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L’oiseau rare #2: La grande Sarah

La BD!

BD de Cedric Simon, Eric Stalner et Florence Fantini.
Grand Angle (2021), 53 p., série en 2 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Grand Angle pour leur confiance.

Ce second tome comprend un résumé de l’épisode précédent et un cahier graphique de cinq pages.

BD L'OISEAU RARE

Tibor emprisonné et les économies de la bande passées dans la paye de l’avocat, c’est tout le rêve d’Eugénie qui s’est envolé. Alors qu’arrive le défi lancé par la Grande Sarah, la jeune fille n’a pas dit son dernier mot…

Second volume très différent d’un premier qui réussissait plutôt bien sa description historique en parvenant avec difficulté à s’envoler. Ici on change de registre en délaissant la chronique sociale pour un scénario d’arnaque. Eugénie avait dit à la fin du tome un qu’elle allait « faire raquer » la grande Sarah et sa supériorité pédante, voici donc son plan assez subtilement présenté par le scénariste, suffisamment pour qu’on n’y voit que du feu. Par l’enchevêtrement de séquences qu’il ne lie pas, Cédric Simon parvient progressivement à mener son histoire comme un agencement de saynètes que la conclusion fera se rejoindre. Le risque de ces schémas est celui du Deus ex Machina, de la conclusion un peu facile, un peu fabriquée. Cependant les personnages sont suffisamment installés (tant dans l’écriture que graphiquement) pour nous détourner l’attention comme les pickpockets qu’ils sont, le temps que la magie fasse son effet.

L'Oiseau rare T2 : La grande Sarah (0), bd chez Bamboo de Simon, Stalner,  FantiniTout part donc de ce défi lancé par Sarah Bernhardt à Eugénie, qu’elle va relever haut la main. La déception va pourtant être de mise lorsqu’elle réalise que c’est comme boniche du théâtre de l’actrice que la truande est embauchée. Alors qu’elle cherche des informations sur l’incendie de l’Oiseau rare, Constantin s’éloigne de l’équipe pour mener ses petites magouilles. L’histoire va donc alterner entre l’itinéraire de ce dernier et celui d’Eugénie.

Sans grande tension, l’intrigue se suit néanmoins avec plaisir, progressivement, à l’image du dessin d’Eric Stalner, fidèle à lui-même, croquant de superbes gueules pas toujours très différenciées mais magnifiquement encrées et réhaussées par une très jolie colorisation de Florence Fantini. La rupture entre les deux tomes et la grande différence de style ne permet pas de créer une continuité qui puisse tirer parti de la place laissée par le format en diptyque. Du coup on a le sentiment de lire deux épisodes séparés d’une même série avec un petit manque de souffle. Mais globalement il n’y a pas grand chose à redire sur les qualités intrinsèques de cet album bien dessiné, bien construit et aux dialogues plutôt efficaces. L’Oiseau rare se conclut comme une petite histoire très bien réalisée qui comblera les amateurs de Stalner et des chroniques historiques à la mode Glénat.

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Sushi & Baggles #27

esat-west

 


  • Slots (Panosian/Delcourt) – 2019, one-shot, 134p.

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mediatheque« slots » ça veut dire « fentes » en anglais. Et des fentes, Stanley Dance en a de magnifiques, les dents du bonheur, comme son sourire, éternelle fente qui glisse sur les galères de sa vie chaotique. Stan est le vrai atout de ce one-shot, étonnant album entièrement construit autour de ce sourire à la con, attirant le regard à chaque case. Il y a un peu du Ramirez de Pétrimaux chez Stan, une énorme sympathie que l’on ressent pour ce personnage de papier lancé sur une classique histoire de vengeance dans l’univers des loulous semi-mafieux de la cité du Vice, Las Vegas. Stan est un looser, il nous le dit d’entrée. Stan attire les emmerdes comme la mouche sur une charogne. Tout le monde a une bonne raison de lui en vouloir… mais comme le lecteur, tombe sous le charge de ce type qui vous convainc par son seul sourire de tenter avec lui le plus foireux des plans jamais conçus. Du coup, si l’album est aussi sympathique que son personnage, l’histoire reste tout à fait anecdotique et peinerait à nous intéresser sans Stan et des dialogues assez dynamiques. Le dessin plutôt sympa est habillé de grosses trames très vintage et fleure bon le comic Indé ricain. Au final Slots se laisse lire avec plaisir mais marche sur un fil qui peut très facilement tomber dans la banalité pour peu que vous ne soyez pas envoutés par son boxeur raté. Un peu comme Stan qui a tout pour perdre mais finit par s’en sortir, on ne sait pas bien comment…

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  • Radiant #13 (Valente/Ankama) – 2020, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur confiance.

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Radiant est mon manga chouchou dont je lis chaque tome avec mon fiston (que vous pouvez retrouver sur la rubrique L’avis des kids) tant on a plaisir à retrouver deux fois par an cette phénoménale galerie de personnages et cet humour si particulier de Tony Valente. Ce treizième tome continue le troisième Arc commencé sur le volume précédent qui voit Seth débarquer à Bôme (avec la classe et la discrétion qu’on lui connait désormais…), capitale de l’Inquisition! Si le roi de Bôme a fait une entrée fracassante il disparaît ici bien vite pour laisser la place à une pause narrative qui permet de découvrir le passé traumatisant de Mélie… Moins d’action donc, mais l’auteur a un tel talent graphique et pour nous faire désirer ses personnages qu’on dévore le tome comme les autres, avec juste un soupçon de regret que ces derniers disparaîssent aussi vite. Mais la richesse du monde est telle que l’on comprend que tout ne rentre pas. Je ne lis habituellement que des mangas assez courts afin de ne pas me faire déborder dans mes lectures mais j’avoue qu’avec Radiant je ferais volontiers une entorse si la série durait très très longtemps… A noter que pour la première vois Valente a pris un assistant pour la réalisation de l’album. Et un petit spoiler pour la route… l’ami Grimm revient…

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  • Beastars #1-2 (Itagaki/Ki_oon) – 2019, série en cours. 15 volumes au Japon.

Merci aux éditions Ki_oon de m’avoir permis cette lecture en numérique.

couv_358243Lors de mon marathon pour le jury BDGEST’arts j’ai questionné les blogueurs spécialisés en manga et tous avaient placé cette série dans leur top de 2019.  Avec huit volumes parus, l’éditeur poursuit un rythme très rapide d’un tome tous les deux mois. La version japonaise a commencé à paraître en 2016 et devrait être rattrapée très vite. A savoir qu’un anime est diffusé pour cette série très populaire de l’autre côté de la planète.

Si le sujet est classique (une histoire de lycéens, animaux anthropomorphes, dans un établissement regroupant toutes les espèces et faisant cohabiter prédateurs et proies), le dessin est la première originalité, avec un trait très léger et l’utilisation de trames parfois grossières, collées frustement, ce qui donne une esthétique originale. Je ne dirais pas que c’est du grand dessin mais dès le second tome on sent la technique se consolider et l’auteur propose des planches plus lisibles et agréables. Pour l’histoire, si on commence dès les premières pages avec le meurtre d’un herbivore par un carnivore, choquant la morale civilisée du lieu, c’est bien le conflit permanent qui habite Legoshi, héros et loup gris puissant, entre son instinct et sa conscience qui structure le manga. L’histoire suit le club de théâtre du lycée, avec la hiérarchie très connue qui a lieu dans la société japonaise et nous paraît toujours étonnante. Beastars est donc pour ce que j’en ai lu un manga de lycée assez classique, qui comporte quelques attraits lui permettant d’attirer l’attention, sans pour le moment justifier le statut d’oeuvre majeure.

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