****·Comics·East & West·Rapidos·Rétro

Uncanny X-force: la solution apocalypse

esat-west

Comic de Rick Remender, Jerome Opena, Esad Ribic, …
Panini (2015)/ Marvel (2010), 261 p.
couv_254903

Contient les épisodes Uncanny X-force 1-10 et Wolverine Road to Hell. L’album comprend le contenu éditorial classique chez Panini à savoir une introduction contextualisant, la bio des trois principaux auteurs (Remender, Opena et Esad Ribic) et une galerie de couvertures alternatives, ainsi qu’un diagramme de lecture des albums Deluxe Panini sur les X-men et X-force. Rien d’exceptionnel mais la beauté des couvertures et des planches suffit à rendre le volume agréable.

L’X-force a été reformée par Wolverine pour mener les opérations nécessitant de se salir les mains, ce que refusent de faire les X-men de Cyclope réfugiés sur leur île d’Utopia. Financée par le richissime Angel et épaulé par le mercenaire immortel Deadpool, la télépathe Psylock et l’espion androïde Fantomex, la X-Force se retrouve au premier plan pour empêcher le retour du premier mutant Apocalypse…

En entamant cet album j’avais tout à la fois bon espoir devant un casting pareil et les très bons échos trouvés sur les blogs pour cet arc,tout en craignant une équipe de mutants que je ne connaissais guère. Pour vous rassurer il s’agit d’un excellent Marvel, relativement accessible pour peu que vous ayez Wikipedia pas loin pour se renseigner sur quelques personnages. Qui plus est, et c’est assez rare pour le souligner, c’est un album surprenant à plus d’un titre.

Résultat de recherche d'images pour "x-force la solution apocalypse"Tout d’abord l’écriture de ces épisodes est remarquable et nous fait retrouver un Rick Remender comme on le connaît, drôle, exigeant, limite intello. L’album est structurés autour d’une première histoire qui confronte directement X-force aux Cavaliers d’Apocalypse puis avec des mission one-shot qui déroulent les conséquences de cette confrontation. Sans être didactique, le scénariste se mets néanmoins à la portée du grand-public en insistant sur les caractères et les relations de ses personnages. Et ceux-ci sont tous intéressants, sauf peut-être un Logan qui, un peu à contre-emploi, se content de de jouer les boss, ce qui ne lui va pas. Si Deadpool et Fantomex sont très drôles dans leurs réparties décalées (ils font un peu double emploi mais le duo est efficace tout le long, sans en faire des caisses et en permettant d’en éliminer un des deux de temps en temps sans perdre la case humour) le plus intéressant reste la relation Psylock/Angel: ce dernier a été jadis Cavalier d’Apocalypse qui lui donna des ailes de métal et une puissance redoutable. Depuis le mutant est schizophrène, gardant au fonds de son esprit la personnalité du méchant Archangel qui ne demande qu’à prendre possession de ce corps pour aller réinstaurer une ère d’Apocalypse. Cela permet de dépasser le désormais connu débat entre les héros Résultat de recherche d'images pour "x-force la solution apocalypse ribic"partisans de la puissance assumée des mutants et ceux qui veulent cohabiter avec les humains. La relation amoureuse s’ajoute à la thérapie psychique d’Angel et le thème du ver dans le fruit. Comment faire confiance à l’un de ses plus puissants membres quand on sait qu’il peut nous trahir à chaque instant? On retrouve la problématique Jean Grey/Cyclope mais cela reste très intéressant à suivre. Ce qui est plus surprenant ce sont les états d’âme de ces bad-boys & girls de l’univers X-men… La raison d’être du X-Force ce sont les sales missions et Wolverine est connu pour être le plus insensible et pulsionnel des mutants. Du coup la spécificité « adulte » de l’équipe retombe un peu alors qu’en face les méchants sont particulièrement réussis.

Il est intéressant de lire avec un certain recul cet album paru au milieu des années 2000 et portant sur des recoins assez pointus de l’univers Marvel. Pour ceux qui ont vu la récente (et excellente!) série Legion sur Netflix vous retrouverez beaucoup de thématiques, que ce soit l’univers mental intérieur, mais aussi directement l’entité passionnante du Roi Ombre, de même que des proximités avec le jeu sur les réalités de Jupiter’s Legacy. Résultat de recherche d'images pour "uncanny x-force ribic"La structure du récit se rapproche assez de ce que fait Valiant, avec des intrigues assez simples mais des épisodes qui enrichissent tous l’ensemble cohérent. Si l’intrigue ne se termine pas vraiment à la clôture du volume, l’évolution (prévisible) reste très intéressante de par la richesse des personnages. Du coup on a assez envie de poursuivre sur les volumes suivants, surtout que les dessins semblent aussi qualitatifs que ceux de ce premier opus.

Car graphiquement la bar est mise très haut, avec notamment une première partie de Jerôme Opena très impressionnante et qui renvoie Esad Ribic au niveau de rajout industriel… Aucun des intervenants ne fait tache dans le décors mais il est vrai que la partie sur le combat contre les cavaliers est une vraie pépite visuelle et textuelle, peut-être encore Résultat de recherche d'images pour "uncanny x-force billy tan"plus belle que sur Seven to Eternity. Je reconnais que la partie sur « Le monde » (sorte d’intelligence artificielle ayant bâtie un monde intérieur comme une sorte de dimension parallèle) m’a laissé stoïque et le dessin du croate un peu en service minimum (hormis sur les magnifiques couvertures) ne suffit pas à renforcer l’intérêt… contrairement aux deux courts récits dessinés par Rafael Albuquerque et surtout Billy Tan avec ses faux airs de Guillaume Sorel. La solution Apocalypse est vraiment un superbe volume qui a le grand mérite de ne pas vous perdre. Je n’irais pas jusqu’à parler de porte d’entrée mais l’on prend un grand plaisir en compagnie de ces freaks. Ce n’est pas si souvent qu’un album Marvel est aussi cohérent et construit et l’on ne va pas bouder son plaisir.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·East & West·Manga·Nouveau !·Numérique·Rapidos·Service Presse

Sushi & Baggles #16

esat-west

 


  • Hit-Girl à Rome (Scavone/Albuquerque/Panini) – 2019

couv_364209Cet album a été lu dans le cadre du programme SuperlecteursRésultat de recherche d'images pour "iznéo"

Après la Colombie et le Canada, la plus bourrine et tarée des Vigilante débarque à Rome pour botter des culs et trancher des têtes! Le relaunch de la série initiée par Mark Millar va ainsi voyager avec une équipe différentes pour chaque one-shot. Si le premier volume était loin d’être inoubliable, notamment par son côté sadique un peu poussé, ici on reste dans les canons du personnage (à savoir de l’action brutale à base d’un mort par page et un langage très fleuri de la demoiselle) mais la course-poursuite initiée avec une sorte de Catwoman permet des scénettes drôles et plus structurées. On ne va pas se mentir, Hit-Girl ce n’est pas de la poésie ni Usual Suspects. C’est une lecture rapide, de la baston, super bien dessinée (par un Raphael Albuquerque qui prépare la série Prodigy avec Millar) avec des étoiles qui donnent un aspect cartoon… et des découpages de méchants bien sanglants! Ici les affreux sont une mafia de religieux timbrés, nonnes et moines en robes de bure armés d’Uzi et de masses d’armes, commandés par une vieille peau aussi psychopathe que bigotte, à la recherche d’une relique. Le cliché italien est assumé, le personnage est toujours aussi foutraque et primaire mais l’ensemble est très sympathique dans le genre, notamment grâce aux dessins (bien que les décors soient assez vides). Du coup on attend la suite, surtout que des pointures sont annoncées aux crayons…

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • All-new X-men #4: La bataille de l’Atome (Collectif/Pannini) 2013 (US)/2015

couv_255426Je poursuis la série Marvel NOW! des All-new X-men entamée par Brian Michael Bendis et Stuart Immonen au dessin qui m’avait fait forte impression sur les trois premiers volumes. L’écriture des premiers et les somptueux dessins d’Immonen se retrouvent partiellement dans cet affrontement entre X-men d’hier, de maintenant et du futur bien que l’équipe créative ait grossie: si les dialogues sont toujours très savoureux et le découpage, avec de nombreuses doubles pages, percutant, l’histoire tourne un peu en rond avec ces interminables interrogations de qui est qui, faut-il renvoyer Jean et Cyclope à leur époque contre leur gré et que font-ils ici?… Même chose pour les dessins, parfois superbes (Immonen toujours sur les quelques planches qu’il réalise, Bachalo étonnant) mais pour l’essentiel moyens (y compris sur les quelques planches de la bataille finale dessinées par Esad Ribic un peu en service minimum sur ce coup, Frank Cho pas très à l’aise dans l’univers super-héroïque). C’est dommage car sur le papier on a quand-même une sacrée dream-team, mais le concept semble s’essouffler et viser surtout les quelques pleines pages d’offensive collective X-men dont sont friands les fans et les dessinateurs. A noter tout de même le superbe design général des versions des X-men et notamment cette Xorg à la tête de mort, terriblement originale et réussie. On ne sait pas si cet arc est une transition vers quelque chose de plus grand mais malgré un plaisir certain entrecoupé de longueurs, on a le sentiment que la série aurait pu s’arrêter aux trois premiers, cohérents en tant que tels.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Zetman #1 (Masakazu Katsura/Delcourt-Tonkam)  – 2004 – 20 tomes parus, série finie.

zetman01Je suis un grand fan de Masakazu Katsura, un des premiers mangaka, que j’ai découvert au travers de DNA2 à l’époque où l’éditeur-libraire Tonkam se lançait en premier (avec Glénat) dans l’aventure du Manga en France… Il est pour moi l’un des meilleurs dessinateurs japonais et si j’ai finalement lu peu de ses séries, j’avais depuis longtemps très envie de lire ce Zetman originellement issu de short-stories parues en 1997. La série a depuis été transcrite en dessin-animé.

Jin est un jeune orphelin vivant avec les sans abri. Élevé par son « grand-père » il est doté d’une force peu commune et s’occupe en défendant les gens contre les bandits. Lorsqu’une étrange créature non-humaine tue son grand-père, le naïf petit garçon se retrouve propulsé dans un univers violent où une étrange organisation semble le rechercher activement…

Je ne reviens pas sur les dessins vraiment chouettes, les nombreux tics et auto-références de l’auteur (la série animée Wingman qui l’a lancé, les petites culottes, les cheveu en pétard,…). Zetman commence vraiment bien avec un premier volume déjà plein d’action, de mystère fantastique un peu gore (la série est annoncée « mature ») et des personnages intéressants. L’auteur lance de nombreuses pistes qui ont vocation à se développer et nous mènent vers des expériences scientifiques monstrueuses liées à un enfant qui semble être un être doté de capacités hors norme. Ça va a cent à l’heures avec force cliffhangers entre les douze chapitres du volume avec pour objectif une première crise qui sort le héros de son état naïf initial pour l’emmener vers le statut de super-héros. Très riche mise en bouche qui donne envie d’enchaîner cette série finie à la taille maîtrisée.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1