Comics·East & West·Manga

Sushi & Baggles #13

esat-west

  • Une livre de chair (Hickman/Cocker/Urban 2019) – Black monday murders #2/3

couv_360222Le tome 1 avait fait partie de mes coups de cœur de l’an dernier, véritable choc  proposant une revisitation originale de la cabale fantastique en prenant pour objet l’argent et les banques d’investissement qui organisent le capitalisme financier mondial. La grande réussite du premier volume reposait dans son aspect visuel (où la maquette importe autant que les dessins très forts de Cocker), sur l’insertion de documents textuels développant largement le background de cet univers et sur l’effort de concentration demandé pour attraper des bribes de liens, au sein d’une histoire somme toutes assez linéaire. Je dirais que le volume deux perds un peu de cette nouveauté, de ce mystère en dévoilant un peu trop à mon goût la réalité fantastique de la Caïna-Kankrin. Avec quelques facilités scénaristiques qui raccourcissent fortement l’intrigue on perds un peu du charme pour revenir à une excellente BD mais qui se démarque du coup moins des séries proches. La richesse de cet univers reste néanmoins très grande et le talent des auteurs respire de chaque page. Ayant lu dernièrement Lazarus, dont le traitement hyper-réaliste et mystérieux à la fois est assez proche, je place clairement Black Monday murders au dessus, en espérant que le dernier volume (qui aura un peu de retard car sa parution n’a pas commencé aux Etats-Unis) retrouve le charme noir des débuts.

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  • Démon #2-4 (Shiga/Cambourakis)

couv_349890Jimmy est toujours poursuivi par les services secrets à qui il échappe assez facilement. Lorsqu’il découvre que sa fille est également un démon, il se retrouve plus vulnérable et fomente des plans pour la récupérer et éliminer l’agent qui le poursuit. Dans le tome 2 on en apprend beaucoup sur l’origine des démons et le fonctionnement du passage d’un corps à un autre (une sorte de « physique » démoniaque…). Sans oublier les jeux de problèmes sur lesquels s’éclate l’auteur, on est surpris de voir un contexte développé alors que la série démarrait surtout sur un concept absurde et gore. Dans le tome 3, après quelques longueurs décrivant la vie immortelle de Yee et sa fille, le rebondissement au tiers de l’album enchaîne sur l’une des course-poursuite les plus folles qui ait jamais été inventée (… et qui donne furieusement envie qu’un dingue propose une adaptation ciné qui enverrait sans doute Deadpoole au rayon des bleuettes disneyennes!) et s’achève sur un challenge imposé par l’adversaire du duo, immorale en diable et qui vous mettra un sourire de plaisir coupable jusqu’à l’occiput… Le tome 4 déroule l’attaque finale contre la base dont la défense vous aura déjà fait passablement marrer: des forces-spéciales unijambistes, des siamois, une armée de démons… et toujours des idées toutes plus farfelues pour contourner les problèmes dans ces paradigmes aberrants de la réincarnation immédiate.

A noter que, sortie après le manga Ajin (auquel il reprend beaucoup de l’idée « et si on était immortel »), la BD de Jason Shiga s’en inspire sans aucun doute en proposant une variation plus humoristique. Un coup de cœur immédiat et un des « top délire » de 2019!

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  • Sun-ken Rock #20-25

Couverture de Sun-Ken Rock -21- Tome 21Pfiouuu, enfin la conclusion de la saga mafieuse de Boichi, qui m’a fait passer par toutes les étapes: sceptique sur le début, ébahissement visuel sur tout un tas de séquences, ridicule vulgaire sur un gros arc et limites porno sur pas mal de séquences… Pour rappel mon dernier billet sur la série remonte à janvier avec la fin du combat contre Ban Phuong.

Après les révélations sur le rôle du clan du père de Yumin, fidèle à lui-même Ken abandonne le clan à son ami Tae-soo qui croit nécessaire d’assumer le fonctionnement criminel du clan, devenu la plus grosse organisation criminelle de Corée, rendu par là même visible aux yeux du Clan du dragon blanc. L’affrontement se prépare alors que ce dernier décide d’éliminer la Sun-Ken Rock et de prendre le contrôle de la Corée. Las, Ken décide de passer à l’action pour protéger ses amis et conclue enfin avec Yumin lors d’une soirée d’amour moins vulgaire que d’autres séquences de sexe du manga mais tout aussi explicite. L’affrontement final se déroulera dans le building de Busan où le parrain du Clan a posé ses valises.

Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock"La conclusion de Sun-Ken Rock est à l’image de tout le manga. Totalement sidérant de virtuosité graphique (Boichi est clairement l’un des tout meilleurs dessinateurs japonais), de chorégraphie des combats (l’affrontement au sabre de Yumin est magnifique), lénifiant de blablas interminables, très drôle quand il décale les séquences et tout à fait lourdingue par ses plans prolongés et récurrents sur l’entre-jambe des filles et ses délires SM. Arrivé au terme, je conseille aux lecteurs de démarrer simplement au tome 16 avec l’affrontement contre le gang de Ban-Phuong pour vous éviter ainsi les arcs inutiles sur la chanson et les interminables débilités et cours culinaires.

La série se termine de façon incompréhensible avec plusieurs courts prolongements entrecoupés de sauts temporels, comme si Boichi avait prévu d’autres arcs mais n’avais pas souhaité y passer encore Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock"plusieurs années. Enfin, on voit intervenir Wallman… La très bonne série dérivée est sortie en 2013, Sun-Ken Rock se termine en 2016 et reprends donc les personnages créés trois ans plus tôt. Contrairement à ce que je disais, peu de chance donc de voir une suite à Wallman

Sun-Ken Rock reste donc une série très imparfaite, truffée de bonnes idées, de flamboyances visuelles de la part d’un homme au talent incroyable. Gageons que s’il choisit dans la suite de sa carrière de s’allier avec des scénaristes cela bridera ses mauvaises idées et fan-service éhonté. La série vaut néanmoins le coup pour ces moments de combat incomparables pour peu que vous preniez des raccourcis. A bon entendeur, salut Ken!

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BD·La trouvaille du vendredi·Rétro

YIU

La trouvaille+joaquim
BD Téhy, J.M.Vee, Renéaume et Guenet
Soleil (1999-2009), série finie en 7 volumes de 70 pages.

couv_99935YIU est un projet totalement atypique, à commencer par son titre unprononçable! Sorti il y a vingt ans chez l’éphémère éditeur Le téméraire, le projet très ambitieux prévoyait neuf tomes, avec les couvertures des trois premiers déjà réalisées (les deux premières ont été conservées, la troisième, remaniée en moins sexy, habille désormais le tome 4 de l’édition Soleil). Atypique de par sa longueur, sa pagination importante et surtout par le temps pris pour raconter les dernières heures du monde, l’Apocalypse du point de vue d’une assassin envoyée détruire la Bête afin de sauver son petit frère malade…

Le premier tome que j’avais acheté à l’époque m’avais subjugué par son découpage novateur me rappelant les dizaines de pages de cataclysme d’Akira… La place que seul les manga se permettent d’occuper, mais en grand format franco-belge! L’habillage du volume et le background général très poussé laissaient envisager une chronique dantesque et marquante. Lorsque l’éditeur a fermé, il a fallu attendre deux ans avant que le projet ne renaisse chez Soleil, réduit à sept tomes et une augmentation de pagination qui fait que le premier volume Soleil prolonge de Résultat de recherche d'images pour "yiu guenet"plusieurs pages le tome original. Entre temps les auteurs avaient développé un superbe site web (à l’époque des Modems, les très nombreux dessins préparatoires étaient fascinants et … longs à s’afficher!). Bref, un gros projet très construit et extrêmement ambitieux.

Malheureusement l’excellent dessinateur Jérôme Renéaume (depuis devenu game-designer) qui avait réalisé les deux premiers tomes a quitté le projet et laissé la place à Nicolas Guenet, très bon peintre-coloriste mais moins subtile dans son trait et un peu caricatural dans ses personnages bodybuildés et glabres à la mode Corben. Non que cet univers soit très subtile en effet, mais liée au changement de dessinateur, la continuation de l’histoire a pris la forme d’un combat un peu orgiaque visuellement bien que très beau et dantesque (on aime ou on n’aime pas mais la démesure de tout ce qui sort de ces pages fascine). On retrouve un peu de la surenchère d’un Olivier Ledroit sur Requiem dans YIU, et la BD de Soleil s’avère finalement moins malsaine que les chroniques du chevalier-vampire avec le recul…

Résultat de recherche d'images pour "yiu guenet"Le projet jouit d’un background vraiment touffu et d’un travail préparatoire extrêmement important. Malgré les doubles pages finales de chaque album qui détaillent plus à fond certains personnages ou structure de cet univers décadent on sent l’envie des auteurs d’exploiter un maximum de leur matière, au risque de la surabondance. Car les pages de YIU sont chargées, très chargées. Mais le découpage résolument généreux avec ses doubles pages et ses cases successives très cinématographiques en zoom-dézoom qui illustrent l’action permettent d’orienter une lecture  qui en met plein les yeux. YIU doit se lire d’une traite. D’abord car l’action se déroule en quelques heures seulement, mais surtout car cette BD est très cohérence dans le pourquoi de cette profusion. Même si c’est un peu fatiguant à la longue, cela nous fait ressentir l’urgence, l’orgie de violence inouïe qui est déployée contre la Bête et plus globalement le désespoir de ce monde en déliquescence.

Résultat de recherche d'images pour "yiu reneaume"Le design est extrême, pas loin du cyberpunk dans les éléments techno, influencé par Hellraiser et le monde d’Elric sur l’aspect religieux extrémiste avec force scarifications, piercing et contorsions des corps. Tous ça est gros, trash, comme ces flingues à 25 canons plus gros que leurs porteurs, mais tout cela illustre l’idée d’un aboutissement extrême du pire de l’histoire humaine. Ces aspects sont renforcés par les tics de Nicolas Guenet qui se trouvent digérés par l’atmosphère générale. Tout ceci vise à nous montrer qu’il n’y a rien à sauver de ce monde dont la destinée apocalyptique est finalement peut-être souhaitable. Sauf que…

L’équilibre est trouvé dans ces quelques moments de calme (aux couleurs plus bleutées quand les nombreuses séquences d’action sont dans les rouges) qui nous permettent de nous reposer les yeux et de faire respirer l’intrigue. Notamment les moments autour de Ji-A, le petit frère au corps aussi perdu que le monde dans lequel il grandit, soupçon d’innocence pour lequel YIU va tout donner. Vraiment touchant.

Les auteurs ne nous expliquent finalement pas grand chose du pourquoi de l’arrivée de la Bête. Le scénario, simple, est une fuite effrénée de violence. C’est finalement l’étrange agencement d’un monde très fouillé (que vous aurez sans doute envie de découvrir plus à fond dans la série dérivée Premières missions) avec une mise en scène cinématographique extrêmement visuelle qui donne corps à ce récit des dernières heures du monde. Épuisant comme un morceau de Métal, mais une BD que je vous recommande chaudement, pour la qualité du travail accompli, sa cohérence dans le temps et son originalité indéniable.

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BD·Mercredi BD

The end

BD du mercredi
BD de Zep
Rue de sèvres (2018), 88 p., n&b, one shot.

couv_329238Je ne suis pas fana des couvertures des albums de Zep, trop monochromes et figées. L’image de couverture reste néanmoins intrigante, avec ce titre fort et totalement pertinent. Album grand format, aéré, papier épais agréable. Du travail propre comme toujours chez Rue de sèvres, mais rien d’exceptionnel non plus.

Théo est doctorant en biologie et commence un stage en suède auprès d’un scientifique qui a découvert le codex biologique de la planète dans un fossile de feuille. Son hypothèse est que toute la communication mondiale de la Nature est inscrite dans ce codex. Lorsque des morts inexplicables surviennent à plusieurs milliers de kilomètres de là, des suspicions se portent sur une multinationale du médicament. A moins que cela soit plus grave…

N’ayant jamais lu Titeuf, j’ai découvert Zep sur Un bruit étrange et beau, qui m’avait impressionné graphiquement mais aussi par sa narration douce et fluide. Les dessinateurs bons scénaristes sont rares et je dois dire que le récent Paris 2119 (avec Bertail aux pinceaux) m’a confirmé les qualités d’écriture de cet auteur. The End se lit ainsi d’une lecture souple, assez rapide, permettant d’apprécier les grandes qualités esthétiques et techniques de Zep. Résultat de recherche d'images pour "zep the end"Il est dommage que l’album soit en aplats de couleurs, il aurait gagné à être soit en noir en blanc soit colorisé de manière plus classique. D’autant que les nombreuses cases de nature et paysages sont très visuelles et auraient mérité un travail de lumières et de verts. Si le dessin, très léger, presque pas encré, est par moments un peu rapide (on sent l’envie d’aller vite), c’est sur les visages, les plans serrés que le dessinateur montre tout son talent dans ce style réaliste.

L’intrigue reprends celle du très méconnu et critiqué  film Phénomènes de M. Night Shyamalan qui présentait un « apocalypse Gaïa » lorsque la Nature toute entière se rebellait contre les humains via l’émission de substances mortellement toxiques par les plantes. Comme le film, l’album de Zep montre ainsi les dernières heures de l’humanité alors que l’équipe du scientifique découvre soudainement que les crises survenues de-ci de là sont liées à une décision « consciente » de la Nature. C’est d’ailleurs rigolo de voir des variations différentes du même principe, entre le Guerrier éternel des comics Valiant (version action), l’apocalypse zombie, cette version plus documentaire ou encore la variante Stryges qui reste fondamentalement sur la même idée.

Résultat de recherche d'images pour "zep the end"Le scénario est le gros point fort de l’album, faisant monter progressivement la tension en jouant sur les psychologies et relations des personnages pour nous faire oublier le drame à venir. L’auteur ne fait pas grand mystère de sa chute puisque la première séquence montre la mort brutale de l’ensemble d’un village. Son objet est de rappeler la crise écologique actuelle et de montrer les conséquences pour l’humanité alors que la Terre n’a pas besoin de cette dernière. Résolument politique, l’auteur prends comme héros un activiste prêt à en découdre avec les forces de l’ordre dans des manifestations pour le climat ou de passer à l’action illégale contre un laboratoire soupçonné d’être responsable des empoisonnements. Les ficelles du scénario catastrophe  scientifique sont parfaitement maîtrisées avec les sacrifices, les survivants et l’avancée inexorable du drame et ses visions d’une terre désolée.

Zep nous livre avec The End une vision très sombre de notre avenir, appuyée sur la bande son du The end des Doors que le professeur écoute une bonne partie de l’album, comme un avertissement. Cela justifie un titre et habille le sujet. Une lecture que je recommande vivement.

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BD·C'est lundi...·Comics

C’est lundi, que lisez-vous? #47

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
Cliquez sur les vignettes pour aller sur la critique quand il y en a une.

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Couverture de Les métamorphoses 1858 -2- Dinocampus coccinellaeCouverture de Yiu -5- La chute de l'empire évangéliste

Couverture de Yiu -6- L'apocalypse ou le livre des splendeursCouverture de Yiu -7- Dernier testamentCouverture de Saccage

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

Couverture de L'histoire de Siloë -1- PsybombeCouverture de L'histoire de Siloë -2- Temps mortCouverture de Giant -2- Giant 2/2

La semaine dernière j’ai droppé pour critiquer le nouveau Ninja-K à sa sortie pour suivre mes résolutions de cette année… Avec Yiu ca fait de grosses paginations, du coup un peu moins de titres cette semaine. J’enchaîne sur l’Histoire de Siloé avant la sortie très très attendue (enfin j’espère!) du tome 3. Enfin quelques retards sur le numérique. Cette semaine c’est vacances, je vais essayer d’en profiter pour me faire plaisir sur mes derniers achats sur la PAL. Et puis bon y’a quand même Avengers: Endgame, je suis accaparé psychologiquement…

Et vous? qu’avez-vous découvert? Vos coups de cœur et trouvailles, ça m’intéresse!

BD·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Space battle lunchtime #1

Rufus Stewart

Nouvelle rubrique sur le blog avec l’envie de parler d’albums destinés à la jeunesse et surtout d’en parler avec des kids, à savoir mes enfants! La rubrique sera en work in progress au début pour trouver la bonne formule (je ne suis pas encore esclavagiste et comme le blog ne rapporte rien je n’oblige pas mes enfants à rédiger des billets…). L’idée étant de donner à la fois mon avis d’adulte et l’avis d’un lecteur jeune je vais commencer par un format question réponse. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Comic jeunesse de Natalie Riess
Kinaye (2019) – Oni press (2016), 120 p. couleur, volume 1/2

Space-battle lunchtime a été lu dans le cadre d’un Mass critique spécial de Résultat de recherche d'images pour "babelio"et je les remercie de cet envoi. Vous trouverez ce billet sur le site de Babélio ici.

couv_360367L’ouvrage comporte quatre chapitres et dix pages de bonus, dont un descriptif des personnages et un dossier de fabrication qui intéressera les jeunes sur la conception d’un album. Couverture brochée avec rabats et vernis sélectif. Très belle édition colorée en format comics.

Péony tient une pâtisserie sur Terre. Un jour elle voit débarquer une étrange grenouille humanoïde qui lui propose de participer à un concours de cuisine… Mais pas n’importe lequel: devenir la meilleure chef au Space battle Lunchtime, le plus populaire des show de cuisine télévisés de la galaxie! Transportée instantanément sur une station spatiale elle va vite constater que les rivalités entre les extra-terrestres participants va transformer ce concours en une course d’obstacles…

Salut Talia, tu viens de lire Space Battle Lunchtime, est-ce que ça t’a plus?

Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime"Oui, c’était drôle et j’ai bien aimé l’idée du concours bizarre avec des ingrédients « beurk » ou immangeables comme cette pierre avec laquelle il faut faire des gâteaux! Les personnages extra-terrestres ont des têtes étranges, ça les rends rigolo…

Est-ce que tu connais les émissions de cuisine à la TV?

-Non, je n’ai jamais entendu parler de ce genre d’émissions. Par contre j’adore cuisiner!

Et parle-moi de l’intrigue…

Péony ne connaît personne quand elle arrive sur la station-studio de TV. Elle doit remplacer au dernier moment une concurrente mystérieusement disparue… Elle découvre des instruments compliqués à utiliser mais finit par s’en sortir avec l’aide du caméraman. Mais Melonhead est toujours là pour saboter les préparations!

C’est le méchant?

Oui, il avait perdu un tournoi avant et veut se venger. Maintenant il est prêt à tout pour gagner le concours. Du coup il triche tout le temps et sabote les ingrédients et les ustensiles.

Donc le Space Battle Lunchtime se joue entre Péony et Melonhead?

Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime ries"Non, il y a aussi Neptunia qui devient plus tard l’amie de Péony. Je l’aime bien car elle est sérieuse et mystérieuse. Péony ne la connaît pas bien au début, Neptunia est méfiante, mais Péony lui fait goûter ses cupcakes et elles se retrouvent obligées de travailler ensemble sur une manche du concours.

 

Tu as envie de lire la suite?

Oui. Je pense qu’ils vont choisir deux concurrents ex-aequo et que ce sera Péony et Neptunia! Mais j’espère que Cherisa et Péony vont revenir après leur disparition…


Voilà pour le retour de la choupette… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime"La structure de l’album est très simple, avec une entrée en matière immédiate puisqu’il suffit de quelques pages pour démarrer le show. J’ai été surpris que Péony ne soit pas plus perturbée que cela de l’étrangeté dans laquelle elle est transportée, mais visiblement cela ne chagrine pas les jeunes lecteurs… On a donc plusieurs séquences du concours où chaque fois un concurrent est éliminé, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Outre l’univers hyper coloré et farfelu (on a en fin d’album une version « crustacés » des personnages!), on a progressivement une complexification de l’histoire, avec l’interaction entre Péony et Neptunia (qui ne semble pas commode) qui se développe grâce à l’empathie de l’humaine, mais aussi des mystères comme ce cameraman qui semble amoureux d’elle et les infos sur cet atroce concours cannibale parallèle où les concurrents sont dévorés… Je ne suis absolument pas intéressé par ce genre de Show TV mais pour un album jeunesse le côté tournoi progressif (ce qui marche dans Dragon Ball par exemple) avec plein de personnages bons et méchants fonctionne très bien. Les dessins sont correctes, les couleurs très vives et le découpage, sans être fou, se permet des effets en mode dessin-animé très sympa. Au final, si on n’est pas surpris du déroulement, on a hâte de connaître le fin mot de cette histoire, notamment grâce à un cliffhanger particulièrement redoutable!

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Ninja-K

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Comic de Christos Gage, Thomas Giorello, Ariel Olivetti, Juan Jose Ryp et Roberto de la Torre
Bliss (2019) – Valiant (2017), 320 p. contient Ninja-K 1 à 14.

bsic journalismMerci aux éditions Bliss pour cette découverte.

couverture_ninja-k_v4_cmjn-600x923Cette série est un relaunch récent de la série Ninjak de Valiant dont mes critiques sont dispo ici. Il continue donc l’intrigue de la précédente série là où elle s’était arrêtée, avec ceci de nouveau qu’il revient à des considérations beaucoup plus espionnage, ce qui n’est pas pour me déplaire. Les couvertures sont de l’excellent Trevor Hairsine et les dessins intérieurs d’un très haut niveau avec notamment un Thomas Giorello qui semble plus à l’aise dans l’univers réaliste de Ninjak que dans la SF de X-O Manowar.

Après la destruction de King’s Castle, Ninja-K doute de son employeur, le MI6. Sa relation compliquée avec la psiotique Livewire lui masque ce qui se trame dans l’ombre. Lorsque Ninja-D, l’un de ses prédécesseurs du programme d’espions-assassins, est tué, il mène une enquête qui va lui apprendre le passé de ses homologues et les pratiques secrètes du service de renseignement de Sa Majesté…

Trois parties assez distinctes dans ce volume:

  • Résultat de recherche d'images pour "ninja-k giorello"Une première très espionnage avec des dessins vraiment superbes de Thomas Giorello donc, aborde l’histoire du programme Ninja et l’enquête de Colin King auprès de ses prédécesseurs. On apprend les débuts des premiers Ninja du MI6 pendant la première guerre mondiale, un interlude illustrée par le très doué Ariel Olivetti (qui avait travaillé sur la dernière série X-O Manowar et les zones sombres du programme pour garder le contrôle de ses agents.
  • La seconde dessinée par un Juan Jose Ryp plutôt bon (et qui assure la continuité avec la précédente série où il officiait sur les Dossiers Ninja) est une réunion d’équipe, très sympa, contre un rassemblement de méchants qui voit des personnages de Divinity III intervenir. Après l’introspection place aux grandes batailles et aux enjeux inter-dimensionnels grandioses!
  • La troisième partie est dessinée par Roberto de la Torre que j’avais beaucoup aimé sur Shadowman et Rapture où son style encré et « griffé » se prêtait à un univers de magie noire, d’univers parallèles où la réalité n’est pas évidente… Ici ses encrages restent très chouettes mais moins percutants dans une intrigue où Ninjak infiltre une base en Ukraine en pourchassant une adversaire vue dans l’arc précédent.

Résultat de recherche d'images pour "ninja-k de la torre"Ce gros volume a le grand mérite d’avoir une équipe graphique de haut niveau et de proposer à la fois une immersion en douceur pour les nouveaux lecteurs (du coup ça peut être une porte d’entrée dans Valiant) sur le premier arc espionnage mais aussi de gratifier les lecteurs habituels de Valiant qui retrouveront avec plaisir des personnages connus et leurs interactions avec les différentes dimensions des comics de l’éditeur: Livewire, Ninjak et le Guerrier éternel (Unity), Punk Mambo et Dr Mirage (Shadowman), Kosity l’immortelle (Divinity)… Il s’inscrit dans la chronologie officielle après Unity, Secret weapons,et l’attaque des chasseurs d’armure dans X-O Manowar (série 2016).

Beaucoup moins de fantastique que dans le premier Ninjak (même si on fait appel aux chasseurs de l’étrange Punk Mambo et docteur Mirage…) et surtout une trame cohérente qui relie les trois parties autour du passé du programme Ninja, de la morale d’un assassin et de la fidélité de Colin King qui n’a plus d’autre accroche au monde que son amante Livewire (très réussie et que l’on a très envie de retrouver!). Ce volume marque un tournant dans l’histoire de Ninjak et l’univers Valiant en préparant un Harbringers Wars: Blackout (à sortir très bientôt chez Bliss) qui s’annonce graphiquement et thématiquement grandiose. En tout cas l’effet d’appel est réussi dans ce volume qui joue à la fois sur l’intime et le grandiose multi-héros dans un équilibre particulièrement accrocheur.

Résultat de recherche d'images pour "ninja-k ryp"La partie graphique est en revanche très variée, un peu trop sans doute. Techniquement on est sur le niveau d’exigence des dernières séries Valiant, très haut, avec un Thomas Giorello, Ariel Olivetti, ou Roberto de la Torre qui excellent dans leur style respectif. Même Ryp qui m’avais laissé une impression un peu brouillonne sur la précédente série (notamment sur le design général de ses « monstres »), se mets au niveau de ses collègues. Alors que la structure de l’ancien Ninjak était assez découpée avec beaucoup de sections différentes, la relative continuité de l’intrigue ici  fait un peu tiquer quand à ces changements graphiques. Encore une fois ce ne sont pas les artistes qui sont en cause mais peut-être le choix de ceux que l’on a appelé. Un Lewis Larosa aurait mieux collé à Thomas Giorello par exemple… Il reste que ce tome est plutôt une bonne surprise et reste intéressant tout le long. Pas le plus flamboyant des Valiant mais peut être un de ceux qui associent le plus d’éléments de l’histoire éditoriale récente de l’éditeur et qui est susceptible de vous emmener (subtilement) vers beaucoup de séries publiées par Bliss comics.

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BD·Mercredi BD·Service Presse

Niourk

BD du mercredi
BD de Vatine
Ankama/Comix Buro (2019), 160 p. couleur.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour cette lecture.


couv_363992Le travail éditorial d’Ankama et de Comix Buro est de grande qualité. Après la sortie des trois tomes de la série entre 2012 et 2015 pour le lancement de la collection Les univers de Stefan Wul, une intégrale N&B de Niourk est sortie en 2016 et enfin cette intégrale couleur qui reprend la même mise en page, à savoir la totalité de la série sans coupures, comme un gros one-shot de 160 pages. On n’est pas surpris par la superbe illustration de couverture d’Olivier Vatine, et la maquette est très soignée, avec des vernis sélectifs sur la première et quatrième de couverture. L’album comprend un entretien avec l’auteur sur les origines de l’album, son travail, et une galerie de croquis préparatoires. Il se termine par une couverture alternative et un hommage de Didier Cassegrain et les couvertures originales des romans de Stefan Wul. Dommage que l’on n’ait pas les jolies couvertures originales mais sinon on peut dire que le contenu est plus qu’honnête.

La terre est dévastée. Irradiée. Abandonnée. L’humanité a fui une situation devenue incontrôlable et s’est réfugiée sur Mars. Sur la planète bleue les survivants ont régressé à un stade néo-néanderthalien. Parmi eux un enfant noir va vivre un destin incroyable, un itinéraire vers l’appropriation du savoir et du pouvoir, aux portes du divin…

Résultat de recherche d'images pour "niourk vatine"Comme je le disais, ce qui surprend à la lecture de cette intégrale c’est l’impression de lire un one-shot alors que la publication s’est étalée sur trois ans. Cela car le scénario et le découpage ont très probablement été écrit en intégralité, mais aussi car le récit est aérées de pleines pages qui reviennent assez régulièrement et rendent invisibles les césures de tome, seulement repérables par les numéros de planches. L’histoire est rythmée par des chapitres aux titres aussi simples que le scénario: on va suivre Alpha, l’enfant noir passé du rang de paria de sa tribu néo-néanderthalienne à chef, puis à celui de dieu.

Olivier Vatine n’est pas un laborieux. Que ce soit dans son dessin qui va vers l’épure au fil de sa carrière (parfois jusqu’à donner des planches un peu légères de facilité…) ou de ses scénarii, il propose des intrigues simples aux schémas archétypaux (la vengeance dans Résultat de recherche d'images pour "niourk vatine"Angéla, l’ascension d’un héros dans Niourk,…). Le texte de fin d’album est assez éclairant sur son parcours et le rôle des romans de Stefan Wul dans sa construction d’auteur (il rappelle qu’Aquablue aussi parle de méchants humains, d’écologie et de peuples primitifs…). Si ses intrigues sont simples, son immense talent est celui de la mise en page, du storyboard. Plus affichiste-illustrateur que dessinateur BD (qui nécessite une attention minutieuse sur chaque case), il sait mieux qui quiconque produire de superbes visions et des mouvements par quelques traits suggérés et un travail sur les ombres qui fait la force de son dessin (et donne tout son intérêt aux versions N&B de ses albums). Il n’est ainsi guère étonnant de le voir travailler avec Alberto Varanda, son inverse perfectionniste dont la Mort Vivante reprenant à la fois l’univers de Niourk (sans le préciser on comprend que le contexte est le même) et une intrigue simple (le projet de contrer la mort au travers d’évolutions techno-biologiques) a marqué par la minutie de chaque case, de chaque arrière plan.

Résultat de recherche d'images pour "niourk vatine"Vatine est didactique dans Niourk, il explique au moment opportun ce qu’il s’est passé ces 300 dernières années sur Terre. Il explique aussi les séquences dessinées par la narration de l’Alpha d’après en écho à l’alpha primitif du début. Cela peut paraître un peu appuyé voir inutile alors que les dessins suffisent. A l’inverse (je n’ai pas lu le roman et ne pourrais dire si cela vient du texte ou de l’adaptation) on manque un peu d’explications sur le pourquoi des événements, de l’évolution d’Alpha, de la présence des « martiens » sur Terre. C’est un peu dommage car cela aurait pu donner lieu à quelques planches de pure SF en mode « fuite » et bataille spatiale. Mais Niourk est avant tout un survival et l’auteur se plait à voir déambuler son héros dans les ruines revégétalisées de New-York. Résultat de recherche d'images pour "niourk vatine"La relation d’Alpha avec son ours est touchante tout comme les caractères très différents de Coffy, Tomoe et du Doc. Finalement l’on ne sait si l’album va trop vite ou trop lentement, captivés que l’on est par un dessin qui malgré ses manques (notamment une colorisation un peu old-school qui aurait mérité des tonalités plus franches comme à l’époque bénie où Isabelle Rabarot le colorisait) ne laisse pas de nous fasciner.

Niourk est un album de dessinateur dont la narration graphique déborde très largement le texte. Comme souvent chez Olivier Vatine on est un peu frustré et aimerais voir la même application que sur ses nombreuses couvertures et illustrations solo. Mais celui qui a lancé toute une génération d’illustrateurs continue de nous fasciner par son univers visuel, sa maîtrise instinctive de l’action et l’anatomie suggérée. Doit-on attendre un prochain album, pas certain. Mais pour ceux qui aiment son dessin, cette intégrale est à apprécier comme tout ce qui est rare.

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