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Sushi & Baggles #16

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  • Hit-Girl à Rome (Scavone/Albuquerque/Panini) – 2019

couv_364209Cet album a été lu dans le cadre du programme SuperlecteursRésultat de recherche d'images pour "iznéo"

Après la Colombie et le Canada, la plus bourrine et tarée des Vigilante débarque à Rome pour botter des culs et trancher des têtes! Le relaunch de la série initiée par Mark Millar va ainsi voyager avec une équipe différentes pour chaque one-shot. Si le premier volume était loin d’être inoubliable, notamment par son côté sadique un peu poussé, ici on reste dans les canons du personnage (à savoir de l’action brutale à base d’un mort par page et un langage très fleuri de la demoiselle) mais la course-poursuite initiée avec une sorte de Catwoman permet des scénettes drôles et plus structurées. On ne va pas se mentir, Hit-Girl ce n’est pas de la poésie ni Usual Suspects. C’est une lecture rapide, de la baston, super bien dessinée (par un Raphael Albuquerque qui prépare la série Prodigy avec Millar) avec des étoiles qui donnent un aspect cartoon… et des découpages de méchants bien sanglants! Ici les affreux sont une mafia de religieux timbrés, nonnes et moines en robes de bure armés d’Uzi et de masses d’armes, commandés par une vieille peau aussi psychopathe que bigotte, à la recherche d’une relique. Le cliché italien est assumé, le personnage est toujours aussi foutraque et primaire mais l’ensemble est très sympathique dans le genre, notamment grâce aux dessins (bien que les décors soient assez vides). Du coup on attend la suite, surtout que des pointures sont annoncées aux crayons…

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  • All-new X-men #4: La bataille de l’Atome (Collectif/Pannini) 2013 (US)/2015

couv_255426Je poursuis la série Marvel NOW! des All-new X-men entamée par Brian Michael Bendis et Stuart Immonen au dessin qui m’avait fait forte impression sur les trois premiers volumes. L’écriture des premiers et les somptueux dessins d’Immonen se retrouvent partiellement dans cet affrontement entre X-men d’hier, de maintenant et du futur bien que l’équipe créative ait grossie: si les dialogues sont toujours très savoureux et le découpage, avec de nombreuses doubles pages, percutant, l’histoire tourne un peu en rond avec ces interminables interrogations de qui est qui, faut-il renvoyer Jean et Cyclope à leur époque contre leur gré et que font-ils ici?… Même chose pour les dessins, parfois superbes (Immonen toujours sur les quelques planches qu’il réalise, Bachalo étonnant) mais pour l’essentiel moyens (y compris sur les quelques planches de la bataille finale dessinées par Esad Ribic un peu en service minimum sur ce coup, Frank Cho pas très à l’aise dans l’univers super-héroïque). C’est dommage car sur le papier on a quand-même une sacrée dream-team, mais le concept semble s’essouffler et viser surtout les quelques pleines pages d’offensive collective X-men dont sont friands les fans et les dessinateurs. A noter tout de même le superbe design général des versions des X-men et notamment cette Xorg à la tête de mort, terriblement originale et réussie. On ne sait pas si cet arc est une transition vers quelque chose de plus grand mais malgré un plaisir certain entrecoupé de longueurs, on a le sentiment que la série aurait pu s’arrêter aux trois premiers, cohérents en tant que tels.

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  • Zetman #1 (Masakazu Katsura/Delcourt-Tonkam)  – 2004 – 20 tomes parus, série finie.

zetman01Je suis un grand fan de Masakazu Katsura, un des premiers mangaka, que j’ai découvert au travers de DNA2 à l’époque où l’éditeur-libraire Tonkam se lançait en premier (avec Glénat) dans l’aventure du Manga en France… Il est pour moi l’un des meilleurs dessinateurs japonais et si j’ai finalement lu peu de ses séries, j’avais depuis longtemps très envie de lire ce Zetman originellement issu de short-stories parues en 1997. La série a depuis été transcrite en dessin-animé.

Jin est un jeune orphelin vivant avec les sans abri. Élevé par son « grand-père » il est doté d’une force peu commune et s’occupe en défendant les gens contre les bandits. Lorsqu’une étrange créature non-humaine tue son grand-père, le naïf petit garçon se retrouve propulsé dans un univers violent où une étrange organisation semble le rechercher activement…

Je ne reviens pas sur les dessins vraiment chouettes, les nombreux tics et auto-références de l’auteur (la série animée Wingman qui l’a lancé, les petites culottes, les cheveu en pétard,…). Zetman commence vraiment bien avec un premier volume déjà plein d’action, de mystère fantastique un peu gore (la série est annoncée « mature ») et des personnages intéressants. L’auteur lance de nombreuses pistes qui ont vocation à se développer et nous mènent vers des expériences scientifiques monstrueuses liées à un enfant qui semble être un être doté de capacités hors norme. Ça va a cent à l’heures avec force cliffhangers entre les douze chapitres du volume avec pour objectif une première crise qui sort le héros de son état naïf initial pour l’emmener vers le statut de super-héros. Très riche mise en bouche qui donne envie d’enchaîner cette série finie à la taille maîtrisée.

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BD·Bilan·Comics·Manga

Bilan du semestre

Beaucoup d’imprévu dans ces six premiers mois BD et quelques jolies découvertes. Quelques albums inclus dans ce bilan sont sorti en 2018 mais, pour Reconquêtes cela m’a permis de découvrir le talent incroyable de François Miville-Deschênes qui a sorti récemment avec le même scénariste un Zaroff qui n’est pas passé inaperçu. Découverte également sur Luminary qui m’a attiré par sa couverture et m’a scotché par son traitement général où l’on ne peut séparer dessin et scénario. Les Cinq branches de coton noir fût un carton de l’an dernier, que je présente donc avec un an de retard mais il m’aurait paru étrange de ne pas en parler dans ce bilan tant il est puissant.

Dans les grosses sorties attendues l’adaptation des Nympheas noirs est très réussie et permet de se préparer à la version de Conan de Cassegrain qui semble monter en puissance cette année. Conan toujours avec celui de Virginie Augustin (et qui ne permet toujours pas de départager la version NB et couleur…). La bigleuse de Duhamel est, elle, aussi réussie et drôle que son artiste du Retour.

Revenons aux découvertes: l’artbook de Frederik Peeters me permet de mettre le nez dans son univers et sa technique sans faille avec Saccage. Le dernier dragon est une vraie surprise tant je m’attendais à de la fantasy habituelle: outre des dessins très sympa, l’univers proposé par Pécau est une vraie originalité dans un genre hyper-balisé. Côté OBNI le Iran Revolution de Michel Setboun chez mon partenaire Les Arènes mérite vraiment que vous vous y attardiez tant le travail visuel à partir de photos historiques perturbe et fascine.

J’ai noté Volcano Trash mais l’ensemble du catalogue du jeune éditeur Kinaye mérite votre attention (je chronique les sorties dans la rubrique L’avis des kids le dimanche). Dessous de Bones sorti chez feu-Sandawe (éditeur en crowdfunding qui a mis la clé sous la porte sans que l’on sache pourquoi…) est une vraie révélation graphique dans un univers lovecraftien classique. J’espère sincèrement qu’il trouvera un repreneur pour terminer sa série. Autre lovecrafterie avec l’adaptation très réussie des Montagnes hallucinées par un mangaka, avec magnifique édition simili cuir.

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****·BD·Mercredi BD·Rétro

L’odeur des garçons affamés

BD du mercredi
BD de Loo Hui Phang et Frederik Peeters
Casterman (2016), 104p. couleur, one-shot.

couv_275111J’entends parler de Frederik Peeters depuis quelques années mais n’avais jamais ouvert un de ses albums pour plusieurs raisons: d’abord l’homonymie avec l’autre Peeters (oui, j’en suis désolé mais il m’arrive de confondre des auteurs), ensuite des couvertures moyennement attirantes (L‘homme gribouillé pas du tout, celle-ci moyennement mais assez basiquement western). Mal m’en a pris puisque en découvrant son rêve métaphysique Saccage j’ai été éberlué par son très grand talent technique allié à un univers très personnel…

Oscar Forrest est photographe et participe à une expédition dans le grand Ouest, en compagnie d’un géologue fort en gueule et un garçon de ferme chargé de l’entretien du matériel. Le trio cohabite dans d’étranges relations entre méfiance et attirance. Autour d’eux les éléments à la puissance incommensurable, une nature belle et redoutable, mais aussi d’étranges rôdeurs. A mesure que chacun voit révéler les raisons de leur participation à ce voyage initiatique, les faux-semblants tombent…

Alors que le monde de la BD (re)découvrait le talentueux Meyer et son Undertaker érigé en héritier directe du Blueberry de maître Giraud, on en oubliait (moi le premier) combien ces garçons affamés se rapprochaient bien plus de l’univers ésotérique et un peu New Age prôné par l’auteur d’Arzach et son comparse Jodorowsky. Il y a clairement ces deux filiations dans cet album à l’atmosphère unique, faite de silences, de regards et de rêves. Ce dandy urbain transposé dans l’Ouest sauvage dénote et l’on sait rapidement qu’il fuit quelque chose. L’attitude des trois hommes est étrange dès les premières pages, comme des incarnations des trois ages de la vie, trois ages où l’appétit sexuel varie. Il est question d’homosexualité bien sur dans cette histoire, toute en pudeur, mais plus globalement des conventions et des normes. Je remarque souvent l’écriture des scénaristes femmes, assez différente de celle des hommes de par leurs thèmes et leur traitement. C’est le cas ici où Loo Hui Phang installe ses trois personnages comme se courant après, dans une hiérarchie rappelée par le chef Stingley qui a pourtant la curieuse manie de se promener fesses à l’air… Ses deux acolytes rejettent ces normes pourtant, celles qui font de Milton une sorte d’esclave et celles qui empêchent Oscar d’expérimenter librement son art photographique. Il est question de l’image aussi, celle de la BD, des grands espaces, des cadrages improvisés et renvoyant sans cesse à l’objectif du photographe, aux images mentales enfin, lorsque le monde intérieur, des rêves, des pensées, pénètre celui des vivants.

Très vite un petit mystère est présenté au travers de ces deux chasseurs, le pistolero défiguré et l’indien shaman. Que veulent-ils? L’un incarne sans doute la civilisation qui rechigne à laisser partir les deux jeunes gens, l’autre la liberté émancipée des corps… Comme dans tout récit initiatique, ésotérique, L’odeur des garçons affamés laisse son lecteur errer sur des images et des sons sans toujours véritablement comprendre ce qu’il voit. Et c’est agréable aussi de ne pas toujours chercher de sens lorsque le dessinateur laisse divaguer son imagination, comme Peeters l’explique dans ses motivations sur Saccage.

Résultat de recherche d'images pour "l'odeur des garçons affamés"Visuellement on a les couleurs de l’ouest, assez tranchées, dans les orangés et les verts tendres. Le trait du dessinateur est très élégant, très maîtrisé, à la fois encré et hachuré, permettant des lignes fines remplies d’ombres colorisées. Essentiellement constitué de plans rapprochés, des visages de ses personnages, l’album se savoure avec gourmandise. Un auteur que l’on sent capable de tout dessiner avec facilité…

L’odeur des garçons affamés est un magnifique one-shot sans autre lacune que l’aspect inexpliqué inhérent à ce type d’histoire. Mais l’on aime voir l’amour naître entre ces deux insolents et la magie shamanique prendre corps dans ce monde où la Nature semble permettre un retour à l’essentiel. Une belle histoire faite de beaux dessins répondant à une belle écriture. Une odyssée à lire assurément pour s’évader en compagnie de deux amants libres.

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BD·C'est lundi...·Comics

C’est lundi, que lisez-vous? #57

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
Cliquez sur les vignettes pour aller sur la critique quand il y en a une.

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Couverture de Zetman -1- Tome 1couv_367538

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

All-New X-Men (Marvel Now! - 2014) -5- Déménagement

3. Que vais-je lire ensuite ?

Couverture de Ter -1- L'étranger

Pas une grosse activité la semaine passée, j’essaye d’enchaîner sur la série X-men (avec assez grosse pagination) et je reprends doucement ma PAL une fois éclusées les nouveautés et SP. Lectures plus cool, plus choisies, ça sent les vacances! Trois BD que j’attends de lire depuis longtemps arrivent avec TER, le Blake et Mortimer et le Seven to eternity.

Et vous? qu’avez-vous découvert? Vos coups de cœur et trouvailles, ça m’intéresse!

 

A propos...·Bilan

Le bilan du mois #10: juin 2019

Le Bilan

Le blog est très stable à nouveau avec 1739 vues et 800 visiteurs, avec une évolution notable puisque ça passe au-dessus de 2 pages/personnes, ce qui coïncide avec les nombreuses vues sur la PAL, les TOP annuels et A venir. La réorganisation du blog y est sûrement pour beaucoup. Juin est dans la moyenne haute du nombre de billets publiés sans grosse poussée des stat, ce que j’interprète comme une fidélisation. Je crois ainsi que le record de commentaires a été atteint et ca fait plaisir d’échanger plus avec vous!

Côté syndication on a 87 venues de FB (-20), 71 de Twitter (=) et 75 de WordPress.

  • Les billets les plus vus du mois:

Au risque de passer pour un blog racoleurles billets les plus vus ce mois ci sont (encore et toujours) Sun-Ken-Rock auquel s’associe également très haut le webcomics Rags… Pas très surprenant. Plus intéressant, deux SP (la Vampire de barcelone, du très bon éditeur Le Long bec et De mémoire avec mon nouveau partenaire Bamboo, excellent très intéressant). Deux grosses sorties, Luminary et Zaroff suivent et confirment le bien que tout le monde en dit!

Couverture de Sun-Ken Rock -3- Tome 3 couv_367812rags1-digital-1_1024x1024

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  • East & West: 3 billets
  • BD: 6 billets
  • Docu: 1 billets
  • C’est lundi…: 4 billets
  • La Trouvaille: 1 billet
  • L’avis des kids: 2 billet
  • Visionnage: 1 billet
  • Actu: 1 billet

Très varié ce mois-ci avec le retour des actu et des visionnages (je vais essayer d’en mettre plus et n’hésitez pas à dire si vous trouvez que ça a sa place ou que c’est trop décalé). L’avis des kids prends le dessus sur les docu, ce qui n’est pas étonnant, les albums de la première catégorie étant plus faciles à trouver que la seconde. Je suis content car les deux rubriques se complètent bien et permettent de maintenir la publi du dimanche, jour assez fréquenté. Les comics/manga du samedi roulent aussi pas mal. Reste plus qu’à reprendre les Trouvailles… qui sont gourmandes en temps, la quadrature du cercle! J’ai pas mal bossé sur la structure du blog ce mois-ci en reprenant (après certain commentaires) l’ensemble des billets pour ajouter une catégorie « note » permettant de rechercher par niveau de note. De même les Top ont été regroupés par année. Ça semble vous plaire et rendre service pour trouver de bonnes BD au vu des stat et j’en suis ravi (mon petit cœur de bibliothécaire frémit…). Pour finir, certains blogs me donnent envie de mettre plus d’entretiens (je m’y étais essayé avec grand plaisir). Je vais creuser dans ce sens.

J’espère que ces infos back-office vous auront intéressés, n’hésitez pas à poser des questions en commentaires ou par mail et me faire part de vos suggestions sur l’évolution du blog, ce qui vous plaît ou pas. Pas sur de faire un bilan de juillet, donc a priori on se revoit (entre les critiques) à la rentrée!

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The invisible Republic

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Comic de Gabriel Hardman, Corina Becko et Jordan Boyd
 Hi-comics (2018/2019) – Image  (2015/2019), trois volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions HI-comics pour cette découverte.

couv_366494Cette critique porte sur les trois premiers  volumes parus en France, qui suivent exactement la parution reliée US. Quinze épisodes sont actuellement parus, sur une trentaine envisagée à terme pour la série (environ cinq chapitres par volume). Chacun des albums comportent en fin de volume plusieurs textes sur les problématiques de la Hard-Science-fiction et sur l’univers d’Invisible Republic. Moyennement intéressants mais ils ont le mérite de donner des infos de la scénariste sur sa création et c’est toujours à saluer.

Sur la lune Avalon le régime dictatorial d’Arthur MacBride est tombé, laissant place à un gouvernement dont les mœurs démocratiques riment avec éloignement des centres du pouvoir martien du Commonwealth. Nous sommes en 2843, l’humanité a essaimé sur des exoplanètes grâce à des vaisseaux générationnels. Un journaliste va découvrir l’existence d’une proche du dictateur, dont le témoignage peut remettre en question toute l’historiographie officielle et secouer jusqu’aux fondements politiques du régime martien.

Résultat de recherche d'images pour "invisible republic"The invisible Republic jouit d’un sacré buzz au sein des blogueurs et dans la galaxie des comics indépendants. Ses très jolies couvertures et son étiquette de « SF politique » m’ont assez vite attiré… Première déception, les dessins. Je ne peux pas dire qu’ils soient mauvais, mais ils font partie d’une école graphique qui ne me plait pas, avec un style imprécis qui peut avoir un intérêt pour refléter une ambiance mais que je ne trouve pas joli esthétiquement. Pour les mêmes raisons que Lazarus, autre dystopie très politique, que Sheriff of Babylon, ce graphisme m’a empêché d’entrer dans cet univers pourtant riche, ambitieux, réaliste. En outre la colorisation donne un aspect « sale » certainement recherché mais qui accentue l’impression à la fois de zone de guerre, de documents récupérés et clandestins qui collent parfaitement avec le sujet, mais n’aide pas à la lisibilité. C’est très subjectif bien sur, certains aimeront.

Résultat de recherche d'images pour "invisible republic"La grosse qualité supposée de cette série est son réalisme et son côté politique. Là aussi j’ai été déçu par un scénario assez déstabilisant, qui semble fuir l’action et les scènes choc. On est dans une certaine normalité avec l’ambition des auteurs de déconstruire la mythologie que tout régime politique se construit. Sur ce point c’est très réussi et efficace. On a plus l’aspect d’un documentaire (le personnage axial est le journaliste) que d’un thriller politique. De même, l’histoire commence en suivant ce journaliste assez insipide alors que l’on réalise progressivement que le centre de l’intrigue est la cousine du dictateur, personnage très réussi pour le coup et que l’on retrouvera à différents ages de sa vie et de prise de connaissance par le lecteur de son journal et donc du déroulement de l’ascension du dictateur MacBride.

Résultat de recherche d'images pour "invisible republic"Vous l’aurez compris, Invisible Republic est une série exigeante avec des auteurs qui (un peu comme Christophe Bec…) s’efforcent de brouiller la lecture, de densifier en poussant le lecteur à l’effort, par des croisements constants de narration (maintenant, le récit de Maïa, la vie passée de Maïa). Cela participe de l’ambiance complexe bien sur, mais cela rend la lecture compliquée, peu fluide en créant des énigmes artificielles. Ce comic est sans doute une série à lire en intégralité quand elle sera finie et l’attente des volumes n’aide certainement pas à rester plongé dans cette atmosphère de hard-science. La scénariste a écrit en fin d’ouvrages plusieurs textes de réflexions sur les problématiques que pose cet univers: le voyage inter-générationnel, la faune et la flore, la gravité, l’ascenseur spatial,…autant d’éléments passionnant pour tout amateur de SF. Il est dommage que ces thèmes soient finalement assez peu abordés dans la BD qui tourne autour de l’enquête de ce journaliste lâche et peu charismatique en laissant un peu confus le but recherché: chronique ethno-politique d’une lune ou description d’une révolution? Personnellement je suis plus intéressé par la seconde et la description SF n’est pas soutenue par des dessins qui auraient nécessité d’être plus précis, plus design.

Je ne voudrais pas laisser penser par une chronique trop négative que The invisible Republic est un mauvais comic. Il est certain que j’ai moyennement accroché et que le déroulé avance assez lentement. Mais la lecture du troisième tome a un peu remonté mon intérêt, avec des dessins que je trouve améliorés, plus nets et colorés et surtout une intrigue qui se simplifie, non dans son scénario mais dans son déroulement, plus linéaire. Du coup l’attention gagnée par le lecteur peut se concentrer sur les détails et l’ensemble y gagne en qualité. On ne peut du reste que saluer l’investissement des auteurs dans une série atypique à tout point de vue et qui fait une proposition novatrice si ce n’est très créative. Pour les amateurs.

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***·Cinéma

Visionnage: Godzilla II, King of monsters

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Godzilla est une série de films cultes au Japon, doté d’une esthétique kitsch mais qui a beaucoup inspiré l’imaginaire des films catastrophes hollywoodiens récents avec l’idée ancienne de transposer ces combats titanesques chez l’Oncle Sam. Guillermo Del Toro a été le premier à tirer avec son génial Pacific Rim qui posa les lignes esthétiques de ce que devait être un film de monstres: des tailles gigantesques, un univers sonore très travaillé, une pluie omniprésente et une bioluminescence des créatures qui se mettent joyeusement sur la gueule. A la différence de la série Godzilla en cours, le film de Del Toro créait un univers et des personnages intéressants dotés d’une intrigue dramatique suffisante à tenir le film. La série de Legendary Pictures semble se dispenser de cela ou en partie.

Résultat de recherche d'images pour "godzilla 2 art"Le premier Godzilla hollywoodien frappait fort en 2014 par une campagne promotionnelle très graphique qui intriguait et un réalisateur auréolé de son très réussi film Monsters (… et qui semblait prédisposé à l’adaptation). Le film évitait la catastrophe mais peinait à enthousiasmer par manque d’intensité dramatique, par des raccourcis temporels et géographiques (que l’on retrouve dans le 2), mais lançait les prémices d’une mythologie qui allait permettre la suite. En 2017 l’étonnant Skull Island surprenait en gigantifiant King Kong afin de lui permettre d’affronter le dinosaure atomique, mais surtout développait le background de l’agence cryptozoologique MONARCH, la mythologie de la Terre creuse et densifiait ainsi fortement la portée et l’intérêt du film. Surtout, il donnait un vrai rôle aux personnages (même si l’on restait dans un film de genre avec ses caricatures).

Godzilla 2 s’en sort bien et montre que Legendary est pour l’instant le seul studio à parvenir à créer un univers partagé cohérent après Marvel. Pas une mince tâche. Le film réussit en poursuivant le développement mythologique expliquant de façon crédible l’ensemble des mythes humaines, jusqu’à se frotter discrètement à celui de Ctulhu. Le spectacle est réussi mais épuisant car le scénario assez brouillon et souvent incohérent (les ellipses gigantesques déjà vues dans Godzilla 1) ne permet pas les respirations nécessaires. Seuls surnagent un formidable Bradley Whitford (le Josh de West Wing) et une jeune Millie Brown qui parvient à apporter un charisme étonnant malgré le vide de son personnage. Un réalisateur plus inspiré aurait pu aboutir à un grand film en donnant une vraie place à ses personnages. Mais le cahier des charges était imposant, étouffant, avec notamment cette ribambelle d’acteurs qui ne font que de la figuration pour justifier sans doute des parts de marché (Ken Watanabe, Zhang Ziyi) et ces second rôles qui n’ont que 2 minutes pour exister. L’annonce de Kong VS Godzilla s’annonce bien avec un développement de la Terre creuse, développé rapidement dans le générique final. Si Legendary poursuit le développement de sa mythologie et assume un vrai scénario de cinéma avec personnages impliqués dans une intrigue on peut aboutir à quelque chose d’assez grandiose.Résultat de recherche d'images pour "godzilla 2 art"

Ce qui plait (malgré le très raté Gidorah dont le design semble échappé des premiers films Toho et dénote avec ceux de Godzilla et des autres monstres plutôt chouettes) c’est le côté primal, le graphisme assumé de chaque plan, la brutalité des combats. La lisibilité n’est pas au niveau d’un Pacific Rim ou d’un Skull Island mais c’est plaisant et énorme. L’élément plaisir visuel est ainsi totalement réussi et il ne reste plus que l’autre hémisphère du film à étoffer pour parvenir à un gros succès du niveau de ce qu’a créé Marvel studios. La très grosse surprise finale du sanctuaire de Godzilla est par exemple illustrative d’une certaine ambition des producteurs, peut-être encore timorés. Le film, malgré un combat titanesque quasi-continu épuisant, l’image sombre et chargée, reste plaisant et donne envie de découvrir cette Terre creuse où à n’en pas douter on trouvera encore bien des grosses bébêtes…

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