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BD en vrac #6

Salut les bdvores! pour cette nouvelle fournée de BD je vais faire une spéciale éditions Paquet, l’un de mes partenaires. J’ai découvert cet éditeur via les albums d’un de mes auteurs préféré, Romain Hugault et j’ai constaté que cette maison était assez attentive à la qualité de ses bouquins, avec notamment de fréquentes éditions grand format et intégrales, choses appréciées des lecteurs, qui ont ainsi le choix du format de leurs lectures. En outre l’éditeur est assez attaché à la qualité des dessins.

 

bsic journalismMerci aux éditions Paquet pour leur partenariat. Lu en numérique.

Je suis assez fan des BD de Romain Hugault, pourtant je n’avais pas démarré la série Angel wings (qui semble pourtant partie pour durer…), par crainte de redondance thématique. Mon billet sur le premier cycle (lien sur le titre de ce billet) suite à une lecture en bibliothèque m’avait pourtant séduit, tant graphiquement que pour le réalisme minutieux des auteurs. Paquet a la très bonne idée de proposer ses albums en format classique, grand format toilé et intégrale par cycles de trois albums. N’ayant pas lu le #4 Paradise Birds qui voit l’héroïne rejoindre l’OSS (ancêtre de la CIA) dans un contexte de préparation du projet Manhattan, je prends donc ce second cycle en cours de route. Cela ne m’a pas empêché d’apprécier encore et toujours les très grandes cases: Hugault dessine entre quatre et cinq cases par planches en moyenne, pour laisser la possibilité de panoramas, quand il n’envoie pas carrément des pleines pages d’un ciel écumé de chasseurs et bombardiers!

Résultat de recherche d'images pour "angel wings black sands"Angela est en route pour l’ile d’Iwo Jima où elle va devenir sauveteur-aviateur, seule possibilité qu’on lui laisse de voler malgré son pedigree d’Angel Wing. Si elle reste toujours en retrait de grands événements qui permettent au duo de proposer toujours autant de scènes d’aviation magistrales, l’album n’en propose pas moins un vrai scénario proposant une histoire d’amour compliquée, les relations hommes/femmes toujours difficiles dans l’armée tout en continuant de suivre le déroulement stratégique des derniers mois de la guerre et de la capitulation du Japon après la bataille d’Iwo Jima. Je pense que je me procurerais l’intégrale du cycle en fin d’année lors de la sortie du troisième volume.

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bsic journalismMerci aux éditions Paquet pour leur partenariat. Lu en numérique.

couv_359087J’avais proposé il y a deux ans un long billet de synthèse sur la série que j’avais découvert et beaucoup apprécié. Je rappelle que Paquet propose chaque volume en intégrale et en version grand format divisée en deux tomes, ce qui revient quand-même à 50€ le volume 4 pour le grand format avec cahier graphique…).

Le dernier volume se terminait sur l’exclusion d’Archer pour le viol de Céline et le départ des ado pour lui porter secours dans la zone de danger. On retrouve ici le même plaisir graphique avec essentiellement des paysages naturels (peu de séquences dans la colonie) et les tensions entre les deux groupes d’adolescents. La grande force de la série est ses personnages et là encore les « méchants » sont très travaillés et évitent le manichéisme. Clipboard01.jpgHolden, le blond agaçant de service fait des coups pendables mais toujours avec une raison et détaille sa vision divergente des frères Goodwoody. Progressivement malgré ces tensions (les auteurs n’hésitent pas à marquer les protagonistes dans leur chair) on voit se créer une opposition frontale entre les jeunes et les adultes, alors que la menace de renégats et des Ripers se fait plus menaçante. Bagster, le pourri de la série cristallise ces tensions autour de la fidélité de groupe plus que du statut d’adulte, remis en question par le contexte qui replace le statut majeur sur le critère de la capacité combattante plus que sur celle de la morale. Intéressant! Du coup on évite (par une description de contexte sérieuse) le simplisme méchants adultes contre gentils ado intelligents pour voir plutôt des oppositions de vision de cette nouvelle société. Je suis toujours aussi fan de ces contextes qui remettent en jeu les notions de base de démocratie, de violence légitime et de justice. Et avec ce traitement « série TV », ces superbes planches, et ce cliffhanger terrible Gung Ho est en passe d’acquérir le statut de série majeure de la BD franco-belge!

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  • Le collecteur d’âmes (Alma Cubrae #1)

bsic journalismMerci aux éditions Paquet pour leur partenariat. Lu en numérique.

Couverture de Alma Cubrae -1- Le Collecteur d'ÂmesAttention, grosse surprise que ce premier tome d’une saga de Dark Fantasy espagnole, dessinée par un impressionnant Sergio Sandoval, vétéran des collaborations graphiques au cinéma fantastique, notamment les films de Guillermo del Toro. Et outre les dessins (que l’on peut ranger dans la catégorie hyper-réaliste comme Christophe Bec ou Michael Lark), c’est surtout le design général de cet univers qui bluffe! Les auteurs prennent leur temps pour installer un univers cohérent, dès l’introduction en forme de genèse de ce monde barbare où une ancienne guerre a confronté les trois grandes Cités à des armées de monstres dirigés par les Druides. Comme pour Game of Thrones et la série BD Servitude, le principe est de bâtir un monde sophistiqué, cohérent, en plaçant des vestiges des temps anciens, plus mystérieux qu’expliqué mais participant grandement à l’intérêt de la série. Ce tome présente du reste l’itinéraire (un peu complexe niveau articulation temporelle) de la Garde blanche vers les marches du royaume où un baron semble devenu moyennement coopératif. On retrouve les grands marqueurs des deux œuvres citées, à savoir la trahison permanente, la menace maléfique invisible et l’intervention d’une puissance hors norme, incarnée ici par un chevalier qui ressemble fortement au Ginea Lord de la Complainte des Landes perdues.Résultat de recherche d'images pour "alma cubrae sandoval"

Vous l’aurez compris, hormis quelques réglages de déroulement, les dessins sont superbes (y compris leur mise en couleur), le design génial (je veux dire VRAIMENT génial et rarement vu en fantasy européenne), les scènes d’action barbares et dynamiques et les références à peu près parfaites. Une très grosse surprise pour ce qui peut devenir une série fantasy majeure des prochaines années et qui, j’espère s’étalera sur un certain nombre de tomes.

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BD en vrac #5

  • 2617_couvJakob Kayne #1: la Isabella

La jolie couverture à l’ancienne est efficace et semble proposer de la grande aventure maritime. La focale mise sur le héros avec son masque (qui n’est dans la BD pas aussi important que cette couverture le laisse penser) laisse de côté le cœur de l’intrigue du premier tome: le siège de la cité des Inquisiteurs par les forces du Sultan. Et c’est le principal problème de ce très joli album, on ne sait pas bien vers quoi on va. En effet, si l’univers est plutôt original avec cet affrontement féodo-religieux entre les Omeykhim (inspirés des ottomans du XVIII° siècle) et une Inquisition dirigée par Torquemada qui remplace tout à la fois le Vatican et l’ensemble des puissances catholiques, l’intrigue de ce premier volume se contente de nous montrer les capacités extraordinaires de Jakob Kayne, dernier descendant d’un peuple disparu, les « mange-mémoire » qui outre la possession d’artefacts magiques, ne peut jamais être reconnu… Quelques éléments fantastiques et mystérieux (comme ces hommes-poissons dont on ne sait absolument rien), l’infiltration de Jakob pendant le siège de la cité inquisitrice et c’est tout. On a l’impression d’un album en milieu de cycle ou d’un one-shot en raison de l’absence d’éléments introductifs. Ce n’est pas dramatique mais il faudra attendre la suite pour une série plutôt prometteuse (prévue en trois tomes indépendants) qui sait nous allécher par divers éléments assez sympathiques (même si un peu patchwork) en plus d’un dessin et d’un design donc très sympa.

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  • Conan: La fille du géant de gel

Après la fabuleuse version du toujours bon duo Toulhoat/Brugeas, Robin Recht nous propose un volume assez personnel, extrêmement graphique, dont le scénario est plus un concept qu’une histoire. C’est la concrétisation graphique de grands schémas mythologiques qui intéresse l’auteur, donnant une liberté absolue dans la personnification de la féminité, de la relation homme/femme, de la virilité rageuse des guerriers du Nord et jusqu’au divin.

Ayant opté pour la version grand format noir et blanc cet aspect est encore renforcé puisque l’on se retrouve dans un travail artistique très poussé, uniquement de contrastes et d’expérimentation de textures, proche de ce qu’à pu proposer un Frank Miller sur 300 par exemple. Résultat de recherche d'images pour "la fille du géant de gel recht"Sur un champ de bataille il ne reste plus qu’un homme debout, un colosse brun, un cimmerien. Comme à chaque fois la fille du géant de gel vient chercher ce héros pour le sacrifier à son père. Elle est nue, belle, Conan la pourchasse mais elle semble inatteignable, à travers la neige et la montagne. Ce jeu du chat et de la souris est celui d’une déesse face à un humain. Mais la fin de cette histoire est-elle vraiment inéluctable?… Après ma lecture je ne regrette pas cette version superbe, un magnifique boulot de Glénat et de l’auteur. Pourtant les couleurs que je trouvais un peu passées donnent une lisibilité à ces planches et je dirais malheureusement que les deux versions ne sont pas superflues pour ceux qui aiment suffisamment ce dessinateur. D’une lecture très rapide puisque le récit est essentiellement graphique, la fille du géant de gel vaut le coup. Notamment pour le travail sur le texte graphique, ce qu’on appelle onomatopées mais qui prend ici une véritable dimension visuelle, partie prenante du dessin, presque organique. L’album de Robin Recht n’est pas un récit épique mais plutôt un concept mythologique, comme un artbook expérimental, le lâcher prise d’un auteur qui a mis beaucoup d’envie dans son travail.

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BD en vrac #4

couv_357321Le château des animaux (gazette) #2

Ce deuxième épisode du Château des animaux s’est fait attendre. prévu par Casterman sur une périodicité de trois mois, il aura fallu pas moins d’un an pour lire la suite de nos animaux… Le troisième est annoncé pour le début de l’été et l’on espère que les délais seront cette fois-ci tenus (avec un album en fin d’année). L’édition est toujours aux petits oignons avec la même très jolie maquette, un rédactionnel qui revient sur les événements de l’épisode (et à lire après donc). Mais contrairement au Château des étoiles ou au dernier Bourgeon c’est surtout pour la BD qu’on lit cette version grand format et l’on aurait aimé des commentaires périphériques ou des éléments enrichissant le hors champ. Ce n’est pas très grave tant la BD en elle-même est superbe visuellement et très plaisante avec cette transposition de la célèbre Ferme des animaux d’Orwell. Dans l’épisode on entre dans le vif de la révolte avec l’élément extérieur, un rat saltimbanque qui au travers de son spectacle ouvre les yeux des animaux sur le despotisme du Taureau. Moi j’adore et je profite de ces immenses planches!

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  • couv_357372Green class #1

bsic journalism Lu en numérique pour Iznéo.

Très efficace couverture pour ce survival-zombie, premier album d’un dessinateur que Jérôme Hamon a rencontré sur internet. Je m’attendais à une histoire de classe verte partant en mode trash, un peu comme sur le très efficace Rocher rouge. Walking Dead fait des émules mais le soucis de cette Green class est d’arriver dans un thème déjà bien encombré et par de très bons albums/séries. Gung-Ho (dont ce dernier est très proche) est excellent tant graphiquement que dans son traitement des relations entre ado et adultes, cela par-ce que le background est travaillé. C’est là la principale faille de pas mal d’histoires de Zombies (y compris Walking Dead et donc ce Green Class) que d’oublier d’expliquer le hors champ et le contexte pour fermer la focale sur un seul petit groupe. Non que cela soit inintéressant mais c’est déjà lu mille fois. Avec un dessin proche du manga très sympa pour les personnages mais assez vide pour les arrières-plans (pour un premier album, pour peu que l’auteur progresse ca reste très acceptable) et des couleurs que j’ai trouvé un peu passées la partie graphique ne suffit pas totalement à combler ce problème. Le scénario se concentre sur l’évolution des relations dans le groupe d’ado en situation de crise et tarde un peu à proposer des scènes choc que nécessitent ces histoires. C’est au final un travail honnête, pas fondamentalement original et qui vire vers le fantastique sur la fin en laissant de possibles perspectives d’aller vers quelque chose de plus novateur…

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  • Couverture de Les vieux fourneaux -5- Bons pour l'asileLes vieux fourneaux #5: Bons pour l’asile

La série des vieux fourneaux a dû attendre un film (fidèle mais moins bons que la BD) pour atteindre le grand public. Il faut dire que les couvertures, parti pris osé, sont plutôt un repoussoir… Il n’en demeure pas moins que nos trois vieux sont toujours aussi drôles et plaisants à suivre, sous la plume du génial Lupano, énervé comme jamais contre notre monde injuste et égoïste. Si toute la série est excellente, ce cinquième tome est pour moi le plus réussi par-ce qu’il assume une actualité immédiate et laisse un peu de côté les circonvolutions familiales pour se recentrer sur la force de la série: l’humour militant assumé et rageur. La dimension familiale n’est pas totalement oubliée mais sert l’humour et c’est pour cela qu’elle s »intègre mieux que jamais au projet de Lupano et Cauuet. Chapeau les artistes, on en redemande!

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  • Le dernier dragon

bsic journalism Lu en numérique pour Iznéo.

Delcourt/Soleilsont familiers des séries fantasy, tellement qu’on se demande parfois comment ces dizaines de créations trouvent leur lectorat. C’est donc sans beaucoup d’attentes que j’ai entamé cet album doté d’une très belle couverture. Et heureusement, on trouve régulièrement dans ce genre hyper-balisé de très bonnes surprises dont Le dernier dragon fait partie! Dans une Europe de la Renaissance et des cités-Etat italiennes les dragons n’ont pas disparus. Ils sont protégés par on ordre de dragonnières descendant d’Eve et que de plus en plus de puissances politiques souhaiteraient voir disparaître à mesure que le nombre de dragons faiblit et le pouvoir de l’ordre avec. Car le crane de ces bêtes ancestrales renferme une pierre aux propriétés fantastiques que des chasseurs tentent de posséder au péril de leur vie… Outre les dessins très agréables de Léo Filipovic, le scénario de Pécaua l’originalité de transposer cet élément de fantasy dans un contexte historique bien connu, semant les premières pierres d’une intrigue géopolitique où dragons et dragonnières seront les derniers gardiens d’une ère qui s’éteint. Cet album parvient en 64 pages à poser un contexte, des personnages charismatiques et un univers très solides tout en offrant de l’action et le côté épique de toute BD grand public. Un des succès d’aventure de 2019 à prévoir.

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Sushi et Baggles #10

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  • Volcano Trash

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour cette découverte.

La toute jeune maison d’édition Kinaye nous propose de découvrir l’auteur et illustrateur Ben Sears avec son couple d’aventuriers Plus Man et son robot philosophe Hank. L’éditeur vise à proposer des ouvrages de BD jeunesse américains et si graphiquement on peut dire que c’est le cas de ce Volcano Trash (qui comprend les deux premières aventures du duo), les dialogues se rapprocheraient plutôt de la tradition du strip de presse à la Calvin et Hobbes. Cet humour stoïque est assez percutant ; je ne suis pas certain que de jeunes lecteurs capteront toute la subtilité mais la linéarité du scénario et l’aspect général s’adressent en effet à des enfants. Outre un certain côté décalé de cet univers, j’ai beaucoup aimé le trait vraiment particulier de Sears, qui donne une matière à un monde aux formes arrondies, avec parfois l’impression de se trouver dans une chambre… d’enfants. La technologie de Plus man est rétro et lui permet d’à peu près tout faire, le héros s’en sort toujours avec le sourire dans une relation avec son robot qui reprend donc celle des héros de Watterson avec un humain bourrin à souhait et son acolyte très réfléchi. Il n’y a pas vraiment de sens à l’histoire, plutôt des prétextes à des situations absurdes et acrobatiques. La première histoire nous propose un château hanté dans un univers SF (ne cherchez pas à comprendre la logique), la suivante, plus longue, mets nos héros aux prises avec une sorte de secte belliqueuse dont l’insistance fait parfois penser aux policiers de Miyazaki. Hank sera emprisonné ce qui obligera Plus man à préparer son évasion dans un design très jeu vidéo de plateforme… Bien délire et une jolie découverte!

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  • Radiant #11

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur envoi.

Les aventures de Seth continuent, de retour sur l’Artémis avec la suite de la course en balais très inspirée de Mario Kart de l’aveu de l’auteur. Partis à la recherche de Grimm vers Bôme (le pays des Domitor) la bande de Seth est toujours aussi riche en idées et intéressante à suivre. Difficile de noter un manga et encore plus un volume isolé dans une série, mais pour l’ensemble de la série et par-ce que ce onzième volume parvient à allier poilade, dialogues que j’irais jusqu’à qualifier de virtuose et vrai gros travail de background, beaucoup plus que sur les autres épisodes, Tony Valente mérite 5 Calvin (… le premier de 2019!). Si le contexte de l’Inquisition et des Némésis avait été un peu mis de côté sur l’Arc de Cyfandir on revient ici à fond avec l’apparition de nouveaux inquisiteurs, des infos sur le monde du dessous, sur le conseil des Mages,… bref, un tombereau de background, ce qui différencie souvent une bonne BD d’une grande BD.

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  • couv_359231Dragonball Super #6

Comme d’habitude le volume est à cheval entre plusieurs séquences. On termine donc la méga baston entre les dieux de la destruction, vraiment chouette et où l’on voit apparaître un nouveau méchant potentiel. Puis Goku est chargé de rassembler son équipe pour le grand tournoi des champions des univers: un Battle Royal (tous contre tous!) avec 12 champions par univers… un joyeux bordel qui s’annonce et Goku a beaucoup de mal à trouver des héros du niveau suffisant, surtout que notre univers est réputé l’un des plus faibles, et va être contraint de faire appel à quelqu’un que personne ne souhaitait revoir… On retrouve donc Tortue Géniale (maître Kamesenin), Krillin (dont la fille n’a pas de nez!!), C17 en défenseur de la nature et C18 glaciale au possible. L’auteur développe les vies privées des personnages, nous montre ce qu’il se passe sur d’autres planètes et introduit tout doucement les personnages qui seront l’attraction principale de ce nouveau tournoi. Il égratigne au passage Goku, toujours aussi débile et gourmand. On trouve quelques lacunes graphiques sur certains nouveaux personnages qui s’éloignent un peu du canon Toriyama mais ce n’est pas bien grave, le plaisir est toujours là.

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  • Generation gone #1

La nouvelle publication de Hi Comics se veut innovante en proposant une revisitation du thème des jeunes gens aux pouvoirs brutalement déclenchés via une conspiration gouvernementale associée à un génie à moitié fou… Le thème d’Akira et Harmony en somme, avec la difficulté de se comparer à ces deux glorieux aînés. J’ai été fort attiré par le pitch, le traitement radical et violent (qui peut rappeler par moments un Jupiter’s Legacy) mais suis resté un peu sur ma faim avec l’impression d’un potentiel réel (notamment l’utilisation des mathématiques pour déclencher la mutation) butant sur quelques difficultés techniques à la fois scénaristiques et graphiques. Ainsi le dessin est plutôt chouette quand aux visages mais subit de réelles lacunes anatomiques et dans l’animation des corps. On sent pourtant une influence de Quitely et des dessins hyper-dynamiques chez Araujo et le découpage et mise en scènes sont très efficaces. Mais souvent on coince sur une image ou un saut temporel. De petites choses qui empêchent de profiter pleinement d’une intrigue résolument moderne et SF. Je gage que le projet tienne à cœur aux auteurs et que l’expérience effacera ces petits problèmes, Generation Gone (et sa conclusion) reste une plutôt bonne surprise dans l’univers du comic Indé.

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UCC Dolores : La trace des nouveaux pionniers

BD de Didier Tarquin
Glénat (2019), 46p, 1/3 paru.

9782344017722-001-tComme souvent Glénat sort la grosse artillerie com’ pour le passage du dessinateur de Lanfeust… dont on se demandait quand il accepterait de changer d’air après vingt-cinq ans à dessiner les aventures du rouquin forgeron. Malgré ce confort Tarquin a toujours su faire évoluer son style de dessin, chose que j’apprécie chez un dessinateur même si parfois ce n’est pas pour le mieux. Tarquin travaille depuis le début de Lanfeust Odyssey avec son épouse Lyse sur les couleurs, qui s’en sort très bien en étant relativement sobre en effets spéciaux et autres halos numériques coutumiers chez les coloristes de SF/fantasy. Si UCC Dolores est son premier album « solo », il a déjà produit des scénarios de séries chez Soleil, notamment avec Tony Valente, l’auteur du génial Radiant. Et donc UCC Dolores ça donne quoi?

Je dois dire que le pitch ressemble énormément à une des très bonnes séries SF de ces dernières années, Warship Jolly Rogers. Et si la réalisation est impeccable et sent l’expérience, niveau scénario l’absence du vieux routier Arleston se ressent avec une certaine imprécision sur ce qu’est cette série, les pistes visées par Didier Tarquin. Le gros bras qui accompagne la rouquine sortie du couvent est efficace tout comme les méchants et surtout le mécano du navire, sorte de Wolverine mutique particulièrement réussi. L’héroïne en revanche subit le même syndrome que Lanfeust à ses débuts, à savoir être finalement le side-kick de ses acolytes… paradoxal. Le mystère principal repose sur le vaisseau lui-même qui sur ce premier tome est étonnamment normal. En conclusion je dirais que pour les fans de Tarquin la lecture se tente (surtout que  l’intrigue est prévue en trois tomes pour le premier cycle, ce qui est raisonnable), pour les autres, la comparaison avec la série de Montllo et Runberg est en défaveur de l’UCC Dolorès. C’est un peu lent à démarrer même si l’univers à la Starwars et le design général restent agréables. Essai pas vraiment transformé et on attend la suite pour se prononcer.

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BD en vrac #3

Salut la compagnie, pour ce samedi je vous présente deux nouveautés qui n’ont rien à voir: le dernier tome de Katanga, la série noire-noire de Fabien Nury et le second volume de la nouvelle série SF Conquêtes:

bsic journalismKatanga #3 

katanga-tome-3-katanga-tome-3Cantor et Charlie ont les diamants mais pas l’argent. Entre eux et Orsini, tous convergent vers un règlement de compte qui s’annonce sanglant…

Ce troisième et dernier tome de la série Katanga poursuit dans la continuité de ses prédécesseurs. Je rappelle les points forts de cette plutôt bonne série, que j’avais évoqué sur les précédents billets: un dessin un peu cartoon mais très propre et à l’encrage qui donne envie de le lire en édition spéciale, la colorisation absolument parfaite (comme d’habitude) de Bastide, le réalisme historique du contexte et un montage parfaitement huilé. On n’est pas surpris, Nury fait partie des vieux briscards du scénario franco-belge qui imprime sa patte sombre en incarnant l’anti grand-public. L’historien renforce dans ce troisième tome le côté historique avec le sort fait à Patrice Lumumba, qui fait monter d’un cran, en une scène d’une rare violence, la tension et la noirceur de cette série que seule la conclusion dépasse en nihilisme. J’avais émis des réserves sur une vision des africains qui pouvait flirter avec le racisme tout en notant le traitement non préférable fait aux blancs. Et c’est au final ce qui m’a dérangé, cette absence totale d’espoir, de lumière, le seul être surnageant un peu, Alicia, étant une prostituée calculatrice… Quel est le message de cette série hormis dénoncer le système de la françafrique et de la colonisation? Il est certain que j’ai pris du plaisir à la lecture de cette trilogie très travaillée et parfaitement fabriquée, mais quand Il était une fois en France intéressait par son ambiguïté et ses zones grises, Katanga ne propose que du noir. Trop pour moi. C’est dommage car il y a un vrai talent et en introduisant un héros et un peu plus de sens historique cela aurait pu être une très grande série.

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bsic journalismConquêtes #2 – Deluvenn

couv_353820Album lu en numérique. Une version grand format n&b avec making of a été éditée chez le même éditeur.

J’avais été plutôt agréablement surpris par le premier tome de cette série, de part un très bon dessin et un vrai travail sur les personnages. Ce second volume transpose la même trame mais cette fois dans une flotte coloniale « d’Europe du sud » décimée par le matériel bas de gamme chinois, utilisé pour constituer cette flotte du dernier espoir. Si l’idée de changer la « couleur » de la flotte est plutôt intéressante, la trop grande proximité entre les deux albums se fait en défaveur de ce dernier. La relation familiale compliquée, les pouvoirs cachés d’une peuplade inconnue, l’utilisation du fantastique dans une série de hard-science… tout cela est trop proche d’Islandia et j’espère sincèrement que c’est un simple raté  de démarrage car produire une série de cinq tomes sans plus de variations me semble être un suicide! Du reste en tant qu’album one-shot, Deluvenn propose des thèmes intéressants hormis le fait que le héros soit assez inintéressant. Les Kraken sont la plus grande réussite de l’album mais le scénariste Nicolas Jarry ne creuse malheureusement pas du tout ce côté là. Un bon album de SF nécessite un background costaud. On est un peu court sur ce point et une vague impression de filiation avec Aquablue nous montre que l’originalité du projet a été un peu délaissée… même si cet album reste dans la moyenne très acceptable des BD très grand public de SF familiale.

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Sushi et Baggles #9

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Demokratia #1

Résultat de recherche d'images pour "demokratia tome 1 manga"Demokratia suit en 5 volumes l’expérience de deux chercheurs japonais, l’un en robotique, l’autre travaillant sur un algorithme permettant la prise de décision collaborative qui vont donner vie à un androïde qui sera piloté par des utilisateurs anonymes inscrits sur le site web du projet. Par un programme informatique alliant majorité et minorités, les internautes vont faire évoluer le robot dans le monde réel, le faire parler, se déplacer, en bref, agir presque comme un humain! C’est le grand intérêt de ce court manga que de donner forme via l’anticipation à des projets qui existent déjà dans le monde réel (la démocratie participative internet est utilisée par nombre de communautés dont beaucoup autour du logiciel libre et la robotique japonaise a déjà commercialisé plusieurs androïdes d’aide à domicile aux diverses fonctions).

Niveau dessin c’est correcte sans être renversant et avec une assez faible ambition. L’histoire traite autant des promoteurs du projet, des interlocuteurs du robot que des internautes, avec comme souvent dans les manga une approche sociologique de la misère sexuelle et affective de nombre de citadins nippons. Ce n’est pas le côté qui m’intéresse le plus, mais je pousserais pour voir si les idées concernant la démocratie internet vont plus loin que les premières idées fort intéressantes de ce premier tome.

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Dr. Stone 4 (Boichi)

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Les aventures de Senku continuent avec une avancée vers la « civilisation scientifique » à vitesse grand V! Le dernier volume a vu la découverte de l’électricité, ce quatrième commence par la fabrication du verre afin de pouvoir développer la chimie à même de soigner la prêtresse du village. J’aime toujours autant l’aspect vulgarisation scientifique en manga mais les passages qui cherchent à développer une pseudo intrigue restent assez lourdingues de même que l’humour très particulier japonais.

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Moonshine #2

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bsic journalismEn relisant mon billet du premier tome je me dis que j’ai peut-être été un peu dur sur le dessin, car j’ai pris pas mal de plaisir à lire ce second volume (série à suivre), jouant beaucoup sur les ombres et lumières en transposant cette fois l’intrigue en Louisiane où le personnage principal a été évacué en train après le final du premier tome. Attrapé par la patrouille il se retrouve forçat sur les routes ensoleillées du sud américain. Ce changement de couleur permet d’explorer d’autres thèmes de la période de la Depression: la violence toujours, les sales gueules et le comportement absolutiste des geôliers. On se demande un peu tout le long où le scénariste nous emmène et malheureusement on termine l’album en se disant que l’intrigue n’a guère avancé… pour ce qui concerne Lou. Car ce qui intéresse les auteurs semble plutôt être une guerre occulte entre créatures de la Nuit et mystérieux personnages qui semblent savoir s’y prendre pour éliminer les lycans. L’histoire avance en alternance entre Lou perdu au bagne et le clan Holt où l’on en apprend plus sur l’origine des animorph.

Moonshine est une lecture agréable avec une réelle identité graphique proche de Frank Miller et de vraies fulgurances. L’atmosphère est là, visqueuse, vaguement malsaine, violente (ou carrément gore). Le dessinateur a de vraies lacunes concernant les visages mais est particulièrement efficace dans les ombres chinoises et les séquences de terreur…. Sans révolutionner le genre elle sait nous accrocher, même si l’intrigue avance bien peu dans ce second tome et l’on espère que les auteurs sauront nous proposer une véritable fin sans nous laisser au milieu du gué.

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