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La baleine blanche des mers mortes

La BD!
BD d’Aurélie Wellenstein et Olivier Boiscommun
Drakoo (2021), 88p., One-shot.

L’ouvrage comporte un cahier graphique humoristique en forme de journal intime, en fin d’album. La couverture comporte un vernis sélectif.

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bsic journalism Merci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Les mers sont mortes. Disparues. Asséchées. La faune et la flore qui les habitaient sont partis avec elles, ne laissant qu’une terre dévastée, des cités au sein desquelles des poignées d’humains s’efforcent de survivre, à la faim mais aussi aux fantômes. Car loin d’avoir été oubliées, les mers reviennent hanter les vivants par des vagues d’esprits marins aspirant les âmes. Là, Bengal et Chrysaora, deux étranges voyageurs vont rencontrer l’esprit de la Baleine…

https://publikart.net/wp-content/uploads/2021/10/9782490735709_p_3.jpegContinuant la très intéressante démarche initiale des éditions Drakoo, cet album voit l’auto-adaptation de son neuvième roman par Aurélie Wellenstein, déjà lauréate de plusieurs prix fantastiques dont celui des Imaginales. L’autrice propose pour le coup une vraie adaptation du livre, modifiants certains paramètres afin de s’adapter au format (court) d’un unique album tout en proposant une super ambiance à son partenaire.

Graphiquement on retrouve Olivier Boiscommun à son meilleur niveau en repassant sur sa technique habituelle en couleur directe et encrages légers, après l’expérimentation peu concluante de la trilogie Danthrakon scénarisée par le boss Arleston. On sent l’artiste particulièrement inspiré par l’atmosphère marine comme l’Ether des spectres inquiétants qui parcourent le ciel. Dans des gammes de couleurs très tranchées selon les séquences, son style sied parfaitement avec l’ambiance vaporeuse faite de flux mystiques comme aqueux où Boiscommun parvient à inspirer l’idée des créatures marines dans les costumes, les chevelures, les décors. Lorsque surviennent les fantômes de poissons on entre dans une ambiance de zombies, originaux pour le coup, et qui prennent une dimension très intéressants lorsque surviennent les séquences de rêverie/souvenirs très https://www.idboox.com/wp-content/uploads/2021/09/BALEINE-BLANCHE-3.jpgmarquantes en nous montrant les massacres des baleiniers et la disparition progressive de ce fantastique foyer de vie sur Terre. Malgré la profusion de créateurs bretons, ils ne sont pas si nombreux les albums de BD qui abordent sans détours le drame que la pollution, la surpêche et le réchauffement climatique font vivre au poumon de la planète. On pense par moments au Niourk de Vatine dont l’introduction sonnait comme un uppercut.

Projet très solide bâti sur un univers existant et un propos écologiste déterminé, La baleine blanche des mers mortes est une nouvelle réussite de l’éditeur, tant graphique que d’écriture, en déroulant une intrigue pas si facile à exposer et en tenant jusqu’au bout un suspens qui conclut très logiquement et poétiquement cette histoire. La brièveté du format et l’ambition modérée du projet ne se ressentent pas sur un travail (et ce n’est pas si fréquent sur ce format) parfaitement réalisé et qui sait proposer de la nouveauté dans le paysage éditorial BD. Une jolie trouvaille que je vous invite à découvrir.

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Danthrakon #2: Lyreleï la fantasque

La BD!

Deuxième tome de 56 pages d’une série écrite par Christophe Arleston et dessinée par Olivier Boiscommun. Parution le 01/07/2020 aux éditions Drakoo.

Blondin avait proposé une critique du premier volume.

bsic journalismMerci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Grimoire, mon beau Grimoire…

Le savoir est une arme, et la curiosité, un vilain défaut. Nuwan en a récemment fait les frais en découvrant qu’un grimoire magique très ancien, le Danthrakon avait investi son corps, lui conférant un certain pouvoir, mais hélàs ! pas la maîtrise requise pour en profiter.

Ainsi, Nuwan doit-il tenter de rompre le charme qui le place sous la coupe du Danthrakon, avec l’aide de Lerëh, une apprentie mage étudiant auprès du puissant Waïwo, chez qui Nuwan travaille en tant que cuisinier?

Le jeune marmiton va devoir se soustraire à la convoitise d’Amutu l’Inquisiteur, un redoutable mage qui souhaite accaparer la puissance du grimoire. Amutu va utiliser toutes les ressources à sa disposition, parmi lesquelles la terrible Mygatule, pour mettre la main sur le fauteur de troubles involontaire.

Lerëh, quant à elle, devra, s’il elle veut pouvoir sauver Nuwan, fouiller dans son nébuleux passé et exhumer quelques secrets relatifs à ses origines.

 

Necronomi-quoi ?

L’aventure se poursuit sur les chapeaux de roues dans ce Danthrakon volume 2. Arleston ne ménage pas ses efforts pour tenir le lecteur en haleine, à grand renforts de péripéties faites de traques et de batailles magiques. Les affaires de familles sont à l’honneur, puisque le spotlight est ici mis sur Lerëh et les liens qui l’unissent à ses parents.

On reconnaît la touche de l’auteur notamment à travers ses récitatifs et certains de ses dialogues, et l’on peut même percevoir quelques auto-références ça et là, faisant écho à ses succès précédents: un jeune héros naïf et ingénu, dépositaire malgré lui d’une magie ancienne et très puissante, qui devra s’émanciper pour assumer le plein potentiel de ses pouvoirs…

L’inconvénient d’une telle prémisse est qu’elle éclaire sans doute un peu trop le lecteur sur le déroulement global de la trilogie. Néanmoins, gageons qu’Arleston saura aller à rebours des attentes qu’il aura ainsi lui-même suscitées, et qu’il nous surprendra en changeant ingénieusement la direction de son récit dans l’ultime volume de la trilogie.

On s’interroge par exemple sur les desseins véritables du Danthrakon, qui nous paraît doué d’une volonté propre, et sur le sort final qui l’attend: fusionnera-t-il avec Nuwan ? Retombera-t-il encore une fois dans la servitude, entre les griffes d’un mage ambitieux ?

La balle est dans le camp des auteurs, rendez-vous en septembre 2020 pour le savoir !

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BD et vrac #11

Aujourd’hui pas de jeunesse ni de docu mais une fournée spéciale nouveautés toutes fraîches avec de grosses sorties très grand public. Après la grosse artillerie de com’ autour de ces albums, en vrai qu’est-ce que ça vaut?

  • Le dernier dragon #2 (Pecau/Pilipovic/Delcourt) – 2019, 2 vol parus.

Critique réalisée sur version numérique pour Iznéo.

bsic journalismbadge numeriqueLe premier tome de cette série est paru en mars dernier et nous voilà déjà avec la suite d’une très bonne surprise du printemps. Si la couverture est tout aussi magnifique que la première, l’album souffle le chaud et le froid et l’on se demande du coup s’il n’a pas été réalisé un peu vite… Le scénario très étrange commence sur des récits de Léonard de Vinci avant de nous faire retrouver l’héroïne envoyée en Terre-sainte pour finir par retrouver les protagonistes des toutes premières pages de la série. Les sauts sont du coup un peu brutaux et le scénariste pourtant chevronné oublie un peu de développer son background et la liaison entre les séquences. Même chose pour les dessins de Pilipovic, parfois superbes et précis, parfois manquant étrangement de netteté. Le duo a un talent certain et le matériau est riche mais les affrontements dragoniers ne suffisent pas à maintenir l’intérêt au niveau du premier volume. Espérons que ce ne soit qu’un petit coup de mou car il serait vraiment dommage que cette série tombe dans une banalité du tout venant Fantasy.

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  • Danthrakon (Arleston/Boiscommun/Drakoo) – 2019, 1 vol/3 parus.

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bsic journalismAprès des années passées chez Soleil où son univers fantasy a très grandement participé à marquer la ligne éditoriale de l’éditeur toulonnais, Arleston a accepté de prendre en charge le nouveau label Drakoo de chez Bamboo, avec en ouverture de bal ce Danthrakon, série jeunesse prévue en trois tomes. Si vous suivez ce blog vous savez que je considère les séries de plus de six volumes comme des démarches commerciales, aussi ce format me met dans de bonnes dispositions. Je connais l’univers d’Arleston et ai toujours aimé Lanfeust (au moins les deux premiers cycles), en revanche si j’aime bien les images des BD de Boiscommun je n’avais rien lu de lui jusqu’ici. Cet album nous présente un univers (ou plutôt une cité) de magie ou différentes races cohabitent et se rangent par fonction. Les mages prennent des apprentis à leur service dans des maisonnées organisées comme les domaines du XVIII° siècle. Une caste d’inquisiteurs surveille l’utilisation de la magie dont la variante « magie du sang », considérée comme primale et incontrôlable, est interdite. Le héros, jeune marmiton un peu niais (ça ne vous rappelle personne?) se retrouve dépositaire de la puissance magique d’un ancien grimoire, qui le transforme en bête surpuissante… Résultat de recherche d'images pour

J’avoue avoir été un peu déçu par cet album qui se confirme être destiné à un lectorat jeune, avec une simplicité d’action et de textes qui se justifient en cela. Tout d’abord le dessin d’O.G. Boiscommun est étonnamment faible et brouillon par rapport à ce qu’il a produit jusqu’ici. Je soupçonne l’encrage et la colorisation (réalisées par deux autres personnes) assez plate et informatique d’être la cause de cela puisque le cahier graphique de fin de tome montre de superbes dessins. Ce dessinateur nous a habitué à apprécier ses couleurs directes et le style que l’on apprécie est ici perdu, c’est très dommage! Pour ce qui est de l’univers et de l’histoire il n’y a rien de très surprenant. Encore une fois l’efficacité d’Arleston plaira probablement aux jeunes lecteurs mais contrairement à Lanfeust et d’autres séries du scénariste les adultes risquent d’avoir du mal à se laisser tenter. Pour l’originalité on attendra de voir les autres tomes mais pour l’heure on reste avec de la BD très formatée dont on peine à détecter la plus-value dans l’océan de la BD fantasy. Pour un démarrage de collection j’attendais quelque chose de plus qualitatif, surtout que ce qui s’annonce chez Drakoo semble plutôt alléchant.note-calvin1note-calvin1


  • Time lost #1 (Sala/Khaled/Soleil) – 2019

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On ne va pas se mentir, ce pulp plein de nazis, de soldats amérloques malpolis, de pom-pom girls, de dino et de Mechas se lit très très vite. Si tout est dans la couverture et que certains pourront trouver le ratio prix d’achat/temps de plaisir un peu dur, il est indéniable qu’Afif Khaled est un super dessinateurs qui maîtrise à merveille la technique numérique et que son dessin ne souffre que de très peu de défauts avec une minutie des détails remarquable. Jean-Luc Sala est un scénariste expérimenté qui aime les univers d’aventure décalés (son très bon Spynest et le plus complexe Cross-fire avec Pierre-Mony Chan) et il aurais pu nous en donner un peu plus pour cette entrée en matière. Du coup je crains la série à rallonge très commerciale… Il n’en demeure pas moins que l’on prend un plaisir certain dans cette immersion pop-corn proche de ce que va nous proposer Herenguel avec son Kong Crew: c’est chatoyant, plein de testostérone, de clichés qu’on aime, bref une BD de garçon coupable qui souffre surtout de dialogues franchement bof avec beaucoup de bons mots qui tombent à plat. Mais ce n’est pas très grave puisqu’on est là pour les dessins et l’action.

Et un autre avis chez Constellation. https://blogconstellations.home.blog/2019/09/27/time-lost-01-operation-rainbow-2-jean-luc-sala-et-afif-khaled/

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