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Manga en vrac #27: Alpi #6 – Radiant #16- Ashidaka #4 – L’atelier des sorciers #9

esat-west

Salut les sushi! Gros retard (comme d’hab 🙂 ) sur les manga et je vous propose une fournée de séries magistrales pour la plupart, avec un gros loupé au milieu tout de même (ça arrive). Si vous n’avez pas encore commencé ces séries précipites-vous, c’est le très haut du panier…

  • Alpi the soul sender #6 (Rona/Ki-oon) – 2022, 208p., série finie, 6/7 tomes parus.

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Merci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

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Mauvaise nouvelle, nous abordons la conclusion de cette très bonne série puisque le septième sera le dernier! C’est frustrant car depuis le tome cinq l’intrigue s’est fortement intensifié et cet avant-dernier tome confirme avec un long flashback qui nous narre l’origine de la rencontre entre Alpi et Pelenaï, en laissant presque totalement de côté les rituels. Du coup ce déroulé classique prend le temps d’installer un relationnel avec un très joli découpage qui nous guide dans la lecture. Ces explications densifient l’univers et permettent de mieux comprendre les derniers évènements. Le cliffhanger final rajoute une couche à l’envie, bien que je reste sceptique sur la possibilité de conclure correctement…dès le prochain tome, cette histoire qui démarre juste. On n’en voudra pas à l’autrice qui pour une première création flirte avec la qualité des mangas ethnologiques type Bride story ou L’Atelier des sorciers.

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  • Radiant #16 (Valente/Ankama) – 2022, 192p./volume, série en cours.

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Merci aux éditions Ankama pour leur confiance.

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Arrivés tranquilou au cœur de l’Inquisition en la cité de Bôme, Seth et ses amis se retrouvent désormais confrontés à la redoutable puissance des hommes de Torque. Seth emprisonné, Dragunov gravement blessé, Melie plongée dans sa torpeur psychopathe, bien malin celui qui dira comment se sortir de ce mauvais pas. A moins que… le mystérieux Grimm revient se rappeler à notre bon souvenir, fort de sa puissance monumentale, alors que les Domitor se rassemblent autour de leur chef Adhès… Ce tome est un poil moins marrant que ce à quoi Tony Valente nous a habitué mais compense allègrement par un dessin et un design redoutables d’efficacité. Surtout, le plaisir de l’auteur de jouer avec ses pouvoirs magiques et son univers est totalement jouissif et terriblement addictif. La peur qu’il se noie dans la profusion de concepts, personnages et sous-intrigues est toujours là à mesure que les tomes avancent sans que l’on sache bien vers quoi on va mais l’envoutement demeure suffisamment fort pour ne vraiment pas se préoccuper des finalité d’un manga qui reste toujours dans le top 5 des shonen les plus agréables à suivre. Avec les quelques indiscrétions que l’on peut piocher dans le cahier final au milieu de plein de n’importe quoi, on a suffisamment d’envie pour continuer à faire monter l’impatience à lire la suite.

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  • Ashidaka, the iron hero #4 (Sumiyoshi/Glénat) – 2022, 224p./volume, série finie en 4 tomes.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

ashidaka_4_glenatAshidaka se conclut piteusement et confirme la fausse bonne idée d’une autrice dont les envies graphiques n’ont jamais trouvé d’histoire pour créer un intérêt. Par manque d’idée, manque d’ambition ou surestimation de sa capacité à assumer deux séries simultanées, la pourtant formidable Ryo Sumiyoshi s’écrase dans un gloubi-boulga de traits qui l’ont pas l’avantage de ce que le crayonné peut apporter à un dessin rapide. Si le premier tome permettait de s’accrocher à l’origin story et à la découverte d’un monde post-apo, ce manga n’aura jamais pu dépasser l’idée de bras robots accrochés aux dos des humains et de cette xénophobie pourtant si porteuse de drama. On termine donc la série aussi difficilement que l’autrice semble l’avoir réalisé, avec un combat final qui arrive maintenant mais aurait pu arriver deux tomes avant. Pour ne pas être complètement injuste on trouve encore quelques visions intéressantes et un épilogue qui montre le souhait de finir correctement. Mais c’est loin de suffire à justifier la lecture de plus que le premier tome, même pour les fans de l’autrice de Centaures. Dommage, vraiment dommage quand on connaît son talent et le potentiel de tout univers steampunk.

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  • L’atelier des sorciers #9 (Shirahama/Ki-oon) – 2021, 160p., 10 tomes parus au Japon.

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Merci aux éditions Pika pour leur confiance!

atelier-sorciers-9-pikaCoup de coeur! (1)Chronique très tardive pour ce dernier tome paru en fin d’année dernière, qui retrouve le grandiose des précédents volumes avec une richesse de mise en scène de chaque instant, un graphisme d’une minutie folle sur chaque case et un univers qui s’étoffe fortement avec la découverte de la Fête de la nuit d’argent. Après la pause du tome 8 l’autrice profite de chaque intermède pour nous présenter des créatures, des sorts et des costumes d’une esthétique incroyable qui donnent l’impression de naviguer dans un atelier de créateur de mode. Si les planches sont un très gros point fort de cette série majeure, l’aspect seinen prend le dessus avec l’évocation de violences, des arrestations musclées par la Milice et des des débats politiques qui nous font entrer plus avant dans la découverte du monde « moldus ». La bande de Coco reste un peu en retrait lors de ces premières heures dans la cité qui héberge la fête et on ne sait plus où donner de la tête devant la profusion de personnages, d’objets et de créatures qui font de ce manga un véritable Star Wars des magiciens. La lecture en est très rapide et l’on redoute l’attente du prochain tome, les japonais venant tout juste de le découvrir…

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Manga en vrac #23: Eden #5 – Ashidaka #3

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  • Ashidaka #3 (Sumiyoshi/Glénat) – 2021, 192p., série en cours 3/4 tomes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

ashidaka_3-glenatOn enclenche la troisième pour cette série que l’autrice aligne en même temps que sa grosse série Centaures. On avait laissé Ashidaka sur un très gros cliffhanger contre un adversaire au design impressionnant. Dans ce volume très orienté action et qui laisse très peu de place au développement d’un scénario on retrouve les mêmes marqueurs fortement shonen et les mêmes limites, à savoir une lisibilité souvent très moyenne dans l’action et des arrières-plans totalement dépouillés. La perte des textures et environnement forestier foisonnant de Centaures donne des planches où la virtuosité technique réelle de l’autrice ne compense pas une rapidité de réalisation qui risque de faire tiquer. Le déroulé alterne donc entre des apparitions de nouveaux personnages qui à la manière d’un jeu vidéo, ponctuent la progression, où la volonté hors norme et la bonté fondamentale du héros fait face à un nihilisme conflictuel de ses antagonistes. Le personnage en prend plein la poire face à des méchants vraiment très forts et plutôt bien caractérisés. C’est très simple, un peu court et les quelques très beaux dessins de personnages, le design techno-organique franchement intéressant dans ses possibilités et le groupe de guerriers plutôt réussis suffisent à peine à justifier de continuer une série qui doit passer la vitesse supérieur assez vite pour ne pas lasser.

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  • Eden, it’s an endless world #5 (Endo/Panini) – 2021, 5/9 volumes parus.

eden_perfect_edition_5_paniniChoc annoncé, le cinquième Perfect d’Eden nous balance d’entrée de jeu dans une prise d’otage qui confirme la grosse avancée dans la connaissance du background géopolitique. Il faut dire qu’on est déjà à la moitié de la série et on appuierait presque sur les freins tellement la perspective de se rapprocher de la conclusion… On connaît désormais la méthode scénaristique d’Hiroki Endo qui nous fait sauter sans coup férir d’un personnage à un autre, sur des ellipses de plusieurs mois voir années, voir sur la disparition brutale régulière d’un personnage. C’est diablement efficace et l’intelligence de l’auteur qui n’est plus à démontrer (il suffit de lire ses réflexions en fin de volume) rend chaque dialogue, chaque sujet abordé, passionnant. Les séquences d’action sont absolument énormes, les thèmes SF très réalistes et l’envie de proposer une anticipation quasiment documentaire  permanente. On sent la documentation importante de l’auteur qui apporte un sérieux mais sait aussi proposer de l’humour avec ce nouveau personnage de flic que l’on a très envie de suivre. La qualité des personnages d’Eden fait qu’il est quasi impossible de savoir si untel sera un personnage secondaire, deviendra central, ou disparaîtra subitement. Eden est une immense série, de celles qui rendent l’attente très très longue…

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Ashidaka – the iron hero #1

Manga de Ryo Sumiyoshi
Glénat (2020 ), 194p., 2 volumes parus (3 vol. au Japon).

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Dans un monde d’aspect post-apocalyptique, les humains sont dotés de bras mécaniques dans le dos (des « arms »), qui font partie intégrante de leur corps. Depuis le combat mythique d’un Dieu contre un démon qui a abouti à cet état de fait, une xénophobie généralisée est installée contre les détenteurs de plusieurs paires d' »arms ». Ashidaka est un orphelin, abandonné en raison de ses quatre arms, qui parcourt les décharges en compagnie de son compagnon Geji. Jusqu’à ce qu’ils se retrouvent face à un gigantesque ver de métal…

Grace à une mise en lumière sur Iznéo j’ai découvert récemment la très talentueuse mangaka Ryo Sumiyoshi, autrice de la quadrilogie Centaure. Son trait particulier, utilisant un style calligraphique et son univers surprenant, très cru, installant un biais fantastique dans un monde réaliste historique m’avaient conquis , et adorant le steampunk j’étais très enthousiaste à l’idée de découvrir sa nouvelle série, que Glénat sort très rapidement puisque la série est parue au japon cette année et prépubliée en épisodes numériques par l’éditeur grenoblois.ASHIDAKA -The Iron Hero- No.1 - Comics de comiXology: Web

Ma lecture a été assez déçue sur ce premier tome puisque outre une couverture assez terne et bien moins graphique que ce à quoi l’autrice nous a habitué, on constate très rapidement la légèreté du trait et le minimalisme des détails des planches intérieures. Les splendides paysages forestiers de Centaures laissent place à un blanc immaculé parcouru de quelques traits représentant des structures métalliques ou des enchevêtrements peu précis dans les décors de décharges. La technique de Sumiyoshi n’est pas en cause puisque comme je l’ai dit, dès son premier manga elle démontre une magnifique maîtrise graphique très variée. Simplement nous assistons avec Ashidaka à un véritable changement d’environnement pour cette autrice habituée jusqu’ici aux démons et créatures de formes organiques au trait élancé. La rigidité des designs (plutôt réussis) semble lui poser problème et le choix de privilégier l’action continue renforce un aspect compliqué des pages, parfois difficiles à « lire ».

Ashidaka – the iron hero #1 | 9782344043103 :: BdStock.frLe contexte est mis en place dès les premières pages qui nous expliquent en mode express le combat divin originel et la persécution dont sont victimes les multi-bras. S’ensuivent une multitude de combats contre des insectes métalliques sans grande tension et je dois dire un cheminement assez ennuyeux sur trois des quatre chapitres du volume faute de prendre le temps de poser les personnages et les enjeux. Puis survient ce dernier chapitre où le rythme change justement pour laisser place à des discussions avec un clan de multibras qui permet d’introduire (enfin) une galerie de personnages intéressants. Surtout les premiers mystères surviennent en même temps qu’un dessin plus précis, en plus gros plans… Tout ceci donne le sentiment que Ryo Sumiyoshi ne savait pas bien comment introduire son histoire (je me souviens que l’exposition de Centaures était assez rapide et brutale) et nous imposait un brouillon de cent-cinquante pages avant de démarrer son histoire. Dans un concept proche de par l’interface corps-mécanique et les défauts cités j’avais trouvé que Samurai 8 nous en donnait plus. La chute titille la curiosité par bien des points et donne envie de laisser sa chance à cette série iconoclaste ne serait-ce que par ce concept improbable de personnages organiques pour lesquels l’explication des bras métalliques laisse dubitatif, ouvrant bien des portes pour la suite…

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