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Solo #2-3

La trouvaille+joaquim

Comic d’Oscar Martin
Delcourt (2016-2017),
Série en cours, 5 tomes parus +1 HS et 1 série dérivée: « chemins tracés ».

Les volumes comprennent des fiches techniques sur les « races » peuplant ce monde désolé. La chronique du premier volume est visible ici. le premier cycle de trois tomes est conclu, le second est en cours avec 2/3 tomes parus.

Solo s’est trouvé une famille, un clan qui a envie de protéger. Mais le monde est impitoyable et la vie n’a pas lieu dans cet apocalypse. Ce rêve d’amour et de relations est-il réellement impossible? Les êtres vivants ne sont-ils que proie et prédateur?

Attention spoilers!

mediathequeEn refermant le premier tome j’avais espéré qu’un scénario parvienne à emballer ce morceau de nerf, ce monde violent et dépressif qu’a construit Oscar Martin. Malheureusement, si l’atmosphère désespérée, la tension permanente et bien sur les combats sanglants sont toujours de grande qualité, on finit par se lasser de ce Solo tome 2 - BDfugue.comdésespoir et de cette fuite du rat musculeux dans les wastlands agrémentées de ses réflexions pseudo-philosophiques. L’artiste a un réel talent pour poser une ambiance mais une fois le principe posé il n’ose pas bâtir une intrigue qui finit par tourner en rond comme s’il ne savait pas comment sortir de sa spirale de désespoir. Etant donnée la pagination des albums il devient lassant de voir le héros se battre, se faire allumer, au bord de la mort avant que moultes Deus Ex machina ne viennent le sauver. Ses images du bonheur qu’il a pu effleurer sont touchantes mais là aussi redondantes.

Symbole de cette incapacité, aussitôt l’émotion des retrouvailles avec ses proches retombées, Solo repart dans une quête sans espoir. Aussitôt confronté à ces méchants humains dont la menace nous est montrée progressivement qu’il fuit à nouveau, nous laissant plein de frustration. Le problème de cette série c’est qu’elle ne semble pas parvenir à résoudre ce qu’elle met en place, se contentant d’un porte-monstre-trésor (sans trésor) qui paraît faire surtout plaisir à l’envie du dessinateur de croquer des éventrements de créatures hideuses par son rat-conan. Il est possible que cela fasse partie d’un grand plan de l’auteur visant à maintenir un désespoir qui sera résolu avec l’arrivée de la seconde génération (dont j’ai chroniqué l’intermède qui vient de sortir). En attendant on ronge un peu son frein. Si le premier tome avait été une découverte, le second maintient une sorte Solo T3 : Le monde cannibale (0), comics chez Delcourt de Martinde frustration tout en développant une intrigue… que le troisième maintient en sur-place. Entendons-nous bien: la progression familiale impossible avance (même lentement) dans la série et la destinée de Solo trouve une conclusion, sans doute inéluctable. Mais l’omniprésence d’adversaires interchangeables, finalement pas si forts que ça crée un paradoxe: malgré la dangerosité de ce monde on ne ressent pas la tension, la craint nécessaire à construire tout drama. Hormis quelques rares séquences brutales la routine de la survie et du malheur du héros finit par nous laisser un peu trop extérieurs, trop peu impliqués.

Comme malheureusement nombre de projets de dessinateurs Solo manque de structure, de projet et se repose par trop sur ses dessins et son worldbuilding. C’est très lisible mais pas suffisant pour en faire le monument que certains veulent bien clamer. En espérant que le second cycle me détrompera…

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Solo #1: les survivants du chaos

La trouvaille+joaquim

Comic d’Oscar Martin
Delcourt (2014), 108 p.+12 pages de carnet de notes sur l’univers.
Série en cours, 4 tomes parus +1 HS et 1 série dérivée: « chemins tracés ».

L’album en format comics comprend deux illustration différentes en intérieur de couverture. L’édition Delcourt comprend les deux premiers chapitres de 48 et 55 planches et se termine par un « dossier technique » de 12 pages développant l’univers.

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Le monde est rude. La vie est chienne. L’homme est un loup pour l’homme. Solo sait que son enfance se termine. Il va devoir quitter le foyer pour fonder le sien. Une bouche de trop c’est la mort de tous. Il part dans la plaine, luttant contre les éléments, contre les esclavagistes, contre les bêtes féroces. Pour sauver sa vie il va devenir un roc. Un bloc de violence. Et perdre son âme. Peut-être…

Preview Solo (Martín) 1. Les survivants du chaosmediathequeCette série espagnole d’un auteur élevé au cartoon américain (comme beaucoup de ses compatriotes) jouit d’une réputation impressionnante, du niveau d’un Saga. Format hybride, proche du comics mais résolument européen, Solo est un Post-apo dépressif, nihiliste présentant un univers dont on ne sait rien hormis que les humains et humanoïdes sont regroupés en communautés fragiles ou soumises au despotisme de seigneurs tout puissants dans des places fortes surarmées. Ce premier volume au dessin élégant proche des albums de fantasy pour ado prend la structure du film Conan de John Milius avec un Solo capturé et devenu gladiateur dans une arène mortelle. L’intrigue est faite essentiellement de combats, contre des maraudeurs dans les wastlands ou des Golgothes dans l’arène. Cela aurait pu faire court si ce n’était le choix de narration très intéressant choisi par Oscar Martin. Le rat humanoïde devenu machine à tuer a été bien élevé, dans une famille aimante lui ayant inculqué les valeurs humaines. Alors que son physique est rattrapé par ce monde mort, son esprit reste accroché à cette humanité, même quand tout semble perdu. Parcourant des cases généreuses faites d’action et de créatures  grossières, les phylactères élégants proposent les réflexions intérieures de ce philosophe de l’extrême. On se plait à lire ces jolis textes en regard de la barbarie graphique cinématographiquement menée.

Pullbox Reviews: Oscar Martin's Solo - Survivors of Chaos - The ...Solo est un héro, un vrai, invincible. Passant d’une famille (dont on ne sait rien après les premières planches) à l’arène déshumanisant, l’album se clôture par le retour de l’espoir et la découverte de l’amour. On imagine le pire pour la suite et l’on tremble, ayant appris à nous intéresser à ce personnage sensible pour lequel on souhaite tout le bien du monde. Une fois l’album refermé je reste dans l’attente de quelque chose de grand, de noir, de radical. C’est déjà le cas sur cette introduction mais la répétition des combats violents et la toute puissance du personnage atténuent quelque peu le danger et la tension narrative. L’arrivée du bonheur induit nécessairement le drame à venir. A suivre donc dans un second tome qui je l’espère confirmera les bonnes intention du premier.

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