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Death or glory #2

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Comic de Rick Remender et Bengal
Urban (2021) – Image (2020), 165 p., série finie en 2 tomes.

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Ca sent le sang sur la route du Mexique et l’espoir d’une transplantation pour Red. Le bordel mis par Glory dans le business des trafiquants d’organe a fâché en haut lieu et c’est désormais toute une horde de tout ce que le monde compte de plus belles ordures qui se lance à ses trousses. Sa détermination et la « famille » suffiront-elles pour garder l’espoir de liberté?…

DEATH OR GLORY #1-11 (Rick Remender / Bengal) - #9 par KabFC - Image Comics  - SanctuaryDans la foulée du précédent tome, cette conclusion sent la poussière, l’asphalte et l’azote liquide… Si l’ouverture prenait (un peu) le temps de développer le passé et le background de l’héroïne, ce second opus envoie du pâté aux hormones transgéniques radioactives dans une envie évidente de reproduire la furie du film Mad Max Fury Road, sans se soucier le moins du monde de la vraisemblance de quoi que ce soit. Rarement on aura vu autant de Deus Ex-machina, qui parfois semblent littéralement débarquer de nulle part. La physique de Death or Glory est issue des Looney Toons et l’héroïne semble vouée à être bringuebalée de sauts en explosions a priori tous mortels… mais pas ici. Remender a sorti l’artillerie lourde de toute l’iconographie mafieuse cracra à base de gangs mexicains et de méchants sans foi ni loi. A force de foncer sur le bidon de nitro, le scénariste (qu’on a connu plus subtile) ne prends pas le temps de développer des personnages pourtant inquiétants/intéressants comme ce caïd mexicain ou le big boss « Frankenstein l’eunuque ». Idem pour le trio albinos fort alléchant qui intervient bien ici mais disparaît aussi simplement sans profiter de l’outrance pour une mort jouissive ni exploiter ce pourtant génial pistolet à azote liquide.

Niveau action on est bien sur comblé avec un sens de la dynamique indéniable Death Or Glory #9 - Comics by comiXologychez Bengal et une colorisation vraiment chouette. Mais comme son modèle – les blockbusters CGI improbable – DoG finit presque par lasser devant tant d’invraisemblance et feignantise scénaristique. Comme le genre semble particulièrement fourni ces derniers temps, le comic ne brille pas forcément face à ses concurrents européens, pas plus intelligents mais bien plus équilibrés. Et à force de jouer au jeu de massacre et de balancer Glory dans la tourmente sans qu’elle ne semble jamais à l’origine des victoires, on devient un peu passif, abasourdi et un peu fatigué par ce maëlstrom.

Malgré la sagesse de reconnaître la simplicité du projet sur un format adapté de deux volumes, Rick Remender oublie un peu ses bases en troquant sur Death or Glory son talent narratif pour un vernis explosif irréel. Si le fonds familial est par moment touchant et le nihilisme de l’auteur surprenant, la linéarité de l’intrigue de ce second tome déséquilibre un tout où le plaisir est certain mais très vite oublié. A prendre pour ce qu’il est donc, un énorme blockbuster routier décérébré entre Tarantino et Fast and Furious.

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Death or glory #1

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Comic de Rick Remender et Bengal
Urban (2019) – Image (2018), 137 p.
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Depuis Tokyo Ghost je suis les publications de Rick Remender presque les yeux fermés. Lorsque les premiers visuels de Death or Glory sont sortis je n’avais pas particulièrement d’attente pourtant, les histoires autour de la culture de la route US ne m’attirant pas vraiment, malgré une couverture très réussie niveau cadrage et colorisation. Le fait d’avoir un frenchie aux dessins a sans doute joué dans la promotion de ce titre et le traditionnel prix de lancement à 10€ chez Urban m’a convaincu de tenter le coup.

Glory a été élevée sur la route, dans la « famille » des routiers indépendants, sortes d’indiens hors de la société et tenant plus que tout à leur liberté. Lorsque son père tombe gravement malade elle décide de passer à l’action. Plongée dans les eaux troubles ds trafiquants d’organes et des policiers corrompus, elle ne pourra compter que sur son sang froid de pilote et son bolide…

Résultat de recherche d'images pour "death or glory bengal"La couverture annonce clairement la couleur: Remender et Bengal vont vous envoyer au pays des routiers et des bolides tunés dans des rodéos endiablés sur l’asphalte du sud américain… sauf ce premier volume d’une série qui s’annonce relativement courte, s’il démarre effectivement sur les chapeaux de roue et ne nous laisse pas deux minutes de répit, est loin de proposer autant de bagnoles et de courses que par exemple le carton de l’an dernier Il faut flinguer Ramirez. Death or Glory se placerait plutôt dans l’esprit des films de Tarantino bien déglingos et trash, voir par certains côtés par Largo Winch et ses fuites endiablées à coup de cadrages décalés. On a donc une histoire de trafic d’organe particulièrement sordide qui se chevauche avec une héroïne décidée coûte que coût à sauver son paternel malade du foi. Foi, organe,… vous l’aurez compris le braquage original va vite dériver sur le terrain des gangs mexicains et notre jolie pilote va montrer tout au long de ces cent pages combien elle encaisse les pains et court plus vite que son ombre.

Résultat de recherche d'images pour "death or glory bengal"L’album démarre dans un Diner par une scène improbable qui nous fait demander si nous ne sommes pas dans une histoire fantastique. Que nenni: si les méchants sont particulièrement dérangés (un batave équipé d’une sorte de lame à l’azote liquide et ses consœurs, l’une aveugle l’autre muettes mais toutes deux férues de machettes king size), Remender nous délivre une intrigue tout ce qu’il y a de plus terre à terre avec pour ambition première l’action et le plaisir. Il insère sur un chapitre le flashback qu’il affectionne (même formule que dans Tokyo Ghost par exemple), utilisant ces quelques pages pour régler le passé des héros et pouvoir reprendre sa course.

Niveau dessin j’avais beaucoup entendu parler de Bengal et dois dire que je suis légèrement déçu. Non que le dessinateur français ne sache dessiner, mais hormis les couleurs et la dynamique indéniablement réussies, le trait vaguement cartoon dans les expressions casse un peu l’aspect grave de l’histoire et nous présente plus Glory comme une énorme veinarde que comme une héroïne badass. Ce premier tome est très correcte, largement au-dessus des standards américains, mais ne brise pas non plus les rétines. Résultat de recherche d'images pour "death or glory bengal"Dans une BD d’action le plus important étant du reste l’efficacité des découpages et sur ce plan c’est aux petits oignons.

Annoncé comme le carton comics de l’année, ce Death or Glory vous procurera du plaisir efficace en vous rappelant les films de gangsters cracra mais ne surprendra pas beaucoup. Disons que pour une mise en route le job est fait avec une galerie de personnages particulièrement réussis pour le panthéon des crapules et une héroïne un peu en retrait et passive. Faisons confiance à Rick Remender, excellent scénariste, pour gérer la progression de son intrigue qui pour l’heure ne dépasse pas de bonnes BD d’action de consommation comme les Hit-girl. Personnellement j’attends un peu plus de cet équipage.

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