***·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

Sushi & Baggles #11

esat-west

  • Isola #1

isola-tome-1Les quelques planches diffusées sur le web pour ce comic récent m’avaient laissé par terre et il avait aussitôt rejoint ma pile de BD à venir. Et je dois dire que dès la couverture et tout au long des 150 pages du premier tome on a les yeux qui brillent. Pas tant pour le dessin lui-même, très pro sans être exceptionnel, mais plus pour l’ambiance générale, les couleurs sublimes et le design génial où l’on sent des auteurs inspirés. L’inspi majeure annoncée est celle de Miyazaki et son Princesse Mononoké mais aussi du mythe d’Orphée et Eurydice. Cette histoire d’amour impossible entre la capitaine de la garde et sa reine métamorphosée en tigre, dans une itinérance vers Isola, l’Ile des morts, ne ressemble à rien de ce que vous aurez déjà lu. D’abord car c’est une histoire d’amour platonique homosexuelle comme on n’en voir que très peu en BD. Ensuite par l’approche assez rude de la Nature. On a Résultat de recherche d'images pour "isola comic"souvent l’impression de lire un long métrage d’animation dans Isola, avec cette approche complexe, japonaise, toute en sous-entendus, presque zen et contemplative. Les expressions du soldat sont très réussies malgré un vague sentiment que les personnages ne font que suivre un cours qui les dépasse. Du coup le lecteur a un peu de mal à accrocher ces héros sans prise sur leur destinée. La construction scénaristique volontairement compliquée (entre présent et passé, réalité/monde des esprits) ne facilite pas les choses et c’est la bande de chasseurs qui donne le plus envie de connaître la suite de ces aventures en faux-rythme. Ces quelques partis pris n’empêchent pourtant pas de s’immerger dans cet univers baroque, sauvage et poétique. Point bonus pour la maquette superbe et les bonus comme Urban en fait rarement. Au final, si la partie graphique vaut le coup à elle seule, on attend la suite pour voir si l’on aura affaire à une très grande série ou à un projet abscons…

Résultat de recherche d'images pour "isola comic"Le #1 comporte les épisodes 1-5. La série continue sa publication chez Image aux Etats-Unis depuis janvier 2019 en étalant les issues tous les deux mois (contre 1 mois pour ceux du premier volume). Du coup on peut attendre un second volume en France probablement débit 2020.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

Achetez-le chez njziphxv

 

  • Atomic Robo

bsic journalismMerci aux éditions Casterman pour cette poilade.

Atomic Robo est une série d’action délirante publiée depuis 2007 aux Etats-Unis, sur douze volumes. le Robot en question a été créé par Nicola Tesla en 1923 et depuis, passe son temps à sauver le monde contre les génies du Mal, créatures géantes et autres inventions démoniaques. On est clairement dans le même esprit que le très drôle Shirtless Bear Fighter publié l’an dernier. Publié dans la collection comics « Paperback » de Casterman qui jouit d’un très bon écho dans la presse et blogs (format comics, couverture reliée avec quelques effets pelliculés mais pas de bonus… et petit détail, est imprimé en France!), la grande qualité de ces aventures repose sur leur écriture très vive jouant beaucoup sur l’absurde des situations et la répartie du héros. Si le dessin n’a rien d’extraordinaire, il reste lisible et le travail d’expressions (improbable) de ce robot limité à la fermeture de ses paupières métalliques est étonnant. Avec un dessin plus qualitatif on arrivait au niveau du Skybourne de Frank Cho, une de mes pépites de l’an dernier. Malgré la simplicité format timbre-poste des intrigues (en mode porte-monstre-trésor), les auteurs arrivent à varier les plaisirs absurdes comme cette expédition sur Mars où les techniciens ont oublié de donner des lectures au Robo pour les deux ans de voyage. Arrivé sur place il se vengera sur Stephen Hawking, responsable de son calvaire, au travers d’étonnantes constructions… Personnage invincible, le Robo est un gros bourrin qui disserte entre deux mitraillages, sur la possibilité théorique que des fourmis géantes existent. On se marre tout le long et on en redemande!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

Achetez-le chez njziphxv

Publicités
***·Graphismes·La trouvaille du vendredi·Rétro

La BD animalière: Love/Pride of Bagdad/Gon

La trouvaille+joaquim

J’étais parti sur une numérotation des billets de la rubrique « Trouvaille du vendredi » mais je me demande si, avec les logos de rubrique, ce ne serait pas plus parlant de mettre le titre des albums comme pour les autres rubriques… Qu’en pensez-vous?

Du coup pour cette 18° édition (pfiouuu, je pensais pas tenir ce rythme!) je vous ai déniché trois magnifiques BD qui parlent des animaux mais surtout de la dure Loi de la Nature! Et en plus (c’est pas fait exprès) on a une illustration des visions européenne, japonaise et américaine du sujet… En bonus (pas fait exprès non plus mais ça signifie surement que mon Moi est très organisé à l’intérieur…) le billet de mercredi parle aussi des animaux, avec la nouvelle BD de Dorison.

 

  • Pride of Bagdad
Comic de Brian Vaughan et Niko Henrichon – Panini/Vertigo (2006), 130 p.

Couverture de Pride of BaghdadPride of Bagdad proposait en 2006 soit juste après la seconde guerre d’Irak une parabole sur la guerre, le conditionnement, la sauvagerie… au travers de l’escapade (inspirée de faits réels) des lions du zoo de Bagdad libérés lors de l’attaque de la Ville par les forces américaines. J’aime la BD américaine (je préfère parler de BD en ce qui concerne les « graphic novels » comme ils disent… par-ce que « comics » est tout de même très très connoté super-héros) quand elle balance ainsi des paraboles puissantes, radicales, violentes, sans compromissions. Comme souvent les animaux permettent de parler des hommes en se centrant, par cet artifice du changement de prisme, sur le sujet brut. Ici le cheminement des animaux tiraillés entre leurs instincts dégradés par des années (voir une vie) de captivité et l’incompréhension des effets de la guerre qu’ils constatent, nous focalise sur ces visions d’apocalypse d’une cité plurimillénaire déserte. Résultat de recherche d'images pour "henrichon pride of baghdad"Outre les éléments sur le sort des animaux de cage, c’est bien le contexte politico-militaire de cet événement majeur des vingt dernières années qui donne toute la force au propos. Prédateur ultime, le lion ne comprend pas ce qui se passe, ce que sont ces animaux de fer lancés en furie, détruisant arbres et maisons, ce qu’est ce palais magnifique (celui de Saddam Hussein) doté de piscines et de peintures gigantesques. Créatures puissantes mais ingénues, ils sont observateurs de panoramas que peu d’œuvres ont permis de voir. A ce moment la BD se fait documentaire, prenant le recule de dépasser l’orgie d’images TV de l’époque. Les auteurs profitent des lumières du désert, de l’orient, de la finesse des félins. Dans le monde des animaux tout n’est que violence. Mais si petite au regarde de la violence des hommes, qui n’interviennent qu’à la toute fin, si cruelle, si terrible. Si bête.

  • Gon
Manga de Masashi Tanaka – Casterman/Kodansha (1995-2003), 7 volumes, 156 p. par volume, n&b.

Couverture de Gon - Tome 1Gon est l’une de mes premières lectures Manga, à une époque reculée où l’éditeur Glénat tenta d’introduire ces étranges BD petit format en noir et blanc, à l’époque des Akira, Appelseed, Dragonball,… Gon doit être l’un des tous premiers manga publiés par Casterman à cette époque et je dois dire que c’était assez gonflé tant cet ovni est particulier. Gon est un dinosaure… mais en format « SD« ! Dans une époque reculée ressemblant à l’Amérique du Nord, ce tyran absolu doté d’une force démentielle parcourt la nature en cherchant de la nourriture, mais aussi à exploiter les animaux qu’il rencontre. Et quand on dit exploiter, cela signifie les violenter férocement pour les mettre à sa merci. Il faut voir des grizzly et autres lions rendus à l’état de chatons pour éviter de subir les foudres de Gon. Ce dernier est également capable de bons que ne renierait pas un Résultat de recherche d'images pour "gon tanaka"certain Hulk et de raser une foret en quelques coups de dents. Bref, la terreur de l’ancien temps, le caïd du règle animal, j’ai nommé Gon! Le dessin très réaliste et les décors magnifiques participent de la qualité de ce manga muet (de fait) qui n’a jamais été copié et illustre la sensibilité toujours très particulière de nos amis nippons. Totalement burlesque, un (gros) brin sadique, Gon procure un sourire un peu gêné et demande à ne pas être allergique à l’humour noir.

  • Love
BD de Brrémaud et Bertolucci – Ankama (2011), 79 p.

Couverture de Love (Bertolucci) -1- Le tigreLa plus récente des BD de cette sélection (… ou plutôt série, quatre volumes étant parus: Tigre, Renard, Lion, Dinosaures) propose au travers de graphismes absolument magnifiques et colorés, un reportage animalier en suivant à chaque album un animal sauvage dans ses activités quotidiennes. Ici nous suivons un tigre qui cherche à manger. Le dessin est réaliste et particulièrement réussi, on adore voir les têtes de peluches des félins, singes et autres animaux de la jungle. Album sans dialogues, Love nous illustre la dure loi de la Nature: manger ou être mangé, et où être le plus fort n’indique pas nécessairement que vous mangerez à votre faim… Maintes techniques de filoutage permettent à des animaux d’attraper une proie et généralement les plus malins, ceux qui attendent dans l’ombre de profiter du travail des autres sont récompensés. C’est aussi passionnant qu’un reportage animalier de France 5, très drôle et doté d’une morale succulente. Ça se dévore trop vite mais l’on n’a qu’une envie, d’aligner les autres albums de la série!

Achetez-le badge-cml

****·BD·Edition·Nouveau !

Festival des gazettes: Le Château des étoiles/La Gazette du Château/Le Sang des cerises

J’avais fait une déclaration d’amour au format gazette (même si je trouve les éditeurs gonflés de pratiquer un tel prix pour un tirage véry économique…) et à l’occasion de l’arrivée d’une nouvelle série sous ce format je vais faire un triplé…

  • Le château des étoiles #10: Les prisonniers de Mars.
Saison 2, les chevaliers de mars, épisode 4/6 (mai 2018)

Après une saison des chevaliers de l’Ether (2 volumes reliés, 6 gazettes), Seraphin et ses amis ont embarqué malgré eux pour un extraordinaire voyage vers Mars à la recherche du père du héros, enlevé par les hommes de Bismarck.

Alternant intelligemment les séquences (politiques) sur Terre, auprès des héros et d’autres concentrés sur le corps expéditionnaire germanique sur la planète rouge, cet épisode soulève de nombreux mystères, en découvrant certaines propriétés physiques de la planète et de ses possibles habitants: êtres intelligents? Leviathans? Les brumes de Mars cachent beaucoup de secrets et de dangers très sérieux. Comment les enfants pourront-ils gérer l’arrivée sur la planète avec le Chambellan à bord?…

Les textes additionnels qui font tout le charme et l’intérêt de ces éditions gazettes dévoilent sans détours ce qui constituera la troisième saison: la France est la première nation à avoir mis ne pied sur Vénus !… Année après année ce Château des étoiles renoue avec ce qui a inventé les histoires d’aventure: les feuilletons de Dumas et Jules Verne au XIX° siècle et les magazines fantastiques. Alors que Glénat célèbre Conan et que Ankama publie depuis quelques temps des adaptations de Stephan Wul, je trouve formidable que les éditeurs retrouvent ainsi l’esprit libre et imaginatif de l’aventure qui ne se prend pas au sérieux et vaguement kitsch. En plus la BD d’Alex Alice a le grand mérite de plaire de 7 à 177 ans…

  • La gazette du château #1 (juin-aout 2018):

Résultat de recherche d'images pour "gazette chateau dorison"Très bonne découverte que ce nouveau scénario de Dorison avec un petit nouveau extrêmement talentueux aux dessins. Je m’attendais à une transposition de la Ferme des animaux adaptée aux enfants… et je me retrouve avec un pamphlet très violent et sans détours sur l’exploitation et le totalitarisme que n’aurait pas renié un Lupano… Les dessins, donc sont assez impressionnants même si dans le registre animalier beaucoup de dessinateurs savent rendre des planches très sympa. Je vous laisse aller faire un tour sur le blog de l’illustrateur pour voir de quoi il est capable… On a donc un château occupé par des animaux abandonnés par les hommes et où un Taureau assisté d’une bande chiens féroces à instauré une dictature sanglante où le culte du chef est érigé en obligation et où toute rébellion est punie d’une mort atroce. Pas de mise en place ici, on entre dès la première séquence dans le vif du sujet avec une vieille oie révoltée qui tente de faire se réveiller une chatte blanche qui encaisse les coups pour subvenir aux besoins de ses chatons.

Les deux pages de rédactionnel alternent horoscope, météo et tractes dignes des meilleures plumes de Staline ou d’Hitler, de quoi vous mettre dans l’ambiance. Sinon, je préviens, c’est sanglant, du coup si vous voulez le lire avec vos pitchou je conseille pas avant 10 ans.

  • Le sang des cerises (journal) #2/4:
Série Les passagers du vent T.8 (Livre 1 « Rue de l’abreuvoir).

La césure entre le premier et le second épisode n’est pas idéale puisque l’on reprend la fin de la séquence de retrouvailles entre Clara/Zabo et Klervi (qui reforment le duo féminin blonde/brune présent dans toutes les séries de Bourgeon hormis Les compagnons du Crépuscule)… Pendant la découverte de l’histoire de la bretonne (en français cette fois-ci…) l’auteur se fait plaisir en illustrant en plans large un quartier et un pâté de maisons de Montmartre, justifiant le long entretien passionné sur la maquette qu’il a réalisé pour la création de l’album. L’épisode est posé, espacé avec de nouveaux sauts chronologiques et articulant narration de la vieille Klervi et dialogue enjoué entre les deux filles au XIX° siècle. Clara est l’un des personnages les plus forts de Bourgeon (ne serait-ce que par son expressivité incroyable) et l’on sent son envie de la dessiner et de la faire parler. Les deux filles retrouveront ensuite le personnage au visage de Gabriel Byrne lors de l’Exposition Universelle.

Avec, donc une explication de la méthode de travail de Bourgeon qui a toujours travaillé sur maquettes (ce qui explique aussi sa productivité lente) et des rappels historiques sur l’Exposition  de 1889 et le contexte politique, ce second épisode nous fait vraiment rentrer dans une très belle BD aux dessins plus beaux que jamais chez le dessinateur breton. Je sens une série qui fera date…

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

Achetez-le badge-cml

 

 

BD·Jeunesse·Mon vide-grenier livresque

Mon vide grenier livresque #3

Ça fait longtemps que je n’ai pas participé au vide grenier livresque. Cette semaine Fifty shades of books propose le thème:

Un livre adapté au cinéma !

En parcourant mes billets publiés je tombe tout tout en bas sur…

515p6xhd0dl-_sx357_bo1204203200_

Le billet est ici.

Je ne m’étendrais pas sur le film que je confesse ne pas avoir encore vu, mais j’imagine parfaitement l’adaptation de ce grand moment de drôlerie, associé au très bon « Un bébé à livrer », encore plus délirant et qui voit un lapin, un cochon et un canard obligés de faire la nounou avec un bébé abandonné par une cigogne en RTT..

Le bouquin de la collection jeunesse de Delcourt est très joli (plusieurs éditions existent) et fait un très beau cadeau.