***·BD·Comics·East & West·Nouveau !

Empyre volume 1/4

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Premier volume de 168 pages de la mini-série écrite par Dan Slott et Al Ewing, dessinée par Pepe Larraz. Contient le premier numéro de la série ainsi que les prologues consacrées aux Avengers et aux Quatre Fantastiques.

Peur bleue et enfer vert

Dans notre réalité, il existe des conflits ancestraux, interminables, entre deux ennemis héréditaires, et dont peu de gens se souviennent des événements déclencheurs, comme par exemple le conflit israélo-palestinien. L’univers 616 de Marvel (la continuité classique, donc) reflète bien cet état de fait, au travers de la fameuse guerre Krees-Skrulls.

Les Krees sont une civilisation intergalactique fondée sur des valeurs guerrières, des sortes de spartiates de l’espace, à l’esprit conquérant et impitoyable. Les Krees ont déjà, par le passé, interféré avec l’Humanité, notamment par le biais d’expérimentations ayant engendré le peuple Inhumain. L’un des grands héros de l’écurie (et l’un des rares à ne pas avoir été ressuscité) Captain Marvel, premier du nom, est un guerrier Kree qui, par amour pour l’Humanité, a tourné le dos à son peuple pour devenir protecteur de la Terre. Après sa mort tragique, son titre revint à son faire-valoir de l’époque, le Colonel Carol Danvers, qui après des années passées sous les alias de Miss Marvel, Warbird ou Binaire, assuma enfin son héritage pour s’émanciper et devenir la nouvelle Captain Marvel.

Les Skrulls, quant à eux, sont des êtres métamorphes organisés eux aussi en civilisation intergalactique. Expansionnistes et belliqueux, ils utilisent leurs dons pour infiltrer les mondes cibles et utilisent ensuite leur technologie supérieure pour en prendre le contrôle. Depuis la destruction de leur planète par Galactus, les Skrulls ont des vues sur la Terre, qu’ils convoitent pour eux-mêmes. Motivés par une ferveur religieuse, sous la forme d’une prophétie qui leur promettait le salut sur Terre, ils ont tenté, en 2008, de conquérir la Terre après avoir remplacé de nombreux héros par leurs propres agents (Secret Invasion). Lors de cette attaque de grande ampleur, on s’apercevait que Hank Pym, Spider-Woman, Elektra, Flèche Noire et d’autres avaient été remplacés par des Skrulls, causant la confusion et semant la paranoïa parmi les héros.

Pris séparément, ces deux factions représentent déjà une menace pour l’Humanité. Mais si l’on prend en compte le conflit millénaire qui les oppose, le risque augmente alors de façon exponentielle. En effet, Krees et Skrulls se mènent une guerre sans merci à travers les galaxies, sans que les uns ou les autres ne prévalent jamais. Ce conflit s’est délocalisé sur Terre à plusieurs occasions, mais la plus connue reste la Guerre Krees Skrulls, racontée dans la saga éponyme dans les années 70.

Au milieu de tout ça, il existe un personnage, Teddy Altman alias Hulkling, qui, dans la série Young Avengers, découvrait son double héritage. Fils de Captain Marvel, héros Kree, et d’une princesse Skrull, il était le pont improbable entre les deux espèces, hybride porteur d’un message d’espoir et de paix. Malheureusement, qui veut la paix doit proverbialement se préparer à faire la guerre. Ainsi, Teddy, hissé à la hâte et bien malgré lui sur le trône des deux empires, subit le lobby des deux parties afin de les unifier contre un ennemi commun, la Terre…

Skrulls et autres Kree-minels

Comme à l’accoutumée, les Avengers, les plus puissants héros de la Terre, sont en première ligne pour accueillir la flotte combinée des Skrulls et des Krees. Mais ils ne sont pas seuls, car cette fois les Fantastiques, habitués aux contacts avec ces civilisations belliqueuses (Reed Richards, lors d’une des premières aventures des FF, avait hypnotisé des espions Skrulls pour les transformer en…vaches, qui furent plus tard mangées par des humains, entrainant des conséquences inattendues…mais c’est une autre histoire), sont aussi de la partie.

Les héros découvrent, via un appel de détresse, que Sequoia, le Messie Céleste, fils de deux anciens Avengers, est toujours en vie, et que son peuple, les Cotatis, sont la cible réelle de la coalition Kree-Skrull. Entre un jeune empereur réticent et dépassé par les événements, et deux races aliens prêtes à pulvériser la planète pour régler leurs différends, les Avengers et FF auront fort à faire tout au long des quatre volumes de la série.

Pour les lecteurs aguerris, les schémas de Marvel finissent par apparaître clairement, au bout de quelques années. Qui dit schéma dit redondance, et c’est ainsi que les cycles marveliens ont tendance à se répéter, pas forcément sur la forme, mais au moins sur le fond. En même temps, il faut bien avouer que les grandes sagas, tradition de l’éditeur, n’ont qu’un nombre limité de thèmes à aborder, si bien qu’il faut souvent recycler.

Ainsi, l’on passe de House of M (2005) à House X (2020) , de Civil War (2006) à Civil War 2 (2016), de Fear Itself(2011) à War of the Realms (2020), de la Guerre Kree-Skrull (1971) à Secret Invasion (2008) puis à Empyre. Il s’agit donc, pour le fan, de lutter contre l’éventuelle lassitude en prenant ces events pour ce qu’ils sont, un divertissement proposé à échéance régulière, et mettant en scène nos héros favoris.

Le minimum syndical que nous sommes en droit d’exiger, c’est donc, outre la partie graphique, des personnages bien campés, de l’action, si possible spectaculaire, et une intrigue un tant soit peu rythmée et cohérente.

Ce premier numéro d’Empyre (prononcer Aime-Paille-Heure), si l’on fait preuve d’indulgence quant à ses inévitables prologues, offre donc une entrée en matière tout à fait satisfaisante et promet une saga divertissante, à défaut d’être complètement révolutionnaire. Action ? check. Nos héros favoris ? check. Rebondissements ? check.

Vous l’aurez compris, rien de transcendant à ce stade, mais l’on peut faire confiance à Dan Slott et Al Ewing pour nous faire voyager, en faisant écho à l’héritage riche de Marvel et de sa longue continuité.

***·Manga·Service Presse

Egregor #1-4

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Manhwa de Jay Skwar et Kim Jae Hwan
Meian (2019-2020), 2010 p./volumes, Nb et couleur, 5 volumes parus, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur confiance.

Egregor est le reboot de l’adaptation en manga du roman fantasy de l’auteur  français Jay Swar. Une première série Egregor est sortie en 2017 avant ce Reboot avec le dessinateur coréen de la version manga de Warcraft. C’est donc un Global Manga, type d’édition particulière qui voit des auteurs français publier des manga en France ou asiatiques publier nativement chez des éditeurs français (confirmant le poids du marché manga dans notre pays!). Après le Tsugumi project de chez ki-oon, c’est donc Meian qui sortait comme son premier titre cette saga de fantasy très originale. Le projet inclut un « journal de Foa » sur internet, comprenant déjà 185 pages et visant à détailler l’univers d’Egregor en prolongeant la lecture volume par volume. Excellente idée transmedia qui démontre l’ambition et le travail passionné du scénariste.

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Le monde de Soteria est marqué par les « Moissons » lors desquelles des villes et villages entiers sont massacrés par les Faucheurs, guerriers impitoyables et inarrêtables. Un corps de chevaliers, les Egides, a été constitué pour protéger les populations de ce fléau. Lors d’une de ces moissons Foa un jeune forgeron et ses amis assistent à un évènement inhabituel et réchappent au massacre. Ils vont bientôt être emmenés pour être formés au sein des différents corps de combattants de Soteria pour assurer la relève…

Très étonnante série qu’Egregor, dont les illustrations de couverture absolument sublimes sont parmi les plus remarquables des étalages des librairies de manga! Il est surprenant que la série ne soit pas plus connue tant elle se démarque de ce à quoi on a l’habitude dans le secteur manga. Orienté vers un public d’adolescents (je ne parlerais toutefois pas de Shonen), Egregor reprend une esthétique empruntée à la fois aux RPG de jeux vidéo japonais, à l’univers de la Fantasy et à l’animation. Le scénariste explique dès les premiers tomes qu’il a été marqué par Game of Thrones, ce qui se ressent à la fois dans l’ambition du projet mais aussi dans son aspect sombre et complexe. Au sortir des quatre premiers volumes je dois dire que si le premier tome est un peu confus du fait de la plongée sans avertissement dans les effets des pouvoirs des Egides, la complexité des dialogues et la profusion de personnages et lieux géographiques rendent la lecture plutôt passionnante et concentrée sans jamais ressentir une influence trop voyante du modèle. Lire la suite « Egregor #1-4 »

***·Comics·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Ronin Island #2

Jeunesse

Deuxième tome de 112 pages d’une série écrite par Greg Pak et dessinée par Giannis Milonogiannis. Parution en France le 19/06/2020 aux éditions Kinaye.

Blanche-Neige et les 47 Ronins

badge numeriqueLe premier tome de Ronin Island n’avait pas convaincu le père Blondin, de par une intrigue convenue et des graphismes sans touche particulière. Qu’en est-il de ce second tome ?

Hana et Kenichi ont grandi sur la même île, mais ils ne sont pas du même monde. Dans l’ère féodale du Japon, chacun ne survit que s’il sait rester à sa place, et le système de castes s’assure du respect de ce statu quo. Kenichi, fils d’un samouraï déchu, porte sur ses épaules le poids des traditions et de la gloire perdue de son clan. Hana, quant à elle, rêve d’un avenir meilleur que ce à quoi sa basse extraction semble la promettre.

Toutefois, sur l’île des Ronins, chacun peut faire la démonstration de sa valeur, et c’est ainsi que les deux jeunes gens ont pu suivre l’entraînement du même maître, Ito, qui a fait d’eux des combattants dévoués à la cause commune. L’isolement insulaire de cette petite communauté va cependant être rompu par l’incursion des soldats du Shogun, seigneur local qui envoie ses hommes réquisitionner tout ce qui peut l’être, pour l’aider dans la grande lutte contre les Byonins, démons invincibles qui ont dévasté le pays.

Kenichi, Hana et Ito vont donc être embarqués de force à la rescousse du Shogun, qui va s’avérer n’être qu’un lâche machiavélique et cruel. Nos héros vont donc devoir conspirer, à la manière des 47 Ronins de la légende, dans le but de se débarrasser de l’indigne seigneur et ainsi préserver leur île.

Roninera bien qui Roninera le dernier

Le problème, c’est qu’Hana et Kenichi ont chacun leur idée sur la meilleure façon de protéger les intérêts de l’Île. Parviendront-ils à repousser les Byonins tout en évitant le pire à leur communauté ?

Comme le soulignait Blondin, l’intrigue de Ronin Island promettait quelque chose d’intéressant, pour peu que l’on soit intéressé par les univers nippons et la culture des samouraïs. L’utilisation des créatures-qui-ne-sont-pas-techniquement-des-zombies nous ramène nécessairement aux poncifs liés à ce genre de récits, et à la lecture, on sent bien que Greg Pak, scénariste pourtant confirmé, a du mal à s’en départir.

L’intrigue tient néanmoins debout, même si quelques retournements de situations peuvent donner un sentiment d’inconstance chez les héros. Mais même cet aspect-là peut s’entendre, les héros étant jeunes et dans une situation qui les force à s’adapter sans cesse. A ce stade de l’intrigue, on distingue d’ailleurs assez bien les différences de point de vue entre les deux guerriers, et les causes qui expliquent ces façons de penser différentes.

Les créatures quant à elles, sont un exact miroir de celles que l’on peut trouver dans Green Class, la cause de la transformation étant ici clairement attribuée à un champignon. Les dessins de Giannis Milonogiannis lorgnent résolument, et de façon assez logique, du côté du manga, sans nécessairement taper dans l’appropriation culturelle.

Forte de ses deux tomes, la série Ronin Island reste une lecture agréable, prenante et engageante, dont on a hâte de découvrir la suite notamment grâce à des personnages attachants et en pleine construction.

****·BD·Mercredi BD·Service Presse

Castan #3: la forteresse du roi Xiang

BD du mercrediBD d’Alexandre et Raphaël Morellon
Des bulles dans l’Océan (2018), 56p. tome 3/4.

bsic journalismMerci à l’éditeur Des bulles dans l’océan pour cette découverte.

La série est disponible en webcomic sur le site des auteurs.

Couverture de Castan -3- La forteresse du roi XiangLe petit éditeur réunionnais Des bulles dans l’Océan a été découvert par hasard au détour d’une pérégrination sur Facebook. Souvent les petits éditeurs tentent de se faire une place avec des auteurs semi-pro qui ont des capacité mais pas nécessairement de technique et d’expérience. Au détour d’un catalogue on peut dénicher un auteur qui sort du lot, comme ce fut le cas avec Ronan Toulhoat en 2010 chez Akiléos, jeune auteur débutant, avec beaucoup de lacunes à l’époque mais que le travail quotidien a amené à être aujourd’hui l’un des meilleurs dessinateur BD français du circuit. Pour d’autres comme Mathieu Thonon, le potentiel est là mais l’on ne voit pas de suite… Les quelques planches de Castan présentées par l’éditeur m’ont pas mal bluffé et s’en sont suivi d’un très aimable envoi SP du tome 3 sorti en début d’année.

Castan est une série d’aventure semi-historique réalisée par les frères Morellon. Elle suit le héros éponyme et ses compagnons entrés au service de l’armée du Machawari et de son généralissime Kien Long. N’ayant pas lu les deux premiers tomes je ne vais décrire que le dernier publié: Castan et ses compagnons ont été pris sous l’aile protectrice de la belle et redoutable Kien Long qui impose ses conditions au roi du Machawari, le jeune Rajanh Orcha, soumis à l’influence corruptrice de Jefta. L’heure de la bataille finale contre le roi Xiang et ses redoutables guerriers Uzunu a sonné….

Dès le premier feuilletage de l’album j’ai été soufflé par le style du dessinateur, par la maîtrise de l’outil numérique et la mise en couleur. Ce qui distingue ce jeune autodidacte c’est la maturité de son trait, bien plus élégant et précis que celui de Toulhoat à ses débuts pour reprendre l’exemple ci-dessus. Le trait des personnages est une des forces du dessin d’Alexandre Morellon ainsi que le design général des décors, des costumes, sorte de syncrétisme total de 5000 ans d’histoire de l’humanité mélangeant Inde, Extrême-orient et Arabie avec des influences de l’imaginaire collectif des mille et une nuits. Ces planches sont vraiment magnifiques et dotées d’une colorisation parfois brute de numérique, mais qui donne un éclairage superbe aux dessins. Comme pour Gung-Ho, les allergiques au dessin numérique pourront passer à côté, mais personnellement, pour peu que l’on ne regarde pas trop les détails et les plans larges j’ai pris un grand plaisir graphique à la lecture de cet album en me disant que pour un troisième ouvrage, le dessinateur a un potentiel encore assez énorme! La principale faille du dessin repose sur les fonds de plans, les personnages en pied étant parfois dessinés maladroitement et certaines cases d’action où l’outil numérique montre ses limites, dans la gestion du mouvement et la lisibilité de la page. Mais sincèrement, si l’on replace l’album dans le grand four de la BD d’héroïc-fantasy grand public, on est loin au-dessus de pas mal de productions Soleil.

Niveau scénario, c’est compliqué puisque j’ai pris la série en cours de route et que je n’ai pu que supputer les aventures précédentes. Mais le gros point est la description des personnages et leurs dialogues, très efficaces, percutants. Le personnage du général Kien Long, femme de tempérament à l’autorité indéniable est le plus réussi. Alors que ce genre de série nous à habitué au vieux général sage et ferme, qui a mené mille campagne à la tête d’hommes qui donneraient leur vie pour lui, la transposition de cet archétype dans la peau d’une magnifique jeune femme athlétique et redoutable stratège est très gonflé… et cela fonctionne!Castan 3 p12 Elle vole la vedette au héros Castan qui s’appuie sur des amis peut-être un peu effacés (sans doute la constitution du groupe est-elle narrée dans les deux premiers volumes).

L’intrigue est structurée autour de la stratégie secrète menée pour vaincre le roi Xiang qui donne son titre à l’album et de la conquête de cette forteresse sous le voile des manigances du conseiller du roi, le très perfide et (encore une fois) très bien dessiné Jafta. Cet album parvient à noue faire voyager en une contrée exotique aux tentures d’azure et aux arcades dentelées, parmi les soldats d’armées épiques aux armures étincelantes… la vraie grande aventure en cinémascope!

Je vous invite donc vivement à découvrir cet éditeur et ces deux jeunes auteurs pour une série créative qui fait vraiment plaisir et dont on attend la suite avec impatience.

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****·Cinéma·La trouvaille du vendredi·Rétro

La Trouvaille du vendredi #9

La trouvaille+joaquim
 Last exile/Skyland

La thématique aérienne tombée par hasard sur cette semaine (lundi et mercredi) me donne envie de vous parler de deux Anime, l’un français et l’autre japonais. Deux perles de l’animation qui ont quelques années maintenant et qui ont l’immense mérite de plaire autant aux jeunes qu’aux adultes tant la qualité des scénarios, d’écritures mais bien évidemment aussi le graphisme sont parmi les plus élevés que j’ai vus dans une série d’animation.

 

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Last Exile date de 2003 et est issu du prolifique studio Gonzo, spécialisé dans l’introduction d’animation 3D dans des dessins animés (technique aujourd’hui répandue grâce au « cell shading », technique qui permet d’appliquer des textures de dessin animé sur des formes 3D: on gagne en fluidité, souvent sur des objets mécaniques ou des décors, tout en gardant une cohérence graphique du dessin animé). Une suite (« Silver wings« ) a vu le jour en 2011 et hausse la qualité encore plus haut grâce à une évolution technique logique (dix ans d’écart) mais surtout par un univers et un scénario bien plus travaillés.

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Le pitch est simple: dans un monde où les nations sont en guerre au travers de combats aériens chevaleresques dont tout le monde a oublié l’origine, un  jeune pilote de « vanship » (sortes de motos aériennes) et sa sœur partent à la recherche de l’Exile, mythique navire perdu qui pourrait mettre fin à tous les conflits…

Doté d’une direction artistique et d’une fluidité d’animation très au-dessus de la moyenne des anime de l’époque (et même d’aujourd’hui…), Last Exile parle aux enfants au travers du destin de ces deux orphelins et plus encore dans la seconde saison avec la famille de pirates qui tourne autour de l’héroïne et du thème de l’amitié, central dans Last Exile – Silver wings. Mais personnellement, outre le design général rétro-futuriste très appétant, c’est la dimension politique qui m’a fasciné, un peu sur la première mais Tags: Anime, Gonzo (Studio), Last Exile, Delphine Eraclea, Alex Rowe, Official Artsurtout sur la seconde saison: relativement décrochée chronologiquement de la première, elle suit les aventures d’une éternelle optimiste espiègle, Fan, super crack du pilotage et son amie d’enfance Gisé, prises avec son clan de pirates du ciel, dans une guerre de domination entre deux nations.

La réflexion (qui reprend certaines théories impérialistes napoléoniennes ou nazies de la pacification du monde par la conquête) est très intéressante et les enjeux de fidélité, de ce qui est bien et mal, des moyens pour parvenir à des buts politiques, sont passionnants et vraiment subtiles. Le méchant convainc autant par sa puissance que par ses paroles et personne n’est en mesure de contester ses objectifs finaux de paix universelle… L’esthétique générale est d’une innovation et d’une délicatesse folle (les textes sont écrits dans un alphabet empruntant au grec ancien) et les épisodes font tous référence à des coups d’échec. Ce sont des détails mais qui illustrent l’ambition de cohérence des auteurs.Résultat de recherche d'images pour "gonzo last exile"

Le côté fantastique est plus présent dans la première saison avec la Guilde, sortes d’elfes aux capacités physiques et technologiques beaucoup plus importantes que les humains et qui régit les affrontements comme arbitre des guerres. Beaucoup de choses sont laissées dans une semi-explication dans Last Exile, mais la qualité des personnages, l’originalité totale de l’univers en font une série à voir véritablement, si possible avec vos enfants, à partir de 8 ans (attention, un épisode un peu sanglant sur la fin de la première saison).

 

 

Skyland est due à un studio d’animation éphémère qui a produit cette série et le très bon film Renaissance avant de fermer boutique.

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La série créée par Emmanuel Gorinstein, emprunte énormément à l’univers Star Wars et à la thématique d’Akira (les enfants mutants) mais parvient à créer un univers graphique innovant grâce à cette terre éclatée en milliers de « blocs » permettant de détailler une multitude d’ambiances et thématiques.

 

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Mahad et Léna sont deux adolescents rebelles qui rejoignent un équipage de pirates-rebelles qui contestent l’autorité dictatoriale de la Sphère sur le Skyland. Léna est dotée de pouvoirs mentaux puissants et Mahad est un pilote hors paire. Ils vont partir à la recherche de leur mère emprisonnée dans la forteresse de Karzem et combattre le redoutable Ocelot…

La particularité de cette série (comme beaucoup d’animation TV de nos jours) est d’être intégralement en 3D avec capture de mouvement. Le studio à l’origine était spécialisé dans le jeu vidéo et a utilisé ses technologies pour créer des histoires. Ainsi le « cell shading » est encore plus appuyé que sur Skyland. Le principal défaut est sur les visages, non « capturés »… Si l’animation des personnages est excellente, les expressions sont ainsi un peu figées et on perd la liberté que propose l’animation traditionnelle comme sur Last Exile. En revanche le moteur 3D utilisé permet une gestion des ombres très esthétique. Avec des moyens limités d’une production TV on arrive à une fluidité et un dynamisme que seule permet l’animation par ordinateur.

Image associéeC’est bien l’univers créé qui fait la force de cette série française. La qualité des décors et la transposition d’une culture et d’un imaginaire français (le navire des pirates du ciel s’appelle Saint-Nazaire et l’un des épisodes voit les héros dans un Paris détruit par exemple) montrent que l’on sait proposer des créations universelles non américanisées ou japonisées. La référence appuyée aux Jedi et à Star Wars pourra en lasser certains mais c’est tellement assumé que l’on pourra plutôt parler de réinterprétation. Surtout, le design général des personnages, vaisseaux et surtout les décors, sont vraiment de très bon gout. Quand on prend de bonnes références on ne peut que produire du bon! Et si l’on compare justement cette série aux séries Star Wars animées en 3D, on est ici franchement au dessus sur tout les plans.

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Ces des séries ayant passé la furie de l’actualité, on peut les trouver dans de très beaux et complets coffrets collector pour vraiment pas cher (environ 16€ pour chaque coffret). Une bonne occasion de se faire plaisir en découvrant des séries de très grande qualité.

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