****·BD·Jeunesse·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Lombric

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BD de Mathieu Sapin, Patrick Pion et Cyrille Bertin.
Soleil (2022), 64p., one-shot, collection Métamorphose.

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bsic journalismMerci aux éditions Soleil pour leur fidélité.

Monseigneur crapaud est à la poursuite d’un dangereux criminel lorsqu’il rencontre le simplet mulot. Pendant ce temps une étrange créature s’éveille au monde. Innocent, Lombric réalise qu’il peut se transformer au contact de son environnement. Ces trois petits êtres vont voir leur destin se croiser dans la comédie du Monde…

Patrick Pion est un brillant représentant de l’école Lauffray, ayant participé à certains albums du Troisième Testament et de Prophet. Formé aux Arts décoratifs, il n’a pas encore la notoriété de ses confrères mais produit des images très poétiques et évocatrice avec une remarquable maîtrise de l’art séquentiel, parfaitement aidé par les pastelles du coloriste Cyrille Bertin.

Ce talent entre parfaitement dans l’esprit très « à l’ancienne » et travaillé de la collection Metamorphose. Si la prestigieuse collection a tendance à perdre sa garantie de qualité en multipliant les projets, ce Lombric à la lecture rapide est bien un hymne au dessin, à l’imaginaire et à l’histoire de la BD, lorsqu’il se réfère au mythique Vent dans les Saules et son tordant baron Tetard. Très peu de textes et une moyenne de quatre cases par pages permettent de prendre le temps de cette itinérance  en mode roman d’apprentissage pour ce Lombric qui passera du stade de larve à celui d’hominidé à mesure qu’il découvre le monde, qu’il soit végétal ou minéral et la violence de l’état de Nature jusqu’à la bêtise des êtres humains.

Fable orientée jeunesse qui a le mérite d’être fort agréable à l’œil et très rythmée (tant dans l’enchaînement que dans les quelques dialogues savoureux), l’album de Pion et Sapin est un fort bel objet qui se laisse découvrir sans trop d’explication sur son motif ni sa conclusion qui laisse interrogatif: sans indication de tomaison, la maquette laisse entendre un one-shot quand la fin tout à fait ouverte suppose une suite. Espérons que les ventes permettront aux auteurs de donner une prolongation aux aventures de leur petite créature au faciès aussi mignon qu’un Sylvain de Miyazaki.

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**·BD·Jeunesse·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Mimiphisto – le fils du diable

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BD de Pierre-Henry Laporterie
Soleil (2022), 84p., one-shot, collection Metamorphose.

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bsic journalismMerci aux éditions Soleil pour leur fidélité.

Mimiphisto est le fils du Diable, Méphistophélès. Futur héritier du trône des enfers il se doit d’apprendre à contrôler les âmes au travers de la musique. Mais pour apprendre il faut un peu de confiance, et Mimiphisto en manque diablement, surtout quand son terrible père reste si lointain…

Généralement la qualité moyenne des albums de BD jeunesse est assez élevée, de part la créativité très libre permise par le genre, l’histoire nécessairement condensée et le besoin de réflexions compréhensibles mais poétiques. La collection Métamorphose de Soleil est elle aussi gage de qualité sur quasiment tous ses albums. Aussi voir arriver un album regroupant les deux catégories et parlant du fils du diable, cela ne pouvait qu’être bon…

Mimiphisto - Le fils du Diable - BD, informations, cotesMalheureusement pour son premier album solo l’auteur Pierre-Henry Laporterie semble s’être trompé de format et aurait manifestement dû opter pour un album de littérature jeunesse plutôt qu’une BD. Car si l’on sent l’amour de la construction d’univers graphiques (il a été designer en jeux-vidéo et sur l’excellent film d’animation l’Illusionniste), niveau histoire c’est la grande confusion tant dans la finalité du propos que dans une narration qui nous présente l’évolution de l’histoire sur les pages de chapitres avant de lancer son personnage dans des pages certes très belles mais où rien ne bouge. Un album muet aurait pu profiter de l’imaginaire du lecteur et un album de littérature jeunesse classique justifier la simplicité de l’intrigue. Mais du début à la fin Mimiphisto est passif, déprimé et aucun évènement ne semble créer de causalité logique menant le personnage d’un point A à un point B… avec la très désagréable impression d’un auteur qui n’a pas su créer de récit entre des visions graphiques. Il en ressort une lecture assez ennuyeuse, moyennement originale graphiquement et surtout destiné à un lectorat très très jeune. Je n’ai pas pour coutume de parler aussi crument d’une création artistique qui demande un gros travail et de l’implication de l’auteur mais je suis obligé de pointer que sur cet album l’éditeur a manifestement raté quelque chose dans sa collaboration avec cet artiste…

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**·Comics·East & West·La trouvaille du vendredi·Rapidos

Invincible (intégrale) #1

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Comic de Robert Kirkman et collectif.

Delcourt (2020), 400p. comprend les volumes 1 et 2 de la série en 25 volumes. 7/13 volumes d’intégrale parus.

Mark Grayson est le fils du plus grand super-héros de la Terre. Arrivé à l’adolescence ses pouvoirs se révèlent. Grisé par ses nouvelles capacités qui le rendent à peu près invincible, il s’engage dans une équipe de jeunes héros et doit apprendre à jongler entre sa vie de lycéen et celle de vigilant…

badge numeriqueRobert Kirkman est un des papes du comics US depuis le lancement de son monument The Walking Dead, sa seconde série. Avant cela il avait démarré une histoire de super-héros, peut-être moderne pour l’époque en ce qu’elle racontait les tribulations domestiques et la vie quotidienne des super-héros. On avait déjà vu ça au moins dans Spider-man mais bon, cette série est devenue un phénomène qui s’est achevé en France il y a trois ans au bout de vingt-cinq tomes. Entre temps une série animée est sortie sur Amazon et Delcourt a commencé la publication de l’intégrale dans la foulée.

Invincible tome 1 - BDfugue.comInvincible jouit d’un buzz extrêmement positif à l’image de Solo ou de TMNT, avec un vivier de fans qui soutiennent la publi. Je me suis donc laissé tenter malgré un graphisme franchement fruste et des couleurs informatiques très datées. L’aspect général me rappelle un bon délire de l’époque où Casterman s’était lancé dans les comics avec une collection assez qualitative, notamment sur Atomic Robo. Sauf que le second degré délire du dernier ne se retrouve pas vraiment dans les quatre cent premières pages d’Invincible qui brillent par un premier degré surprenant. On voit ainsi ce gentil ado s’amuser, se faire des copains, castagner quelques gros méchants, voir sa mère inquiète quand son père disparaît plusieurs mois dans une autre dimension,… Mais le flagrant manque d’antagonisme sur deux volumes entiers et le caractère invincible du personnage interdisent tout drama et tout impact émotionnel chez le lecteur.

Sur une série aussi longue on peut envisager qu’il ne s’agit que de l’introduction (ce que le réseau des blogueurs comics laisse penser) et que la hype peut s’enclancher à partir du second tome de l’intégrale. Reste la désagréable impression que Robert Kirkman, en bon homme d’affaire, sait faire traîner en longueur comme tout bon producteur de série qui avance homéopathiquement en faisant rentrer l’argent dans les caisses. En outre l’appellation « intégrale » a plus du coffret puisque même si la couverture est redesignée vous ne trouverez rien d’autre que les planches des deux premiers volumes dans cet opus. Même si on n’est pas encore dans une réedition d’un « Age d’or« , quelques bonus explicatifs n’auraient pas fait de mal.

En conclusion je ressors de cette (longue) lecture franchement dubitatif sur les qualités de la série. Je reconnais que d’autres saga ont eu du mal à démarrer (par exemple Solo qui a révélé ses qualités après plusieurs tomes) mais l’aspect très ricain et le manque de provo que l’on peut trouver dans Injustice ou d’actualité sur un Ignited ou Alienated ne me laissent pas très optimiste.

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**·***·****·East & West·Manga·Nouveau !·Service Presse

Blue period #8/9 – La guerre des mondes #3 – Dragonball Super #16

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Salut la compagnie! retour des mangas avec deux belles séries que j’aime suivre chez deux éditeurs toujours qualitatifs. Pas mal de retard sur Blue period qui malgré mon enchaînement de deux tomes commence à voir son intérêt se tasser, à l’inverse de la Guerre des mondes qui m’a procuré un grand plaisir assez inattendu qui confirme le flair de ki-oon pour dénicher des pépites presque à chaque publication. Les aventures de Goku passent elles sans grand intérêt mais sans inquiétude non plus sur un probable rebond dès le mois prochain.

  • Blue period #8 et 9 (Yamaguchi/Pika) – 2022, 208p./volume, 9/12 vol. parus.
bsic journalism

Merci aux éditions Pika pour leur confiance!

 

blue_period_8_pikaVolume 8: ce huitième tome se partage en deux parties. Une première voit Yatora rencontrer un nouveau camarade un peu pot de colle et avec qui le courant ne passe pas vraiment. Le voilà embarqué dans des beuveries un peu contre sa volonté alors que les premières années doivent rendre un travail qui demande à notre peintre de se documenter sur le quartier de Shibuya qui l’avait tant inspiré lors de sa préparation du concours. Par la suite il découvre que les vacances estivales sont destinées à préparer la grande parade de l’Ecole en Septembre, exigeant un énorme travail d’équipe pour réaliser un char de toutes pièces. Si la créativité de ces jeunes artistes est tous les jours impressionnante, l’épuisement guette néanmoins ces passionnés. Tome un peu moins prenant du fait des séquences culturelles sur Tokyo, ses quartiers, sa gastronomie, qui n’intéresseront peut-être moins les lecteurs qui suivent Blue Period avant tout pour l’apprentissage artistique. Heureusement la seconde partie retrouve la fluidité et l’interaction entre personnages qui font tout le charme de cette série depuis le début.

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blue_period_9_pikaVolume 9: on enchaîne sur la fin de la construction du char et la fête qui s’ensuit puis après un épisode de découverte de Velasquez les étudiants entament un travail sur les techniques de la fresque et de la mosaïque. Toujours mal dans ses pompes Yatora navigue entre doute artistique et relations toujours faciles avec ses camarades… hormis avec le très complexe Yotasuke. Ce volume continue ainsi d’explorer les différentes facettes psychologiques du monde de l’art, avec les figures de professeurs parfois très originaux et des questionnements sur le moment où l’on devient un artiste, la différence entre profs et étudiants dans la relation à l’art (des étudiants ne peuvent-ils pas être plus doués que des prof?). L’enchaînement des séquences reste assez brutal et n’aide pas à suivre le cheminement de l’autrice qui par moment semble perdue dans ses pensées et souvenirs d’étudiante en école d’art. Ça reste intéressant et cohérent avec l’état psychologique un peu chaotique de son personnage mais on perd un peu en intérêt didactique.

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    • La guerre des mondes #3 (Yokoshima/Ihata/Wells) – 2022, 192 p./volume, 3/3 volumes parus, série finie.
bsic journalism

Merci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

guerre-des-mondes-3-ki-oonCette très belle série, beaucoup plus ambitieuse qu’il n’y parait, se termine donc sur ce troisième tome qui parvient à accentuer l’intérêt scénaristique alors que la conquête semble passer à un nouveau stade et que le héros découvre la source des terrifiants engins martiens et leur méthode génocidaire. Les deux précédents volumes décrivaient principalement des destructions et la sidération de certains personnages. Un peu moins de scènes de destruction ou de bravoure ici mais le constat de la perte de santé mentale de certains et une avancée certaines dans l’intrigue puisque l’on découvre l’organisation d’une forme de résistance aux martiens. En se basant sur le matériau d’origine les auteurs gardent une certaine contrainte qui explique la brutale conclusion, mais le tout est très intelligemment mené et fait de cette trilogie l’une des versions les plus intéressantes que l’on ait pu lire de ce grand classique de la littérature SF.

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  • Dragonball Super #16 (Toriyama-Toyotaro/Glénat) – 2022, 176 p./volume, 16 volumes parus, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance!

dragon_ball_super_16_glenatOn continue sur ce nouvel arc original de la série bientôt quarantenaire (!!!)… qui malheureusement fait retomber les ardeurs perçues sur le quinzième tome. Pendant que Goku s’entraîne avec l’Ange Whis, Vegeta s’entraîne avec Beerus le dieu de la destruction… vous comprendrez comme moi vers quoi on s’oriente, notamment dans l’optique d’une fin possible (quand-même) de la série. L’idée est fort séduisante et aurait l’intérêt de la cohérence après tant de combats contre les plus dangereuses menaces de la Terre/galaxie/Univer(s)…  A côté de cela on nous fait suivre l’itinéraire de ce nouveau personnage « céréalien » qui va se retrouver doté de capacités gigantesques grâce à une des plus grosses feignantises scénaristiques de l’histoire de la saga. Pendant ce temps toujours pas de Freezer à l’horizon et on se demande bien comment Toriyama va se débrouiller pour éviter la redite en annonçant un nouvel affrontement contre « l’armée de Freezer ». Bref, ce tome ne brille vraiment pas par son scénario et n’a ni personnage charismatique ni combat rageur pour nous réveiller. Hormis le jeu avec Beerus et Whis qui fonctionne toujours bien on est donc franchement sur un intermède paresseux.

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****·East & West·Manga·Nouveau !·Service Presse

Blue period #4-7

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Manga de Tsubasa Yamaguchi

Pika (2022), 208p./volume, série en cours 7/11 vol. parus.

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Merci aux éditions Pika pour leur confiance!

Blue Period Chapter 7 - Blue Period Manga OnlineLorsque j’ai démarré Blue Period, si j’ai été très accroché par le relationnel des personnages et la découverte positive d’un mode d’expression par un novice je me demandais comme pour tout manga si cet attrait allait pouvoir durer. Fort est de reconnaître au bout de sept tomes que la qualité narrative de Tsubasa Yamaguchi et la sincérité de son propos nous maintiennent totalement sous le charme d’un personnage fort complexe. A contre-courant du classique lycéen mal dans sa peau mais qui dépasse ses blocages, l’autrice propose un caractère qui renvoie une image d’assurance et montre qu’on peut être brillant et très peu sur de soi. Outre l’aspect pédagogique montrant l’intérieur des prépa et des grandes écoles japonaises, Blue period parle d’identité avec une approche très tendre et hautement bienveillante. Ce qui marque depuis le début c’est l’absence totale de jugement envers les personnages, laissant le lecteur se faire sa propre opinion sans l’orienter.

Mine de rien cette finesse, cette sensibilité toute féminine joue énormément dans l’immersion dans ce manga dont l’apparence reste celle d’un manga d’apprentissage comme on en voit mille.

Rapide résumé des volumes:

Volume 4: Yatora s’apprête à passer la première épreuve du concours de Geidai.

Volume 5: Après son succès inattendu à la première épreuve, le doute envahit Yatora dont la concentration pour préparer la seconde épreuve de peinture est bloquée par les comportements de son ami Riyuji.

Blue period tome 3 - BDfugue.comVolume 6: Le temps de la seconde épreuve de Giedai est venu. Alors qu’il s’apprête à entrer dans l’examen Yatora subit un terrible malaise qu’annonçaient ses démangeaisons. Derrière la carapace du lycéen idéal, beau, brillant, se cache en réalité une grande faille d’incertitude et de confiance en soi que va révéler l’acte créatif. Très addictif, ce sixième volume qui conclut l’arc de la prépa se monte comme un thriller en faisant du combat contre la toile une véritable enquête permettant à l’autrice de faire montre de pédagogie dans les techniques utilisées. Toujours aussi lisible et accessible, Blue Period fait partager une passion qui fait entrer dans la psyché d’un artiste en herbe. L’amour de Tsubasa Yamaguchi pour ses personnages, sa bienveillance, refusent le drama pour nous faire simplement suivre un jeune homme avec ses talents et ses doutes. Le manga mets en avant la puissance du lien, de l’amitié entre le héros et ses amis, sa famille, sans tomber dans la mièvrerie. L’enjeu est celui de réussir une épreuve difficile, ce qui ne nécessite pas de créer de tensions et d’adversaire. Cet itinéraire est passionnant et on se hâte de foncer vers la suite des études de ce formidable personnage.

Volume 7: La découverte de la vie d’étudiant et de l’école Giedai n’est pas simple pour Yaguchi qui voit monter en lui ce manque de confiance et de légitimité qui le taraude depuis le concours. Elève brillant, il n’a jamais eu à s’interroger sur sa personnalité et sur ce qu’il voulait pour lui. Devenu apprenti-artiste il voir sa capacité de travail devenir inutile lorsque c’est le contenu et son message qui sont interrogés. Technicien débutant, il ne sait alors plus qui il est et ne peut plus se cacher derrière une façade, une apparence dont les regards des autres sont en décalage avec son ressenti intérieur…

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*****·East & West·Guide de lecture·Manga

L’atelier des sorciers #2-7

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Manga de Kamome Shirahama
Pika (2018-) – Kodansha (2016), 194p./volumes, 7 tomes parus en France.

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Quelle est cette confrérie du Capuchon qui tourne autour de Coco et ses co-disciples et semble inquiéter les plus hautes instances de l’Académie, notamment la Milice, puissants sorciers chargés de maintenir la Loi? A mesure qu’elle pénètre dans cet univers nouveau, Coco va devoir faire face à l’adversité, y compris de ses amis tout en leur offrant sa bonté d’âme. Car sans soutiens il sera dangereux de faire face à ses projets sans se soumettre à la Magie interdite…

L'atelier des sorciers tome 3 - BDfugue.comMon enthousiasme initial se confirme sur l’ensemble des tomes parus jusqu’ici (la France a un tome de retard seulement sur le Japon) qui voit la conclusion du premier arc à la fin du volume cinq. Le tome 2 reprend dans le monde caché où les apprenties ont été enfermées et où elles doivent affronter le gardien, un terrible dragon avant de se retrouver confrontées aux inquisiteurs après avoir usé de magie de manière inconsidérée. Déjà la nécessité de la solidarité entre ces filles aux objectifs, problèmes et tempérament bien différents, se montre et va nous ouvrir plus tard sur les vertus (chevaleresques?) nécessaires pour faire un bon sorcier, bien au-delà des seules compétences techniques. Dans le tome 3 Coco fait la connaissance d’un jeune garçon handicapé alors que son maître affronte pour la première fois la confrérie du Capuchon et nous révèle une détermination surprenante qui l’amène à prendre des mesures dangereuses pour ses proches… Les tomes 4 et 5  entrent dans l’action avec l’irruption de la Confrérie du capuchon lors de la seconde épreuve de validation que subissent Trice et Agathe…  Ils concluent un premier arc avec la révélation d’un des deux sorciers au capuchon et un changement relationnel entre les apprenties de Kieffrey… toujours plus mystérieux dans ses relations aux autres groupes (Milice, le papy, la confrérie Capuchon,…). A ce stade on commence à apprendre des éléments sur le passé et sur l’origine des lois drastiques qui expliquent la radicalité d’une Milice prête à effacer la mémoire de personnes ayant outrepassé les règles. Comme toujours dans les bonnes histoires, il y a du gris, beaucoup de gris entre le vernis L'Atelier des Sorciers : La magie du dessin Journal du Japonmagnifique de cette société magique au design superbe (qui permet à l’autrice de se régaler sur le moindre détail d’artisanat ouvragé), la réalité qui confronte des méchants peut-être pas si mauvais et  une institution dont la rigidité peut masquer un autoritarisme pas si bienveillant… Dans les tomes 6 et 7 le petit groupe se retrouve réfugié à l’Académie sous-marine où l’on en apprend un peu plus sur les personnages importants de la haute institution magique, avec les membres de la Milice et le fameux messire Berdalute qui nous révêle le passé de Kieffray et Olugio.

Ce qui marque dans cette série c’est le parallèle entre la magie et la création graphique avec l’imaginaire et la technique du dessin. Agathe est une virtuose technique mais n’a pas l’imagination de Trice. Kamome Shirahama semble nous parler de son art qui nécessite plus d’imaginaire que de technique malgré le rôle joué par le dessin dans les manga. Comme beaucoup de virtuoses elle peut se permettre de mettre en valeur ce qu’il y a sous l’habillage. Pourtant son dessin touche à l’artisanat, avec un style proche de Miyazaki ou des artistes classiques italiens, dans des planches parcourues de petits traits et hachures et une utilisation minimaliste des classiques trames de manga. Son amour de l’artisanat, des formes-objets est omniprésent et nous rappelle dans ce soucis du détail des Bourgeon ou Bourgier.

Les thématiques abordées sont elles plus classiques et nous renvoient tout de même à Harry Potter, avec cet ordre aristocratique méprisant les simples humains (avec tout de même une forme d’inversion sur le côté utilitaire des sorciers par les puissants nobles) et surtout l’importance de la morale dans l’utilisation de la magie. Cette dernière est potentiellement toute puissante et beaucoup de l’aspect dramatique repose sur l’interdiction d’utiliser cette magie pour soigner. On voit le tabou de contester la mort, que l’on retrouve dans FullMetal Alchemist ou dans Starwars avec l’idée d’un « côté obscure » où on imagine bien l’héroïne tomber à un moment… Tradition familiale et destinée individuelle, ambition, la Loi et l’ordre avec des renversements entre des méchants à l’esprit « révolutionnaire » sont les autres grandes thématiques de cette majestueuse série qui mérite amplement sa notoriété, avec une qualité moyenne très élevée sur chaque volume, même si on peut trouver quelques petits ventres mous par moment.L'Atelier des Sorciers Tome 6 - Émerveille moi à nouveau

Si vous n’avez pas encore commencé cette série (voir même si vous n’avez jamais commencé les manga) c’est le moment! Avec une facilité pour entrer dans ce monde liée à la familiarité avec des univers connus (Harry Potter, une approche tout à fait européenne du dessin), L’atelier des sorciers est un classique immédiat qui allie comme rarement un plaisir graphique omniprésent et un univers très solide.

***·BD·La trouvaille du vendredi·Rétro

Fausse garde (Nouvelle édition)

A l’occasion de la ressortie de l’album (indiquée comme comportant une nouvelle couverture et un cahier graphique… mais surtout en grand format!) je republie ma critique sur la précédente édition.

Fausse Garde - NE
Bd de Merwan
Vent d’ouest (2009), 188p, format comics broché avec couverture à rabats, one-shot.

couv_84922Premier album virtuose de Merwan, Fausse Garde est sorti en grand format en 2004 sous le titre Pankat et prévu en plusieurs volumes. Cet album propose donc une réédition qui clôture l’histoire. Le choix de réduire le format est assez dommageable puisque la finesse des dessins de l’auteur nécessite de la place, ce qu’a compris Dargaud sur son dernier album Mécanique Céleste. Excellente nouvelle, l’éditeur ressort dans les prochains jours cet album en format original agrémenté d’une couverture originale et de de bonus.

A Irap, tentaculaire cité du désert, le Pankat occupe une place centrale. Des écoles de combat, celles du champion Eiam est la plus réputée, par la gloire de l’arène et la morale d’airin qu’il enseigne à ses disciples. Lorsque le jeune Mané arrive dans la cité, son idéalisme va se confronter à la dureté du traitement fait aux sans grade. Doté de facultés exceptionnelles pour le Pankat il va devoir assumer des choix entre la lumière de l’arène et l’ombre des gens de sa condition qui contestent l’ordre établi.

Résultat de recherche d'images pour "fausse garde merwan"Cet album m’a été très vivement conseillé par mon libraire lorsque je suis passé acheter le récent Méacnique Céleste du même auteur. Avant toute chose il faut bien distinguer les deux ouvrages, premier et dernier de la bibliographie de Merwan Chabane, virtuose passé par les Arts décoratifs, école donnant une technique graphique très poussée, et le dessin animé. Adepte d’arts martiaux, Merwan est aussi compagnon de route de la bande à Vivès. Un peu plus âgé que les Bastien Vivès, Michael Sanlaville, Bertrand Gatignol, il est le premier de la bande à publier son album en 2004, où l’on retrouve à la fois une grosse influence du manga (école Otomo, Merwan avait participé à l’ouvrage Tribute to Otomo publié à l’occasion d’Angoulême 2016) en même temps qu’un ADN de l’animation dans l’envie de mouvement. Si Bastien Vivès est le plus médiatique du groupe, Merwan est pour moi le maître technique en proposant dès cette époque un postulat, celui de s’affranchir des canons anatomiques et de perspective de la BD franco-belge pour y apporter, sous condition d’une très grande maîtrise technique donc, des effets de caméra que l’animation donne sur ses intervalles. C’était une vraie proposition artistique car il y a tout de même une sacrée différence entre un dessin-animé à vingt-cinq images par secondes et une case de BD qui peut faire appel à la mémoire visuelle du lecteur mais garde le côté extrême de ces déformations, nécessaires dans l’animation. A partir de là Merwan est celui qui est resté le plus proche de la BD, entre monsieur mouvement (Sanlaville) et monsieur épure (Vivès).

Résultat de recherche d'images pour "fausse garde merwan" Fausse garde est donc un premier ouvrage, qui comporte les défauts d’un projet précoce conçu sans l’aide d’un scénariste. Dès la série suivante il travaille d’ailleurs avec le déjà chevronné Fabien Nury et Fabien bedouel. Sur son dernier opus l’auteur a beaucoup mûri graphiquement, techniquement mais aussi scénaristiquement.

Le premier des trois chapitres est le plus impressionnant, à la fois puissant visuellement, doté d’une colorisation superbe (un des points forts de Merwan) très contrastée et vive et posant un cadre scénaristique très lisible. Ensuite cela se gâte avec un dessin qui s’affine mais évolue aussi vers quelque chose de plus estompé, perdant la force des encrages et des contrastes, tout comme l’intrigue qui se complexifie par trop d’ellipses et de sous-entendus parfois difficiles à capter. On attend une histoire d’ascension sportive vers la gloire, schéma archétypal connu et souvent réussi lorsqu’il reste simple. Les personnages sont là avec le héro naïf mais talentueux, les deux pères spirituels, le décors. Mais à force de chercher l’intelligence du lecteur l’auteur oublie parfois de suivre la linéarité nécessaire et de se concentrer sur des combats annoncés dès le titre (l’original s’intitulait Pankat). On a le sentiment que l’auteur a tout donné dans la première section, s’est vidé et a cherché à simplifier son travail pour la suite. On sort ainsi des quelques deux-cent pages un peu déçu, alléché par ce qui était proposé et un peu sur sa faim.

Résultat de recherche d'images pour "fausse garde merwan"Les qualités de l’album sont cependant nombreuses. Le dessin d’abord, qui malgré cette évolution vers du trait plus léger reste totalement maîtrisé en suggestion même si certaines cases de combat sont compliquées à lire. L’univers ensuite, ce monde très orientalisant, au design inspiré et coloré nous immerge et donne envie de suivre un héros attachant.Je dirais que la partie la plus contestable est pourtant ce qui semble intéresser le plus l’auteur, cette pulsion qui pousse le héros à renoncer à la lumière toute tracée pour suivre le sombre père, ce sicaire très violent aux motivations obscures jusqu’au bout. L’idée de cette opposition des mentors était intéressante pour peu que l’on comprenne ce qui pousse Mané à provoque le si charismatique et puissant Eiam. Toute la partie de l’école de Pankat et des tournois est superbement mise en scène. Les autres séquences d’école buissonnière du héros moins engageantes notamment par-ce que l’on s’éloigne du Pankat et ses séquences qui font le talent de Merwan.

Œuvre de jeunesse partiellement aboutie et qui aurait mérité d’être plus concentrée, Fausse garde reste une expérience visuelle très intéressante et qui donne envie de découvrir la bibliographie de Merwan Chabane et une variante proche de ce que proposeront plus tard Sanlaville et ses potes sur LastMan.

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*****·Manga

L’atelier des sorciers #1

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Manga de Kamome Shirahama
Pika (2018) – Kodansha (2016), 194p./volumes, 6/7 tomes parus en France.

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Dans un monde où la magie est  courante mais pratiquée par une caste de sorciers aux rites secrets, la jeune couturière coco se retrouve malencontreusement capable de lancer des sorts… intégrée à une classe d’apprentis sorciers elle va devoir mettre toute sa volonté en avant pour sauver sa mère victime d’un maléfice…

L'Atelier des sorciers », manga enchanteurLors de ma participation au jury BDGest’arts 2019 ce titre était apparu et avait enthousiasmé les jurés. Je n’avais pas eu alors le temps de m’y pencher, sceptique comme beaucoup sur ce nouveau manga « Harry Potter-like »… Ma fille ayant reçu le premier volume en cadeau j’ai pu tenter l’expérience et ce fut un émerveillement! Je le répète souvent, je suis un petit lecteur de manga très critique du fait notamment de mon « apprentissage » sur les premières séries (aujourd’hui classiques) publiées par Glénat et Tonkam à l’orée des années quatre-vingt-dix. Je reproche souvent aux dessins manga d’être un peu légers et il est indéniable que sur ce plan l’œuvre de Kamome Shiramaha, diplômée des Beaux-arts de Tokyo, est une révélation graphique du niveau des dessinateurs italiens, voir d’un Moebius. Il arrive qu’un manga évolue entre son premier tome et la suite et je dois dire que si le dessin ne baisse pas on est clairement en présence d’un des plus beaux manga jamais produits, tout simplement! Le niveau de détail de ces planches, la finesse du trait, la richesse des designs des costumes, décores et monstres vous plongent dans des gravures victoriennes largement au niveau du monstrueux Dracula récemment sorti par Georges Bess. Publiant un volume par an, la productivité de l’autrice est stupéfiants et montre son niveau technique très nettement au-dessus du lot. Précédemment à l’œuvre sur la courte série Divines (également chez Pika), je pense que je vais suivre Shirahama une fois que j’aurais rattrapé mon retard sur l’Atelier.

https://www.journaldujapon.com/wp-content/uploads/2019/09/scan-17.pngEt sur le plan du scénario qu’est-ce que ça donne? Je dois dire que mes réticences ont été assez vite levées, non par l’originalité proprement dite de l’univers (on reste dans un monde de magie avec chapeaux à pointe) mais plutôt par le classicisme élégant auquel se rattache Shirahama qui lorgne bien plus vers les légendes britanniques à la Lewis Caroll que vers le bestiaire monstrueux nippon. Si l’intrigue avance très rapidement dans ce tome introductif, mettant en place le drame initiale voyant la jeune inexpérimentée fauter malgré elle, on commence à découvrir l’univers des mages, leurs règles et le début d’une conspiration incluant Coco. L’idée d’une répartition du monde entre personnes sensibles ou non à la magie est rapidement révélée et me rappelle le très bon manga français City Hall où la même idée d’une magie interdite et écrite (dans l’Atelier elle est dessinée) était transposée dans un univers cyberpunk. On se retrouve donc avec une histoire d’apprentissage avec un puissant et mystérieux mentor, une équipée de jeunes filles apprenties avec quelques jalousies dangereuses et une adorable fille dont l’indépendance d’esprit va sans doute bouleverser les équilibres.

Tout à fait remarquable et sans défauts apparents, cet Atelier des sorciers m’a fait tomber sous son charme et se rajoute immédiatement à ma (courte) liste des séries à suivre impérativement!

***·Manga·Numérique·Rapidos

Glaucos #2-4

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Manga de Akio Tanaka
Glénat (2006-2007) – Kodansha (2004), 220p./volumes, série finie en 4 tomes.

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  • Tome 2

badge numeriqueCissé est parti à la conquête du titre de meilleur apnéiste, mais confronté à la société occidentale et aux exigences que le corps médical lui impose son tempérament fougueux éclate. L’immersion est trop brutale pour quelqu’un qui n’était jamais sorti de son îlot… Alors que Haruka a identifié un phénomène d’hyper oxygénation du sang de Cissé lié à sa rate très particulière, le trio part bientôt pour le championnat du Japon où sa première confrontation en compétition va lui être offerte…

Sur une série très courte la progression dramatique est logiquement rapide et ce second tome se concentre sur les analyses médicales et sur la compétition où l’on retrouve la force des images du film Le Grand bleu. Le personnage de Cissé est un peu agaçant mais on se passionne pour ce milieu très particulier et les explications de l’auteur sur le fonctionnement biologique et psychologique de ce sport. On n’oublie pas un peu d’humour pour faire respirer les images avec quelques personnages dédiés au rôle comique.

  • Tome 3

Liste des critiques concernant Glaucosbadge numeriqueL’avant-dernier tome marque une rupture puisque apparaît enfin le « méchant », le champion du monde Petit qui a autrefois trahi son maître Claude. Après une initiation à la méditation Zen dans un monastère le héros va donc découvrir que la philosophie d’harmonie véhiculée par son mentor n’est pas partagée par tous et que Cissé a trouvé dans ce sport un moyen d’ascension sociale en gagnant beaucoup d’argent grâce aux sponsors. Dès 2004 l’auteur abordait donc la question aujourd’hui omniprésente du poids de l’argent dans le fonctionnement des sports… C’est donc un combat d’idées et d’approche de ce sport qui va clôturer le manga alors que Cissé organise une compétition privée destinée à montrer au monde qu’il est le roi… En maintenant une absence depuis le premier volume l’auteur a réussi à créer un personnage d’antagoniste très charismatique qui réussit parfaitement son entrée et titille notre curiosité pour savoir dans l’ultime tome si Cissé parviendra sans accident à vaincre et si les bribes d’idées fantastiques se matérialiseront ou resteront une mythologie en arrière-plan.

  • Tome 4

Glaucos Chapter 41 page 2badge numeriqueDernier tome surprenant et sous le tome d’un suspens auquel le mangaka ne nous avait pas habitué! Le volume commence par l’affrontement sous-marin avec Cissé parfaitement mené. On est … en apnée tout au long de cette descente quasi muette avec la crainte des deux amis de Cissé sur les risques physiologiques de cette course. Suite à cette plongée rien ne sera plus comme avant et la société Erebos va jeter son dévolu sur le prodige et en faire son cheval de course médiatique en le retirant de la protection de Claude et Haruka. On subit ainsi des sauts émotionnels et temporels assez brutaux mais maîtrisés dans cette critique sèche de la société du spectacle sportif où la santé des athlètes est bien peu de choses face à la communication et aux performances toujours plus loin… Cette très belle série s’achève dans une certaine mélancolie assez pessimiste après une dernière plongée où l’onirisme métaphysique rejoint le mythe saupoudré tout le long du manga en n’oubliant pas de rappeler les conséquences des essais nucléaires français dans le Pacifique. Une très jolie conclusion pour un beau manga.

***·Manga·Numérique·Rapidos

Glaucos #1

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Manga de Akio Tanaka

Glénat (2006-2007) – Kodansha (2004), 220p./volumes, série finie en 4 tomes.

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Cissé est né dans la mer, mystérieusement, et sauvé par des dauphins. Ayant grandi auprès d’un pécheur sur un îlot du Pacifique, il est un jour repéré par l’ancien champion du monde de plongée en apnée qui voit en lui le successeur destiné à récupérer le record de profondeur…Killy on Twitter: "À noter qu'Ascension est une adaptation du ...

L’ouvrage commence comme un mythe, surprenant, un peu brutal: l’image d’une femme accouchant au milieu de l’océan, sur des planches en couleur de toute beauté et très poétiques. Puis on bascule dix-sept ans plus tard: Cissé, jeune homme longiligne et sec, aux yeux et lèvres le rapprochant des poissons, danse au fond de l’eau. Le rythme de ce premier tome avance vite puisque en deux-cent pages on assiste à la naissance de Cissé, son départ pour le Japon, lui qui n’a jamais reçu la moindre éducation scolaire et n’est jamais parti de son îlot, ses analyses médicales surprenantes et le début de sa formation pour reconquérir le titre de champion détenu par un certain Petit dont l’image commence déjà à hanter le jeune homme. Les interactions entre les personnages sont assez intéressantes, avec ce champion déchu et revanchard dont on soupçonne la manipulation, la chercheuse qui voit en Cissé l’archétype de l’évolution du genre humain et ce héros tout à fait immature qui va devoir apprendre que les capacités innées, aussi incroyables soient-elles, ne suffisent pas sans entraînement et travail. Le travail graphique est plutôt réussi avec de très beaux paysages et des visages de type franco-belge malgré quelques faiblesses anatomiques assez surprenantes. J’ai retrouvé dans ce bel album l’énergie sport-nature d’Ascension de Shin’ichi Sakamoto (sorti après Glaucos), avec des images de nature aquatique, l’aspect technique du sport extrême et la figure classique du jeune homme rebelle mais à la volonté d’airain.  Une belle découverte!