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Sushi et Baggles #7

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Sun-Ken Rock #17-19

Couverture de Sun-Ken Rock -17- Tome 17Ces volumes concluent l’arc du combat entre la Sun-Ken team et le gang de Ban-Phuong. Dans le décors dantesque de l’immeuble en ruine rongé par les flammes d’un incendie, les deux chefs de clans s’affrontent dans un combat démentiel. Très peu de blagues dans cette séquence où Boichi peut faire parler sa virtuosité et régaler le lecteur sur ce pourquoi il lit ce manga. Comme depuis le début de la série, les combats sont entrecoupés de respirations sous la forme de dialogues assez plats sur la fraternité, l’identité de l’exilé Ban-Phuong, la vengeance etc. On a l’habitude, c’est un peu philo de comptoir mais dans la bouche de gangsters c’est relativement cohérent. Juste un peu trop redondant pour que l’on s’y intéresse, aussi on passe rapidement sur ces pages pour se régaler avec les planches de baston. Entre-temps Yumin s’est échappé et se retrouve à intervenir au cœur du combat avant l’intervention des forces spéciales du Clan du dragon blanc. Une ribambelle de jeunes filles en tenue très moulantes qui associées à l’amoureuse de Ken que les déboires ont placé en petite tenue, justifiant du fan-service habituel. Malgré toutes ces limites on est ici dans ce qui s’est fait de mieux depuis le début de la série et l’on approche de la fin. A noter que l’irruption des forces spéciales en mode grappin a clairement débouché sur la série dérivée Wall-Man, chroniquée sur l’Etagère et pour moi bien plus équilibrée que Sun-Ken Rock. Fin de la série dans le prochain billet manga.

 

Batman Metal #3

batman-metal-tome-3Attention, accident industriel! De mémoire de lecteur je n’ai jamais lu un tel effondrement sur une série en trois tomes. Parfois on a une disparition graphique en cours de route (Aquablue, Volunteer, …). Ici cela ne pose pas réellement de problème puisque l’on est dans un agencement d’épisodes d’un Event majeur de DC. Si Urban a généralement réussi plutôt bien à proposer aux lecteurs français une sélection d’épisodes centraux permettant de lire des Event sans se taper toutes les publications, ici cela a tenu deux volumes avant l’explosion en vol. Mes chroniques des tomes 1 et 2 étaient plutôt enthousiastes et laissaient la possibilité aux lecteurs non habitués à DC de lire les albums. Ici tout devient totalement incompréhensible mais pire, les quelques WTF vus dans les deux volumes précédents semblent devenir la norme. On se pince dix fois pour être sur qu’il ne s’agisse pas d’une liberté de traduction mais la correspondance de l’image ne laisse pas de doute: c’est du grand n’importe quoi! Je ne sais pas si les personnages débiles de cet album existent de longue date dans le catalogue DC mais les auteurs (et pourtant pas des moindres) semblent avoir mis un point d’honneur à ressortir tout ce qu’il y a de plus aberrant chez cet éditeur (entre Starro l’étoile de mer, le singe-Batman ou l’œuf de plastic-man…). Bref, j’arrête ici la mise à mort mais je dois avouer que la déception alliée à l’épuisement de cette lecture m’a vaguement dégoûté de tenter d’autres Event de chez DCHeroes in crisis me tentait bien. J’attendrais sagement les retours avant de me lancer.

 

Ninjak #3

Couv_306583Je continue ma lecture de Ninjak un peu dans le désordre (j’avais lu Shadowman intégrale et Rapture à sa sortie et commence juste à comprendre certaines choses). Une chose est certains, Valiant est monté d’un niveau graphique entre ses premières séries et les reboot récents. Ça reste très correcte mais disons que ce ne sont pas les dessins qui vous feront acheter l’album. Dans le troisième volume en forme de crossover Ninjak est envoyé avec Punk Mambo dans le monde des morts pour récupérer La Pie, la nouvelle forme de Shadowman (je ne spoil pas et vous envoie lire l’intégrale avant la nouvelle série à paraître en France en 2019). On a donc quelque chose proche de ce qui est proposé dans Rapture et qui se passe essentiellement de l’autre côté. Ninjak est toujours aussi invincible et un peu trop lisse par rapport à son inspiration (Batman) à mon goût. L’interaction avec la magicienne vaudou et les Loa est très sympa et les épisodes sont entrecoupés par la légende de la Pie. On oubliera la facilité à entrer chez les morts et à s’y promener  pour profiter de la grande réussite graphique du personnage du porteur de Loa. On est donc plus dans l’esprit de Shadowman et j’avais bien aimé cette série, du coup j’ai préféré ce troisième volume aux précédents même si je ne comprend pas pourquoi l’éditeur associe aussi fréquemment le seul héros sans pouvoirs à son personnage le plus magique, les deux univers ne collant pas selon moi. Si vous attendez des combats Ninja et de l’espionnage il faudra repasser.

 

Red Sonja: l’autre monde

Dans ce sympathique épisode de Red Sonja (l’alter ego de Conan, créée par Robert E. Howard et vue dans le film Kalidor avec Schwarzie), la guerrière vêtue d’un bikini en écailles de dragon se retrouve transportée à New-York à notre époque du fait d’un portail ouvert par le maléfique sorcier Kulan Gath.  Ce dernier a en effet pris l’identité d’un magnat capitaliste et envisage très naturellement de détruire le monde… Si le scénario, simple mais très bien tenu dans un second degré léger est assez anecdotique, la qualité première de cet album réside dans les dessins de Carlos Gomez, dessinateur argentin talentueux et rare. On est dans un style graphique de l’Ecole hispanique et perso j’adore! Red Sonja est montrée sous toutes les coutures avec sa tenue très aérée, sans que les dessins ne virent dans le vulgaire (la différence entre le fan-service made in USA et le japonais comme chez Boichi). Ça combat, la donzelle est aussi fine que Conan et les interactions anachroniques entre la bourrine amatrice de bibine et les personnages du XXI° siècle souvent drôles. La série est à suivre et le scénario de fantasy, bien qu’improbable, est suffisamment travaillé pour que l’on ait envie de poursuivre… pour peu que les dessins restent à la hauteur. Cet album m’a un peu fait pensé aux albums de Frank Cho genre Shanna. Du coup je vais essayer de dénicher d’autres albums de Gomez, notamment sa série Dago, vraisemblablement introuvable. Si quelqu’un a un filon…

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A propos...

Bilan 2018

Salut à tous et excellente année BD à venir! Ce bilan sera le premier en année pleine (le blog a techniquement 3 ans mais a redémarré sérieusement à l’automne 2017) et je vois le chemin parcouru en une seule année.

Pour commencer un petit bilan stat qui me défrise pas mal même s’il faudra attendre 2020 pour voir l’évolution: 14800 vues, 7800 visiteurs uniques, 1500 vues FB, 600  vues twitter,… le gros venant néanmoins des recherches Google, ce qui confirme mon constat d’affichage assez précoce de l’Etagère dans les résultats de recherche pour certaines BD. Comme bibliothécaire de profession je sais combien c’est difficile de monter dans les résultats Google et je suis pas peu fier!

Stat

  • Pour l’année 2018 j’ai 14800 vues, 7800 visiteurs uniques.
  • Mensuellement on est depuis plusieurs mois à plus de 1800 vues avec 1000 visiteurs, une vingtaine d’articles publiés pour 1.8 vues par visiteur.
  • 50 abonnés wordpress, 380 suiveurs de la page Facebook (2600 amis sur mon profile), 133 abonnés twitter. Peu mieux faire mais il faut une grosse activité RS pour monter…
  • 239 billets publiés en 2017

 

Top billets

Les billets les plus lus:

  • https://www.editionspaquet.com/sites/default/files/titres/couv3d_9782888908715_0.pngAngel wings – cycle 1: grosse surprise avec notamment une flambée stat sur ce billet au mois d’avril dernier, que je ne m’explique toujours pas. Ça a continué assez fort depuis (je ne sais pas d’où viennent les visites…).
  • https://www.bedetheque.com/media/Couvertures/Couv_337432.jpgEffet coquin ou pas, lavant dernier album de l’excellent Florent Maudoux est très bon et l’article a été bien lu cette année (sortie en été).
  • Il faut flinguer Ramirez Événement absolu de l’année, le génial Ramirez doit être lu de toute urgence!
  • Couverture de Les aigles de Rome -1- Livre I La série romaine de Marini ne m’avais pas plu sur les deux premiers albums. Je l’ai relue sur le tard et adoré. Ça tombe bien, mon billet semble avoir accroché pas mal de curieux.
  • Couverture de Sambre -INT- Intégrale Seul guide de lecture à arriver si haut, mon billet sur l’ensemble de la saga Sambre est bien placé dans les résultats de moteurs de recherche.
  • sunkenrock1_16062008_185503 J’ai entrepris des billets sur l’ensemble de la série manga de Boichi Sun-Ken Rock et c’est celui-ci (sans doute grâce aux résultats d’image, celles que j’ai trouvé étant particulièrement fortes) sort très régulièrement dans les visites.
  • Un dernier pour la route (sur les billets au-dessus de 200 vues), je suis ravi que la très bonne adaptation de la Horde du Contrevent (chef d’œuvre de la littérature SF que vous devez lire si ce n’est fait!)

 

Activité générale et perspectives 2019

Beaucoup de changements cette année avec une arrivée à maturité du blog qui commence à intéresser sérieusement les éditeurs (ce qui me facilite la récupération d’albums), 11 me faisant confiance et c’est l’occasion de les remercier de leur soutien à cette dynamique des blogs BD. Mes lectures viennent, je pense, pour trois tiers de mes achats, des prêts et emprunts médiathèques et des Service presse (papier ou numériques). Lorsque c’est numérique je ne peux bien évidemment pas parler de la fabrication et du travail d’édition (sujet qui m’intéresse), du coup les éditeurs qui veulent m’envoyer des éditions spéciales, journaux et ouvrages soignés, je suis preneur 🙂

Niveau répartition par genre, ma fréquentation de pas mal de blogs Comics oriente mes lectures vers ce genre, beaucoup en numérique grâce à Iznéo. Je tente surtout des one-shot d’auteurs mais de temps en temps je réessaye une série de super-héros… généralement avec déception. Pour les manga je suis toujours en dessous de ce que je voudrais, du fait de la taille des séries. Ma gestion des étiquettes (tags) se fait progressivement mais ce n’est pas évident de rester cohérent sur le long terme. Du coup je dois tourner à 2/3 de BD pour presque 1/3 de comics et quelques manga.

Question partenariats je suis toujours un peu frustré sur le collaboratif. Je constate que plusieurs blogs se sont associés des partenaires. Pour l’instant je préfère rester sur un blog perso mais je renouvelle mon appel à ceux qui voudraient lancer des rendez-vous coopératifs entre blogs. Depuis l’an dernier j’ai quitté le groupe de la Bd de la semaine qui me permettait de sortir de ma zone de confort mais était un peu trop éloigné de ma visée graphique. En revanche j’ai commencé une collaboration avec le site Superpouvoirs où j’essaye de tenir une rubrique mensuelle (billets originaux sur des découvertes comics), ce qui est bien motivant même si cela rajoute du boulot.

Niveau rubriques je n’ai pas réussi à faire beaucoup d’artbook (c’est cher et difficile de trouver ses SP), mais j’arrive à me faire plaisir sur les Trouvailles du vendredi, qui prennent du temps de lecture (puisque ce sont souvent des billets sur une série). J’arrive en moyenne une semaine sur deux à sortir un C’est lundi…, rubrique sympa et ça semble plaire (peut-être par-ce que c’est moins touffu que mes billets?…). Je suis content que mes pages Mon top, A venir et A propos soient parmi les plus vues du blog. Pour compenser le temps de lecture j’ai multiplié ces derniers temps des billets de lectures rapides comics et manga qui ne comportent pas d’images, moins de texte et permettent aussi de parler d’un très mauvais album sans l’allumer au niveau de la notation!

Sur les perspectives du blog, il faut que j’arrive à gagner du temps de rédaction sans affaiblir la qualité des articles… pas évident. Le fait d’avoir pas mal d’images par articles joue sur la fréquentation. Peut-être que je peux mettre en place un diaporama qui permettra de rédiger moins avec autant d’images, à tenter. La principale évolution que j’anticipe c’est la taille critique atteinte par le blog et l’augmentation des SP, ce qui nécessitera de raccourcir les délais de publication des nouveautés… Je suis toujours preneur d’échanges et d’avis de blogeurs et de lectures. Et en attendant je vous souhaite plein de belles découvertes graphiques et espère que ce genre de billets Back-office vous intéressent!

BD·Mercredi BD·Nouveau !·Service Presse

Saint-Barthélémy

BD du mercredi

BD Pierre Boisserie et Eric Stalner
Les Arènes (2016-2018), 174 p., série complète en 3 tomes.

Merci aux éditions Les Arènes pour cette découverte.

Couv_343545Très belle édition intégrale des Arènes, avec une couverture toilée et titre gaufré au vernis sélectif sous une jaquette avec illustration originale. La quatrième est illustré par des vers de Voltaire dans la Henriade. Les trois tomes s’enchaînent comme trois chapitres (sans les couvertures originales des albums). L’ouvrage se termine par un cahier graphique de croquis de  six pages. Très joli travail même si du fait du sujet et du sérieux de la BD j’aurais apprécié une préface ou un texte de contexte historique en accompagnement. L’éditeur pourra toujours prendre cette initiative dans une future réedition.

Alors que les protestants ont marqué une étape importante dans la guerre civile qui les oppose aux seigneurs catholiques, sous le regard calculateur de la Couronne, le mariage de leur chef Henri roi de Navarre (futur Henri IV) avec la sœur du roi Charles IX va donner lieu à un assassinat planifié des principaux chefs de guerre huguenots à Paris, le 24 août 1572. Ce récit nous rend témoins de ces évènements au travers des yeux d’Elie Sauveterre, un jeune noble dont la famille est impliquée des deux côtés de la religion…

Résultat de recherche d'images pour "saint-barthélémy stalner"Je ne suis pas très attiré par les BD historiques classiques de chez Glénat, leur préférant des œuvres plus sombres ou penchant vers la fantasy comme le Roy des Ribauds ou Servitude. Mes très bonnes relations avec l’éditeur Les Arènes (qui publie peu mais globalement de très bons albums sur des projets d’auteurs) me permettent de découvrir cette BD que je n’aurais probablement pas ouvert en librairie. Comme quoi on gagne à sortir de ses habitudes…

Si Saint-Barthélémy est sorti en trois albums, le découpage et la chronologie des évènements en fait plus un gros one-shot qui mérite grandement d’être lu d’une traite. Une lecture concentrée et rapide tant ce survival est dense et tortueux, comme les ruelles de Paris que le Résultat de recherche d'images pour "saint-barthélémy stalner"personnage principal parcourt dans tous les sens afin d’accomplir sa mission et échapper aux fanatiques guisards. Pour qui ne connaît pas bien cette partie de notre histoire, le complexe jeu politique entre les membres de la couronne (le roi fou Charles IX d’un côté, son frère guisard et futur Henri III ou la Reine-mère Catherine de Medicis de l’autre), les protestants (Henri de Navarre futur Henri IV) ou les rajouts narratifs du scénariste Pierre Boisserie) pourra paraître très complexe. Pourtant la construction scénaristique et l’intelligence de mettre la focale sur Elie de Sauveterre et le drame familial qu’il découvre permettent au lecteur une lecture agréable qui aide à suivre en parallèle un récit d’action dramatique entrecoupé des débats ciselés dans les chambres du Louvre.

La grande force de cette BD est de nous mettre en plein cœur d’un des évènements majeurs de l’histoire de France et de l’histoire du christianisme (les Arènes avaient déjà publié une histoire politique de l’Église que j’ai chroniqué ici). La puissance visuelle du film de Chéraud La reine Margot est dans toutes les têtes et il est toujours difficile d’aborder cet évènement sans citer le film. Les auteurs y parviennent en se concentrant sur le témoignage de Sauveterre. https://i2.wp.com/sdimag.fr/Img_PAO/Matos_BD/SaintBarthe%CC%81lemy_T2_pl3.jpgL’histoire peut être répartie en trois thèmes: les errements de ce dernier dans Paris et son témoignage des massacres, l’évolution presque heure par heure de cette nuit et des jours qui l’entourent ainsi que les motivations politiques des différents responsables politiques, enfin, pour cadrer le tout, le récit de la fratrie de Sauveterre, répartie entre les trois parties de la BD et dont les révélations expliqueront en partie les décisions d’assassinats. Encore une fois la subtilité des discussions politiques est vraiment remarquable! Si le fanatisme est bien sur au cœur du récit (avec quelques exagérations graphiques de Stalner dans les séquences de foules), tout est politique et l’on comprend vite que la finalité de l’affaire reste bien la prise du trône de France: dans un contexte de guerre civile qui affaiblit la couronne Valois avec un souverain fou sur le trône, dynasties protestantes comme catholiques cherchent à récupérer la dignité royale à l’aune d’une crise majeure.

Résultat de recherche d'images pour "saint-barthélémy stalner"Avant de commencer la lecture je ne voyais pas bien l’intérêt d’une BD sur un évènement en particulier. J’ai été détrompé en découvrant une remarquable construction aux multiples points d’intérêt, notamment graphiques. Eric Stalner propose des planches très détaillées avec notamment des visages impressionnants. La colorisation est un atout majeur des planches en apportant élégance et détails à des encrages déjà très maîtrisés du dessinateur. On pourra tiquer sur quelques tics comme ces textures sanglantes omniprésentes même sur les habits des nobles qui n’ont pas quitté le Louvre mais cela participe à une ambiance morbide de folie collective qu’avait déjà fort bien représenté Corbeyran sur son Charly 9. N’ayant rien lu de Stalner précédemment, je découvre un dessinateur confirmé et de caractère. Les quelques faiblesses des arrières-plans ou de décors seront mis à sa décharge sur la quantité de travail de l’ensemble du projet.

D’une lecture complexe, cette BD donne le sentiment d’un temps suspendu, de minutes de conciliabules politiques en même temps que du déroulement des massacres. Une sorte de théâtre dramatique en trois actes. Un ouvrage maîtrisé de bout en bout, jusque dans le travail d’édition. La portée du projet peut sembler restreinte du fait d’un cadre serré, presque documentaire, mais l’ampleur historique de l’évènement suffit à balayer ces impressions en aboutissant à une BD importante.

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A propos...

Le bilan du mois #4

L’année se termine en fanfare avec le seuil de 2000 vues mensuelles sur décembre. Je ne suis pas accroc aux défis statistiques mais je dois avouer que ça fait plaisir!

On a donc 300 visites en un mois avec 1094 visiteurs uniques (+100) avec 3 billets de moins que novembre, qui était déjà en baisse. Ça confirme mon constat que le blog tourne tout seul avec une excellente longue traîne. Environ 200 billets vus par moi, ça reste une très bonne moyenne. Le côté négatif c’est que les billets de nouveautés n’ont pas des stat fabuleuses. Je gage que c’est la visibilité google qui corrigera cela. Grosse chute de l’activité réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Babelio et Bdgest). Je ne suis pas trop inquiet étant donné que mes publi sur ces réseaux sont régulières, mais je surveillerait cela.

  • Les billets les plus vus du mois:

Comme chaque mois les pages A venir, Mon top et A propos sont toujours dans les plus grosses vues. La saga romaine de Marini, Ramirez, Sun-ken Rock et la Horde du contrevent accompagnent mon guide de lecture sur la saga Sambre. Ces billets se retrouvent dans le bilan ce l’année que je vais publier dans la semaine. Le manga de Boichi revient très souvent car il y a relativement peu de critiques tome par tome de cette série, ce qui favorise le blog.

couv_682339782344011881-lRésultat de recherche d'images pour "sambre yslaire"

Couverture de Sun-Ken Rock -3- Tome 3Horde du contrevent 01.  Le cosmos est mon campement

  • East & West: 3 billets
  • BD: 3 billets
  • Docu: 0 billet
  • C’est lundi…: 3 billets
  • La Trouvaille: 2 billet

Un peu moins de publications ce mois-ci, notamment du fait de ma collaboration avec le site Superpouvoirs et de ma lecture de séries intégrales qui de fait prennent du temps de lecture. J’ai multiplié également les rubriques de critiques courtes qui permettent aussi de coller au plus près de mes lectures sans faire un gros billet chaque fois.

J’espère que ces infos back-office vous auront intéressés… et vous donneront envie de lire mon bilan de l’année 2018.

Comics·East & West

Jupiter’s Legacy vol. 2

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Comic de Mark Millar et Frank Quitely
Publié chez Panini (2017). Première publication US chez Image (2013), 2 volumes parus.

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Le second et dernier volume de la série Jupiter’s Legacy, intitulée « le soulèvement » reprend la couverture originale de l’édition US dans une maquette simple mais élégante de Panini. L’album comprend la traditionnelle galerie de couvertures additionnelles en plus d’un carnet de croquis et d’une bio à jour des auteurs. A noter que le coloriste du volume 1 a changé, avec une petite perte de qualité à ce niveau. L’album se termine avec une possibilité de suite et les Millar a produit avec un autre dessinateur un préquel, Jupiter’s Circle racontant les aventures de Skyfox, le meilleur ami d’Utopian, sorti entre les deux tomes de la série mère. Le potentiel de l’univers est évidemment gigantesque même si Millar continue rarement ses séries sur de longs arcs.

La rébellion a sonné pour les descendants d’Utopian décidés à libérer les super-vilains, seuls à même de former une armée pur mettre à bas la dictature de Brandon et son oncle. Parmi eux, Skyfox, le chef des méchants, ancien meilleur ami du fondateur Utopian et accessoirement grand-père de Jason…

STK698478-1La lecture du premier tome m’avais subjugué, comme c’est souvent le cas avec les scénarii de Mark Millar. Le sentiment d’avoir sous les yeux un album majeur au même titre que son Red son, uchronie plaçant Superman dans un univers soviétique. Si la cesure entre les deux tomes peut surprendre (la coupure chronologique de plusieurs années avec l’arrivée du jeune Jason était intéressante mais aurait pu être placée entre les deux tomes), l’intrigue reste linéaire et passionnante, avec le cadre classique des derniers espoirs contestant un pouvoir dictatorial. La petite faiblesse tient à la moindre surprise, le basculement entre le monde d’avant, celui d’Utopian et celui de son frère se faisant dans le tome précédent. Du coup on attend des surprises du même ordre qui tardent à venir. le principal intérêt repose dans ce volume sur la vérité variable selon le camp que l’on occupe, avec un Skyfox présenté comme le super-méchant qui se trouve être en réalité un simple contestataire de l’ordre établi. Ici la dimension politique qui rend la série passionnante revient en illustrant que ce sont les détenteurs du pouvoir qui déterminent qui est bon et qui est méchant. Avec en petit bonus l’attitude très bad-ass du grand-père de Jason, sa clope au bec et son nihilisme égoïste. En revanche la virulence du propos économique retombe presque totalement et l’on se retrouve avec un comic plus classique, moins sulfureux. Quand Jupiter #1 trouvait l’alchimie parfaite entre l’entertainment graphique virtuose (les inventions délirantes de Quitely sur les pouvoirs) et le pamphlet à la Renato Jones, le deux se contente d’achever ce qui a été lancé. Il est probable que les deux volumes doivent se lire à la suite et devrait être désormais édités en un unique volume comprenant Jupiter’s Circle tant la coupure n’est scénaristiquement pas pertinente.

Hormis ce bémol, cette clôture reste de très haut niveau, avec toujours ce découpage très horizontal du dessinateur écossais qui permet une formidable lisibilité et un dynamisme digne d’un manga. La puissance des explosions, envols, la gestion de la temporalité des cases est affolante et rappelle par moments les jeux graphiques de Trevor Hairsine sur Divinity (les deux illustrateurs britanniques partagent d’ailleurs un style très crayonné et organique). La grands originalité de Jupiter’s Legacy, dans un cadre de Super-héros très formaté, repose sur les trouvailles quand aux pouvoirs et effets physiques: la téléportation d’un train en action sur une rangée de soldats, la manipulation mentale ou l’héroïne qui voyage sur les électrons sont des exemples d’idées très motivantes. Le changement de coloriste pose des textures moins subtiles que sur le premier tome, ce qui est dommage, même si la cohérence entre les deux n’est pas remise en question. STK698478-2Le design des héros reste génial et original. On ressent l’envie de changement et la liberté créatrice des auteurs. Cette série est une telle fraîcheur!

La déception principale après avoir lu cette incroyable réinvention du genre super-héroïque est donc bien la brièveté de ce concept que l’on aimerait voir prolongé sur d’autres arcs. L’alchimie entre le scénario et le graphisme est telle que l’on est déçu de voir tant d’idées qui n’ont pas le temps d’être développées. Je lirais à coup sur Jupiter’s Circle par curiosité et vous invite très vivement à vous procurer les deux volumes de Legacy, que vous soyez férus de comics ou novices. Il s’agit d’un grand moment de lecture que l’on a plaisir à reprendre en attendant comme toujours chez Millar, une adaptation ciné qui promet d’être grandiose pour peu que l’équipe parvienne à reproduire ce miracle dessiné.

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A propos...·BD·Comics·Manga

Les BD de 2018

Taratata! C’est l’heure des top de l’année, forcément subjectifs et partiels puisque malheureusement je confesse  n’avoir ni pu ni cherché à tout lire de cette année BD! C’est pas grave, vous connaissez mes penchants et j’avoue être assez content de proposer dans ce top au moins un album qui n’apparaîtra pas dans ceux de la presse spécialisée ni d’Angoulême. Mon top à moi est graphique et vous trouverez dans ces six albums panachés entre l’Europe et l’Amérique une maestria graphique totale qui ne vous laissera pas indemnes…

Quelques albums de mon top général ne sont pas ici car il fallait faire un choix (notamment Black Monday Murders). Je suis difficile dans ma notation mais heureusement les auteurs redoublent de passion pour parvenir à submerger ma digue perso! Et s’il fallait n’en choisir qu’un j’hésiterais beaucoup entre Ramirez et Guarani

Je fais un petit prix spécial (qui permet de mettre du manga sur ce blog) pour Ajin, série découverte cette année et qui me sidère totalement à chaque volume en parvenant (j’assume) à dépasser sa grande référence, Akira. Lecture obligatoire!

les liens vers les billets sont sur les images.

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Ajin - Tome 12

BD·Mercredi BD·Nouveau !·Service Presse

Le caravage

BD du mercredi

BD de Milo Manara
Glénat (2015-), 52 p., 2 vol parus, série finie.

Couv_351631Couv_241292A l’occasion de la parution du tome 2 de conclusion de cette histoire dessinée par le maître Manara j’ai entrepris la lecture du double album dans son intégralité. Si j’admire le talent de l’artiste italien, comme beaucoup sa bibliographie m’a déçu et je ne parle que des albums non érotiques. La saga ultra violente de Jodorowsky sur les Borgia dépeignait les mêmes lieux (Rome et l’Italie) un siècle avant où Manara reprenait déjà ses thématiques graphiques à la fois fascinantes et redondantes: la plèbe, les ruines de la Cité, les paysages de l’Italie, la violence et la crudité de la vie. Peu attiré par le sujet je profite de l’occasion pour découvrir un double album apaisé où l’on découvre les mœurs de l’époque mais aussi beaucoup le quotidien artistique, le travail des peintres de la Renaissance que l’on n’a jamais aussi bien vu en action.

Michelangelo Merisi arrive à Rome en provenance de Milan après une formation dans l’atelier d’un disciple du Titien. Jeune homme fougueux, ambitieux, son talent est rapidement repéré par un cardinal humaniste qui tente de le protéger de son envie de vérité qui le mets en danger face à deux ennemis: l’intégrisme de la foi et les souteneurs des prostituées qu’il utilise comme modèles…

Les BD sur le Moyen-Age ont ceci de fascinant qu’elles ont souvent un côté naturaliste qui dénote totalement avec les images d’Épinal ou de la Fantasy anglo-saxone. Elles permettent en outre de mettre en lien une vie quotidienne crue et simple avec des œuvres ou événements mis sur des piédestal dans les musées ou narrés par la Geste historique officielle. A ce titre l’album de Milo Manara sur le Caravage ressemble à la magnifique trilogie de Luigi Critone sur François Villon, où l’on retrouvait en outre un style graphique italien de paysages vaporeux (visuels qui inspirent aussi Marini sur sa série Scorpion). Il y a beaucoup de similitudes dans le traitement de ces deux personnages, grands artistes inspirés et hommes simples, soumis à des pulsions violentes qui les entraînent dans des déboires judiciaires. Seule l’admiration de puissants seigneurs humanistes les sauve de leurs démons. La violence des époques, la sexualité et la corruption de sociétés basées sur la force  et la religion sont dépeintes dans ces deux séries.

Dans Caravage les deux albums sont relativement distincts, et c’est ce qui rend la série intéressante. Si les décors romains occupés par des foules besogneuses ont déjà été illustrés par Manara dans d’autres BD, le second album intitulé « Grâce » (dans l’attente de la grâce judiciaire du Caravage suite à son combat du premier album), se déroule dans le sud, entre les territoires lumineux du château de Malte et les villages de Sicile. Quand le premier volume se situait au cœur du pouvoir et des arts, la suite nous dépeint une société d’ordre militaire, celle des chevaliers de Malte, et montre combien ce monde de la Renaissance tout juste échappé du Moyen-Age est morcelé, éloigné et illustre l’absence de Nation italienne à l’époque. Le découpage est un peu abrupte avec une continuité assez décousue et des deus ex machina qui indiquent que Manara reste un grand dessinateur avant d’être un grand scénariste. Mais l’histoire est intéressante et prends par moment la forme de récits d’aventure et de cape et d’épée de par la propension violente du grand peintre. L’auteur a la bonne idée de ne pas faire de sa série  un précis d’histoire de l’art qui aurait étouffé la vision épique. Avec un premier tome plus porté sur l’acte de création et un second plus aventureux, la lecture s’enchaîne très légèrement.

Le Caravage - Tome 2 de Milo ManaraLes dessins ne sont pas les plus précis qu’ait réalisés Manara mais son style est toujours aussi clair, esthétique et ses colorisations rendent parfaitement des ambiances toutes particulières, celle des paysages méditerranéens ou des intérieurs du XVII° siècle, avec nombre de citations graphiques de Piranese et d’autres peintres de la Renaissance. La plèbe permet au dessinateur de montrer les belles formes habituelles de ses demoiselles, mais sans excès, restant sur son sujet. Les expressions faciales en revanche sont réellement très percutantes.

Manara s’est toujours intéressé à la création et l’histoire de l’art (le Giuseppe Bergman critiqué sur ce blog portait déjà sur le sujet). Sa description de l’homme Caravage plus que du peintre permet un récit populaire d’une époque fascinante. Très équilibrée, sa série est probablement l’une des plus intéressantes et accessible de la bibliographie du maître de l’érotisme, associant intérêt graphique, historique et artistique. Il est bien dommage que Glénat n’ait pas anticipé la publication d’une intégrale augmentée pour les fêtes de Noël tant Caravage ferait un très beau cadeau.

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