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Space battle lunchtime #2

Rufus Stewart

Cette nouvelle rubrique vise à présenter un album jeunesse  en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Comic jeunesse de Natalie Riess
Kinaye (2019) – Oni press (2016), 120 p. couleur, volume 2/2

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour cette découverte.

Space Battle Lunchtime - Tome 2 : La recette du désastre par RiessL’ouvrage comporte quatre chapitres et quinze pages de bonus,avec des strips humoristiques, la reprise du concept du « et si… », une recette des cupcakes de Péony, des croquis, des esquisses des couvertures, une explication de la mise en couleur… très complet encore une fois pour plonger les jeunes dans la fabrication d’un album. et un dossier de fabrication qui intéressera les jeunes sur la conception d’un album. Côté fabrication, même couverture brochée avec rabats et vernis sélectif que sur le T1. Très belle édition colorée en format comics.

Péony a été enlevée et se retrouve sur le point de participer au terrible Cannibal Coliseum, le concurrent du Space Battle Lunchtime version combat à mort! Alors que ses amis se demandent pourquoi elle a renoncé à la finale de SBL, l’étrange Neptunia décide de partir à sa recherche…

Salut Talia! On arrive à la conclusion de cette histoire de cuisine spatiale. Tu avais fait des pronostics sur le tome 1, est-ce que ça s’est vérifié?

Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime 2"Non! On a cru qu’elle ne pourrait pas participer à la finale. Mais elle est délivrée au dernier moment (mais la finale ne sera pas celle que l’on croit…)!

Les deux volumes me semblent très différents, le premier axé sur une compétition de cuisine, le second plus en bataille à mort dans le Coliseum. Qu’en penses-tu?

Dans le Coliseum soit tu es hachée menu soit tu hache menu! Moi je préfère le SBL par-ce qu’ils y font la cuisine et qu’on voit des ingrédients étranges. Mais la p’tite Magicorne est trop drôle avec son petit tablier, toute rose et son air gentil alors qu’elle veut découper tout le monde avec sa spatule.

Que peux-tu dire de l’évolution de la relation entre Péony et Neptunia?

Au début elles sont juste amies mais dans le deuxième tome elles sont amoureuses (homo-sexuelles) et s’embrassent.

Il y a beaucoup d’action dans ce volume, où on voit les capacités de Neptunia…

Je pense pas plus que dans le premier: on voit Péony et Neptunia travailler dans leur cuisine avec ces ingrédients bizarres, dans le tome deux quand elle va sauver Péony seule et défonce tout sur son passage!

La fin est inattendue, non?

Non, pas vraiment, je pense que Melonhead a tout manigancé depuis le début. Il est démoniaque! Il est assez faible mais très malin…


Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime 2"Voilà pour le retour de la choupette… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Ce second volume est très différent, beaucoup plus action que le premier et je l’ai trouvé plus intéressant pour quelqu’un de pas super passionné par les émissions de cuisine. L’histoire se découpe en deux parties: la participation au Cannibal Coliseum avec la très drôle P’tite Magicorne (imaginez un Petit Poney aux yeux étoilés et… psychopathe!) et le retour surprise pour la finale du SBL où tout va aller de travers. La fuite de Péony est un peu en mode n’importe quoi (on retrouve l’esprit de Volcano Trash à ce moment) mais l’action défile et reste efficace. L’auteure arrive à nous surprendre à de nombreuses reprises et c’est ce qui rend ce volume supérieur au précédent. Si le méchant est repérable depuis le début et qu’on se doute qu’il est derrière l’enlèvement de Péony, ses actions sont toujours subtilement machiavéliques et manipulatrices? Du coup on ne peut se douter du déroulement de la finale (dans une sorte de moule géant et en apesanteur) et encore moins du vainqueur. Deux éléments sont également surprenants et bien vus dans un album jeunesse: un certain côté gore très drôle pendant le Cannibal Coliseum et l’histoire d’amour homosexuelle entre Péony et Neptunia. Souvent ce genre de thème est évoqué sous le couvert de la grande amitié. Ici un bisou langoureux ne laisse pas de doute. J’aime bien que l’on aborde des sujets très contemporains sans sourciller dans des ouvrages pour les enfants, qui sont généralement plus ouverts à la différence et l’inconnu que les grands. Ce n’est absolument pas un thème central mais un élément des relations entre personnages avec une approche tout à fait normale.

Ce diptyque se termine de manière très sympa

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Space battle lunchtime #1

Rufus Stewart

Nouvelle rubrique sur le blog avec l’envie de parler d’albums destinés à la jeunesse et surtout d’en parler avec des kids, à savoir mes enfants! La rubrique sera en work in progress au début pour trouver la bonne formule (je ne suis pas encore esclavagiste et comme le blog ne rapporte rien je n’oblige pas mes enfants à rédiger des billets…). L’idée étant de donner à la fois mon avis d’adulte et l’avis d’un lecteur jeune je vais commencer par un format question réponse. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Comic jeunesse de Natalie Riess
Kinaye (2019) – Oni press (2016), 120 p. couleur, volume 1/2

Space-battle lunchtime a été lu dans le cadre d’un Mass critique spécial de Résultat de recherche d'images pour "babelio"et je les remercie de cet envoi. Vous trouverez ce billet sur le site de Babélio ici.

couv_360367L’ouvrage comporte quatre chapitres et dix pages de bonus, dont un descriptif des personnages et un dossier de fabrication qui intéressera les jeunes sur la conception d’un album. Couverture brochée avec rabats et vernis sélectif. Très belle édition colorée en format comics.

Péony tient une pâtisserie sur Terre. Un jour elle voit débarquer une étrange grenouille humanoïde qui lui propose de participer à un concours de cuisine… Mais pas n’importe lequel: devenir la meilleure chef au Space battle Lunchtime, le plus populaire des show de cuisine télévisés de la galaxie! Transportée instantanément sur une station spatiale elle va vite constater que les rivalités entre les extra-terrestres participants va transformer ce concours en une course d’obstacles…

Salut Talia, tu viens de lire Space Battle Lunchtime, est-ce que ça t’a plus?

Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime"Oui, c’était drôle et j’ai bien aimé l’idée du concours bizarre avec des ingrédients « beurk » ou immangeables comme cette pierre avec laquelle il faut faire des gâteaux! Les personnages extra-terrestres ont des têtes étranges, ça les rends rigolo…

Est-ce que tu connais les émissions de cuisine à la TV?

-Non, je n’ai jamais entendu parler de ce genre d’émissions. Par contre j’adore cuisiner!

Et parle-moi de l’intrigue…

Péony ne connaît personne quand elle arrive sur la station-studio de TV. Elle doit remplacer au dernier moment une concurrente mystérieusement disparue… Elle découvre des instruments compliqués à utiliser mais finit par s’en sortir avec l’aide du caméraman. Mais Melonhead est toujours là pour saboter les préparations!

C’est le méchant?

Oui, il avait perdu un tournoi avant et veut se venger. Maintenant il est prêt à tout pour gagner le concours. Du coup il triche tout le temps et sabote les ingrédients et les ustensiles.

Donc le Space Battle Lunchtime se joue entre Péony et Melonhead?

Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime ries"Non, il y a aussi Neptunia qui devient plus tard l’amie de Péony. Je l’aime bien car elle est sérieuse et mystérieuse. Péony ne la connaît pas bien au début, Neptunia est méfiante, mais Péony lui fait goûter ses cupcakes et elles se retrouvent obligées de travailler ensemble sur une manche du concours.

 

Tu as envie de lire la suite?

Oui. Je pense qu’ils vont choisir deux concurrents ex-aequo et que ce sera Péony et Neptunia! Mais j’espère que Cherisa et Péony vont revenir après leur disparition…


Voilà pour le retour de la choupette… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime"La structure de l’album est très simple, avec une entrée en matière immédiate puisqu’il suffit de quelques pages pour démarrer le show. J’ai été surpris que Péony ne soit pas plus perturbée que cela de l’étrangeté dans laquelle elle est transportée, mais visiblement cela ne chagrine pas les jeunes lecteurs… On a donc plusieurs séquences du concours où chaque fois un concurrent est éliminé, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Outre l’univers hyper coloré et farfelu (on a en fin d’album une version « crustacés » des personnages!), on a progressivement une complexification de l’histoire, avec l’interaction entre Péony et Neptunia (qui ne semble pas commode) qui se développe grâce à l’empathie de l’humaine, mais aussi des mystères comme ce cameraman qui semble amoureux d’elle et les infos sur cet atroce concours cannibale parallèle où les concurrents sont dévorés… Je ne suis absolument pas intéressé par ce genre de Show TV mais pour un album jeunesse le côté tournoi progressif (ce qui marche dans Dragon Ball par exemple) avec plein de personnages bons et méchants fonctionne très bien. Les dessins sont correctes, les couleurs très vives et le découpage, sans être fou, se permet des effets en mode dessin-animé très sympa. Au final, si on n’est pas surpris du déroulement, on a hâte de connaître le fin mot de cette histoire, notamment grâce à un cliffhanger particulièrement redoutable!

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Cuisine chinoise

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BD de Zao Dao
Mosquito (2018), 86p.

bsic journalismMerci aux éditions Mosquito pour cette découverte.

couv_319961La première publication de Zao Dao chez Mosquito faisait saliver par sa puissance évocatrice fantastique, instillant une irrépressible envie d’avoir enfin une vraie grande histoire de démons et de chasseurs dans la Chine mythologique et il faut dire que cette Cuisine chinoise ne viens pas combler ce manque (peut-être le art-book « carnet sauvages » remplit-il cet effet… malheureusement je ne l’ai pas lu). C’est sans doute son principal défaut, car l’on sent dans chaque image la permanence de cet univers un peu cracra fait de personnages mi-hommes mi-démons, d’insectes et de fantômes aux physionomies toutes plus étranges. https://www.bedetheque.com/media/Planches/PlancheA_319961.jpgCertaines histoires sont un peu ésotériques notamment quand à leur chute et je pense qu’il est préférable (comme pour certains Miyazaki du reste) de prendre cette lecture plus comme des tranches d’univers culturel chinois que des récits construits. Il est probable que les codes des légendes chinoises soient assez éloignés des nôtres mais le travail graphique reste remarquable, notamment par les changements de techniques et de matériaux. L’utilisation du papier jaune notamment permet de fantastiques compositions, avec le personnage aux cheveux blancs qui revient souvent dans l’œuvre de l’artiste.

Des cinq histoires racontées dans le recueil, deux m’ont parues de longueur et de construction permettant un véritable récit. Les autres sont plus des expérimentations (la deuxième séquence sur les insectes est peut-être la plus intéressante mais aussi la plus expérimentale, intime et éloignée du thème de la cuisine: un jeune homme assouvit sa rancœur de voir ses parents se battre en massacrant des insectes, permettant un beau travail graphique, mais oh que sombre!).

Résultat de recherche d'images pour "mosquito cuisine chinoise zao dao"Hai Zi nous fait suivre un humain-démon passionné de cuisine et incompris et rejeté par les humains car il utilise des ingrédients dégoûtants pour ses créations. Son grand-père souhaite qu’il redevienne plus classique afin de pouvoir subvenir aux besoins de la famille grâce à leur restaurant… quand surviennent deux créatures aux goûts peu académiques.

Haleine d’immortelle est l’histoire la plus drôle qui est la plus proche d’un documentaire sur la cuisine en expliquant l’histoire d’un gâteau soufflé en pâte de riz et qui renfermerait l’haleine fétide d’une mamie…

Au final si Zao Dao reste un auteur majeur proposant régulièrement des fulgurances et des expérimentations passionnantes, sa maîtrise des récits reste à développer et pour l’heure, personnellement je me reconnais mieux dans ses récits de fantômes même s’ils sont sous forme de simples illustrations. Son travail sur la cuisine lui aura sans doute permis d’apprendre certaines structures narratives et espérons qu’elle nous proposera prochainement enfin la grande histoire évoquée dans le souffle du vent dans les pins

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Le blog très personnel et assez fourni de l’auteur.

**·Guide de lecture·Manga·Numérique

Sun-ken Rock 8# – 11#

East and westUn premier article sur la série a été publié sur le blog. Un deuxième en mode étape de lecture pour les épisodes 3 à 7. Je viens de découvrir l’existence du sous genre Manga Ecchi, qui correspondrait à de la BD érotique chez nous (contrairement au Hentaï qui est porno). C’est vrai que quand on regarde les critères de ce genre on est pas loin. Ceci dit, dans Dragonball il y a des saignements de nez et des petites culottes… Si j’ai bien saisi ça reste de la BD avec une intrigue et un intérêt autre (ici la baston et les histoires d’État et de lutte de pouvoirs), le sexe n’est pas l’objectif premier du manga comme pour le Hentaï. Si je cherche une BD franco-belge dans ce style j’imagine qu’on serait entre Murena, les Borgia (Manara-Jodo) et Druuna (que du A…).Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock volume 8"

L’épisode 8 voit, après un intermède en mode « n’importe quoi », la fine équipe de Ken débarquer en Italie pour rendre visite au Parrain ami du père de Tae-Soo.  Ils rentrent en Corée avec Benito, un « étalon » membré comme un cheval que le Parrain dote d’une mission secrète. Comme vous le voyez, on reste dans le registre sexuel même s’il y a moins de nichons que sur d’autres tomes.

Le volume 9 voit Ken engagé comme chauffeur d’une star de la chanson. Il se retrouve quasi-esclave du manager et soumis à la tentation de la jolie Sun. L’auteur semble avoir voulu explorer le monde des fans et du star-système coréen. Pas franchement convaincu par cet arcRésultat de recherche d'images pour "sun-ken rock volume 8"

Dans le volume 10 un groupe de chanteuses est recruté et mis sous l’aile de Ken qui doit les protéger de l’appétit sexuels du manager et qui va être très tenté par les mœurs très très  libérées des donzelles…

Le volume 11 raccroche avec les thématiques précédentes: mélange de corruption, de traite des femmes et de baston mafieuse. On revient dans la ligne qui fait l’intérêt de Sun-Ken Rock. A noter que le trait évolue vers quelque chose de plus éthéré, noir, moins manga-déconne. Et plus esthétique que jamais!

Pas franchement intéressant, cet arc se déroule sur 4 volumes et est surtout un prétexte pour des séquences de nu en mode « huile et t-shirt mouillé » en laissant de côté les bastons et l’affrontement avec le Hakuryû-kai. On dira que ça dénonce vaguement la domination sexuelle masculine (c’est d’actualité)… Après cet écart, la série reprend vraiment à partir du tome 12…

****·East & West·Guide de lecture·Manga·Numérique

Sun-ken Rock 3# – 7#

East and west

Un premier article sur la série a été publié sur le blog.

Résultat de recherche d'images pour "boichi sun-ken rock"

La poursuite de la série (et le plaisir de lecteur) m’a donnée envie de prolonger le billet au cours de l’avancée, sorte de billet d’étape.

Si les deux premiers volumes n’ont rien d’exceptionnel tant au niveau du scénario que du dessin (mais donnent le ton sur le côté pas sérieux, très sexy et tente-sixième degré de l’humour), le manga commence à devenir véritablement intéressant à partir du volume 3 où Ken et sa bande suivent un entraînement hardcore auprès de moines-soldats du mont Ji-ri. Dans le volume 4 ils mettent à profit leurs nouvelles capacités physiques et de combattants en éliminant un gang de Séoul et en devenant les protecteurs du quartier.

Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock"Le volume 5 marque un tournant tant graphique que scénaristique dans la série: Yumin explique qu’elle est la fille du premier chef Yakuza du Japon et l’on comprend aussitôt que cela sera le fil conducteur du reste du manga. C’est aussi l’occasion pour Boichi de s’envoler visuellement: des combats nocturnes, gunfights et katana, des gros plans et des pleines pages chorégraphiées… l’artiste se fait plaisir et nous fait plaisir! Résultat de recherche d'images pour "boichi sun-ken rock"La bascule est étonnante entre l’avant et l’après volume 5. A partir de là l’action ne s’arrête plus et on prend un vrai plaisir sur certaines cases ou pages. La maîtrise anatomique du coréen est impeccable et si ses visages empruntent légèrement à la tradition manga (des gros yeux) on sent une attraction sensible vers le réalisme avec une utilisation de traits hachurés qui cassent le côté industriel de l’impression manga et permettent un incroyable dynamisme sur les scènes d’action. La fureur marque beaucoup de dessins et cela pourra paraître trop à certains. Pourtant comme je l’avais dit dans le premier billet (mes premières impressions) on reste dans un genre codifié: le manga de baston mafieux, organisé sur le modèle du jeu vidéo avec niveaux (les chapitres du manga sont des « level ») et boss de fin. Tout est exagéré dans Sun-ken rock, des mafieux bourrins et graveleux aux filles se vautrant de tous leurs charmes aux pieds du héros.

Dans les volumes 6 et 7 s’engage une guerre pour la prise de l’Imperial Cacino afin de devenir le premier gang de Corée.

Résultat de recherche d'images pour "boichi sun-ken rock"Ce que j’apprécie notamment dans ce manga c’est sa radicalité et son absence de censure. Si beaucoup de manga et (tous) les comics de super-héros montrent les personnages (et les filles) dans des tenues hyper moulantes et suggestives mais « techniquement habillées », Boichi ne s’ennuie pas avec des cache-sexe: ses personnages sont hypertrophiés (hyper musculeux pour les garçons, hyper sexués pour les filles), beaucoup de scènes sont des excuses non voilées pour illustrer des scènes de cuisines ou des filles nues (étrange juxtaposition des deux mais c’est la réalité de ce manga). L’auteur semble un brin obsédé par la chose et très macho (attention, certaines scènes virent presque au Hentai… mais finalement pas plus que Manara), mais après tout c’est son manga et si l’image de la femme y est très chosifiée, celle de l’homme n’est pas franchement tendre: totalement poseurs, clichés mafioso et attitudes puériles systématiques, je ne suis pas sur que la gente masculine soit mieux traitée. L’envie graphique de Boichi est évidente et je crois qu’il ne faut pas se poser plus de questions que cela.

Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock"La série permet du reste de découvrir une partie de la vie quotidienne coréenne, beaucoup de recettes de cuisines (parfois insérées dans des situations improbables comme lors du combat de l’Imperial Hotel) et une réelle dénonciation de l’histoire politique et du système institutionnel coréen réputé pour sa forte corruption et qui fait justifier l’axe central de Sun-Ken Rock: dans un état corrompu, une organisation criminelle structurée est-elle plus nocive pour la société que l’État officiel?

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BD·Rapidos

Lord of burgers

Pour garder une homogénéité au thème de ce blog (l’imaginaire et le graphisme) sans oublier les lectures moins glorieuses, je vais désormais publier des billets courts sur mes lectures, notamment prises en bibliothèque. Ça permettra d’être plus exhaustif.

Lord of Burgers c’est une série (plutôt pour ado) en 4 tomes d’Arleston et Barbucci (en directeur créatif: entendre « coach de jeunes illustrateurs qui n’en veulent »… puis en illustrateur principal sur les tomes 3 et 4). Un grand chef est assassiné alors que son fils bosses dans le burger pour le faire ch… et sa fille se passionne pour les lames japonaises. Ils se retrouvent contraints de reprendre le resto pour faire face aux dettes. En somme l’histoire du film « Ratatouille » mais en BD.LORD OF BURGER T01NEW[GL].indd.pdf

Et donc? Ben c’est sympa et original et se déguste plus comme un bon hamburger que comme un repas trois étoiles. On est en plein dans l’humour manga à base de grimaces et d’exagérations too much. Le dessin est correcte sans plus et l’arrivée aux crayons de Barbucci ne rehausse en rien la qualité (qui reste homogène sur les 4 volumes). L’esprit jeune branché est clairement destiné aux ado et l’on imagine plus cette série en lecture d’été dans Lanfeust Mag qu’en tirage de tête précieux dans votre bibliothèque. Une bonne lecture de bibliothèque en somme.