BD·Rapidos

Asterix: la transitalique

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J’avoue que j’ai décroché d’Astérix depuis Chez Rahazad qui reste pour moi un des meilleurs de toute la série. J’avais lu quelques albums suivant mais c’était franchement moins bon. A partir des sorties de faux albums (genre « la rentrée gauloise » ou « comment Obélix est tombé… ») j’ai complètement laissé les gaulois de côté. Les plutôt bonnes critiques de la Transitalique et surtout l’excellente adaptation animée d’Astier m’ont donné envie de m’y remettre. Et du coup à la lecture de cet album je crois que je vais me faire un rétro sur les deux autres albums de la reprise.

Donc après une entrée en matière fort rapide, une course est organisée en Italie pour démontre la qualité des voies romaines. Différents équipages venus des quatre coins de l’Empire entrent en lice, à la poursuite de l’étrange champion romain doté d’un casque.  Obélix s’avère être un excellent aurige (conducteur de char) et les péripéties permettent aux auteurs d’introduire moultes anachronismes et jeux de mots.

Franchement je me suis bien marré en retrouvant nos deux moustachus. Les noms des concurrents sont toujours aussi bien trouvés et les situations sont fidèles à ce à quoi la série nous a habitué (les deux numides parlant par hiéroglyphes sont très drôles). Rien de révolutionnaire et on pourra bien sur trouver quelques manques: peu de baffes aux romains, un Astérix pas si malin que d’habitude, peu de caricatures et surtout l’absence de la page traditionnelle présentant le village des irréductibles cerné par Babaorum, Petitbonum et laudanum (absence incompréhensible et qui a soulevé un début d’émeute parmi les fans…). Nombre d’albums oblige, on retrouve des éléments du Tour de Gaule ou d’Astérix légionnaire par exemple, mais l’humour est là. Pour moi le contrat est rempli. J’imagine que des puristes trouveront toujours un sacrilège à conspuer mais les nouveaux auteurs parviennent à conserver le plaisir. Tant que les lecteurs auront envie de lire de nouveaux albums, pourquoi pas?

 

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BD·La trouvaille du vendredi

La trouvaille du vendredi #4

La trouvaille+joaquim

La Trouvaille c’est un trésor que vous avez gardé dans votre mémoire, une pépite de votre bibliothèque et qui mérite d’être offerte à l’appétit de vos lecteurs. Une pause de fin de semaine hors du brouhaha des publications récentes…


BD d’Edouard Cour
Akileos (2012), 150p. 3 volumes parus.

Couverture de Herakles -1- Tome 1

Akiléos privilégie les petits formats couverture souple, ce qui permet de grosses paginations, des cases au large format et un rabat de couverture. Des annexes en fin d’album (qu’il sera bon de consulter avant la lecture) indiquent une cartographie des travaux et le dramatis personae bien utile étant donné les noms toujours très particuliers de la mythologie grecque. La couverture des trois volumes de la série sont stylisées mais pas forcément ce qu’on a fait de plus engageant en matière de BD. Existe en intégrale cartonnée et intégrale collector cartonnée grand format.

Alcide, plus connu sous le nom d’Heraklès (« Gloire d’Héra ») est un demi dieu contraint d’assumer des travaux que son cousin Eurysthée lui impose sur ordre d’Héra. Géant bourru et pas très fin mais doté d’une force démesurée, il va parcourir les mythes de la Grèce avec une bonhomie déconcertante.

Résultat de recherche d'images pour "herakles cour"J’ai découvert l’éditeur Akiléos avec la saga Block 109 de Ronan Toulhoat et Vincent Brugeas. A Angoulême j’ai tenté le Brane Zéro de Mathieu Thonon qui fut une tout aussi bonne découverte et m’a incité à m’intéresser plus en détail au catalogue d’Akiléos. Parmi les BD de l’éditeur cet Heraklès m’a intrigué, pas du tout pour sa couverture, mais par-ce que les mythes m’intéressent, les variations aussi et que le dessin semblait sympa.

Résultat de recherche d'images pour "herakles cour"Bien m’en a pris car cette adaptation relativement littérale (la fourchette de personnages décrite en Annexes des trois volumes est assez impressionnante et personnellement j’avoue m’y être perdu…) a le mérite tout à la fois d’être une vraie réussite graphique, d’être fort drôle et de nous replonger dans l’action d’une aventure connue de tous. Chez Edouard Cour Heraklès est une sorte de géant un peu bête, un peu primal, mais totalement invincible. Une sorte d’Obelix grec (si je peux me permettre cette inversion) qui colle des baffes et ne comprend pas pourquoi on est méchant avec lui. Un colosse au cœur tendre mais à la rage… « herculéenne » (certaines séquences de combat olympien peuvent rappeler un certain Dragon-ball avec ces mandales galactiques express). L’auteur utilise un humour d’anachronismes, dans les dialogues surtout. Ses quelques comparses et la muse qui l’accompagne permettent des échanges verbaux aux petits oignons

je suis rassuré, j’avais un doute, mais ta stupidité est bel et bien sans limite. Manger un scorpion sans enlever le dard, si c’est pas con çà!

Résultat de recherche d'images pour "herakles cour"Les chapitres représentent les travaux et permettent un jeu avec le lecteur sur une histoire connue… sauf d’Heraklès! On le voit alors dans des situations grotesques, doté d’une volonté infinie, courant une année après la biche aux sabots d’airains, nettoyant les écuries sans se rendre compte des étrons posés par les taureaux. Hercule continue sans se préoccuper des conséquences, tel un enfant. Heureusement que ses amis l’aident (pour l’histoire cachée)! Mais on a autant de plaisir à rigoler qu’à se rafraîchir les péripéties d’un mythe que peu connaissent en intégralité (les jeunes pourront même découvrir via cette BD… même si les dialogues sont parfois fleuris). Le troisième volume se déroule après les travaux et développe me semble-t’il une intrigue hors des textes mythologiques. C’est intéressant de voir le destin tragique de ce grand enfant qui cherche la tranquillité mais se trouve voué aux passions d’Héra. Car si son corps est invincible, son cœur ne l’est pas…

Graphiquement on est dans un dessin dépouillé drôle en lui-même (les membres d’Hercule sont des arbres), ne serait-ce que par les onomatopées (les petits « paf » quand il colle un ENORME coup de gourdin). On est dans le style Blain comme sur Quai d’Orsay et son art du mouvement, entre le comique de situation et le mime. Avec des dessins aérés, parfois très sombres en hachures sauvages, parfois très colorés les albums se lisent avec grand plaisir, sans effort et l’on peut apprécier les jolies couleurs et la pâte humoristique des crayons de l’auteur. Cette série est vraiment un agréable bonbon à lire à plusieurs et que vous pouvez offrir sans hésiter sous le sapin pour être sur de surprendre.

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