Manga

Wallman

Manga de Boichi
Kazé (2016), 3 volumes parus, 225 p./album.

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J’ai découvert le mangaka Boichi très récemment et notamment son œuvre phare (et la plus longue): Sun-ken Rock. C’est clairement en parcourant les recherches d’image Google que j’ai flashé sur ces cases dont certaines sont réellement sidérantes. Wallman étant en seulement trois volumes à ce jour (probablement un premier cycle) je me suis laissé tenter. Et donc qu’est-ce que ça vaut?

Et bien je dirais plutôt très bien et plutôt mieux que Sun-Ken Rock. D’abord, la série étant plus récente, son dessin est déjà à pleine maturité (les premiers tomes de Sun-Ken Rock étaient « à améliorer ») et son style également. Résultat de recherche d'images pour "wallman boichi"Les fondamentaux sont là: on est dans un manga d’action effrénée où l’humour vaguement scato ou sexuel et les (très) jolies filles (très) aérées ont une place sinon centrale, disons régulière. Boichi adore les plans osés sur les petites culottes. L’insistance est un peu lourdingue mais question virtuosité cela permet des plans assez incroyables dans les scènes d’action. De même, les filles ont une fâcheuse tendance à oublier de mettre des pantalons/des soutifs… bref. L’artiste un peu Otaku sur les bords se fait plaisir et finalement il n’est pas le seul dans l’univers de la BD à aimer dessiner les filles…

Résultat de recherche d'images pour "wallman boichi"Passons donc au cœur du manga: l’action. Là-dessus on entre directement dans le vif du sujet avec des acrobaties câblées de Maître Ku et sa charmante disciple (format oblige: on est sur trois volumes dans une histoire finie quand Sun-Ken Rock se clôt en 25 volumes avec quelques longueurs) dès les premières pages. Ça va même un peu vite pour du manga et on est un peu frustré de passer si rapidement sur ces affrontements qui virent dès le second volume en mode jeu vidéo (inspiration claire de Boichi) avec boss successifs avant d’atteindre la fin du « level ». L’originalité des combats câblés est réelle et permet à la fois une scénarisation des combats et des innovations graphiques franchement chouettes. Le design et concept des adversaires est également hissé vers le haut et l’on pense parfois aux inventions du jeu vidéo Metal Gear Solid avec ces boss aux qualités très spécifiques. Niveau dialogues ça ne vole pas haut mais on n’est pas là pour philosopher…

Image associéeCe qui fonctionne très bien dans ce manga c’est l’articulation du trio Maitre Ku (le héros +/- assexué)/Nami (la bombe anatomique qui voit en lui un père/amant)/Kubota (l’ami mangaka rigolo). Kubota apporte un vrai plus niveau humour, ce petit gros expert en grand écart sauté avec fusil à pompe est très drôle et tempère le caractère ténébreux du héros. Il permet également d’introduire le thème des armes à feu, comme sur le tome 3 où l’auteur nous explique les subtilités des calibres des fusils antichar des soviétiques et des finlandais… Le côté technique est très sympa dans cette série et me rappelle un peu Appleseed.

En trois tomes sur les chapeaux de roue on n’a pas vraiment le temps d’installer une histoire, mais le troisième volume (clairement le mieux) commence à détailler l’univers des agences d’espionnage et des organisations occultes qui embauchent les Wallmen. Ça semble bien plus touffu et avec un plus gros potentiel que Sun-Ken Rock… auquel Wallman est lié puisque Nami apparaît dans la grande série de Boichi et que Wallman nous parle du Gang que Ken (qu’on voit apparaître à la fin) a décimé.

Résultat de recherche d'images pour "boichi wallman"Le mangaka est pour l’instant parti sur une nouvelle série (Origin, à paraître en France en juin chez Pika), ce qui reporte la suite des aventures de maitre Ku, mais il est certain que l’assassin câblé va voir de nombreux tomes dans le futur, pour notre plus grand plaisir!

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… et si vous souhaitez en savoir plus sur les séries de Boichi, le site anglosaxon Mangakalot propose la totalité de son œuvre en version numérisée, histoire de jeter un œil avant d’acheter.

 

 

 

 

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BD·La trouvaille du vendredi·Rétro

La trouvaille du vendredi #6

La trouvaille+joaquim


Xocco

BD de Thomas Mosdi et Olivier Ledroit
Vent d’ouest (1994-1995), 2 albums de 54 et 62 pages.

Couverture de Xoco - Intégrale cycle 1 - Tomes 1 à 2J’ai parlé la semaine dernière d’Olivier Ledroit pour son Art-book sur les fées. Une fois n’est pas coutume, je remets le couvert avec l’un de mes albums préférés: le diptyque Xoco. La série a été suivie quelques années plus tard pas un second cycle scénarisé par Mosdi mais illustré par le très moyen Palma (suite donc très dispensable).

New-York, période de la Prohibition. Alors que les gangs s’affrontent pour le contrôle de la ville, des meurtres atrocement sanglants sont perpétrés. La fille d’un antiquaire autrefois assassiné se retrouve au centre d’une poursuite qui va voir s’affronter différentes visions de la réalité et dont d’étranges indiens arrivés de leur Nevada pourraient avoir la clé.

Résultat de recherche d'images pour "xoco ledroit"Paru il y a 24 ans alors que Ledroit venait de clôturer sa participation aux Chroniques de la Lune noire (dont il continuera à réaliser les superbes couvertures jusqu’à aujourd’hui), Xoco lui permettait de partir dans un registre à la fois plus réaliste (des crimes pendant la Prohibition) et collant à son univers noir et gothique en illustrant une histoire fortement inspirée de l’univers de HP Lovecraft. Certainement sa meilleure œuvre (tant graphique que scénaristique), le double album adopte une technique en peinture directe (son premier il me semble) et aux traits beaucoup plus sérieux que ses albums d’Heroïc-Fantasy. Le film Seven, sorti en même temps que le second volume Notre seigneur l’écorché adoptait une esthétique très proche: une ville sombre, poisseuse, humide où la lumière semble fuir. le lien entre les deux ne s’arrête pas là car la mise en scène de la BD est extrêmement cinématographique, avec travelings, zooms et dézooms, textes hors-champ etc. L’esthétique art-déco irradie des décors très fouillés et surtout, Ledroit développe ce qui a fait sa marche de fabrique: la destruction de pages par un savant jeu de cases rompant totalement avec les codes de la narration franco-belge et entièrement fusionnées avec ses nécessités graphiRésultat de recherche d'images pour "xoco ledroit"ques. L’inspiration vient probablement du Manga puisque même Sin City  de Frank Miller (qui a lui aussi révolutionné la construction des planches) sort à peu près en même temps.

Thomas Mosdi n’est sans doute pas pour rien dans cette évolution plus cadrée de l’art de Ledroit, puisqu’il avait produit le scénario de la première série de Guillaume Sorel, également très teintée de Lovecraft (l’Ile des morts) et très travaillée en matière de découpage. Toutes les autres BD d’Olivier Ledroit ont le gros défaut d’être basées sur des scénarios de jeu de rôle, sans grande ambition, laissant libre court à la furie des pinceaux de l’illustrateur. Xoco est d’abord une histoire sur le voile des réalités, des démons d’entre les mondes et des pouvoirs des esprits (les chamans navajo). Une histoire solide, à la progression construite et laissant la place aux séquences dialoguées, aux atmosphères (dès l’intérieur de couverture un rapport de police nous immerge dans l’histoire). Probablement que Ledroit s’amuse plus en envoyant des légions de millions de dragons se fracasser sur des murailles titanesques… mais ses albums en pâtissent. Ainsi hormis la fin apocalyptique et très noire, la plus grande partie du récit est une enquête policière relativement classique. Résultat de recherche d'images pour "xoco ledroit"Ça reste sombre, violent, mais c’est de la très bonne BD, de l’excellent scénario: en clair, un film sur papier.

J’hésite souvent à penser qu’Olivier Ledroit gâche son talent et ne choisit pas vraiment les bons scénaristes qui le bousculeront… Sa tentative de scénario sur le très bon Les irradiés (jamais poursuivi faute de succès) m’incite à penser que cela aurait pu l’amener à diversifier ses histoires et sa technique. Il y a plein de raisons de ne pas aimer les BD de Ledroit, malgré des planches objectivement magnifiques… Si vous êtes de ceux-ci, lisez Les deux tomes de Xoco et savourez un artiste ambitieux, travailleur, exigeant.

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La trouvaille du vendredi

Rendez-vous: la trouvaille du vendredi!

J’avais depuis le début du blog envie de proposer des rétro, des BD oubliées, qui ont eu leur heure de gloire mais remplacées par de nouvelles perles ou simplement des BD passées inaperçues. Bref, des BD peu connues aujourd’hui et qui mériteraient les feux de la rampe si elles étaient sorties en 2018…

J’ai donc lancé « La trouvaille du vendredi » il y a quelques semaines, mais en faisant le tour des rendez-vous de blogueurs je constate 1) que ce rendez-vous est peu vu 2) que peu de rendez-vous ont lieu le vendredi. Le jour est a mon avis plutôt bon et permet de lire des billets le week-end avec un peu moins d’activité de blogs.

Ce billet est donc là pour relancer la machine avec désormais en titre non pas l’ouvrage mais le nom du rendez-vous.

La trouvaille+joaquim

Et surtout, j’invite tous les blogueurs BD ou autre à participer à ce rendez-vous hebdomadaire.

Le principe:

Publier une nouvelle critique (avec le recul donc) d’un ouvrage qui nous a marqué et qui mérite d’être ressorti des cartons. Pas de thème pour le moment (mais selon les participants ça pourra évoluer) mais il faut que le billet soit nouveau et non un lien vers un ancien billet. Ça peut être une série également.

Si vous pouvez mettre en bas du billet des liens vers les participants c’est bien, ça fait circuler les lecteurs.

A vous et faites nous plein de découvertes!

 

BD·Nouveau !·Numérique·Rapidos·Service Presse

Le triomphe de Zorglub

BD d’Olivier Bocquet, Brice Cossu et Alexis Sentac
Dupuis (2018), 55 p.

9782800174594-couv-m800x1600Comme beaucoup, Spirou a fait partie de mes professeurs en BD… enfin pas le même Spirou, moi ce fut celui de Tom et Janry, qui sont les seuls à avoir véritablement refondés le héros après les années Franquin et ses successeurs. Avec eux Spirou est devenu un héros moderne, une sorte d’Indiana Jones appuyé par un dessin à la fois « gros nez » et réaliste. Bref, après leur passation de pouvoir suite à Machine qui rêve (le meilleur album de Spirou toute époque confondue et véritable ovni très gonflé) je n’ai jamais pris le temps de tenter à nouveau l’aventure. L’arrivée de ce Triomphe de Zorglub m’a attiré par un graphisme qui m’a rappelé celui de Janry… mais laissé sceptique par une communication assez calamiteuse de Dupuis qui le présente comme lié à la sortie du film. Alors oui le timing est le même et l’histoire est celle d’un film tourné sur Spirou et Fantasio… mais une fois ce pitch passé, on est surtout dans une vraie histoire de Spirou, drôle, pleine de mises en abymes et d’action débridée. Je n’ai absolument pas envie de voir le film, pourtant je me suis régalé à la lecture de la BD. C’est iconoclaste, un peu scato sur les bords et vraiment percutant.

Les dessins sont très correctes, un peu plus réalistes que d’habitude et la mise en couleur très vive et agréable. On saute du coq à l’âne par des ellipses temporelles et géographiques vertigineuses, mais cela n’a aucune importance: on a du Zorglub (le vrai… bien qu’un peu faiblard), du Champignac, du Slip (… pardon, Spip..), Sécotine et un Fantasio que j’ai rarement vu si drôle avec sa tignasse qui a du beaucoup inspirer les auteurs. L’histoire du film permet une immersion dans le monde du cinéma et des commentaires sur le statut de héros. Le découpage propose quelques séquences qui vont vous faire pleurer de rire… Une vraiment belle surprise humour que je n’attendais pas et qui montre que l’on peut allier démarche commerciale et réussite artistique.

BD·BD de la semaine·Nouveau !·Numérique

Mondo reverso

BD de  Arnaud Le Gouëfflec et Dominique Bertail
Fluide glacial (2017), 70 p.

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Album recueil des chapitres courts parus dans la revue Fluide glacial en 2017. Une édition luxe grand format dos toilé avec cahier graphique de 8 pages est disponible en édition limitée.

L’ouest sauvage, magnifique, éblouissant, poussiéreux. Ses despéradettes, ses hordes d’indiennes sanguinaires, ses saloons gorgés de prostitués… Hein? Quoi??!!… Oui les amis, on est chez Fluide glacial et on renverse tout: dans ce western les hommes sont des femmes et les femmes sont des hommes. Et inversement… bref…

Donc on est chez fluide, donc c’est de l’humour, gras, poilu, odorant, lourd. Si c’est pas votre tasse de thé ou que vous êtes un peu prude, passez votre chemin visage pâle! Sinon… bienvenue dans une bonne tranche de rigolade qui retourne les neurones et fait (un peu) réfléchir quand même! Au premier abord je m’étais dis ouais bof, des garçons en robe et des filles en pantalon on a déjà vu ça… Mais ce qui est très Résultat de recherche d'images pour "mondo reverso"réussi dans Mondo Reverso c’est que les auteurs jouent sans arrêt sur nos références sociales imprimées profondément dans nos cerveaux reptiliens. Aucun détail n’est épargné: la cheffe des bandits pisse comme le ferait un pistolero mais… comme une fille, les filles rotent, pètent et jurent. Les hommes (barbus, poilus et moustachus comme à l’époque) sont des chochottes qu’il faut protéger ou troncher… On est dans les codes du western, manichéens, macho… en inversé. Et ça fonctionne! Le comique de situation habituel (… à la sauce Fluide quand même, c’est a dire « bite-couille-nichon-prout-caca » avec une once de tronches éclatées et de cervelles répandues) est franchement rehaussé par ces inversions de codes qui nous fait (les garçons en tout cas) réfléchir à des choses tellement grosses qu’elles étaient devenues invisibles. Du coup il va être dur de lire ou regarder un western normalement après ça! La féminisation des noms joue également ce rôle de perturbateur de lecture (vous savez, on ne lit qu’une partie du texte, on devine l’essentiel). La Christe s’appelle Jesuse et l’on se confesse à sa mère,… Résultat de recherche d'images pour "mondo reverso"On atteint le summum des nœuds lorsque bien entendu la femme doit se déguiser en… femme et l’homme en homme… Les auteurs s’en sont donné à cœur joie dans cet embrouillamini et personnellement j’adore!

Niveau dessin c’est du Bertail: lavis sépia dont il a l’habitude, décors magnifiques et gueules tordues. J’avais découvert cet auteur sur l’excellente série d’anticipation Ghost Money (scénarisée par Smolderen), sur des tons plus bleutés mais également au pinceau. Il est vraiment fort et semble produire avec facilité. Sa technique ne donne pas des dessins très techniques mais vraiment esthétiques (la section dans les Rocheuses est magnifique). Je regrette qu’il abuse un peu de tronches à la fluide glacial (on est parfois pas loin d’Edika…), mais c’est sans doute le genre qui veut ça. L’esthétique du western est superbe et par moment on aimerait qu’il redevienne sérieux et nous propose une vraie histoire de l’ouest, de sang et de fureur…

Image associéeMondo reverso est une excellente surprise, pas loin de l’esprit « n’importe quoi » de la série Infinity 8 (dont le premier volume est signé… Bertail) qui paraît en ce moment. Pas loin du 5 Calvin que j’aurais peut-être mis si j’avais eu l’édition collector entre les mains en place de la version numérique.

 

 

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Cet article fait partie de la sélection de22528386_10214366222135333_4986145698353215442_n, cette semaine hébergée chez Moka.

BD

Adrastée

BD de Mathieu Bablet
Ankama (2014), 144 p.
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L’édition originale comporte deux volumes, ensuite rassemblés en une intégrale très joliment fabriquée  en grand format (comme pour Shangri-la). Vu que la césure n’a pas d’intérêt scénaristique, l’édition intégrale peut être considérée comme la seule intéressante.

L’homme est immortel. Il a vu tomber sa cité, son peuple, sa famille. Il ne se souvient plus. Errant à travers la Grèce antique, il cherche à comprendre le pourquoi de son immortalité, jusqu’à défier les dieux de l’Olympe.

C’est étonnant, j’ai lu la série Heraklès et cet album de Mathieu Bablet dans la foulée et les deux ont a peu près le même questionnement: comment un être immortel peut-il cohabiter avec les hommes alors qu’il est semblable à un dieu? Comment peut-il s’intégrer, être accepté alors qu’il est « anormal ». Si l’album d’Edouard Cour est plus axé action et humour, celui de Bablet est clairement contemplatif et philosophique. Pourtant c’est la même envie qui a visiblement lancé ces deux jeunes auteurs sur leur album qui comprennent d’ailleurs tous deux un lexique des personnages en fin de volume.

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Bablet m’avait soufflé avec son Shangri-la, salué unanimement malgré un dessin des personnages qui a entraîné des débats. Je dois dire que dès son deuxième album (Adrastée, publié avant Shangri-la donc…) son style est installé, avec ses forces et ses faiblesses: oui ses personnages sont plats, sans expression, peu esthétiques. Ses décors en revanche… quelle virtuosité, Résultat de recherche d'images pour "adrastée bablet"quelle ambition! Bablet cisèle ses planches avec une minutie extrême et une prédilection pour les architectures rectilignes, les pavages à perte de vue, par ailleurs déstructurés en des amoncellements cyclopéens envahis par la nature. Les points de vue vertigineux sont impressionnants et gonflés. Il y a du « level design » dans ses albums, cette envie de construire un tableau dans lequel ses personnages statiques pourront se déplacer (l’intérieur de couverture représente d’ailleurs le périple du héros en mode jeu vidéo sprité). Les détails semblent prévus pour annoncer le cheminement du personnage, descendant un escalier puis passant sous une arche, etc. Vous m’excuserez l’analogie mais on peut retrouver l’esprit des albums « où est Charlie » dans cette profusion… Clairement chaque album de Mathieu Bablet est une claque.

Résultat de recherche d'images pour "adrastée bablet"L’histoire en revanche m’a laissé sur ma faim. Peut-être n’étais-je pas assez concentré (l’album est contemplatif, énormément de passages voient des successions de cheminements muets dans des paysages grandioses), mais je n’ai pas été accroché par cette histoire hormis le côté visuel. Pour revenir à Heraklès, moins précis graphiquement mais autrement plus maîtrisé sur le plan de la BD, j’ai pris bien plus de plaisir sur l’album d’Edouard Cour. Adrastée se savourera néanmoins en grand format pour ses planches, mais là où les thématiques SF de Shangri-la avaient fait mouche et permis de dépasser ses lacunes, Adrastée est un peu court niveau intrigue et dialogues. Pour un second album cela reste diablement ambitieux et bien construit. Mais je le conseille pour les fans de mythologie grecque et ceux que les personnages de Bablet n’ont pas gêné.

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Comics·East & West·Nouveau !

Extraordinary x-men : refuge X

East and west

Comics de Jeff Lemire et Humberto Ramos
Panini Comics  Marvel NOW (2017), Ed. US 2016. Comprend les volumes 1-5 de l’édition fascicule US.

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L’arc Extraordinary X-men scénarisé par Jeff Lemire fait suite à celui de Brian Michael Bendis intitulé Uncanny X-men (je ne suis pas un spécialiste, c’est juste pour resituer). La série est récente puisque publiée en 2016 aux Etats-Unis. Panini nous a donc sorti un premier volume doté d’une superbe couverture d’Umberto Ramos (… comme d’habitude l’artiste en charge est ma première motivation sur la lecture d’un Comics), qui comprend la première partie intitulée « Refuge-X« :

Après la libération des brumes teratogènes (voir mon billet sur les Inhumains, situé dans la même chronologie) et les mystérieux mais terribles actes de Cyclope, les mutants sont menacés (à nouveau…) et persécutés par les humains. Storm, qui a repris les rênes de l’école du professeur Xavier, tente de rassembler les mutants tandis qu’un adversaire bien connu des X-men refait surface…

Résultat de recherche d'images pour "extraordinary x men humberto ramos x-haven"Comme je l’ai dit je me suis laissé tenter par cet album en raison de la présence d’Umberto Ramos, qui fait partie des meilleurs illustrateurs US. Là-dessus il n’y a pas d’arnaque: hormis une poignée d’épisodes dessinés (assez correctement) par Victor Ibanez toutes les planches sont dessinées par le mexicain. Ce n’est pas le travail le plus impressionnant qu’il ait donné mais il garde une patte qui rend tout de même la lecture bien agréable. Le point positif (un peu l’inverse de Inhuman) c’est donc que la force de cette première partie repose sur le scénario et surtout les dialogues, percutants, qui nous font retrouver ce qu’on avait adoré sur les premiers films X-men de Bryan Singer: des répliques cinglantes, des vannes à tour de bras entre Wolverine et les X-men, une focale sur les démons intérieurs des personnages et leurs relations plus que sur le grand spectacle. La question de l’identité et de l’acceptation de la différence est toujours centrale. C’est devenu un classique mais c’est toujours pertinent et un message politique dans une industrie dominée par l’entertainment il faut le saluer. J’ai eu grand plaisir à rencontrer des personnages plus ou moins connus (je ne connaissais pas la Magik, la sœur de Colossus, très chouette mutante extrêmement puissante avec son épée des âmes).

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Le retour de Wolverine issu de l’arc Old-man Logan (futur alternatif qui voit Wolverine tuer tous les X-men et les vilains devenir maîtres de la Terre) est également très sympa tant le personnage est désormais familier de tous les amateurs (hardcore ou dilettantes comme moi) de super-héros.

Ce relativement court épisode voit donc une chasse pour récupérer Jean Grey, Diablo, Wolverine (qui a désormais un jeu à trois avec Jean Grey en relation père-fille et Iceberg un peu jaloux) et les retrouve confrontés à Sinister. Les cinq parties débouchent sur l’apparition d’Apocalypse et ses cavaliers (episodes 6 à 20, à paraître dans les volumes suivants chez Panini). Il y a globalement pas mal d’actions, les X-men comme les méchants sont toujours a peu près invincibles, mais encore une fois ce sont les dialogues qui font mouche. Cet arc est donc plutôt une bonne surprise et je continuerais probablement la série, curieux de voir les versions graphiques des personnages de l’univers X-men dessinés par Ramos. Et si vous aimez cet auteur, sachez que son grand oeuvre, Crimson est ressorti en Omnibus chez Glénat dans une très belle édition.

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