse rapidement à l’action. Le lecteur sait dans quel manga il se trouve et personnellement j’ai trouvé que si ces quelques séquences ne servent en rien l’intrigue elles sont toujours moins aberrantes que dans un autre Ecchi, Sun-ken rock. Manga sans prétention, Ex-arm continue de remplir son cahier des charges avec brio avec une histoire plutôt supérieure à la première. J’espère que la suite développera les intrigues sur plus de volumes afin de laisser le temps à une narration de s’installer entre les séquences de combat super classes…

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  • Ex-Arm #4 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2017

couv_297350badge numeriqueExcellente nouvelle, ce quatrième volume montre que la série, après un démarrage gentil, monte en puissance et choisir de complexifier les intrigues dans la thématique cyberpunk (l’humain, la machine, le corps). Ces thématiques sont passionnantes et si pour l’heure cette seconde moitié d’enquête qui clôt (toujours un peu brutalement) l’affaire des têtes disparues reste principalement orientée action, la fin nous lance sur une piste qui peut s’avérer géniale pour la suite. Dans ce tome qui enchaîne directement l’action du précédent on voit Akira « occuper » un prototype d’androïde militaire pour combattre son puissant adversaire, alors que l’armée américaine s’apprête à envoyer une bombe « thermobarique » (oui, Ex-Arm joue aussi le côté technique avec des notes sur les organisations et équipements militaires utilisés) qui détruira toute la zone où se trouvent les héros… Le personnage d’Akira prends clairement le dessus sur les autres protagonistes de l’équipe anti ex-arm avec de superbes séquences de baston et un scénario qui propose de belles énigmes. Si la suite reste à ce niveau, Ex-arm pourrait bien entrer dans le petit cercle de mes manga préférés!

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  • Dragon ball Super #9 (Toyotaro/Toriyama/Glénat) – 2019

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Comme le titre ce volume, le combat des univers s’achève de façon tout à fait inattendue en nous réveillant un peu après des multiples combats. On se retrouve donc en conclusion totale en milieu de tome, avec un intermède nous expliquant (comme quelques épisodes avant) les suites qui ont lieu dans les films et animé, notamment l’histoire de Broly. Cela nous rappelle le caractère hybride de ce manga qui n’est ni une transposition des dessins-animés ni tout à fait original mais très lié à eux comme une sorte de hors-champ. Personnellement cela ne me dérange pas car Toriyama continue à œuvrer de façon très pro avec son apprenti. J’avoue que je suis content de voir débuter un nouvel arc avec le retour de la Patrouille galactique qui va enrôler Goku et Vegeta (désormais inséparables) dans de nouvelles aventures, sur le ton d’humour décalé que l’on aime tant. DB parvient donc toujours à allier ses deux axes, l’aventure parodique et le combat titanesque. Comme le second atteint ses limites on apprécie les délires galactiques à l’humour si particulier. Un bon tome de transition.

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  • L’enfant et le maudit #1 (Nagabe/Komiku) – 2017, série en cours, 6 vol. parus.

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mediathequeÉtonnante fable découverte en médiathèque, cet Enfant et le maudit nous présente dans ce premier tome une petite fille dont s’occupe un monstre, dans une masure isolée en forêt. Assez contemplatif et très réussi visuellement avec un dessin tout en délicatesse malgré le travail de contraste entre les ombres et les lumières, ce volume d’entrée en matière se lit agréablement, sans se presser, avec l’introduction progressive de la thématique de l’exclusion et de la xénophobie, celle des soldats de l’Intérieur partis en chasse de tout ce qui est suspecté d’être de l’Extérieur et donc Maudit. Car quiconque est touché par un maudit le devient à son tour… L’on apprend donc très peu de choses, mais l’essentiel, à savoir l’atmosphère teintée d’enfance et de mystère vaguement inquiétant, celui du noir dans la chambre. C’est la vision de l’enfant à qui on cache la réalité du monde pour la protéger qui est présentée, en naïveté et en beauté de celle qui ne sachant pas encore la différence, trouve tout naturel de côtoyer ce monstre à l’apparence bestiale. Alliant une poésie raffinée et des thématiques très actuelles et hautement politiques, ce surprenant manga donne très envie de connaître la suite. Pas encore manga fleuve mais avec déjà six volumes parus, j’espère simplement que l’auteur saura donner la brièveté nécessaire à cette histoire simple très bien réalisée.

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Sushi & Baggles #23

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Exceptionnellement pas de comics sous la main du coup une spéciale manga (une fois n’est pas coutume…):

  • Magical girl Holy shit! #1 (Souryu/Akata) – 2018, série en cours (7 vol Jap/6 vol fr).

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couv_338211L’ami Xander, blogueur-testeur qui se rapproche dangereusement de l’exhaustivité en matière de publication de manga avait conseillé cette série de la bien nommée collection WTF (What the fuck!) chez Akata, collection sur laquelle j’avais déjà testé Saltiness. Le pitch en mode très décalé m’a plu et je n’ai pas été déçu par ma lecture. On a donc une entrée en matière très rapide avec une sorte d’ange en forme de pokémon qui jette son dévolu sur une jeune fille semblant correspondre aux critères des Magical Girls… et s’avère être une fille complètement barrée qui fume comme un pompier et adepte des bourre-pif pour résoudre tous les problèmes. Dans ce premier volume on a droit à bien quatre-cinq démons qui se font immédiatement latter sans que l’auteur ne se préoccupe trop de mettre en place un scénario. On nous présente les bribes de background de la fille et on rencontre les autres anges qui expliquent à leur congénère que tous les démons convergent vers la Terre attirés par l’énergie négative de la nouvelle magical girl. C’est plutôt bien dessiné, ça bastonne à mort à coups de « putain de sa race » et de nuages de clopes. L’héroïne est timbrée et tire une tronche super flippante chaque fois qu’elle combat… bref, le contrat est totalement rempli sur ce volume qui se moque allègrement des codes des mangas de jeunes filles jusque dans les vues de petites culottes qui sont ici loin du Ecchi mais plutôt ironiques. A voir si ça tient la route sur plusieurs volumes. Personnellement je vais continuer un peu car la bonne déconne il n’y en a pas tant que ça!

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  • Ex-Arm #2 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2016.

Série finie en 14 volumes (10 vol. parus en France)

badge numeriquecouv_286695Le billet sur le premier volume est lisible ici.

Ce volume clôture l’affaire des bombes humaines (en deux tomes donc) et souffre des mêmes problèmes de découpage trop rapide qui oublie totalement les ellipses. Dommage car graphiquement ça dépote toujours autant avec des trames très fines, un dessin vraiment élégant et un super-design. L’intrigue reste minimaliste et les enquêtes se résolvent en deux coups de cuillère à pot. Mais franchement, pour une série très grand public, c’est le grand luxe, on en prend plein les mirettes, les personnages sont sympathiques (bien que très basiques) et l’ambiance techno très bien rendue. C’est formaté à mort mais un peu comme un bon Marvel, quand c’est réussi, pourquoi bouder son plaisir? Moi je continue!

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****·Cinéma·Manga·Nouveau !

Visionnage: Alita, Battle angel

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Comme beaucoup j’étais très sceptique à la sortie de cette adaptation du célèbre manga Gunm (l’un des premiers sortis en France par Glénat dans les années 1990, à l’époque d’Akira, Appleseed et autres Dragonball) tant, de mémoire, aucune adaptation live de manga n’a jamais été faite suffisamment sérieusement pour mériter un visionnage. Les noms de Robert Rodriguez et de James Cameron à la production ne suffisaient pas pour justifier une adaptation réussie et le débat sur les yeux surdimensionnésyeux surdimensionnés de l’héroïne à la sortie n’ont pas aidé à donner plus envie que cela.

Résultat de recherche d'images pour "alita battle angel movie concept art"Pour rappel, le manga Gunm (intitulé Alita, Battle Angel aux Etats-Unis) se déroule sur trois séries: Gunm, Last Order et Mars Chronicles. Le film de Rodriguez, en développant assez largement le background (bien plus que le premier manga il me semble) semble vouloir s’orienter vers une saga reprenant l’univers global de la BD et c’est la première bonne nouvelle. Le manga d’origine proposait une version très trash de Rollerball en mode cyberpunk avec des cyborg dans un univers où la limite entre robot et humain est bien faible et où toute morale organique a disparu. L’ambiance glaçante du manga se retrouve étonnamment dans ce film grand public où les deux auteurs (réalisateur et producteur) ont recherché une grande fidélité avec le matériau d’origine en aucunement une transposition dans des codes susceptibles de plaire au public nord-américain.Image associée C’est la second réussite du film. Si l’on reste sur l’intrigue du premier arc avec ce tronc semi-humain reconstruit par le professeur Edo, génie de la robotique et déchu de la cité haute de Zalem, et qui devient la plus redoutable des chasseuse de prime et joueuse de Motorball. La quantité de sujets issus plus ou moins directement du manga est impressionnante pour un film d’action et la gestion du rythme est à ce titre assez impressionnante, en parvenant sans ennui, sans ventre mou, à lier l’ensemble, sans frustration et avec une grosse envie de découvrir plus. La troisième réussite du film est de dépasser visuellement le manga (je n’ai personnellement jamais accroché avec le style du mangaka) avec un univers, certes tout à fait numérique, cohérent, un jeu des acteurs convaincants et une tension dramatique qui n’a pas l’artificialité de beaucoup de films à images de synthèses. Pour un métrage porté par une actrice numérique c’est un sacré succès et une nouvelle preuve que WETA est la meilleure compagne d’effets spéciaux du monde.

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Le box-office a très logiquement abouti à un semi échec directement issu de cette ambition artistique: les américains ont boudé le film, le reste du monde s’est laissé tenter. Les journalistes cinéma envisagent difficilement une suite facilement négociée avec les studios mais plutôt une possibilité selon les envies de James Cameron (qui porte le projet depuis de très nombreuses années) après le pactole que ne manqueront pas de rapporter les suites d’Avatar. On ne peut donc qu’attendre avec frustration tant personne n’attendait rien de ce projet et tant ce film a montré qu’avec de la passion et un respect créatif (contrairement à la citation qu’a été le Ghost in the shell de Rupert Sanders) une adaptation de manga est possible. Sachant qu’un certain Akira est en production…

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Sushi & Baggles #22

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Exceptionnellement pas de comics sous la main du coup une spéciale manga (une fois n’est pas coutume…):

  • The promised neverland #1 (Shirai/Demisu/Kazé) – 2018, 15 vol parus (10 vol en France)

9782820332233-475x500-1mediathequeThe promised Neverland est l’un des phénomènes manga de l’année 2018 et remporte des prix au Japon depuis sa sortie en 2016. Il y a donc deux ans de décalage avec l’édition française, au rythme de cinq albums par an, que l’éditeur Kazé suit. Une série animée a commencé à être diffusée et un film live est prévu l’an prochain (… comme pour à peu près tous les mangas qui marchent bien du reste). La couverture très réussie et le titre (faisant référence au Pays perdu de Peter Pan), sont un peu trompeurs puisque la série prends plutôt comme référence les histoires d’évasion et la série Prison Break à laquelle elle m’a immédiatement fait penser. Le lecteur est en effet très surpris de découvrir le pot aux roses dès le premier chapitre: le merveilleux orphelinat plein d’amour est en fait un élevage de bétail pour des démons vivant au dehors… Objectif évasion pour trois jeunes pensionnaires qui vont passer ce premier tome à réfléchir aux risques, pièges tendus par leur « maman », les raisons de ceci ou de cela. La structure du récit faisant une grande place à l’illustratif pendant les analyses des enfants ne permet pas un grand dynamisme, l’action proprement dite étant réduite à la portion congrue. Si l’on s’adresse à un public jeunesse la seule personnalité des enfants et les discussions en mode « club des cinq » peuvent soulever l’enthousiasme. Pour des ado ou des adultes ça fait un peu court. En outre sur ce premier tome les dessins (assez petits) n’ont rien d’extraordinaires. Bilan mitigé donc pour ce premier volume au regard d’autres séries contemporaines comme Docteur Stone on Dragon ball Super. Je continuerais probablement quelques tomes pour voir mais pour l’instant pas de grand enthousiasme.

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  • Zetman #3 (Katsura/Tonkam) – 2005, série finie en 20 vol. 12 chapitres par volume.

badge numeriquezetman03Bon, je vous rassure (un peu), ce troisième volume reprends les qualités du premier en gardant ses défauts: l’histoire avance à petits pas, avec beaucoup de mystères, de gros éclats fantastiques marquants qui montrent la qualité du dessin de Katsura mais on alterne souvent entre plusieurs personnages, plusieurs moments et plusieurs intrigues que l’on devine devoir se rejoindre progressivement. Ça peut lasser à la longue si ça reste trop séparé entre les histoires du frère et de la sœur de la riche famille d’industriel et l’intrigue principale de Zet et se ses mystérieux pouvoirs. La dureté visuelle et thématique sont étonnantes et bienvenues. Bref, on sent à la lecture que la structure de l’histoire se construit progressivement et ça peut donner quelque chose d’assez bon. A noter le côté rigolo d’une époque pas si lointaine où les téléphones portables n’étaient pas des ordinateurs miniatures et les mails avaient la forme de SMS…

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  • Ex-Arm #1 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2016.

Série finie en 14 volumes (10 vol. parus en France)

couv_281534badge numeriqueEx-Arm est une série SF, voir Cyberpunk que l’on peut classer dans le registre Ecchi soft. L’inspiration évidente est Ghost in the Shell du grand Masamune Shirow, dont le concept même est repris à l’envers: ici un jeune adolescent dont le cerveau est sauvé et qui se réveille quinze ans plus tard dans cette coquille (shell)… On laisse ici de côté toutes les réflexions philosophiques voir ésotériques de Shirow pour donner un grand spectacle SF sexy, action et techno avec une fliquette mignonne, une copine androïde super forte et peu pudique et un cerveau expert en hacking de tout type. De ce que j’en ai vu on retrouve un peu du Origine de Boichi, avec un dessin plus classique mais franchement dans le haut du panier. Le dessinateur abuse bien entendu de contre-Résultat de recherche d'images pour "ex-arm tome 1 komi"plongées, de vues sur les culottes et de prétextes à dénuder les poitrines des demoiselles… ça s’adresse à un public ado japonais et c’est un peu le passage obligé. Mais ici rien de vulgaire, pas beaucoup plus coquin que pas mal de BD franco-belges, c’est bien dessiné, très rythmé et on ne s’embarrasse pas (pour une fois!) d’intrigues et de tirades interminables. Pour ce premier tome Ex-Arm est très efficace et perturbe un peu par sa construction avec des sauts temporels brefs qui créent une complexité totalement artificielle. On sent que la lecture de la préquelle one-shot Ex-Vita serait un plus permettant de connaître les deux héroïnes mais rien d’indispensable non plus. Personnellement cela fait longtemps que j’attends quelque chose de la trempe des mangas de Shirow et cette introduction à tout de l’héritière décomplexée, jolie à regarder, bourrée d’action et de thématiques typiques du Cyberpunk. Série à suivre.

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***·BD·La trouvaille du vendredi·Rétro

YIU

La trouvaille+joaquim
BD Téhy, J.M.Vee, Renéaume et Guenet
Soleil (1999-2009), série finie en 7 volumes de 70 pages.

couv_99935YIU est un projet totalement atypique, à commencer par son titre unprononçable! Sorti il y a vingt ans chez l’éphémère éditeur Le téméraire, le projet très ambitieux prévoyait neuf tomes, avec les couvertures des trois premiers déjà réalisées (les deux premières ont été conservées, la troisième, remaniée en moins sexy, habille désormais le tome 4 de l’édition Soleil). Atypique de par sa longueur, sa pagination importante et surtout par le temps pris pour raconter les dernières heures du monde, l’Apocalypse du point de vue d’une assassin envoyée détruire la Bête afin de sauver son petit frère malade…

Le premier tome que j’avais acheté à l’époque m’avais subjugué par son découpage novateur me rappelant les dizaines de pages de cataclysme d’Akira… La place que seul les manga se permettent d’occuper, mais en grand format franco-belge! L’habillage du volume et le background général très poussé laissaient envisager une chronique dantesque et marquante. Lorsque l’éditeur a fermé, il a fallu attendre deux ans avant que le projet ne renaisse chez Soleil, réduit à sept tomes et une augmentation de pagination qui fait que le premier volume Soleil prolonge de Résultat de recherche d'images pour "yiu guenet"plusieurs pages le tome original. Entre temps les auteurs avaient développé un superbe site web (à l’époque des Modems, les très nombreux dessins préparatoires étaient fascinants et … longs à s’afficher!). Bref, un gros projet très construit et extrêmement ambitieux.

Malheureusement l’excellent dessinateur Jérôme Renéaume (depuis devenu game-designer) qui avait réalisé les deux premiers tomes a quitté le projet et laissé la place à Nicolas Guenet, très bon peintre-coloriste mais moins subtile dans son trait et un peu caricatural dans ses personnages bodybuildés et glabres à la mode Corben. Non que cet univers soit très subtile en effet, mais liée au changement de dessinateur, la continuation de l’histoire a pris la forme d’un combat un peu orgiaque visuellement bien que très beau et dantesque (on aime ou on n’aime pas mais la démesure de tout ce qui sort de ces pages fascine). On retrouve un peu de la surenchère d’un Olivier Ledroit sur Requiem dans YIU, et la BD de Soleil s’avère finalement moins malsaine que les chroniques du chevalier-vampire avec le recul…

Résultat de recherche d'images pour "yiu guenet"Le projet jouit d’un background vraiment touffu et d’un travail préparatoire extrêmement important. Malgré les doubles pages finales de chaque album qui détaillent plus à fond certains personnages ou structure de cet univers décadent on sent l’envie des auteurs d’exploiter un maximum de leur matière, au risque de la surabondance. Car les pages de YIU sont chargées, très chargées. Mais le découpage résolument généreux avec ses doubles pages et ses cases successives très cinématographiques en zoom-dézoom qui illustrent l’action permettent d’orienter une lecture  qui en met plein les yeux. YIU doit se lire d’une traite. D’abord car l’action se déroule en quelques heures seulement, mais surtout car cette BD est très cohérence dans le pourquoi de cette profusion. Même si c’est un peu fatiguant à la longue, cela nous fait ressentir l’urgence, l’orgie de violence inouïe qui est déployée contre la Bête et plus globalement le désespoir de ce monde en déliquescence.

Résultat de recherche d'images pour "yiu reneaume"Le design est extrême, pas loin du cyberpunk dans les éléments techno, influencé par Hellraiser et le monde d’Elric sur l’aspect religieux extrémiste avec force scarifications, piercing et contorsions des corps. Tous ça est gros, trash, comme ces flingues à 25 canons plus gros que leurs porteurs, mais tout cela illustre l’idée d’un aboutissement extrême du pire de l’histoire humaine. Ces aspects sont renforcés par les tics de Nicolas Guenet qui se trouvent digérés par l’atmosphère générale. Tout ceci vise à nous montrer qu’il n’y a rien à sauver de ce monde dont la destinée apocalyptique est finalement peut-être souhaitable. Sauf que…

L’équilibre est trouvé dans ces quelques moments de calme (aux couleurs plus bleutées quand les nombreuses séquences d’action sont dans les rouges) qui nous permettent de nous reposer les yeux et de faire respirer l’intrigue. Notamment les moments autour de Ji-A, le petit frère au corps aussi perdu que le monde dans lequel il grandit, soupçon d’innocence pour lequel YIU va tout donner. Vraiment touchant.

Les auteurs ne nous expliquent finalement pas grand chose du pourquoi de l’arrivée de la Bête. Le scénario, simple, est une fuite effrénée de violence. C’est finalement l’étrange agencement d’un monde très fouillé (que vous aurez sans doute envie de découvrir plus à fond dans la série dérivée Premières missions) avec une mise en scène cinématographique extrêmement visuelle qui donne corps à ce récit des dernières heures du monde. Épuisant comme un morceau de Métal, mais une BD que je vous recommande chaudement, pour la qualité du travail accompli, sa cohérence dans le temps et son originalité indéniable.

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