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BD et vrac #10

BD du mercredi
  • Liberty Bessie #1(Djian/Vincent/Vent d’ouest) – 2019

bsic journalismbadge numeriqueCritique réalisée sur version numérique pour Iznéo.

Première lecture de ces deux auteurs, dont le scénariste est l’auteur du fameux Grand Mort avec Régis Loisel, que je n’ai pas encore lu mais qui est prévu tant on en dit du bien. Le nom de l’auteur de Peter Pan sort comme une évidence tant le dessinateur semble également s’inspirer directement du style du grand auteur, malgré un univers bien éloigné de celui de Loisel. J’ai été attiré par une couverture fort réussie qui laisse envisager une BD d’aviation avec une femme pilote noire dans les années 50. C’est partiellement le cas et dès le début on est plongé dans la seconde guerre mondiale au sein de l’escadrille noire des Red tails, dont l’Amérique parle pas mal depuis quelques temps. De premières planches d’aviation militaire comme les fait si bien Romain Huguault (et j’adore ça!)… qui basculent rapidement dans l’histoire familiale teintée de ségrégation raciale. La fille d’un des pilotes, quelques années après la fin de la guerre, est formée au pilotage et part à la recherche de son père dont elle soupçonne qu’il n’est peut-être pas mort. Un périple qui l’emmène, jeune femme noire, seule dans une Europe marquée par l’emprise des mafias et trafics en tous genres. Il ressort de cette BD une impression plutôt positive avec une envie communicative d’auteurs qui croient dans leur projet. Les dessins sont correctes avec une excellente colorisation qui gomme les quelques défauts, le scénario qui alterne entre récit du journal du paternel et action est efficace avec des dialogues et personnages réussis. L’héroïne manque peut-être un peu de caractère pour nous emmener réellement derrière elle et l’histoire ne nous montre pas suffisamment où l’on va entre les premières planches d’aviation pure très réussies, les séquences avec les trafiquants et le récit familial. A suivre donc, cet album qui se cherche encore et qui se révélera sans doute au prochain épisode.

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  • Capitaine Albator: mémoires de l’Arcadia (Alquié/Kana) – 2019. Série en 3 tomes.

couv_368527Quand j’ai appris qu’une ribambelle d’adaptations de mangas des années 70-80 allait être lancée par des auteurs franco-belges, comme beaucoup d’entre vous mon cerveau s’est mis en pause et je me suis précipité sur cet Albator par l’auteur des Mythics. On parle ici du Albator 78 avec le vaisseau bleu. Tout d’abord je précise qu’il s’agit ici d’un ouvrage résolument jeunesse, qui contrairement à nombre de séries qui peuvent plaire à différents ages, se destine avant tout aux plus jeunes et aux fanatiques  de la première heure du personnage. La fidélité au matériau d’origine, tant dans le design des personnages que dans l’esprit du récit est totale et validée par le maître Leiji Matsumoto, l’auteur d’origine. La colorisation impeccable nous donne l’impression de lire un Anime comic alors que l’on est bien dans une création originale. On sent que l’auteur s’est fait plaisir avec un très grand sérieux pour pour proposer cette histoire d’armada Sylvidre (des extra-terrestres humanoïdes semi végétales) revenant sur Terre alors qu’une période glaciaire enserre la planète dont les dirigeants corrompus ne gèrent pas grand chose. L’album reprend des éléments désuets de l’Anime et la simplicité de l’intrigue comme des personnages laissera les lecteurs adultes sur leur faim. Pour peu que l’on ne se soit donc pas trompé de cible, ce premier volume d’un triptyque remplit donc totalement son objectif et permettra aux enfants de la génération club-Dorothée de faire découvrir cet univers fascinant à leurs jeunes enfants.

A partir de 7 ans.

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Sushi & Baggles #17

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  • The old Guard #1 (Rucka, Fernandez, Glénat) – 2019

bsic journalismCritique réalisée pour le programme Super-lecteurs Iznéo.

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Le design guerrier, le thème des immortels et le design de couverture associés à un très bon bouche à oreille m’avaient donné très envie de lire ce volume… qui, je dois l’avouer m’a pas mal déçu. Ceci principalement du fait de dessins qui peuvent rappeler ceux des pourtant bons Shipwreck et Moonshine et dont j’aime généralement le style d’encrages très contrastés, mais qui ici pèchent franchement par une technique des visages et des personnages en général. On ne peut pas dire que ces cadrages serrés soient agréables à l’œil alors que la BD porte essentiellement sur ces personnages. Je ne sais si c’est un style recherché ou si le dessinateur atteint ses limites mais c’est très dommageable à la lecture de cette histoire d’un commando immortel trahi par son commanditaire. On retrouve pas mal de Eternal Warrior et Ninjak de chez Valiant dans cet album qui semble être fait pour être décliné en film ou série TV. Une BD d’action, de sang où la Vieille garde en prend plein la tronche et où Greg Rucka (qui aime les immortels!) sait apporter des éléments originaux. Un peu frustrant, The old Guard pourra vous satisfaire si vous n’attachez pas trop d’importance aux dessins, sinon je vous conseille d’attendre la version Netflix qui sera très probablement une grande réussite avec un tel matériau.

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  • Dragon ball super #8 (Toriyama, Toyotaro, Glénat) – 2019

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Le titre de ce volume annonce la couleur avec l’éveil de Son Goku! Avec un Jiren qui semble invincible et des Sayan d’un univers 6 étonnant, les auteurs savent ménager un vrai suspens dans un arc qui ne s’y prête guère puisqu’il s’agit d’un Battle Royal où on imagine que Goku gagnera à la fin. Ce qui marche bien ici c’est de savoir dans quel nouvel état le héros parviendra à vaincre certains personnages qui semblent imbattables. Contrairement aux autres grands combats de l’univers DBZ le fait d’alterner entre des dizaines de combattants tous plus originaux (et qui donnent envie de les voir déclinés dans des séries parallèles tant leur design est réussi) permet de maintenir un attrait que les Kaméha et autres cassages de murs pourraient lasser. Le prochain volume terminera cet arc (alors qu’il ne reste plus que deux univers!) et annonce le retour de Jaco et la patrouille galactique. Excellente nouvelle!

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All-New X-men #5-6

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  • All-new X-men #5: (Collectif/Pannini) 2013 (US)/2015

couv_257680badge numeriqueAttention, ce volume a une construction pour le moins étrange puisqu’il commence directement à la suite du volume 4 sur les dessins (toujours superbes d’Immonen) après que les x-men du passé aient rejoint Cyclope. Puis un nouvel arc s’ouvre avec le sauvetage de X-23 (le clone féminin de Wolverine aperçu dans le film Logan) en nous faisant découvrir un nouvel antagoniste en la personne du fils Stryker qui a organisé des commando de chasseurs de mutants avec des technologies poussées… Le dernier gros tiers de l’album est composé d’historiettes sans aucune portée, aux dessins banals.

Outre la baisse sensible du niveau graphique, on a donc un album qui justifie difficilement la cohérence d’une version reliée tant il mélange des histoires sans rapport. Si les dialogues restent bons tout au long des textes de Bendis, ce cinquième opus des All-new X-men version 2014 reste très dispensable et à réserver aux fans des X-men qui veulent tout lire des aventures des mutants.

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  • All-new X-men #6: (Bendis, Immonen, Pichelli/Pannini) 2013 (US)/2015

couv_280095badge numeriqueJe ne lis pas souvent des arcs complets de comics de super-héros et avoue être assez surpris par le côté inégal de ces publications… Ce dernier volume de All-new X-men dessiné par Immonen (les deux ultimes tomes sont pris en charge par l’assez bon Mahmud Asrar) revient à la qualité des trois premiers… et les dépasse même en raison d’un scénario plus mature, construit et structuré sur l’affrontement entre méchants et gentils, plus facile à lire. Non que j’évite la complexité mais souvent en matière de X-men, de voyages et paradoxes temporels, les auteurs semblent aimer nous faire des nœuds dans le cerveau. Les dessins sont simplement parmi les meilleurs que j’ai lu sur un album de super-héros! Immonen nous fait baver à chaque planche (les coloristes et encreurs font également un boulot tout à fait remarquable!) et Pichelli se hisse à son niveau si bien qu’il est difficile de distinguer les deux participations. La cohérence des dessins (et donc des découpages) fait beaucoup pour élever le niveau quand le scénario de Bendis se concentre sur un explicatif des motivations du fils Xavier et une certaine maturité acquise par Jean Grey. Ce qui pouvait ainsi agacer un peu dans le début de l’arc (les multiples versions des X-men, amusantes mais finalement un peu futiles) disparaît ici avec notamment l’absence du jeune Cyclope (parti dans l’espace lors de l’intermède Gardiens de la Galaxie/All-new X-men qu’il n’est pas indispensable d’avoir lu pour comprendre celui-ci). Cet album se présente donc bien comme une résolution (… partielle) de l’intrigue qui peut s’arrêter là même si le cliffhanger final peut donner envie de continuer. L’équipe changeant je ne suis pas sur de prolonger et pense me concentrer plutôt sur l’aventure spatiale citée plus haut (et réalisée par le même trio juste génial). Après un cinquième volume vraiment mineur cet album redonne confiance dans la capacité de Marvel à proposer des équipes créatives inspirées. A noter, une première séquence faite d’images mentales du Fauve et permettant à toute une brochette d’invités de proposer une illustration intégrée à l’histoire. Très sympa et original.

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Space battle lunchtime #2

Rufus Stewart

Cette nouvelle rubrique vise à présenter un album jeunesse  en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Comic jeunesse de Natalie Riess
Kinaye (2019) – Oni press (2016), 120 p. couleur, volume 2/2

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour cette découverte.

Space Battle Lunchtime - Tome 2 : La recette du désastre par RiessL’ouvrage comporte quatre chapitres et quinze pages de bonus,avec des strips humoristiques, la reprise du concept du « et si… », une recette des cupcakes de Péony, des croquis, des esquisses des couvertures, une explication de la mise en couleur… très complet encore une fois pour plonger les jeunes dans la fabrication d’un album. et un dossier de fabrication qui intéressera les jeunes sur la conception d’un album. Côté fabrication, même couverture brochée avec rabats et vernis sélectif que sur le T1. Très belle édition colorée en format comics.

Péony a été enlevée et se retrouve sur le point de participer au terrible Cannibal Coliseum, le concurrent du Space Battle Lunchtime version combat à mort! Alors que ses amis se demandent pourquoi elle a renoncé à la finale de SBL, l’étrange Neptunia décide de partir à sa recherche…

Salut Talia! On arrive à la conclusion de cette histoire de cuisine spatiale. Tu avais fait des pronostics sur le tome 1, est-ce que ça s’est vérifié?

Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime 2"Non! On a cru qu’elle ne pourrait pas participer à la finale. Mais elle est délivrée au dernier moment (mais la finale ne sera pas celle que l’on croit…)!

Les deux volumes me semblent très différents, le premier axé sur une compétition de cuisine, le second plus en bataille à mort dans le Coliseum. Qu’en penses-tu?

Dans le Coliseum soit tu es hachée menu soit tu hache menu! Moi je préfère le SBL par-ce qu’ils y font la cuisine et qu’on voit des ingrédients étranges. Mais la p’tite Magicorne est trop drôle avec son petit tablier, toute rose et son air gentil alors qu’elle veut découper tout le monde avec sa spatule.

Que peux-tu dire de l’évolution de la relation entre Péony et Neptunia?

Au début elles sont juste amies mais dans le deuxième tome elles sont amoureuses (homo-sexuelles) et s’embrassent.

Il y a beaucoup d’action dans ce volume, où on voit les capacités de Neptunia…

Je pense pas plus que dans le premier: on voit Péony et Neptunia travailler dans leur cuisine avec ces ingrédients bizarres, dans le tome deux quand elle va sauver Péony seule et défonce tout sur son passage!

La fin est inattendue, non?

Non, pas vraiment, je pense que Melonhead a tout manigancé depuis le début. Il est démoniaque! Il est assez faible mais très malin…


Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime 2"Voilà pour le retour de la choupette… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Ce second volume est très différent, beaucoup plus action que le premier et je l’ai trouvé plus intéressant pour quelqu’un de pas super passionné par les émissions de cuisine. L’histoire se découpe en deux parties: la participation au Cannibal Coliseum avec la très drôle P’tite Magicorne (imaginez un Petit Poney aux yeux étoilés et… psychopathe!) et le retour surprise pour la finale du SBL où tout va aller de travers. La fuite de Péony est un peu en mode n’importe quoi (on retrouve l’esprit de Volcano Trash à ce moment) mais l’action défile et reste efficace. L’auteure arrive à nous surprendre à de nombreuses reprises et c’est ce qui rend ce volume supérieur au précédent. Si le méchant est repérable depuis le début et qu’on se doute qu’il est derrière l’enlèvement de Péony, ses actions sont toujours subtilement machiavéliques et manipulatrices? Du coup on ne peut se douter du déroulement de la finale (dans une sorte de moule géant et en apesanteur) et encore moins du vainqueur. Deux éléments sont également surprenants et bien vus dans un album jeunesse: un certain côté gore très drôle pendant le Cannibal Coliseum et l’histoire d’amour homosexuelle entre Péony et Neptunia. Souvent ce genre de thème est évoqué sous le couvert de la grande amitié. Ici un bisou langoureux ne laisse pas de doute. J’aime bien que l’on aborde des sujets très contemporains sans sourciller dans des ouvrages pour les enfants, qui sont généralement plus ouverts à la différence et l’inconnu que les grands. Ce n’est absolument pas un thème central mais un élément des relations entre personnages avec une approche tout à fait normale.

Ce diptyque se termine de manière très sympa

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Sushi & Baggles #16

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  • Hit-Girl à Rome (Scavone/Albuquerque/Panini) – 2019

couv_364209Cet album a été lu dans le cadre du programme SuperlecteursRésultat de recherche d'images pour "iznéo"

Après la Colombie et le Canada, la plus bourrine et tarée des Vigilante débarque à Rome pour botter des culs et trancher des têtes! Le relaunch de la série initiée par Mark Millar va ainsi voyager avec une équipe différentes pour chaque one-shot. Si le premier volume était loin d’être inoubliable, notamment par son côté sadique un peu poussé, ici on reste dans les canons du personnage (à savoir de l’action brutale à base d’un mort par page et un langage très fleuri de la demoiselle) mais la course-poursuite initiée avec une sorte de Catwoman permet des scénettes drôles et plus structurées. On ne va pas se mentir, Hit-Girl ce n’est pas de la poésie ni Usual Suspects. C’est une lecture rapide, de la baston, super bien dessinée (par un Raphael Albuquerque qui prépare la série Prodigy avec Millar) avec des étoiles qui donnent un aspect cartoon… et des découpages de méchants bien sanglants! Ici les affreux sont une mafia de religieux timbrés, nonnes et moines en robes de bure armés d’Uzi et de masses d’armes, commandés par une vieille peau aussi psychopathe que bigotte, à la recherche d’une relique. Le cliché italien est assumé, le personnage est toujours aussi foutraque et primaire mais l’ensemble est très sympathique dans le genre, notamment grâce aux dessins (bien que les décors soient assez vides). Du coup on attend la suite, surtout que des pointures sont annoncées aux crayons…

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  • All-new X-men #4: La bataille de l’Atome (Collectif/Pannini) 2013 (US)/2015

couv_255426Je poursuis la série Marvel NOW! des All-new X-men entamée par Brian Michael Bendis et Stuart Immonen au dessin qui m’avait fait forte impression sur les trois premiers volumes. L’écriture des premiers et les somptueux dessins d’Immonen se retrouvent partiellement dans cet affrontement entre X-men d’hier, de maintenant et du futur bien que l’équipe créative ait grossie: si les dialogues sont toujours très savoureux et le découpage, avec de nombreuses doubles pages, percutant, l’histoire tourne un peu en rond avec ces interminables interrogations de qui est qui, faut-il renvoyer Jean et Cyclope à leur époque contre leur gré et que font-ils ici?… Même chose pour les dessins, parfois superbes (Immonen toujours sur les quelques planches qu’il réalise, Bachalo étonnant) mais pour l’essentiel moyens (y compris sur les quelques planches de la bataille finale dessinées par Esad Ribic un peu en service minimum sur ce coup, Frank Cho pas très à l’aise dans l’univers super-héroïque). C’est dommage car sur le papier on a quand-même une sacrée dream-team, mais le concept semble s’essouffler et viser surtout les quelques pleines pages d’offensive collective X-men dont sont friands les fans et les dessinateurs. A noter tout de même le superbe design général des versions des X-men et notamment cette Xorg à la tête de mort, terriblement originale et réussie. On ne sait pas si cet arc est une transition vers quelque chose de plus grand mais malgré un plaisir certain entrecoupé de longueurs, on a le sentiment que la série aurait pu s’arrêter aux trois premiers, cohérents en tant que tels.

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  • Zetman #1 (Masakazu Katsura/Delcourt-Tonkam)  – 2004 – 20 tomes parus, série finie.

zetman01Je suis un grand fan de Masakazu Katsura, un des premiers mangaka, que j’ai découvert au travers de DNA2 à l’époque où l’éditeur-libraire Tonkam se lançait en premier (avec Glénat) dans l’aventure du Manga en France… Il est pour moi l’un des meilleurs dessinateurs japonais et si j’ai finalement lu peu de ses séries, j’avais depuis longtemps très envie de lire ce Zetman originellement issu de short-stories parues en 1997. La série a depuis été transcrite en dessin-animé.

Jin est un jeune orphelin vivant avec les sans abri. Élevé par son « grand-père » il est doté d’une force peu commune et s’occupe en défendant les gens contre les bandits. Lorsqu’une étrange créature non-humaine tue son grand-père, le naïf petit garçon se retrouve propulsé dans un univers violent où une étrange organisation semble le rechercher activement…

Je ne reviens pas sur les dessins vraiment chouettes, les nombreux tics et auto-références de l’auteur (la série animée Wingman qui l’a lancé, les petites culottes, les cheveu en pétard,…). Zetman commence vraiment bien avec un premier volume déjà plein d’action, de mystère fantastique un peu gore (la série est annoncée « mature ») et des personnages intéressants. L’auteur lance de nombreuses pistes qui ont vocation à se développer et nous mènent vers des expériences scientifiques monstrueuses liées à un enfant qui semble être un être doté de capacités hors norme. Ça va a cent à l’heures avec force cliffhangers entre les douze chapitres du volume avec pour objectif une première crise qui sort le héros de son état naïf initial pour l’emmener vers le statut de super-héros. Très riche mise en bouche qui donne envie d’enchaîner cette série finie à la taille maîtrisée.

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The invisible Republic

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Comic de Gabriel Hardman, Corina Becko et Jordan Boyd
 Hi-comics (2018/2019) – Image  (2015/2019), trois volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions HI-comics pour cette découverte.

couv_366494Cette critique porte sur les trois premiers  volumes parus en France, qui suivent exactement la parution reliée US. Quinze épisodes sont actuellement parus, sur une trentaine envisagée à terme pour la série (environ cinq chapitres par volume). Chacun des albums comportent en fin de volume plusieurs textes sur les problématiques de la Hard-Science-fiction et sur l’univers d’Invisible Republic. Moyennement intéressants mais ils ont le mérite de donner des infos de la scénariste sur sa création et c’est toujours à saluer.

Sur la lune Avalon le régime dictatorial d’Arthur MacBride est tombé, laissant place à un gouvernement dont les mœurs démocratiques riment avec éloignement des centres du pouvoir martien du Commonwealth. Nous sommes en 2843, l’humanité a essaimé sur des exoplanètes grâce à des vaisseaux générationnels. Un journaliste va découvrir l’existence d’une proche du dictateur, dont le témoignage peut remettre en question toute l’historiographie officielle et secouer jusqu’aux fondements politiques du régime martien.

Résultat de recherche d'images pour "invisible republic"The invisible Republic jouit d’un sacré buzz au sein des blogueurs et dans la galaxie des comics indépendants. Ses très jolies couvertures et son étiquette de « SF politique » m’ont assez vite attiré… Première déception, les dessins. Je ne peux pas dire qu’ils soient mauvais, mais ils font partie d’une école graphique qui ne me plait pas, avec un style imprécis qui peut avoir un intérêt pour refléter une ambiance mais que je ne trouve pas joli esthétiquement. Pour les mêmes raisons que Lazarus, autre dystopie très politique, que Sheriff of Babylon, ce graphisme m’a empêché d’entrer dans cet univers pourtant riche, ambitieux, réaliste. En outre la colorisation donne un aspect « sale » certainement recherché mais qui accentue l’impression à la fois de zone de guerre, de documents récupérés et clandestins qui collent parfaitement avec le sujet, mais n’aide pas à la lisibilité. C’est très subjectif bien sur, certains aimeront.

Résultat de recherche d'images pour "invisible republic"La grosse qualité supposée de cette série est son réalisme et son côté politique. Là aussi j’ai été déçu par un scénario assez déstabilisant, qui semble fuir l’action et les scènes choc. On est dans une certaine normalité avec l’ambition des auteurs de déconstruire la mythologie que tout régime politique se construit. Sur ce point c’est très réussi et efficace. On a plus l’aspect d’un documentaire (le personnage axial est le journaliste) que d’un thriller politique. De même, l’histoire commence en suivant ce journaliste assez insipide alors que l’on réalise progressivement que le centre de l’intrigue est la cousine du dictateur, personnage très réussi pour le coup et que l’on retrouvera à différents ages de sa vie et de prise de connaissance par le lecteur de son journal et donc du déroulement de l’ascension du dictateur MacBride.

Résultat de recherche d'images pour "invisible republic"Vous l’aurez compris, Invisible Republic est une série exigeante avec des auteurs qui (un peu comme Christophe Bec…) s’efforcent de brouiller la lecture, de densifier en poussant le lecteur à l’effort, par des croisements constants de narration (maintenant, le récit de Maïa, la vie passée de Maïa). Cela participe de l’ambiance complexe bien sur, mais cela rend la lecture compliquée, peu fluide en créant des énigmes artificielles. Ce comic est sans doute une série à lire en intégralité quand elle sera finie et l’attente des volumes n’aide certainement pas à rester plongé dans cette atmosphère de hard-science. La scénariste a écrit en fin d’ouvrages plusieurs textes de réflexions sur les problématiques que pose cet univers: le voyage inter-générationnel, la faune et la flore, la gravité, l’ascenseur spatial,…autant d’éléments passionnant pour tout amateur de SF. Il est dommage que ces thèmes soient finalement assez peu abordés dans la BD qui tourne autour de l’enquête de ce journaliste lâche et peu charismatique en laissant un peu confus le but recherché: chronique ethno-politique d’une lune ou description d’une révolution? Personnellement je suis plus intéressé par la seconde et la description SF n’est pas soutenue par des dessins qui auraient nécessité d’être plus précis, plus design.

Je ne voudrais pas laisser penser par une chronique trop négative que The invisible Republic est un mauvais comic. Il est certain que j’ai moyennement accroché et que le déroulé avance assez lentement. Mais la lecture du troisième tome a un peu remonté mon intérêt, avec des dessins que je trouve améliorés, plus nets et colorés et surtout une intrigue qui se simplifie, non dans son scénario mais dans son déroulement, plus linéaire. Du coup l’attention gagnée par le lecteur peut se concentrer sur les détails et l’ensemble y gagne en qualité. On ne peut du reste que saluer l’investissement des auteurs dans une série atypique à tout point de vue et qui fait une proposition novatrice si ce n’est très créative. Pour les amateurs.

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Les enfants de la colère

Rufus Stewart

Cette nouvelle rubrique vise à présenter un album jeunesse  en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…
  • Mon fils c’est Jean-Pédrovitch: à  treize ans il a déjà lu une grosse partie de ma bdthèque, notamment Universal War 1&2, Thorgal, Blake et Mortimer, Largo Winch,…

BD de Damian et Nico Naranjo
Ankama (2019) volume 1/2

bsic journalismMerci à Ankama pour cette découverte.

Résultat de recherche d'images pour "les enfants de la colère bd"Sur la planète Aegis, le Nord, supérieur technologiquement, entame une conquête d’un Sud ravagé par la guerre et en résistance. Lors d’un assaut meurtrier, un robot de combat ennemi est capturé par les résistants. C’est le début d’un programme de reconquête qui commence…

Alors aujourd’hui on parle de Science fiction les enfants. Est-ce que vous pouvez présenter cette nouvelle série?

Talia: Il y a le Nord qui attaque le Sud avec des Mechas et les défenseurs récupèrent des méchas pour se défendre… Les enfants sont en colère car on a tué leur famille. Ils sont manipulés par les militaires pour former la résistance.

Qu’est-ce que c’est des Méchas? Vous avez des exemples?

Jean-Pédrovitch: Ce sont des sortes d’exosquelettes géants pour le Sud. Pour le Nord ils sont contrôlés à distance, ils sont beaucoup plus forts technologiquement, ils dominent. Les héros sont plus malins, se sont des enfants qui dirigent directement les Méchas qu’ils ont bricolés, car ils sont plus vifs et compensent le manque technologique. J’en ai vu dans les séries Aquablue ou Météors.

Les Méchas sont donc différents? Lequel préférez-vous?

Jean-Pédrovitch: Ceux du Nord sont faits en série et sont identiques. Ceux des héros sont bricolés et ont leurs particularités: un sniper, un épéiste, un boxeur,… J’aime bien le robot du chef des méchants.

Talia: Les méchas ressemblent aux enfants: celui qui a un couteau pilote un robot avec une lame en fusion,…

Les personnages principaux ne sont pas vraiment des héros invincibles…

Talia: Ils sont traumatisés et veulent se venger. Ils mènent leur enquête tout seuls. Les enfants généralement ne font pas la guerre.

Jean-Pédrovitch: Oui, il y a un personnage impulsif qui mets les autres en difficultés par-ce qu’il prend des décisions tout seul. Les autres essayent de travailler en équipe, c’est la seule solution pour contrer les adversaire. Les autres ont presque tous un problème, une est accro aux jeux vidéos, un autre est violent, etc.

Et visuellement comment vous avez trouvé l’album?

Résultat de recherche d'images pour "les enfants de la colère naranjo"Talia: Les dessins ne sont pas très réalistes, plutôt enfantins et ne correspondent pas trop à l’histoire. J’ai pas trop aimé le dessin, sauf les méchas qui sont très différents. On retrouve le caractère des enfants dans leur robot. Les couleurs sont un peu bizarres, parfois il n’y a pas de fonds dans les cases.

Jean-Pédrovitch: Les dessins sont irréguliers, parfois très simplistes et parfois poussés. Ça ne me gène pas sur les mangas par exemple mais en BD ce n’est pas pareil. Les couleurs sont assez grossières.

Alors vous continuerez sur la suite de l’histoire?

Talia et Jean-Pédrovitch: Oui par-ce que l’histoire est sympa.


Voilà pour le retour des enfants… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Résultat de recherche d'images pour "les enfants de la colère naranjo"En entamant la lecture des Enfants de la colère je ne pensais pas lire un album jeunesse… C’est pourtant le cas et cela ne m’a absolument pas gêné tant la mise en case est dynamique, utilisant les techniques du manga pour illustrer la rapidité d’action. J’ai notamment beaucoup aimé l’utilisation très poussée des onomatopées qui sont ici un vrai personnage graphique, prenant une place importante dans l’image, suivant des courbes et des formes qui apportent à l’impression souhaitée au-delà de la sonorité même du texte. Ce n’est pas absolument nouveau mais assez rare et j’aime beaucoup ce genre d’innovation dans le genre BD qui est assez formaté.

L’intrigue est une trame simplifiée d’un récit guerrier avec méchants soldats hyper-équipés et gentils résistants avec un groupe d’enfants abîmés qui se vengent en utilisant des robots. Car c’est là le gros atout de la BD et l’envie des auteurs: proposer aux enfants une histoire de Mechas. Leur design est très réussi, permettant aux lecteurs d’identifier le caractère de chaque robot à l’enfant qui le pilote. Je pense d’ailleurs que Talia et Jean-Pédrovitch ont surtout accroché à cet élément. Les dialogues sont plutôt sympa, les personnages très archétypaux mais variés et la bande de jeunes est une mécanique habituelle aidant les jeunes lecteurs à s’immerger dans l’intrigue. Graphiquement Nico Naranjo se rattache plutôt à l’école Miyazaki avec des contours ronds et des hachures qui textures les formes. Il hésite un peu entre deux styles, ce qui a pu perturber les enfants, avec en effet une histoire assez dure et des dessins jeunesse. Le découpage en revanche est très dynamique et renforce l’action, assez omniprésente dans ce premier volume.

Comme pour Garbage Night qui proposait un post-apo aux jeunes, l’album des espagnols Damian et Nico Naranjo a le mérite d’initier les enfants à de la SF militaire (pas toujours drôle!) et aux combats de robots.

A partir de 9 ans.

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