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Bitter root #3: héritage

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Comic de David Walker, Chuck Brown, Sanford Green et Rico Renzi
Hi comics (2022) – Image (2021), 160 p.

Lauréa du Eisner award 2020 pour la meilleure série.

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bsic journalismMerci aux éditions Hi comics pour leur confiance.

Avec cette conclusion, en trois ans la série Bitter Root aura marqué les esprits et lancé fort logiquement une adaptation ciné qui s’annonce fort alléchante avec le réal de Black Panther comme producteur et le toujours brillant studio Legendary au Bitter Root Tome 3: Legacy - Comics de comiXology: Webtiroir caisse… Si vous avez lu les précédents volumes vous n’avez peut-être pas pris le temps de lire le volumineux dossier composé d’analyses d’auteurs, chercheurs, artistes noirs qui contextualisent le comic dans une culture de l’imaginaire noire assumée comme une fierté spécifique. Car sous son aspect Ghostbusters noir Bitter Root est une saga tout à fait intello qui propose des réflexions très profondes sur l’identité noire, le racisme endémique des Etats-Unis et la culture de cette minorité. Sorte de prolongement de la Blaxploitation, la série s’inscrit dans une réappropriation de genres aussi balisés que l’horreur lovecraftienne et la SF steampunk.

C’est là le plus grand succès de cette proposition qui du reste adopte autant de qualités que de défauts du média comics. A commencer par une narration inutilement hachée qui nous perd à force d’aller-retours dans le temps et dans l’espace. En cela le premier volume, le plus linéaire et inscrit dans les codes de la BD d’action fantastique était le plus accessible. Si le troisième retrouve une cohérence Bitter Root No.14 - Comics de comiXology: Webgraphique mise de côté sur le second tome, il tarde aussi à préciser son propos en nous enivrant dans des design et des séquences d’actions toujours remarquables. Plus centré sur les relations familiales avec plusieurs membres retrouvés cet ultime volume présente une nouvelle menace alors que la venue du démon Adro sur Terre a déclenché une réaction en chaîne qui semble rapprocher la famille Sangerye de la fin du monde. Alors que les humains mutent, que les jeunes rivalisent de rage pour « amputer » les monstres de leur haine, l’ancienne génération devra convaincre le clan de sortir de l’engrenage mortifère.

Alors que l’Epilogue annonce déjà de prochaines suites pour le clan Sangerye, on reste vaguement sur notre faim à cette demi-conclusion qui confirme le talent créatif et intellectuel indéniable des auteurs mais donne le sentiment que la parabole a peut-être pris un peu le dessus sur la simplicité pull d’un Skybourne

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Bitter root #2: la rage et la rédemption

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Comic de David Walker, Chuck Brown, Sanford Green et Rico Renzi
Hi comics (2021) – Image (2020), 160 p.

Lauréa du Eisner award 2020 pour la meilleure série.

bsic journalismMerci aux éditions Hi comics pour leur confiance.

Après un premier album très porté par l’éditeur qui en fait sa tête de gondole (à raison vu l’Eisner raflé apparemment unanimement par la profession), ce second est construit de la même manière avec un très gros cahier final empli d’analyses de chercheurs et spécialistes de la culture et de l’histoire des noirs américains et de la littérature imaginaire. A l’heure du #blacklivesmatter et des controverses lunaires en France sur les réunions des minorités voir la puissance militante des noirs américains fait du bien. L’éditeur a ajouté également les toujours intéressantes étapes de conception de pages avec storyboard et travail sur la couleur. Niveau édition c’est royal et mérite bien entendu 1 Calvin.

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Le jeune Cullen a été aspiré dans l’autre monde et y découvre une armée de combattants en première ligne face aux hordes infernales… Pendant ce temps la famille entame un périple dans le Sud profond à la rencontre de Walter Sylvester, à l’origine de la venue du Mal, qui prends conscience que sa souffrance provoque la dévastation du monde…

Bitter Root Tome 2. La rage et la rédemption de David F. Walker - Album -  Livre - DecitreAprès un sacré coup de maître réalisé sur le premier Bitter Root, les auteurs passent la seconde en changeant assez radicalement la construction narrative en prenant le risque de la complexification. Et je dois dire qu’il faut s’accrocher pour suivre ces séquences qui alternent très souvent les lieux, les époques, les personnages à différents âges, voir les dimensions… La première séquence, la plus linéaire, introduit plusieurs artistes (plutôt pas mal) pour nous narrer plusieurs flashbacks sur des membres de la famille et surtout introduire l’élément moteur de l’intrigue, le massacre de Tulsa, déjà vu récemment dans la série Watchmen qui en faisait également un axe central. Ce moment majeur dans le racisme violent du KuKuxKlan devient fondateur dans la genèse du mal qui ronge le docteur Sylvester, grand méchant du premier tome et dont ce volume suit l’itinéraire rédempteur dans le Sud profond. Densifiant le background historique de la famille Sangerye (la première page présente d’ailleurs un arbre généalogique totalement vital pour rester accroché), ce second tome progresse peu dans l’intrigue au risque de la redondance.

Bitter Root (2018-) Chapter 10 - Page 10Etrangement il y a très peu de révélations dans ce volume justement titré « Rage et rédemption » et surtout la personnification du mal dans le racisme des blancs transformés en monstres disparaît presque pour quelque chose de plus classique: le démon Adro qui incarne bien sur cette haine mais qui perd l’originalité précédente. Du coup si les relations entre les membres de la famille sont toujours aussi réussies et complexes on reste sur une sorte d’intermède narratif jusqu’à un dénouement qui semble boucler avec la fin du premier volume. C’est donc bien l’opus du méchant, une forme de renaissance qui nous est contée en brouillant pas mal la structure mise en place.

Comme souvent le passage de la seconde est compliqué narrativement parlant et je dirais qu’en brouillant un schéma plutôt linéaire sur le premier acte les auteurs atténuent la portée de la parabole. S’ils oublient de créer le moment d’action qui devait élever la tension dramatique ils justifient les chapitres précédents et transforment un méchant en probable allié tout puissant, en attendant de voir d’où va renaître le danger dans l’acte trois…

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Bitter root #1: affaire familiale

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Comic de David Walker, Chuck Brown, Sanford Green et Rico Renzi
Hi comics (2020) – Image (2018), 160 p. contient les épisodes 1-5.

Lauréa du Eisner award 2020 pour la meilleure série.

bsic journalismMerci aux éditions Hi comics pour cette découverte.

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Les « racines amères » font à la fois référence aux racines utilisées comme décontaminateur par cette famille de chasseurs de monstres et aux racines de la famille (… et aux racines raciales des noirs américains). La très jolie couverture en mode photo de famille ancienne est attirante. L’album comprend beaucoup de bonus finaux avec une dizaine de texte d’auteurs et universitaires parlant de l’album, de la place des noirs dans la BD, du rôle politique des œuvres imaginaires dans la lutte pour les droit des noirs américains et la symbolique du monstre. Assez pointu et pas les plus sexy, mais intéressants pour élargir l’horizon, ces textes sont une excellente initiative de l’éditeur qui permettent de comprendre la portée historico-culturelle de l’ouvrage. Le tout est bien entendu agrémenté de couvertures alternatives.

Les monstres sont parmi nous! Incarnation des haines des hommes blancs, ils sont pourchassés depuis des générations par la famille Sangerye. Des noirs. Comme tous les afro-américains ils sont immunisés contre le mal… jusqu’à ce jour où une nouvelle forme apparaît, plus grande, plus forte et contre laquelle ils ne sont plus protégés. Lorsque le combat commence les tensions familiales refont surface et le sombre passé qui a vu certains des leurs périr…

Résultat de recherche d'images pour "bitter root sanford green"Après le très bon Coyotes les éditions Hi comics nous proposent une nouvelle illustration de BD ethnique (ou « Steamfunk » pour Bitterroot) que propose le pays du comic depuis quelques temps, en reflet d’une société plus multiculturelle que jamais et où l’archétype du super-héro blanc est définitivement passé de mode. Le changement c’est que l’industrie ne se contente plus de mettre des minorités dans des collants, elle permet à des team d’auteurs noirs de proposer des ouvrages proches de la blaxploitation (des ouvrages faits par des noirs à destination d’un public noir) et assumant la fierté noire. Sous la forme d’une longue baston digne des plus classiques Marvel/DC comics, l’allégorie d’un racisme transformant des blancs en monstres pourra en faire tiquer certains. Comme celle des hommes transformés en loup dans Coyotes, il faut comprendre le coup de gueule d’auteurs qui ne dénoncent bien entendu pas tous les hommes, tous les blancs mais ont choisi d’assumer une conflictualité que la lutte pour les droits civiques a permis de révéler au grand jour. C’est en disant tout haut ce que vivent une majorité de noirs que l’on cesse de minorer l’indicible. En système de miroir, l’équipe de Bitter Root montre visuellement la monstruosité que les racistes voient dans les noirs. Du reste l’équipe créative place son action dans les années 1920 et partiellement dans le sud profond avec une séquence de lynchage du Ku Kux Klan. Conscients du risque de mauvaise presse, ils montrent une rédemption de petit redneck après quelques mandales bien placées…Résultat de recherche d'images pour "bitter root sanford green"

Graphiquement c’est très bon, avec toute l’attention portée sur les membres de la famille Sangerye, révélés progressivement en jouant beaucoup sur le pagination et l’effet pageturner. Le design est redoutable, avec un léger steampunk dans l’équipement de certains, une virilité revendiquée et un soupçon de magie vaudou. Le méchant est également un noir, on ne comprend pas bien pour le moment l’antagonisme avec la famille hormis qu’ils n’ont pas la même vision de la monstruosité et de pouvoirs que peut apporter l’autre monde, accessible par un portail. La malédiction de la contamination est assumée par Résultat de recherche d'images pour "bitter root sanford green"certains, les Sangerye luttent grâce à leurs racines magiques. On devine une influence Shadowman par moments avec ce monde des monstres qui commence à se déverser sur le notre et une narration qui, une fois la présentation des personnages faite, vire vers une sorte d’invasion zombie de Harlem.

La grande lisibilité des cases est agréable et permet de dérouler une action punchy, badass et omniprésente. Comme avec les super-héros, les Sangerye sont submergés par les monstres mais jamais au tapis. Le background technologique n’est pas très développé malheureusement alors que le style des équipements est terrible, ainsi que l’intrigant personnage casqué de la couverture dont on ne nous révèle rien sur ce premier volume. Je regrette simplement le style de colorisation flashy qui atténue les dessins. C’est un style à part entière, on aime ou pas.

Bitter Root est une excellente surprise grand public qui jouit de dessins dans le haut du panier et a l’immense mérite d’apporter une fraîcheur politique absolument assumée qui sans changer les codes du Ghostbuster donne très envie de poursuivre cette chasse aux monstres vaguement lovecraftienne.

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Shadowman

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Comic de Justin Jordan, Patrick Zircher, Peter Milligan, Roberto de la Torre, …
Bliss comics (2018) – Valiant (2012), 608 p.

bsic journalismMerci aux éditions Bliss pour cette découverte.

couvs_shadowman_rv-1-600x922Shadowman est une étrange série qui demande de la patience… que remplit parfaitement l’intégrale proposée par Bliss, l’éditeur des comics Valant! Ce très gros volume est très bien mis en page (quelques coquilles néanmoins), notamment sur le plan graphique avec l’ensemble des couvertures originales des épisodes (j’adore celles de Johnson, dont l’illustration choisie pour la couverture de l’intégrale) et une véritable orgie d’illustrations (couvertures alternatives et planches n&b). Malgré une page d’aide de lecture pour raccrocher la suite des aventures du Shadowman dans les autres séries Valiant, on aurait aimé un peu plus d’éditorial comme une introduction à l univers du personnage et à son histoire éditoriale. A noter que la dernière page laisse entendre un reboot en 2019… La série Shadowman est parue en 1992 et a été relancée en 2012 avec six volumes présents dans cette intégrale.

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Jack Boniface est un cajun de la Nouvelle-Orléans, orphelin placé en centre d’accueil et ayant appris à se débrouiller seul. Mais il est aussi l’héritier des Shadowman, généalogie de porteurs de l’esprit vaudou (Loa) « ombre » qui combattent les créatures des ténèbres. Son père, le dernier porteur, à été tué dans son combat avec le très puissant maîtres des arts obscures Darque. Happé malgré lui dans un monde de magie, d’ombres et d’esprits, il apprendra la guerre occulte que se livres des groupes humains, la réalité des liens entre monde des morts et celui de ses vivants… mais surtout il apprendra à retrouver un passé enfoui est une relation complexe entre amour et mort…

Reprenant des éléments de Batman dans un univers vaudou complexe, Shadowman apporte une vraie originalité dans la relation que le porteur du Loa Jack Boniface assume avec cet esprit violent qui en fait le fléau des esprits maléfiques …mais aussi de ses contemporains! La part d’ombre et la violence intrinsèque du héros le rapprochent du Bruce Wayne tourmenté chassant ses chimères.

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La première partie qui entre en matière très rapidement introduit le porteur de Shadowman et son ascendance ainsi que le grand méchant Darque, une des grandes forces du comics! L’intrigue est très classique mais permet d’introduire les différents personnages et l’univers magique de la série.

Puis un second arc voit Darque tenter une bonne fois pour toute de rompre la barrière entre les mondes. Le fait de laisser son rôle très mystérieux en regard de sa puissance qui rend le Shadowman relativement dérisoire, apporte une tension inattendue. Si les pages se déroulant dans le monde réel sont très correctes graphiquement, celles situées dans l’autre monde sont remarquable, la technique utilisée instaurant une atmosphère voilée et sombre très originale et bien vues.

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L’intégrale nous propose ensuite de découvrir l’origine de Darque. Cette partie arrive a point nommé pour réactiver la connaissance de cet univers. L’un des meilleurs moments de l’intégrale.

Les épisodes suivants sont très anecdotiques, histoires courtes du Shadowman de couplées de l’intrigue principale, avec des dessins très inégaux. C’est un peu le principe d’une intégrale que d’avoir l’ensemble des histoires qu’elle que soit sa qualité.

Le gros arc s’oriente sur un Jack Boniface luttant avec son Loa, esprit qui le hanté et le rend violent… on continue à avoir une explication progressive de l’univers de Shadowman. C’est appuyé par des dessins remarquables de Roberto De la Torre qui avait introduit les séquences du monde des morts sur le premier arc.

Si le destin de maître Darque et de Dox sont très surprenants, ils prennent cohérence une fois toute la série achevée. Commençant en série d’action avec des dessins chouettes mais assez classiques notamment sur la colorisation, Shadowman évolue dans sa seconde de partie vers un drame plus intimiste, liant l’histoire tragique de Jack avec la malédiction familiale appuyée par un graphisme plus adulte, plus complexe et une chute à la fois inéluctable, tragique et permettant une prolongation passionnante.

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Cette intégrale paraîtrait au final presque comme une introduction à une large saga qui ne ferait que commencer. Quel plaisir en tout cas de voir une BD de super-héros ( mais en est-ce une?) aussi mâture et assumant des choix scénaristiques risqués.

Bliss vient de sortir le crossover ninjak/shadowman Rapture, qui devrait prolonger le récit. Après des hauts et des bas pendant la lecture, dus notamment aux nombreux changements de dessinateurs, à l’entrée en matière assez abrupte et aux quelques épisodes dispensables en milieu de volume, cette intégrale, outre le fait d’être un beau bouquin, est au final une très belle expérience, une belle découverte graphique et une immersion dans un univers fascinant que l’on n’a que très rarement l’occasion de voir en BD. Du coup j’attends avec impatience de lire ce qu’il adviendra de Jack Boniface…

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Et la critique vidéo de Sweepincomics.

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Secret Wars

esat-westComic de Jonathan Hickman et Esad Ribic
Pannini (2017), one shot, 312 p.

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Grand fan de l’illustrateur Esad Ribic dont je remonte progressivement la biblio (souvent avec joie, parfois un peu moins), je suis tombé sur ce bouquin très bien critiqué, formant un one-shot et illustré intégralement par le croate.

C’est la fin. Le multivers des différentes réalités/personnages Marvel sont sur le point de se percuter, provoquant un affrontement sans précédent de l’ensemble des héros et vilains de l’histoire Marvel! Cependant, Reed Richards (Mister Fantastic), le plus grand génie de son temps, a mis au point un « radeau de survie » destiné à tenter de sauver ceux qui peuvent l’être. De la collision nait Battleworld, une planète-univers dirigée par le Dieu Fatalis et où les héros et vilains d’avant sont devenus autre chose…

Les neuf parties de Secret Wars nous proposent rien de moins que la Fin des Temps et l’apparition d’un nouvel univers rebattant les cartes physiques et de rôles des personnages Marvel! Secret wars est sans doute l’un des albums de super héros les plus impressionnants graphiquement tout éditeur confondu, réalisé intégralement par un Esad Ribic au sommet de son art avec des couvertures d’Alex Ross. Résultat de recherche d'images pour "ribic secret wars"L’ atmosphère est désespérée, rappelant le récent film Infinity war, proposant des les premières pages une bataille totalement dantesque (bien que difficilement compréhensible) et quelques planches d’une composition et d’une puissance apocalyptique très impressionnante. A noter que différentes séries sont publiées, tournant autour de l’event Secret Wars et détaillant tantôt la fin de certains personnages, tantôt les évènements d’une partie de Battleworld,

La grande difficulté de cette fresque ambitieuse est d’une part le nombre invraisemblable de personnages (j’avais éprouvé les mêmes difficultés à la lecture de Kindom Come, d’Alex Ross justement), d’autre part le bouleversement des codes géographiques et de l’album même avec un chapitrage particulier alternant noms de chapitres et sous-parties à la régularité variable et aux titres qui n’aident pas forcément la lecture.

Résultat de recherche d'images pour "ribic secret wars"Très clairement Secret Wars s’adresse à des lecteurs chevronnés de l’univers Marvel. C’est vraiment dommage tant l’immersion visuelle est une expérience à souhaiter à tout amateur de BD. Un tel objet aurait vraiment mérité un accompagnement plus conséquent que le seul texte d’introduction proposé par Pannini. Lorsque l’on voit le travail fourni par exemple par Bliss sur ses comics Valiant c’est le parfait exemple de soutien à la lecture pertinent, proposant a la fois des informations bibliographiques sur les différentes parties, des notes de contexte très pédagogiques et des résumés des événements nécessaires à comprendre l’histoire qu’on s’apprête à lire. Des infos qui manquent vraiment ici…

Pourtant l’idée est vraiment chouette: un peu comme dans l’excellent Old man Logan (de Mark Millar), réorganiser l’ensemble des personnages est une idée très excitante. Résultat de recherche d'images pour "ribic secret wars"Si le démarrage nous perd complètement avec cette dimension de Fin des Temps et des insertions de planches totalement cryptiques, l’on atterrit en douceur sur Battleworld (le monde résultant de la collision du Multivers) où le scénariste nous accompagne via les personnages qui expliquent le fonctionnement de ce nouveau contexte où les héros connus ont changé de fonction et de personnalité. Ce monde dirigé par Fatalis (devenu Dieu) est organisé en baronnies dont le chef (tantôt un ancien Vilain, tantôt un ancien super-héros) prête allégeance au Seigneur de Battleworld. A ce stade le fait de ne pas connaître tous les personnages (Captain Britain, Sinestro ou la famille de Mister Fantastic par exemple…) n’a aucune importance puisque tout est rebattu. On apprend ainsi à découvrir, curieux, cette réalité alternative. Les choses se corsent lorsque apparaissent les rescapés du Multivers. L’on cherche alors à comprendre qui est qui, qui sur Battleworld est un rescapé ou est apparu à la recréation de l’Univers (en outre certains changements de costumes peuvent brouiller la compréhension pour ceux qui ne sont pas au fait des évolutions de garde robe de tous les héros)…

Résultat de recherche d'images pour "ribic secret wars"Ces enchevêtrements sont finalement dérisoires car le principal intérêt de cet event est  dans le graphisme somptueux et la possibilité d’expérimenter des scènes improbables (la Chose se battant avec Galactus (!!), Cyclope doté de pouvoirs divins ou Stephen Strange jouant un rôle bien surprenant…). Attention, le scénario, bien que complexe, n’est pas du tout anecdotique et va en se simplifiant à mesure de l’avancée de la BD. Le choix de partir du chaotique des premières planches pour aboutir à un schéma archétypal (affrontement du bien contre le mal) n’est pas un cadeau au lecteur mais peut être vu comme une progression pertinente une fois l’album refermé. Personnellement j’ai un peu soufflé  au rebondissement de mi-album. Mais sincèrement le travail d’illustration est totalement incroyable, sans nulle doute le boulot le plus abouti d’Esad Ribic qui peaufine absolument chacune des cases de ce volumineux recueil. Résultat de recherche d'images pour "ribic secret wars"On lui pardonnera (comme à son habitude) des décors un peu vides, tant le dessin des personnages sont impressionnants.

Pour finir je reviens sur le parallèle avec le mythique Kingdome Come (chez DC cette fois), lui aussi foisonnant de héros, proposant des planches à tomber d’un grand maître de l’illustration, mettant en scène un futur alternatif, lui aussi très cryptique avec le personnage du Spectre et nécessitant une bonne connaissance de l’histoire de DC. La grande différence étant que Urban, l’éditeur de DC a proposé une quantité astronomique de bonus et explications dans son recueil. Gros point noir pour l’éditeur Pannini, qui limite du coup à 3 Calvin la note de l’ouvrage.

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