C'est lundi...

C’est lundi, que lisez-vous? #6

Fin d’année très frustrante car énormément de BD (anniversaire en novembre gavé de papier) et absolument pas eu le temps avec la famille et tout. Donc je vais essayer de reprendre en équilibre entre séries à avancer (manga), BD et rubriques imposées par le blog…

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Couverture de Yin et le dragon -1- Créatures célestes

Rythme imposé par le blog et les BD empruntées à la bib et qu’il faut rendre…

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

couv_261754nils-tome-2-vfCouverture de Les tuniques Bleues -61- L'étrange soldat Franklin

Couverture de Sun-Ken Rock -4- Tome 4Le Joueur d'échecs

Ce coup-ci je m’y mets à Nils en contexte confortable. J’ai trop aimé le tome 1 et le 2 semble encore plus beau… Le tunique bleu pour Iznéo et la suite de Sun-ken Rock. Enfin, le joueur d’échec qui me faisait très envie mais finalement bof. Faut que je me mette dedans sans doute.

3. Que vais-je lire ensuite ?

Horde du contrevent 01.  Le cosmos est mon campementFées et Amazones

Couverture de Wallman -1- Volume 1

Le triomphe de Zorglub (je sais pas ce que c’est mais on verra bien…) et la Horde du contrevent, adapté de ma dernière grande claque littéraire SF. Il faut que je me mettre sur les artbook que j’ai reçu à mon annive et que j’ai pour ambition de chroniquer ici sous une forme à définir. Côté Manga, Wallman de Boichi, découvert sur Sun-Ken Rock et dont le graphisme et les séquences d’action semblent prodigieuses (de quoi me faire oublier mon deuil de Masamune Shirow). Enfin, la prépub du nouveau cycle des passagers du vent.

Et vous? Déjà du retard? Décoré quoi pendant les vacances?

Donnez vos lectures du moment en commentaires, ça m’intéresse!

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BD·BD de la semaine·Graphismes

Natures Mortes

BD de Zidrou et Oriol
Dargaud (2017), 62 p.

couv_297432Album au format large et à la pagination relativement importante, doté d’une postface de Roser Domenech, professeur d’histoire de l’art en catalogne et spécialiste du peintre Vidal Balaguer. L’éditeur a doté l’album d’une couverture toilée sur l’édition grand public. Très belle édition assez classieuse et qui renforce l’album.

Barcelone, 1930, atelier du peintre Joaquim Mir. Le vieil homme raconte à son jeune modèle l’étrange histoire de son ami, le peintre maudit Vidal Balaguer, l’un des plus talentueux membres de la Colla del Safra, un groupe d’artistes catalans. Une histoire liée à une toile et à sa muse disparue de façon mystérieuse…

Pour leur troisième collaboration Zidrou et Oriol (illustrateur espagnol dont le vrai nom est Hernández Sánchez) nous font entrer dans le monde de la peinture espagnole, au travers d’une histoire sur un mode policier teinté de fantastique. L’envie des auteurs était de rendre hommage à ce peintre inconnu à qui le postfacier tente de redonner ses lettre de noblesse en organisant des expositions. Le texte de cet historien de l’art est très intéressant et l’on y apprend qu’un certain  Pablo Picasso avait déjà repéré Balaguer… Résultat de recherche d'images pour "natures mortes oriol"Zidrou (dont je découvre progressivement la bdgraphie) construit le récit en une court enquête sur la disparition de la muse que l’on peut voir en couverture: Balaguer l’aurait-il tué, comme il aurait fait disparaître d’autres personnes apparaissant sur ses peintures? Sous ce prétexte l’album nous introduit dans le milieu artistique de Barcelone à la fin du XIX° siècle. L’on a maintenant l’habitude de parcourir Montmartre dans des BD françaises, parfois aussi le milieu artistique américain, plus rarement l’espagnol. C’est chose faite et si ce n’est pas véritablement révolutionnaire, l’immersion picturale (grâce au trait et aux couleurs incroyables d’Oriol qui fait un travail impressionnant pour coller au style impressionniste) de l’album est fascinante. L’on a réellement le sentiment de pénétrer des peintures de l’époque et l’illustrateur espagnol intègre des productions originales du peintre afin de pousser encore plus loin l’entrelacement.

Résultat de recherche d'images pour "natures mortes oriol"Intéressé par cette histoire de peintre méconnu j’ai cherché quelques informations, d’abord sur les sites de BD, puis plus largement. L’absence de références au peintre m’a intrigué, alors j’ai poussé un peu… jusqu’à découvrir le fin mot de l’histoire. Non ce n’est pas un spoil (la BD reste vraiment excellente et se savoure pour elle-même), mais Victor Balaguer n’a jamais existé et ses peintures sont d’Oriol lui-même! L’espagnol souhaitait faire une BD rendant hommage au (vrai) peintre Joaquim Mir, peu connu en France et a proposé cette mystification à Zidrou. Les deux compères se sont alors associé à un vrai galeriste et un vrai chercheur espagnols pour pousser le projet. Ainsi une vraie exposition a vu le jour avec de vraies-fausses toiles de Balaguer, crées par Oriol. C’est un site espagnol qui vend la mèche et j’avoue que cette histoire m’a totalement bluffé. C’est la première fois que je vois un tel montage en BD et l’album mérite d’être lu rien que pour cela mais absolument pas que!

Résultat de recherche d'images pour "natures mortes oriol"Natures Mortes est une grande réussite, d’abord graphique, qui nous régale et m’a fait découvrir (encore… 🙂 un grand dessinateur espagnol dont l’album Les trois fruits m’intéresse beaucoup et que je vais lire dès que possible. L’album est également très poétique, avec ce personnage qui doute de sa réalité et qui nous fait voir encore une fois que le talent va souvent avec une inadaptation. La création est personnelle mais doit être vendue pour vivre, dilemme que connaissent tout les peintres. Balaguer refuse cela et se retrouver alors enfermé dans sa peinture au propre comme au figuré. Enfin, l’idée de l’enquête ajoute un piment qui fait dévorer les 60 pages bien trop vite. Et nous fait regretter que la base de l’histoire soit finalement fictive car l’on aurait aimé en apprendre plus sur ce peintre…

 

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Cet article fait partie de la sélection de22528386_10214366222135333_4986145698353215442_n, cette semaine hébergée chez Moka.

 

BD·Jeunesse

Violette autour du monde

Stefano Turconi, Teresa Radice81057

Dargaud (2015)

Se présentant sous la forme d’une série de petits albums indépendants les uns des autres, Violette est bâti sur un concept intéressant de découverte d’un artiste majeur du XIX° siècle (époque à laquelle se déroulent les aventures de l’héroïne) et de son contexte. Le travail d’édition de Dargaud est habituel: sérieux, soigné, élégant jusqu’aux détails. Le livre comporte un vernis sélectif  pour le titre, un très intéressant D-barcode, une indication d’âge (6-10 ans… ce qui me semble bien tôt, j’y reviens plus bas) et une maquette cohérente sur la série (avec tranche homogène). L’intérieur comporte une page récurrente de présentation des personnages et un court cahier d’illustration ainsi qu’une biographie de l’artiste traité, en fin d’album. L’auteur dessine quasi exclusivement au crayon de couleur (avec peut-être un léger traitement ordinateur notamment pour les textes), ce qui donne une texture très agréable pour les enfants.

Les deux premiers albums sont très inégaux. Le premier introduit Toulouse-Lautrec et le monde de la peinture parisien, le second nous emmène en Amérique avec Dvorak. Si l’intérêt de faire découvrir la haute culture aux enfants au travers de cette série est évident, le niveau de langue et la complexité des thèmes rend peu évidente l’accroche pour des enfants avant 12-13 ans je pense. Mes enfants (8 et 10 ans), très bons lecteurs et habitués aux BD sont franchement passés à côté de l’élément documentaire. Cela permet néanmoins de leur « montrer » les œuvres en question et peut être une introduction avec de l’accompagnement…

Pour le côté BD proprement dit, le graphisme est très sympathique et la maîtrise du crayon assez impressionnante. Le public cible sera conquis, surtout que les personnages sont parfaits (une troupe de cirque venue des quatre coins de la planète) pour provoquer la curiosité des jeunes. Le deuxième tome a une construction plus linéaire qui facilite la compréhension et les envolées poétiques restent limitées et annexes pour l’intrigue. L’on pourra regretter cependant la faible place donnée aux relations entre personnages principaux, cette troupe restant finalement en toile de fonds pour des intrigues centrées sur la rencontre entre Violette et ces grands artistes. Gageons que la série (qui semble remporter un beau succès) se construit tome par tome et finira par trouver son équilibre.

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Fiche BDphile