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Total Combat, round 1

La BD!

Premier tome du diptyque crée par Jack Manini, parution le 03/03/2021 aux éditions Grand Angle.

bsic journalism

Merci aux éditions Grand Angle pour leur confiance.

T’ar ta gueule à la récré

Jimmy Perez est un jeune homme à l’avenir prometteur. Pratiquant assidu des Arts Martiaux Mixtes (MMA), il s’entraîne ardemment sous la houlette de son coach, aux côtés de son ami Esteban. Les deux compères sont mus par une saine émulation qui les pousse à se dépasser pour s’attirer les faveurs de Jazlyne, la fille du coach.

L’entraîneur sent que le moment est venu pour ses poulains de jouer dans la cour des grands. Toutefois, seul le meilleur d’entre eux pourra disputer un match dans l’octogone face à l’ancien champion Brent Duty. Suite à un concours de circonstances, c’est Jimmy qui s’y colle, et crée la surprise en terrassant Duty dès le premier round. L’ascension ne fait que commencer pour le jeune Pérez…

Bien qu’il ne puisse pas partager sa joie avec son Grand-père, qui ne doit rien savoir des prouesses martiales de son petit-fils adoré, Jimmy peut néanmoins savourer sa victoire dans les bras de Jazlyne, si tant est que le coach accepte de leur donner sa bénédiction.

Malheureusement, le bonheur sera de courte durée pour le jeune combattant. Terrassé non pas par les poings d’un adversaire transpirant, mais par une méningite foudroyante, Jimmy va frôler la mort pour n’émerger qu’après un long coma qui l’aura privé d’une partie de ses fonctions psychomotrices. A son réveil, il apprend que Jazlyne a succombé au même mal, et que son grand-père a tout perdu en essayant d’assumer les frais médicaux.

Rocky bat le boa

D’outsider à challenger, Jimmy a fini par dégringoler au statut d’underdog, dans une situation pire qu’au départ. Ses capacités d’antan envolées, Jimmy doit réapprendre à marcher, à parler, bref, à vivre. Mais avec le soutien de son grand-père, le jeune homme prouve qu’il n’est pas qu’un combattant dans la cage, c’est aussi un bagarreur de la vie, qui prend les problèmes un par un en leur cassant les rotules.

Le jeune Perez, armé de sa seule volonté, apprivoise de nouveau son corps, mais cela ne veut pas dire qu’il toujours ce qu’il faut pour être champion. Qu’à cela ne tienne, le Papy va remotiver son petit en lui révélant une partie de ses origines: il a le combat dans le sang, car son père, et son père avant lui, étaient des champions de Ju-jitsu brésilien, discipline qui domine le game lorsqu’on parle de MMA. Jimmy, qui découvre une nouvelle facette de l’ancêtre, s’entraîne avec lui, apprenant les arcanes d’un nouvel art. C’est alors que, poussé par la nécessité de faire bouillir la marmite, Jimmy rencontre un mécène fortuné amateur de combats en cage, qui va faire de lui son nouveau poulain.

Jack Manini livre ici un diptyque solo centré autour de sa passion pour le MMA. Vous vous en douterez, la thématique du jeune combattant sous-estimé, voire mésestimé, a déjà été traitée dans des films devenus cultes, et d’autres à la facture et à l’intérêt un peu moins certains. Toujours est-il que les films traitant du MMA sortis à ce jour ne se sont pas encore démarqués…

Le pari de Jack Manini n’était donc pas gagné d’avance, et l’auteur savait certainement qu’il lui faudrait miser sur une intrigue solide et un protagoniste attachant pour gagner l’adhésion du public. Il commence par la rivalité amoureuse en enchainant ensuite avec une brève romance pour finalement faire dégringoler son héros et le priver de tous ses espoirs: une tactique qui a fait ses preuves lorsqu’il s’agit de gagner du capital sympathie. Instinctivement, on a donc envie de voir Jimmy se relever et revenir dans l’octogone après avoir dépassé les pires obstacles.

Car là est le premier intérêt de cette première partie: confronter la figure du combattant à l’une de ses pires craintes, celle de ne pas être à la hauteur, celle d’être dépossédé de la force qui le définit en tant qu’être. Jimmy fait face assez dignement, et se remet d’ailleurs assez (trop?) rapidement de sa convalescence. Le cliffhanger de fin a un caractère surprenant, mais perd en vraisemblance lors d’une seconde lecture, à moins que l’auteur ait prévu son coup pour expliquer logiquement ce qu’il lance en fin d’album.

Graphiquement, Manini maîtrise son découpage, offrant des scènes de combat fluides qui n’ont rien à envier à des mangas comme Free Fight. En conclusion, Total Combat, malgré un titre un peu kitch et un pitch assez risqué, s’en sort avec les honneurs notamment grâce à la sympathie attirée par le personnage principal.

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Sushi & Baggles #27

esat-west

 


  • Slots (Panosian/Delcourt) – 2019, one-shot, 134p.

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mediatheque« slots » ça veut dire « fentes » en anglais. Et des fentes, Stanley Dance en a de magnifiques, les dents du bonheur, comme son sourire, éternelle fente qui glisse sur les galères de sa vie chaotique. Stan est le vrai atout de ce one-shot, étonnant album entièrement construit autour de ce sourire à la con, attirant le regard à chaque case. Il y a un peu du Ramirez de Pétrimaux chez Stan, une énorme sympathie que l’on ressent pour ce personnage de papier lancé sur une classique histoire de vengeance dans l’univers des loulous semi-mafieux de la cité du Vice, Las Vegas. Stan est un looser, il nous le dit d’entrée. Stan attire les emmerdes comme la mouche sur une charogne. Tout le monde a une bonne raison de lui en vouloir… mais comme le lecteur, tombe sous le charge de ce type qui vous convainc par son seul sourire de tenter avec lui le plus foireux des plans jamais conçus. Du coup, si l’album est aussi sympathique que son personnage, l’histoire reste tout à fait anecdotique et peinerait à nous intéresser sans Stan et des dialogues assez dynamiques. Le dessin plutôt sympa est habillé de grosses trames très vintage et fleure bon le comic Indé ricain. Au final Slots se laisse lire avec plaisir mais marche sur un fil qui peut très facilement tomber dans la banalité pour peu que vous ne soyez pas envoutés par son boxeur raté. Un peu comme Stan qui a tout pour perdre mais finit par s’en sortir, on ne sait pas bien comment…

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  • Radiant #13 (Valente/Ankama) – 2020, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur confiance.

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Radiant est mon manga chouchou dont je lis chaque tome avec mon fiston (que vous pouvez retrouver sur la rubrique L’avis des kids) tant on a plaisir à retrouver deux fois par an cette phénoménale galerie de personnages et cet humour si particulier de Tony Valente. Ce treizième tome continue le troisième Arc commencé sur le volume précédent qui voit Seth débarquer à Bôme (avec la classe et la discrétion qu’on lui connait désormais…), capitale de l’Inquisition! Si le roi de Bôme a fait une entrée fracassante il disparaît ici bien vite pour laisser la place à une pause narrative qui permet de découvrir le passé traumatisant de Mélie… Moins d’action donc, mais l’auteur a un tel talent graphique et pour nous faire désirer ses personnages qu’on dévore le tome comme les autres, avec juste un soupçon de regret que ces derniers disparaîssent aussi vite. Mais la richesse du monde est telle que l’on comprend que tout ne rentre pas. Je ne lis habituellement que des mangas assez courts afin de ne pas me faire déborder dans mes lectures mais j’avoue qu’avec Radiant je ferais volontiers une entorse si la série durait très très longtemps… A noter que pour la première vois Valente a pris un assistant pour la réalisation de l’album. Et un petit spoiler pour la route… l’ami Grimm revient…

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  • Beastars #1-2 (Itagaki/Ki_oon) – 2019, série en cours. 15 volumes au Japon.

Merci aux éditions Ki_oon de m’avoir permis cette lecture en numérique.

couv_358243Lors de mon marathon pour le jury BDGEST’arts j’ai questionné les blogueurs spécialisés en manga et tous avaient placé cette série dans leur top de 2019.  Avec huit volumes parus, l’éditeur poursuit un rythme très rapide d’un tome tous les deux mois. La version japonaise a commencé à paraître en 2016 et devrait être rattrapée très vite. A savoir qu’un anime est diffusé pour cette série très populaire de l’autre côté de la planète.

Si le sujet est classique (une histoire de lycéens, animaux anthropomorphes, dans un établissement regroupant toutes les espèces et faisant cohabiter prédateurs et proies), le dessin est la première originalité, avec un trait très léger et l’utilisation de trames parfois grossières, collées frustement, ce qui donne une esthétique originale. Je ne dirais pas que c’est du grand dessin mais dès le second tome on sent la technique se consolider et l’auteur propose des planches plus lisibles et agréables. Pour l’histoire, si on commence dès les premières pages avec le meurtre d’un herbivore par un carnivore, choquant la morale civilisée du lieu, c’est bien le conflit permanent qui habite Legoshi, héros et loup gris puissant, entre son instinct et sa conscience qui structure le manga. L’histoire suit le club de théâtre du lycée, avec la hiérarchie très connue qui a lieu dans la société japonaise et nous paraît toujours étonnante. Beastars est donc pour ce que j’en ai lu un manga de lycée assez classique, qui comporte quelques attraits lui permettant d’attirer l’attention, sans pour le moment justifier le statut d’oeuvre majeure.

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*****·BD·Guide de lecture·La trouvaille du vendredi

Blue note

La trouvaille+joaquim
BD de Mathieu Mariolle et Mickaël Bourgoin
Dargaud (2013) 148 p. 2 vol et 1 intégrale, série finie.
Couverture de Blue Note -INT- Blue note

Concept très original, Blue note nous propose de suivre les destins croisés de deux personnages, un boxeur et un guitariste de Blues, dans les dernières heures de la Prohibition. Le premier album suit le boxeur, le second le musicien. Ils se croiseront à peine mais interagirons dans la même temporalité. On retrouve un peu l’idée de Vortex que j’avais chroniqué dans cette rubrique il y a quelques temps. A noter que pour une fois l’illustration de l’intégrale est moins belle que celles des deux albums originaux. En outre une édition de luxe n&b tirée à 260 ex chez Bruno Graff existe. Un peu chère mais les le boulot d’encrage de Mickaël Bourgoin peut justifier une petite folie sur cet album si vous le trouvez.

Résultat de recherche d'images pour "blue note bourgoin"Blue note est une bd d’auteurs. Deux artistes inspirés par l’envie de nous faire vivre une ambiance, celle des nuits pluvieuses de la Prohibition, de ses clubs de jazz tenus par des Parrains et de ses match de boxe truqués. Ce qui saute aux yeux à l’ouverture de l’album ce sont les encrages de Mickaël Bourgoin, élément essentiel dans le visuel de ce projet (dès la page des crédits le dessinateur l’annonce). Pour sa deuxième série publiée le dessinateur a souhaité se lancer dans le grand bain, inspiré par Toppi et Breccia et on peut dire que la prise de risque s’est avérée pertinente tant l’ensemble respire la fumée, les atmosphères et livre quelques pleines pages absolument sublimes lorsqu’il s’agit d’illustrer la magie de la musique du personnage de guitariste virtuose R.J. A ce titre, il est dommage qu’une version grand format n&b n’ait pas été prévue par l’éditeur (hormis le tirage de tête en nombre limite et au coût élevé) tant ces planches auraient mérité plus de place.

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On écarquille donc les yeux sur la beauté de ces petites cases très minutieuses et prends le temps d’admirer les quelques pages où les auteurs prennent leur place. Le trait peut ressembler par moment à celui de Gary Gianni, avec cet effet plume d’oie doublant les traits et surtout ces volutes incroyable qui désintègrent par moment les dessins dans une inspiration vraiment atypique et magnifique. C’est tellement réussi que l’album paraît parfois trop sage et l’on imagine un Bourgoin jouant des cadres de cases avec des débordements volontaires… J’ai vraiment découvert un illustrateur de très grand talent qui propose quelque chose de neuf que je ne saurais rattacher à une école graphique. Il n’a pour le moment rien réalisé d’autre en BD mais je guette un prochain projet!

Résultat de recherche d'images pour "blue note bourgoin dargaud"L’intrigue (réalisée à quatre mains) aurait pu être basique, classique. Le simple fait de poser le contexte du dernier mois d’une époque bien connue permet de borner l’intrigue en densifiant la tension. L’histoire est celle de l’ambition, celle de RJ, guitariste d’exception à qui tout sourit ; celle de Jack, ancienne légende des rings contraint de reprendre les gants en fuyant la gloire. Deux destins croisés qui se croiseront effectivement tout au long de ce double album construit en miroir. La subtilité de l’imbrication des deux histoires est une vraie réussite car ce n’était pas évident d’en dire si peu tout en maintenant des révélations en deux temps tout au long du récit. Chaque album a son unité, son héros, qui rencontre brièvement l’autre, avant que tout se rejoigne en toute fin du second volume. C’est une histoire triste que l’on nous narre, celle de personnages mangés par la ville, par leur ambition et celle des autres. Des talents qui ne seront jamais réellement libres, soit car ils sont en avance sur leur époque soit car ils appartiennent au passé. C’est un peu trois périodes qui se rencontrent dans Blue note: celle d’un âge d’or d’avant la Prohibition, celle finissante de la Prohibition, la nouvelle ère ouverte par RJ.Résultat de recherche d'images pour "blue note bourgoin"

Les meilleures BD sont souvent celle que l’on n’attend pas, celles qui nous surprennent. Blue note en fait partie en réussissant incroyablement l’alliance du texte et de l’image, de personnages forts portés par des thèmes passionnants, iconiques (le musicien de blues noir, le boxeur irlandais) et une époque hautement visuelle et familière dans l’imaginaire collectif. C’est une très belle histoire, dure et inspirée que nous proposent Bourgoin et Mariolle, un blues à l’encre de nuit, une BD qui fait honneur à une bibliothèque et que l’on relit régulièrement.

Une interview des auteurs a été réalisée par le site Bdgest.

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