***·Manga

Gannibal #1

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Manga de Masaaki Ninomiya
Meian (2020)- Nihon Bugeisha (2018), série en cours, 2 vol parus (7 vol parus au Japon)

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Lorsqu’un policier débarque avec sa famille dans le village japonais de Kuge pour remplacer le précédent fonctionnaire qui a disparu, il se heurte à l’hostilité de la famille Goto. Clan historique du village, ils sont chez eux et leur comportement violent inquiète l’agent. Avec cette intégration difficile s’ajoute le message laissé par le policier disparu: ce village serait occupé par des cannibales… Sans vouloir verser dans la paranoïa, Daigo commence l’enquête pour comprendre ce qu’il s’est passé…

Meian propose régulièrement de nouvelles petites séries, plutôt dans un registre violent voir gore (comme les 7 Ninja d’Efu) pour enrichir un catalogue dominé par le best-seller Kingdom. Gannibal est une série récente d’un auteur dont c’est (a priori) la première création… et je dois dire que c’est sacrément bien Amazon.fr - Gannibal - Tome 1 - Ninomiya, Masaki - Livresmaîtrisé pour une entrée en matière! Commençant par une couverture très réussie, à la fois intrigante, inspirée par le sang et dynamique dans le cadrage, le manga démarre sans mise en place en nous expliquant dès la première page le pitch de départ. Au bout de dix pages le premier cadavre est trouvé et le policier menacé un fusil sur la tête par un membre du clan Goto. On peut dire que ça ne traîne pas et les dessins appuient bien cette tension par des cadrages très serrés et des visages aux yeux exorbités tout à fait parlant. Ninomiya connaît parfaitement ses gammes du cinéma d’horreur et enchaîne les séquences où le héros se trouve isolé, menacé et fourni de tout ce qu’il faut d’indices poussant vers la thèse proposée par le manga dès la première page: celle des cannibales. Tout l’intérêt de l’ouvrage est donc le doute entre ce qu’on nous annonce comme évident et l’aspect « trop gros ». On a pour le moment peu de doutes sur les mœurs de la famille Goto mais toujours un élément de doute vient nous titiller, surtout après une mise en place aussi rapide. Le déroulement implique deux possibilités: soit une confirmation qui va faire évoluer la série vers un survival terrifiant, soit une remise en question qui permettra de développer l’enquête. Le seul petit bémol est l’acceptation un peu grosse du policier face à toutes ces remises en cause violentes de son autorité, sans qu’il n’envisage de montrer les muscles, jusqu’à la séquence finale bien stressante. A la conclusion de ce premier volume on ressort plutôt conquis par un album parfaitement maîtrisé, sans défauts apparents ni addiction franche mais un ouvrage qui fait sacrément bien le job dans un genre pas si représenté en manga.

***·BD·Nouveau !

Conan le Cimmérien #9: Les Mangeurs d’Hommes de Zamboula

La BD!

Neuvième tome de 46 planches, écrit et dessiné par Gess, d’après l’œuvre de Robert E. Howard. Parution le 11/03/2020 aux éditions Glénat.

Blondin avait proposé son avis.

Les Contes des Mille-Et-Un Barbares

Après avoir affronté les Clous Rouges et le Peuple du Cercle Noir, Conan fait étape dans la cité de Zamboula, pour y écluser quelques hectolitres de vins et s’encanailler d’une façon dont lui seul a le secret.

Zamboula est une ville cosmopolite et commerçante, dans laquelle cohabitent plusieurs tribus et plusieurs castes, sous la fragile houlette du Satrape, Jungir Khan. Conan doit redoubler de vigilance car les rues de Zamboula ne sont pas sûres: la rumeur veut que les voyageurs et autres gens de passage y disparaissent promptement à la faveur de la nuit, sans laisser de trace.

Evidemment, Conan, avec sa carrure inhabituelle et son encombrante épée, ne passe pas inaperçu, surtout en état d’ébriété. Il va donc devoir se réveiller un peu s’il veut pouvoir échapper aux mangeurs d’hommes éponymes et sauver sa peau.

Un Cimmérien sinon rien

Alors qu’il est immanquablement attaqué pendant la nuit par les fameux mangeurs d’hommes, Conan fait la rencontre de la mystérieuse (et nue) Zabibi, qui, par son charme vénéneux, convaincra le rugueux guerrier de l’aider à retrouver son bien-aimé, perdu lui aussi dans les rues de Zamboula.

Ce sera le début pour Conan d’une quête endiablée au pays des Mille-Et-Une Nuits, où les faux semblants sont monnaie courante. La durée de l’intrigue tient en une seule nuit, aussi la narration de Gess reste-elle fluide. Les enjeux pour Conan ne sont pas mirobolants, mais on se surprend à apprécier de le voir mené par le bout du nez par Zabibi, jusqu’à un dénouement surprenant qui montre que la force n’est pas le seul atout du guerrier Cimmérien.

Une lecture rapide et efficace, un ajout opportun à la série que ce neuvième tome de Conan.

***·Comics·East & West·Nouveau !·Numérique·Rapidos·Service Presse

Cannibal

esat-westComic de Jennifer Young, Brian Buccellato et Matias Bergara
Glénat (2018) – Image (2016), 94 p., épisodes 1-4.

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L’album a été lu en numérique, donc hormis la maquette reprenant l’habillage d’une bouteille de Whiskey, aucun bonus hormis les couvertures des épisodes, ce qui est rare dans les comics.

Cannibal vous transporte dans l’Amérique profonde, celle que les scénaristes américains illustrent de plus en plus dans leurs récits de genre, en cette période de Trumpisme où une Nation s’interroge sur son sort et sur la viabilité à faire encore cohabiter des populations si différentes et notamment un Sud réactionnaire, violent, anti-autorité. Car sous un habillage d’histoire d’horreur se cache surtout la chronique d’une fratrie de la Louisiane, un endroit où le centre est le bar, où tout le monde se connaît et où on chasse les étrangers (entendre « étranger au comté »…) à coups de barres de fer. Surtout, un endroit où comme jadis dans l’Amérique pré-Union, les habitants se font justice eux-même en vague forme de milice et où le Shériff bien loin de sa tutelle ferme les yeux. Un univers où la petite amie est gogo-danseuse et où le héros défonce un concurrent juste au cas où…

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L’esprit des scénaristes n’est donc pas à dresser des proximités entre lecteur et personnages. Je ne sais si c’est le dessin ou la construction mais on a du reste un petit peu de mal à suivre qui est qui entre tous ces grands gaillards redneck. La seule once de fantastique reste cette rumeur lancinante qui revient discrètement qui nous fait comprendre que certains deviennent cannibals et l’album s’ouvre et se termine sur une telle scène. C’est tout. Pour une série titrée Cannibal on peut considérer qu’il y a tromperie sur la marchandise. Je ne dirais pas cela mais simplement que l’action tarde un peu à venir comme l’enquête de ce shériff noir très zen qui sait gérer sa population de sang chaud. Le cœur de l’histoire, très bien dessinée (un peu à la manière de Sean Murphy) est intéressant à suivre et l’on a envie de connaître la suite. Ce premier volume de Cannibal est à consommer tranquillement, au calme, sans s’énerver. Il ne vous retournera pas mais vous fera voyager dans un lieu où l’on a pas très envie de vivre et cette immersion convaincante justifie sa lecture.
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