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Sushi & Baggles #30

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Des trouvailles comics et Manga assez rafraîchissantes cette semaine, avec trois séries que je vais continuer avec plus ou moins d’envie mais sans se forcer non plus…


  • Magical girl Holy shit! #2 (Souryu/Akata) – 2018, série en cours (7 vol Jap/6 vol fr)..

badge numeriquecouv_348205En introduction de ce second volume nous avons droit à un résumé de l’histoire et des protagonistes. Pour un manga de ce genre (à consommation rapide) c’est bien vu. Le premier tome présentait une entrée en matière rapide et très axée action. L’auteur de Magical Girl Holy shit prends ici le temps de se poser un peu en introduisant des nouveaux personnages, dont une journaliste qui permet d’élargir un peu l’univers et de démarrer un erzats de scénario. Après la méga baston entre « gros nichons » et l’héroïne, le manga nous place quelques backgrounds sur cet alter-ego qui attire pour l’instant toute l’attention de Kayo. Mine de rien Souryu arrive à garder un équilibre pas évident entre déconnade pas trop redondantes, troisième degré et action graphique plutôt agréable. Un poil plus sage que le précédent, cet opus fait le job suffisamment bien pour remettre une pièce dans la machine et nous emmener vers un troisième…

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  • Centaures #3 (Sumiyoshi/Glénat) – 2018, 4 vol parus, série en cours.

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badge numeriqueLes deux premiers volumes de cette étonnante et magnifique série m’avaient franchement emballé et la surprise de la chute sonnait comme un KO. Et pour cause, ces volumes formaient une sorte de prologue. Ici commence l’histoire des enfants centaures survivant de la terrible attaque des humains que nous avons vécu. Le ton est désormais beaucoup moins dur, comme le dessin, plus fin, moins estampes mais toujours aussi beau. Les quelques plans de nature en début d’ouvrage sont tout bonnement somptueux. Le monde en guerre que nous avons laissé a donné place quelques années plus tard à une étonnante cohabitation entre centaures et humains, que vont découvrir le fils de Matsukaze et celui de Kohibari. Si la tension a donc franchement baissé, malgré la peur permanente de ce que les centaures peuvent découvrir, l’auteur peut désormais s’atteler à imaginer à quoi peut ressembler une société japonaise civilisée habitée par des centaures. Il y a plein de bonnes idées de background et l’atmosphère de danger permanent instillée dans les deux premiers volumes infuse toujours chez le lecteur en créant une envie de connaître le destin de ces personnages. Les quelques effets brouillons des débuts ont presque disparu pour donner place à un manga très maîtrisé qui s’impose comme une valeur sure.

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  • Lastman #1 (Balak, Vivès, Sanlaville/Casterman) – 2012), série finie en 12 volumes.

mediathequecouv_183304On entend parler de Lastman depuis longtemps, avec un très bon buzz public. Le format me plait bien mais je reconnais que le style de la bande des Vivès/Sanlaville/Merwan/Gatignol, totalement issue de l’animation, me laisse parfois dubitatif. Pour quelqu’un qui aime les encrages précis d’un Toulhoat ou d’un Immonen, ce style épuré, à la fois très maîtrisé techniquement et déformé est perturbant. Le plaisir de lecture des Ogres-dieux ou de Mécanique celeste (mais surtout la sortie du dernier tome cette année!) m’a poussé à me lancer enfin. Du coup on a affaire à un classique tournoi d’arts-martiaux dans un univers composite rehaussé de magie. Le volume introduit un jeune garçon frêle désirant pratiquer les arts martiaux, le mystérieux et très charismatique Richard Aldana, redoutable combattant aussi fruste que déterminé et la jeune maman, une bombe qui attire l’attention et le désir. Le scénario est très fluide, intéressant en proposant un univers déjà riche de mystères et de méchants futurs. Beaucoup repose sur le disruptif Aldana en mode « faux connard » et le contraste avec le gamin attachant. Les dessins ont l’avantage de leurs défauts, pas très beaux mais terriblement efficaces par leur énergie et leur mouvement. On sent l’envie de mettre sur papier un dessin animé et il n’est pas étonnant que la série ait donné lieu à une version animée préquelle (qui m’intéresse pas mal du coup!) dont la première saison (11 minutes par épisode)  est disponible sur Netflix et la seconde le sera en 2021 sur le web de FranceTV. Cette série commence donc très bien, à la fois drôle, dynamique et mystérieuse. Je continue…

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Sushi & Baggles #23

esat-west

Exceptionnellement pas de comics sous la main du coup une spéciale manga (une fois n’est pas coutume…):

  • Magical girl Holy shit! #1 (Souryu/Akata) – 2018, série en cours (7 vol Jap/6 vol fr).

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couv_338211L’ami Xander, blogueur-testeur qui se rapproche dangereusement de l’exhaustivité en matière de publication de manga avait conseillé cette série de la bien nommée collection WTF (What the fuck!) chez Akata, collection sur laquelle j’avais déjà testé Saltiness. Le pitch en mode très décalé m’a plu et je n’ai pas été déçu par ma lecture. On a donc une entrée en matière très rapide avec une sorte d’ange en forme de pokémon qui jette son dévolu sur une jeune fille semblant correspondre aux critères des Magical Girls… et s’avère être une fille complètement barrée qui fume comme un pompier et adepte des bourre-pif pour résoudre tous les problèmes. Dans ce premier volume on a droit à bien quatre-cinq démons qui se font immédiatement latter sans que l’auteur ne se préoccupe trop de mettre en place un scénario. On nous présente les bribes de background de la fille et on rencontre les autres anges qui expliquent à leur congénère que tous les démons convergent vers la Terre attirés par l’énergie négative de la nouvelle magical girl. C’est plutôt bien dessiné, ça bastonne à mort à coups de « putain de sa race » et de nuages de clopes. L’héroïne est timbrée et tire une tronche super flippante chaque fois qu’elle combat… bref, le contrat est totalement rempli sur ce volume qui se moque allègrement des codes des mangas de jeunes filles jusque dans les vues de petites culottes qui sont ici loin du Ecchi mais plutôt ironiques. A voir si ça tient la route sur plusieurs volumes. Personnellement je vais continuer un peu car la bonne déconne il n’y en a pas tant que ça!

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  • Ex-Arm #2 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2016.

Série finie en 14 volumes (10 vol. parus en France)

badge numeriquecouv_286695Le billet sur le premier volume est lisible ici.

Ce volume clôture l’affaire des bombes humaines (en deux tomes donc) et souffre des mêmes problèmes de découpage trop rapide qui oublie totalement les ellipses. Dommage car graphiquement ça dépote toujours autant avec des trames très fines, un dessin vraiment élégant et un super-design. L’intrigue reste minimaliste et les enquêtes se résolvent en deux coups de cuillère à pot. Mais franchement, pour une série très grand public, c’est le grand luxe, on en prend plein les mirettes, les personnages sont sympathiques (bien que très basiques) et l’ambiance techno très bien rendue. C’est formaté à mort mais un peu comme un bon Marvel, quand c’est réussi, pourquoi bouder son plaisir? Moi je continue!

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Saltiness #1

East and west

29550-w360Saltiness est ce que je qualifierais de Manga sociétal, à mi chemin entre la chronique de l’otaku japonais et la critique de cette société. Le personnage principal est un marginal, se considérant comme une sorte de sage supérieur s’extrayant de la communauté humaine (et de ses codes) pour pouvoir les penser. La confrontation avec deux autres personnages marginaux va démontrer sa folie et sa perversion, le transformant en une sorte de gourou doté d’un pouvoir de persuasion phénoménal sur les deux autres et les entraînant à faire des actions délirantes et dévalorisantes. Cette immersion dans les relations tordues de deux paumés exploitant un jeune étudiant influençable met le lecteur mal à l’aise en découvrant ce qu’un homme charismatique peut forcer d’autres à faire par le seul langage. Au-delà du ridicule des situations il y a de la violence dans cette relation, qui reflète sans doute pour l’auteur la violence profonde d’une société japonaise qui a codifié la normalité à un niveau sans doute jamais atteint par aucune société moderne. Résultat de recherche d'images pour "saltiness"L’éloignement extrême de la société japonaise vis à vis de nos codes européens fait que l’on ne sais jamais exactement ce qui est pointé du doigt ou ce qui n’est qu’une simple illustration de situations balanes (comme l’histoire des petites culottes). Mais il est certain que Minoru Furuya est l’un des représentants de cette jeune génération de mangaka très critiques sur ses aînés et je japon d’aujourd’hui. Il dispose en outre d’une remarquable technique de dessin, très fine et détaillée notamment dans le dessin des personnages. Tout cela fait de Saltiness un manga adulte comme on en voit peu, qui joint une réflexion profonde avec le plaisir de belles planches.

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