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Sushi & Baggles #16

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  • Hit-Girl à Rome (Scavone/Albuquerque/Panini) – 2019

couv_364209Cet album a été lu dans le cadre du programme SuperlecteursRésultat de recherche d'images pour "iznéo"

Après la Colombie et le Canada, la plus bourrine et tarée des Vigilante débarque à Rome pour botter des culs et trancher des têtes! Le relaunch de la série initiée par Mark Millar va ainsi voyager avec une équipe différentes pour chaque one-shot. Si le premier volume était loin d’être inoubliable, notamment par son côté sadique un peu poussé, ici on reste dans les canons du personnage (à savoir de l’action brutale à base d’un mort par page et un langage très fleuri de la demoiselle) mais la course-poursuite initiée avec une sorte de Catwoman permet des scénettes drôles et plus structurées. On ne va pas se mentir, Hit-Girl ce n’est pas de la poésie ni Usual Suspects. C’est une lecture rapide, de la baston, super bien dessinée (par un Raphael Albuquerque qui prépare la série Prodigy avec Millar) avec des étoiles qui donnent un aspect cartoon… et des découpages de méchants bien sanglants! Ici les affreux sont une mafia de religieux timbrés, nonnes et moines en robes de bure armés d’Uzi et de masses d’armes, commandés par une vieille peau aussi psychopathe que bigotte, à la recherche d’une relique. Le cliché italien est assumé, le personnage est toujours aussi foutraque et primaire mais l’ensemble est très sympathique dans le genre, notamment grâce aux dessins (bien que les décors soient assez vides). Du coup on attend la suite, surtout que des pointures sont annoncées aux crayons…

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  • All-new X-men #4: La bataille de l’Atome (Collectif/Pannini) 2013 (US)/2015

couv_255426Je poursuis la série Marvel NOW! des All-new X-men entamée par Brian Michael Bendis et Stuart Immonen au dessin qui m’avait fait forte impression sur les trois premiers volumes. L’écriture des premiers et les somptueux dessins d’Immonen se retrouvent partiellement dans cet affrontement entre X-men d’hier, de maintenant et du futur bien que l’équipe créative ait grossie: si les dialogues sont toujours très savoureux et le découpage, avec de nombreuses doubles pages, percutant, l’histoire tourne un peu en rond avec ces interminables interrogations de qui est qui, faut-il renvoyer Jean et Cyclope à leur époque contre leur gré et que font-ils ici?… Même chose pour les dessins, parfois superbes (Immonen toujours sur les quelques planches qu’il réalise, Bachalo étonnant) mais pour l’essentiel moyens (y compris sur les quelques planches de la bataille finale dessinées par Esad Ribic un peu en service minimum sur ce coup, Frank Cho pas très à l’aise dans l’univers super-héroïque). C’est dommage car sur le papier on a quand-même une sacrée dream-team, mais le concept semble s’essouffler et viser surtout les quelques pleines pages d’offensive collective X-men dont sont friands les fans et les dessinateurs. A noter tout de même le superbe design général des versions des X-men et notamment cette Xorg à la tête de mort, terriblement originale et réussie. On ne sait pas si cet arc est une transition vers quelque chose de plus grand mais malgré un plaisir certain entrecoupé de longueurs, on a le sentiment que la série aurait pu s’arrêter aux trois premiers, cohérents en tant que tels.

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  • Zetman #1 (Masakazu Katsura/Delcourt-Tonkam)  – 2004 – 20 tomes parus, série finie.

zetman01Je suis un grand fan de Masakazu Katsura, un des premiers mangaka, que j’ai découvert au travers de DNA2 à l’époque où l’éditeur-libraire Tonkam se lançait en premier (avec Glénat) dans l’aventure du Manga en France… Il est pour moi l’un des meilleurs dessinateurs japonais et si j’ai finalement lu peu de ses séries, j’avais depuis longtemps très envie de lire ce Zetman originellement issu de short-stories parues en 1997. La série a depuis été transcrite en dessin-animé.

Jin est un jeune orphelin vivant avec les sans abri. Élevé par son « grand-père » il est doté d’une force peu commune et s’occupe en défendant les gens contre les bandits. Lorsqu’une étrange créature non-humaine tue son grand-père, le naïf petit garçon se retrouve propulsé dans un univers violent où une étrange organisation semble le rechercher activement…

Je ne reviens pas sur les dessins vraiment chouettes, les nombreux tics et auto-références de l’auteur (la série animée Wingman qui l’a lancé, les petites culottes, les cheveu en pétard,…). Zetman commence vraiment bien avec un premier volume déjà plein d’action, de mystère fantastique un peu gore (la série est annoncée « mature ») et des personnages intéressants. L’auteur lance de nombreuses pistes qui ont vocation à se développer et nous mènent vers des expériences scientifiques monstrueuses liées à un enfant qui semble être un être doté de capacités hors norme. Ça va a cent à l’heures avec force cliffhangers entre les douze chapitres du volume avec pour objectif une première crise qui sort le héros de son état naïf initial pour l’emmener vers le statut de super-héros. Très riche mise en bouche qui donne envie d’enchaîner cette série finie à la taille maîtrisée.

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Sushi & Baggles #15

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  • Dragonball Super #7 (Toriyama/Toyotaro/Glénat) – 2019

couv_363975Le tournoi en mode Battle Royal pour la survie des univers commence, dans une arène adaptée et avec un respect des règles très stricte: tous les combattants s’engagent en même temps, il est interdit de tuer l’adversaire et toute sortie du ring vaut élimination. La présence de Freezer va quelque peu fausser cette bataille… Ce tome est entièrement dédié au tournoi. Du coup, comme souvent sur DB l’alternance humour/baston tourne ici totalement vers le combat avec quelques rebondissements classiques dus aux coups tordus de Freezer ou des pouvoirs particuliers de certains combattants. Les auteurs se lâchent un peu en mode « invente-moi un combattant » et l’on retrouve un peu l’imagination délirante des premiers Drabonball avec ses dinosaures et autres démons invoqués… A mesure que les combattants sont éliminés on devine un affrontement Goku/Vegena/Jiren/Hit mais Toriyama joue maintenant depuis quelques temps avec son lecteur sur la rivalité Goku/Vegeta et on risque d’avoir des surprises. Pas le plus original des albums de la série mais si vous aimez les combats dans DB c’est suffisamment dynamique pour ne jamais vous lasser.

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  • Innocent rouge #1 (Sakamoto/Glénat) – 2017

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J’ai enfin lu le premier volume de la suite, « Rouge« , du manga Innocent paru en 9 volumes et critiqués sur le blog. Si la césure en deux séries distinctes me laisse un peu dubitatif (la petite sœur terrible, Marie-Joseph, est déjà adulte et possédant un office de bourreau à la fin de la série mère), on commence ici sur exactement les mêmes bases avec une exécution « clinique », des dessins somptueux (réalisés en numérique, pour ceux qui s’interrogent…), un Charles qui semble rentré dans le rang après ses velléités de changer l’ordre établi et une Marie-Joseph décidée à utiliser tous les expédiant en sa possession pour venger la mort de son amant. Ce premier volume s’attarde sur l’exécution du responsable de l’incendie criminel où ont péri les enfants d’Alain et sur une pauvrette, mise enceinte à douze ans et condamnée à mort après un accouchement assez barbare. Ça commence doucement, avec toujours un grand soin à la précision historique. On en redemande curieux de voir comment les idées abolitionnistes des frangins Sanson vont opérer à l’aube de la Révolution…

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  • Bolchoi Arena #1 (Boulet/Aseyn/Delcourt) – 2018

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Très bonne surprise que cet album à la maquette et identité graphique surprenante. Que ce soit le dessin d’Aseyn qui emprunte totalement aux manga un peu rétro et mal imprimés ou aux vieilles BD vintage on sent dans la démarche du projet l’intention de s’éloigner des canons commerciaux faits de belles couvertures aux couleurs éclatantes. On a donc un vrai manga, que ce soit par son thème (de jeunes gens découvrent un monde virtuel qui prends le dessus sur leur vie réelle) ou par le dessin et design. Sur ce plan, si les personnages sont un peu rapidement dessinés, les plans larges spatiaux et vaisseaux sont remarquables par leur technicité et gigantisme. Du coup la lecture de ce premier volume est très agréable et nous introduit dans l’univers des jeux vidéo avec son langage particulier à base de Level et de respawn… Sur le pitch on est très proche du Ready player One de Spielberg, avec des airs narratifs des Jours qui disparaissent. On suit donc une étudiants du futur qui découvre ce monde virtuel et à tendance à s’y perdre, le récit passant abruptement de séquences virtuelles au réel de façon à montrer la perte de sens de l’héroïne qui s’éclate avec les possibilités fabuleuses de cet univers où elle semble exceller en tout. Une BD qui donne du peps et qui peut devenir un vrai blockbuster pour peu que le graphisme s’affine un peu.

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Nevada #1: l’étoile solitaire

BD de Fred Duval, Jean-Pierre Pecau, Colin Wilson et JP Fernandez
Delcourt (2019), 1 volume paru. Existe en édition collector N&B grand format.

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Album lu en numérique dans le cadre du programme Superlecteurs Résultat de recherche d'images pour "iznéo"

couv_366393L’équipe de la très sympathique série Wonderball revient chez son éditeur de toujours pour une nouvelle série éponyme qui sent bon l’Ouest et le soleil. Avec la qualité des trois auteurs on pouvait s’attendre à un nouveau succès parti pour de longues années de têtes de gondoles.

Nevada est un arrangeur: il est envoyé récupérer les acteurs d’Hollywood partis en vadrouille et qui mettent en péril l’équilibre financier des films en cours de tournage. Nous sommes aux Etats-Unis quelques années après la Grande guerre. Entre enquêteur et gâchette, il sait déjouer tous les traquenards. Lorsque son employeur l’envoie aux trousses de l’Etoile solitaire il se retrouve aux prises avec la mafia mexicaine…

Dans ce genre de BD je pars en confiance aveugle entre les mains de bons conteurs chevronnés. Car finalement dans la BD d’action et d’aventure le contexte est souvent secondaire face à l’efficacité des dessins, du découpage et des dialogues. On a de ça bien sur dans ce premier tome de Nevada. Des séquences amusantes lorsque dès l’introduction le héros trouve une actrice dans une situation fort scabreuse, un art de la réplique, des séquences d’action efficaces… Colin Wilson sait mettre en image bien que son style très années 90 n’évolue guère et conserve des lacunes notamment sur les visages étrangement plats de ses personnages. Résultat de recherche d'images pour "wilson duval nevada"C’est vraiment surprenant car nombre de cases sont particulièrement léchées avec leur aspect western à la Giraud (Wilson a commencé sur Blueberry) quand beaucoup de gros plans semblent mettre l’artiste en difficulté. Les couleurs aussi (on a  l’habitude chez Delcourt) sont remarquables et si les encrages de Wilson restent superbes (je conseille la version n&b) le travail de Jean-Pierre Fernandez donne une autre dimension à ces planches.

Tout devrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes… sauf qu’une fois clôturé cet album on a un vague sentiment de consommation d’une énième BD dont la justification est discutable. Il semble évident que l’envie des auteurs de travailler dans une ambiance western avec ce profile inhabituel (encore que…) explique l’existence de cette série. Pourtant on cherche l’originalité. Le héros est abordé de trop loin pour être charismatique, le background est vraiment léger et seules les péripéties du personnage permettent de faire avancer une histoire dont on se préoccupe guère. C’est assez gênant car on finit ce joli album bien construit avec une impression de vacuité. Peut-être la mauvaise idée qu’un éditeur avisé aurait dû demander à retravailler… Devant la profusion de publications, L’étoile solitaire est aussitôt lue aussitôt oubliée.

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Crusaders #1: la colonne de fer

BD de Christophe Bec et Leno Carvalho
Soleil (2019), 63 p., série en cours, 1 vol. Paru.

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Album lu en numérique dans le cadre du programme Superlecteurs Résultat de recherche d'images pour "iznéo".

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Si on peut remarquer quelque chose sur les albums de Christophe Bec c’est que les couvertures claquent! Et on peut dire que celle-ci est juste magnifique et va directement dans mon top de l’année dans cette catégorie! En plus on nous parle de Hard-science, du premier voyage interstellaire à la rencontre d’une intelligence supérieure… je ne peux qu’en avoir la bave aux lèvres! Reste que Bec, un peu comme monsieur Millar, est un maître pour lancer des super projets mais a beaucoup de mal à tenir la longueur en se perdant dans de multiples toiles scénaristiques avec un goût prononcé pour la complexification de construction. Moins il aide le lecteur mieux c’est. Je ne suis pas en désaccord profond sur cette idée mais pour cela il faut que le scénario soit nickel.

Crusaders commence mal sur ce plan puisque les vingt premières pages ne cessent d’alterner des séquences dans le passé , le présent et le futur, sans aucune indication, que ce soit en matière de découpage ou de bulles. On finit par comprendre que le fil rouge est Natalia, la commandante en chef de l’armada des cinq navires spatiaux Crusaders, « offerts » par un signal venu de trente-deux années-lumières de distance… Hormis ce démarrage un peu abrupte et l’arrivée du signal que je trouve ratée, on bascule ensuite dans une trame plus classique qui suit la formation des équipages sélectionnés pour être les premiers humains envoyés si loin, le décollage des vaisseaux qui donneraient presque des frissons et la première étape du voyage emprunte d’angoisse de l’inconnu. A la fin de l’album la boucle n’est pas encore bouclée avec un prologue en mode apocalypse qui est très mal relié qui casse un peu ce mystère qui fait tout le sel de cet album au demeurant fort réussi. On retrouve dans La colonne de fer l’ambiance du premier film Star Trek avec un design général vraiment réussi, mélange de réalisme technique et d’esthétique futuriste crédible. De même avec les artefacts alien qui ont une cohérence d’ensemble remarquable. Et pour une fois le scénariste Bec (… oui, si vous n’avez pas suivi il est de Résultat de recherche d'images pour "leo carvalho bd"plus rarement dessinateur sur ses séries) fait de gros efforts de pédagogie en nous expliquant via les discussions entre Natalia et son père ou avec le scientifique de bord les concepts de physique assez pointus qui sont utilisés ici. De la bonne Hard-SF, réaliste, gigantesque (l’arrivée sur la colonne de fer!!!), ambitieuse et qui évite le cryptique. Le risque est grand de tomber dans de la BD SF plus classique à l’arrivée des aliens, mais pour le moment hormis ces quelques accrocs on peut dire que Crusaders (prévu en maximum six volumes pour le premier arc) est la bonne surprise Space-opera que l’on n’attendait plus, ambitieuse, assez bien dessinée, mystérieuse et documentée.

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BD en vrac #9

  • Obeyron – Les Maîtres inquisiteurs #1 (Peru/Gioux/Soleil) – 2015

L’album a été lu dans le cadre de l’opération annuelle 48h BD proposant une sélection d’albums à 2€. L’occasion de découvrir cette série incluse dans la collection créé par Jean-Luc Istin (les séries Elfes, Orcs, Nains, etc.). Je dois dire que si ma première tentative sur Elfes n’a pas été très concluante, j’ai essayé cette série notamment pour sa très jolie couverture qui respire la ride et l’âpreté… Les Inquisiteurs sont un ordre d’enquêteurs, à la fois juge et bourreau, envoyés en compagnie d’un sage elfe par le haut conseil des Juges pour résoudre les crimes commis sur le monde d’Oscitan, divisé en deux empires, au nord et au sud. Le concept de la série, par cycles de cinq tomes autonomes conclus par un album commun, propose donc des enquêtes avec un personnage différent chaque fois. Ici Obeyron qui assouvit sa vengeance après avoir été envoyé dans un piège mortel il y a des années et dont il est revenu doté d’une rage et de pouvoirs imprévisibles… Graphiquement on est dans du très correcte, notamment pour les personnages (moins sur les arrières-plans). L’univers de fantasy n’est pas très original mais intéressant néanmoins avec cette ancienne guerre globale dont le monde panse encore les plaies. Résultat de recherche d'images pour "maitres inquisiteurs obeyron"Si le thème de l’enquête dans un monde de fantasy est sympa, on n’avance pas beaucoup, du fait sans doute d’une intrigue à étaler sur cinq albums. Du coup on lit surtout une succession d’actions violentes de cet ex-inquisiteur qui a un peu oublié qu’il ne devait pas se faire justice lui-même. L’originalité de l’album réside surtout dans ce fantôme d’elfe qui parle à l’oreille du anti-héros sans que l’on sache tout le long si le personnage est fou ou doté de facultés spéciales. Une demi-réussite, comme très souvent malheureusement dans ces séries concept dont est friand l’éditeur Soleil, dotées de belles couvertures, de dessins correctes et de scénarios qui se tiennent… mais peinent à justifier leur existence hors de l’intérêt commercial.

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  • Une histoire corse (Dodo/Chapron/Glénat) – 2018

Album lu dans le cadre du

couv_327046Années 80, Corse. Catherine rencontre par hasard un demi-frère dont elle ignorait l’existence. Il comble un manque inconscient, cette part corse que la parisienne, étudiante venant se ressourcer chez sa cousine ne connaît pas bien. Il révèle les mensonges de sa famille, de sa mère, obligée d’abandonner cet enfant d’un mariage turbulent. C’est l’histoire de la France, de la Corse, d’une famille qu’elle découvre en spectateur. Mais les secrets ne sont jamais terminés…

J’ai lu cet album car il figurait dans la sélection du prix des médiathèques du territoire où j’habite. Il s’agit d’une jolie découverte, dans un style graphique et une sensibilité générale proche du Paroles d’honneur de Leila Slimani et Laetitia Coryn. L’histoire  corse en question est remarquablement construite, avec plusieurs étapes qui suivent une évolution surprenante et permettent de découvrir tout en souplesse des sujets assez différents: la mafia, les colonies et la France des années 50, les secrets de Résultat de recherche d'images pour "chapron une histoire corse"famille, la question corse et le terrorisme,… On pense lire une histoire de famille et le curseur s’ouvre rapidement sur quelque chose de plus vaste, sur le principe de la petite histoire qui intègre la grande Histoire. Le personnage principal est assez touchant, jeune fille simple découvrant la complexité des secrets de famille. Cette histoire aurait pu se passer ailleurs et aurait été tout aussi intéressante. Mais elle se passe en Corse et les spécificités de l’île (peut-être un peu caricaturale puisqu’elle ramène inévitablement la question mafieuse: la French Connection… ) rajoute un peu plus de drame. Pourtant le traitement se fait tout en douceur, sans pathos car c’est le point de vue de Catherine qui prévaut, aimant son demi-frère sans jugement malgré les ombres de sa vie. Les aller-retour temporels sont très bien balisés visuellement et se suivent sans difficulté, hormis peut-être l’évolution physique des personnages qui peut parfois être un peu compliquée.

Il en ressort un joli album dont la couverture reflète particulièrement bien cette narration douce et ombrageuse à la fois. Une belle BD que je n’attendais pas et qui, si elle nous surprend peu, est très cohérente et maîtrisée.

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  • Bug #2 (Bilal/Casterman) – 2019

bsic journalismMerci aux éditions Casterman pour cette lecture. Cet album a été lu sur une épreuve tirage papier.

9782203163614J’avais chroniqué la très bonne surprise que représentait le premier tome de la nouvelle série SF de Bilal, qui m’avait réconcilié avec le grand illustrateur qui est cette année membre du jury du festival de Cannes… Le tome 1 nous laissait en compagnie de Junia Perth et Obb, à bord d’un aéronef à destination du rendez-vous pour récupérer la fille de ce dernier. Maintenant que le monde entier sait que le spationaute possède dans son crâne, une foule de services secrets, mafias et factions est à ses trousses. Son odyssée ne sera pas de tout repos malgré les pouvoirs gigantesques qu’il a acquis grâce à la cohabitation avec le parasite qui a élu domicile dans son corps…

Bug a le mérite de reprendre les thèmes chers à Bilal (et qui finiraient par devenir obsessionnels tant on les retrouve dans la quasi-totalité de son œuvre BD…) dans une trame scénaristique très classique bien que là-aussi très Bilalienne. J’avais laissé tomber ses BD après la grande déception qu’a été pour moi la quadrilogie du Monstre et je dois dire que nous retrouvons ici comme dans la trilogie Nikopol le même schéma de fuite chaotique d’un héros habité par un trésor improbable. Les héros de Bilal, portant toujours les mêmes visages, sont à la fois dépressifs (le mal de crâne de Nikopol ou de Nike Hatzfeld) et imprévisibles, avec une forte propension à être enlevés par des sectes et autres groupuscules. Résultat de recherche d'images pour "bug bilal"Ses récits sont emprunts d’une sorte de passivité qui transforme les voyages en succession d’enlèvement-fuite. On peut s’en lasser mais constater également que nombre d’auteurs reprennent leurs thèmes de façon plus ou moins originale, à commencer par le patriarche Jodorowsky. Personnellement je trouve que l’on perd un peu en originalité mais si Bug est plus classique, plus sage que le Monstre (notamment graphiquement) il est aussi beaucoup plus accessible et pourrait presque être vu comme une version grand public de sa dernière grande saga. Cela sans-doute car moins personnel, moins intime et plus en phase avec notre actualité. Bug est un pur récit d’anticipation et en cela la vision de Bilal, avec son humour décalé et sa vision toujours fraîche (j’adore ses versions du néo-marxisme, des mafieux corses et des supporters-terroristes de l’OM!) touche juste. Son personnage connecté donne une vision sérieuse et franco-belge  de l’héroïne Valiant Livewire et il est amusant de comparer ce traitement très différent, comme quand on mets en miroir les films MCU et l’Incassable de Night Shyamalan! Ce second volume poursuit donc sur les mêmes bases que le premier, avance un peu mais sans que l’on s’attende à un coup de génie scénaristique. C’est bien sa vision du futur et l’ambiance graphique unique qui plaît chez Bilal. On ne peut pas contester l’élitisme/hermétisme de précédents albums et la simplicité du nouveau. Moi je préfère comprendre ce que je lis en rêvant, qui sait, à un retour à une collaboration plus sage avec un certain Pierre Christin

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BD en vrac #8

  • Les métamorphoses 1858 #2

Ouvrage lu en numérique sur Résultat de recherche d'images pour "iznéo"

couv_361238Ce second tome arrive seulement quelques mois après le premier volume de cette aventure steampunk sous la forme d’une enquête dans l’imaginaire fantastique du XIX° siècle, où l’on passe de l’Ile du Docteur Moreau à Jack l’éventreur en passant bien sur par Jules Verne… On a laissé les deux frères embarqués dans une société secrète d’érudits, sur un aéronef en route vers le Portugal. Dès l’ouverture du second album on est replongé dans ce qui marque cette série: son découpage très innovant qui participe à un habillage général et donne du corps à l’histoire. L’histoire familiale des deux héros se détaille avec des flash-back où l’on apprend les relations orageuses avec le paternel, alors que les objectifs des différents membres de la société secrète s’avèrent troubles. Lorsque nos héros se retrouvent agressés par des créatures encore plus étranges que les « cyborgs » rencontrés à Paris la réalité bascule  et l’on ne sait plus trop bien ce qui est explicable et ce qui frôle le démoniaque… Les auteurs Alexie Durant et Sylvain Ferret connaissent leurs gammes en matière de fantastique et d’effets horrifiques (… bien gores!). « Tournée » comme un film, cette BD apporte un dynamisme certain en jouant sur nos références imaginaires en sachant titiller nos envies d’aventure steampunk et de fantastique sans tomber dans le plagiat de ce qui a déjà été fait. La fabrication sent la passion, du titre en latin jusqu’aux annexes qui prolongent l’intrigue. Quand originalité rime avec efficacité, il ne faut pas bouder son plaisir!

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  • Saccage (Peeters/Atrabile) 2019

couv_361269Saccage est un rêve… ou un cauchemar? Dans sa préface Frederik Peeters explique le pourquoi de cet album et quelques grilles de lecture (malgré son caractère très personnel, ce texte vous aidera un peu à saisir ce que vous vous apprêtez à découvrir). Cette lecture, toute fascinante qu’elle soit n’en reste pas moins totalement hermétique malgré les quelques lignes de suivi qui nous sont données, principalement cet homme jaune et l’enfant qui l’accompagne. L’album, qui est pour moi plus un art-book qu’une BD, a cela de fascinant qu’il semble donner une matière aux visions intérieures d’un artiste, avec toutes ses références plus ou moins évidentes (un inca de Tintin par ci, Bruegel par là en passant par les animaux-insectes de Dali…). Il est d’ailleurs intéressant de prolonger la lecture jusqu’à la page de remerciements où l’auteur s’essaye à une liste non exhaustive de ses inspirations, beaucoup dans l’art classique, un peu dans la BD. Résultat de recherche d'images pour "saccage peeters"C’est cet aspect conscient qui est le plus intéressant dans l’expérience de lecture de ce pandémonium graphiquement sublime. Je n’avais rien lu de Frederik Peeters et je découvre l’un des dessinateurs les plus talentueux du moment. Utilisant le stylo-bille comme un retour confortable à une technique qui semble le satisfaire (pour le travail des textures), Peeters nous propose une immersion visuelle où l’étrange se mélange au sublime dans un itinéraire fatigant tant le nombre d’éléments par page nous donne parfois l’impression de parcourir un album Où est Charlie?… Une expérience visuelle vraiment superbe que je conseille à tout amoureux du dessin.

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  • La saga de Grimr (Moreau/Delcourt) 2017

couv_308484Gros carton critique de l’année 2017 (Fauve du meilleur album à Angoulême 2018), cet album en solo de l’auteur du très réussi Singe de Hartlepoole nous présente la misère de l’Islande, terre désolée victime de la fureur de la Terre, ses volcans et ses geysers, ses tremblements de terre, la rigueur de son climat… Cette histoire assez sombre d’un orphelin doté d’une force colossale, volcan humain décidé à être quelqu’un, repose beaucoup sur le dessin, très particulier, des paysages d’Islande, ses coulées de lave, ses névés, ses landes caillouteuses. Sur Le Singe le style de Jérémie Moreau passait par-ce que c’était une farce. Ici on est dans la Saga, le récit mythique des héros islandais, ce qui peut justifier ce trait grossier. Mais j’ai eu néanmoins beaucoup de mal avec ces planches épaisses, ces personnages bovins et ces couleurs très ternes. Je reconnais la technique (issue de l’animation) de Moreau sur les plans et mouvements des personnages. Mais cela reste trop fruste pour moi. L’album a de toute évidence nécessité un gros boulot et une implication de son auteur (comme tous les albums de la collection Mirages de Delcourt), l’idée d’une Saga en cours de construction, avec ce poète qui reconnaît la destinée de Grimr malgré les heurts d’une époque et société très violentes, injuste, superstitieuse, tout cela est plutôt intéressant mais la partie graphique entache trop le projet pour en faire véritablement un bon album…

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BD en vrac #7

  • Les métamorphoses 1858 #1

Ouvrage lu en numérique sur Résultat de recherche d'images pour "iznéo"

couv_354108Clairement Les Métamorphoses 1858 jouit d’une des plus beaux design et des couvertures les plus percutantes de ce début d’année, avec un style qui nous fait plus penser à la collection Metamorphoses de Soleil qu’à du Delcourt. Mais la couv’ ne faisant pas tout, qu’est-ce que ça donne? Stanislas est détective et inventeur. Joseph, son ami d’enfance est médecin. Les deux ne sont d’accord sur rien mais ne peuvent se passer l’un de l’autre. Quand on vient leur demander de retrouver une jeune fille disparue mystérieusement, ils se retrouvent plongés dans une machination criminelle d’une échelle inimaginable…

Dans la forme on a une enquête criminelle dans un paris XIX° siècle qui va se teinter progressivement d’aspects Steampunk et conspirationniste. Déjà, avec des savants fous, une organisation criminelle et un réalisme cru, j’aime! Là-dessus ce qui frappe le plus après la couverture c’est la mise en cases, le découpage et le procédé de narration jouant sur les points de vue. A la conclusion du Résultat de recherche d'images pour "les métamorphoses 1858 ferret"premier volume on ne sait pas si c’est gratuit ou au service de l’histoire mais il est certain que c’est très original et diablement classe! Surtout que le dessin de  Sylvain Ferret n’est pas le plus précis qui soit et jouit de quelques problèmes techniques (il s’agit de son premier album), mais la mise en couleur et la maîtrise des pages compense allègrement ces petits soucis pour proposer une lecture très agréable visuellement et fort dynamique à la fois dans les scènes d’action mais aussi dans certaines séquences où les auteurs exploitent la technique du cinéma fantastique de mettre le cadre du point de vue de quelqu’un d’autre. Très efficace! Là dessus on ajoute une écriture très verbeuse dans des dialogues en ping-pong entre les deux compères dont le caractère antinomique s’agence à merveille et nous donne envie de les suivre dans leurs aventures. Le second volume sortant à peine trois mois après le premier vous pouvez vous jeter dessus (pourquoi ne pas avoir produit un unique volume?). Pour peu que Sylvain ferret progresse rapidement dans son dessin on risque d’avoir une des très bonnes séries à suivre dans les années qui viennent!

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  • Negalyod (Vincent Perriot/Casterman)

Album lu dans le cadre du  des bibliothèques de l’ouest lyonnais.

couv_340430Jarri est berger dans les étendues désertiques qui voient déambuler des dinosaures, loin de la grande Cité hyper-connectée au Réseau. Lorsque son troupeau est décimé par la technologie urbaine il décide de retrouver l’auteur du massacre et tombe sur une rébellion qui vise à jeter par terre la dictature de ceux d’en haut…

Avec sa couverture et son titre intrigants, son très grand format et son univers SF Negalyod avait eu de très bons échos l’an dernier. En commençant ma lecture j’ai été pris de court par les visuels qui m’ont semblé bien brouillons… Après la clôture et réflexion faite, si certains effets (le vent) et arrières-plans sont expédiés un peu vite (probablement en raison du boulot considérable qu’a du représenter cet album à la pagination conséquente), c’est bien plus la colorisation qui choque. Florence Breton n’est pourtant pas une novice et a proposé dans sa carrière de superbes colorisations. Elle officiait par exemple sur le Vortex de Stan et Vince dont l’aspect old school et rétro était affirmé. C’est donc bien une volonté esthétique qui correspond au design général totalement inspiré de la SF des années 60-80 avec ses mauvaises impressions et ses couleurs pauvres qui est à l’origine de cette faute de gout. Certains anciens nostalgiques percuteront, moi pas… Du coup je conseille à ceux qui souhaiteront le lire d’opter pour la version NB éditée par Casterman.

Je dois dire qu’avec un buzz moins important j’aurais pu voir Negalyod comme un projet investi à défaut d’être foncièrement original. Le schéma de la société technologique pompant les ressources de la planète et attaquée par une rébellion de pauvres exclus est connu. Dans le genre Urban est (à la fois graphiquement mais aussi scénaristiquement) est bien plus abouti. Le principal intérêt de ces 200 pages réside dans l’ambiance inspirée des steppes d’Asie, entre mongoles et peuples himalayens, ainsi que dans une technologie à la Mad Max, faite de cordages et de tubes métalliques associés à une très haute technologie qui voit le peuple d’en haut utiliser la fission nucléaire comme le réseau internet et l’IA totale. Mais aucun background ne vient expliquer ni le titre ni le pourquoi des dinosaures ou de la constitution de ces cités. Pourtant l’auteur parvient dans son découpage aéré à nous proposer quelques vues très audacieuses dans leur dynamisme et certains décors naturels très réussis, au contraire de la ville qui, dans ses enchevêtrements de n’importe-quoi laisse de marbre. Au final on a l’impression d’un projet issu des visions graphiques de son auteur qui a tenté bon gré mal gré d’appliquer un thème SF connu à son univers. Il est souvent compliqué de faire à la fois scénario et dessins et Negalyod rate le coup de Mathieu Bablet il y a trois ans.

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  • L’arbre de vie (Carrion/Hamon/Soleil) – série Nils #3/3

couv_350183Nils est une série frustrante. Portée par l’un des plus talentueux dessinateurs actuels (Antoine Carrion), doté d’une maquette magnifique chez la toujours élégante collection Métamorphoses de Soleil, d’un design et d’une atmosphère absolument envoûtante et une inspiration Miyazaki affichée, elle avait tout pour être le carton des années 2010. Si le premier tome posait les bases d’un univers écolo-steampunk basé sur la mythologie nordique plutôt réussi, dès le second je voyais poindre de gros soucis d’articulation temporelle qui gênaient la lecture dans une intrigue assez complexe et volontairement cryptique. Ce dernier tome confirme les précédents: le dessin est l’un des plus enivrants de ces dernières années (bien que très sombre), l’histoire ambitieuse sur une lutte entre des dieux anciens garants de la Nature et de l’équilibre et des hommes que la science mets à leur niveau au péril du monde même… mais le scénario a toujours de grosses difficultés en oubliant qu’une certaine linéarité est nécessaire  à la lecture. Est-ce le dessin qui ne sait imager les transitions ou le scénario même qui les oublie, toujours est-il que cette intrigue est hachée. Pourtant L’arbre de vie propose beaucoup plus d’action alors que Nils se découvre des pouvoirs… divins dans des séquences dantesques absolument superbes. Mais jusqu’à l’épilogue (laissée à l’interprétation du lecteur) on souffre en n’étant jamais sur de bien comprendre ce que l’on voit et ce que l’on lit. Vraiment dommage. Nils restera une série à part, intéressante, mais qui loupe le statut de chef d’oeuvre en raison d’un manque de relecture éditoriale sans doute. Frustrant disais-je…

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