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Carthago #13 : Abzu est notre seul dieu

La BD!

Treizième tome de 52 pages de la série écrite par Christophe Bec et dessinée par Ennio Bufi. Parution chez les Humanos le 03/11/2021.

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Merci aux Humanos pour leur fidélité.

We’re gonna need a bigger world

Après s’être accordé le temps nécessaire à un flashback (tomes 11 et 12), Carthago revient à ses moutons, ou plutôt à ses requins-géants-dévoreurs-de-moutons. Dans le tome 10, nous assistions à un contact historique entre l’Humanité et une race surnommée les Tritons Antiques, espèce intelligente qui a colonisé le plancher océanique.

Recyclant le ressort dramatique d’une autre de ses séries SF, Christophe Bec avait placé sur l’univers de Carthago un compte à rebours mortel, sous la forme d’une explosion nucléaire sous-marine, à même de provoquer la fin du monde. Grâce à la coopération entre les humains et les tritons, l’apocalypse sismo-nucléaire était évitée de peu. Lou Melville, protagoniste de ce nouveau cycle de la série, découvrait ainsi ses origines et embrassait son héritage en restant avec les tritons pour veiller sur les Mégalodons.

Le tome 13 opère une certaine ellipse et nous emmène dans un monde ravagé par des explosions nucléaires, ce qui rend caducs les exploits du tome 10. Lou, craignant pour le bien-être des Mégalodons prisonniers, plaide leur cause auprès des tritons, qui acceptent de les relâcher dans la nature, en donnant pour consigne à Lou, qui peut communiquer télépathiquement avec eux, de ne pas les approcher de la surface de l’océan.

Les choses ne se passent évidemment pas comme prévu et Lou se retrouve échouée à la surface. Recueillie in extremis, elle se réveille sur une plateforme pétrolière désaffectée, occupée aujourd’hui par des moines qui en ont fait un monastère flottant afin de fuir les pillards qui écument le continent. Remise de sa convalescence, Lou s’acclimate et reprend des forces, mais ne peut s’empêcher de s’interroger sur ce lieu singulier, où règne une ambiance pesante, sans parler des allées et venues nocturnes de certains moines.

Les blues des abysses

Certaines tendances ont la vie dure, ce tome de 13 de Carthago ne fait pas exception. Encore une fois, Christophe Bec, se reposant sur un concept attractif, délaye son propos en faisant en deux tomes ce qui aurait pu tenir en un seul. Certes, il tisse des intrigues secondaires (le sous-marin, le retour du Centenaire des Carpates) qui porteront leurs fruits plus tard, mais l’action présente s’en trouve amoindrie, et peut malheureusement se résumer en quelques mots (Lou échoue sur une plateforme occupée par des moines dont certains se sont mis à vénérer les Mégalodons), ce qui donne la sensation de beaucoup d’images pour au final peu d’action.

Si l’on considère ce diptyque du Bagarreur comme une histoire en soi, auto contenue, alors ses trois actes seraient répartis entre les deux tomes. Or, ce premier tome fait office au mieux de premier acte, ce qui risque de déboucher sur un déséquilibre, qui aurait pu être évité en condensant et le scénario et le découpage, dont on ne saurait dire s’il est cinématique ou dilatoire.

Graphiquement, la qualité est toujours présente grâce à Ennio Bufi, qui s’est désormais imposé comme identité graphique de la série. De plus, il nous gratifie d’une sublime couverture, à mi-chemin entre King Kong et l’Appel de Cthullu.

Carthago se relance donc sur de nouveaux rails mais risque de perdre des lecteurs en cours de route, la faute à un scénario dilué et un rythme morne.

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Olympus Mons #8 Le syndrome de Sheppard

La BD!

Huitième tome de 46 pages de la série écrite par Christophe Bec et dessinée par Stefano Raffaele. Parution chez Soleil le 20/10/2021.

Y en a assez de la panacée

Aidée de l’androïde Einstein, et du médium Aaron Goodwin, la cosmonaute Elena Chevtchenko est parvenue à sauver la Terre d’un cataclysme, rien que ça. Perchée sur les hauteurs de l’Olympus Mons, sur la planète Mars, Elena a par la même occasion découvert l’existence d’une vie extraterrestre, ou plutôt de vies extraterrestres.

Deux civilisations ennemies se sont affrontées dans l’immensité des étoiles, jusqu’à échouer dans notre système solaire, laissant derrière elles des épaves, dont l’une d’elle a coulé au fond de la mer des Barents et failli détruire la planète. Une autre s’est écrasée sur les pentes du Mont Ararat en Turquie, et enfin, une dernière sur l’Olympus Mons.

Une fois la crise réglée, l’Humanité a compris qu’elle devrait gagner sa place dans l’ordre des choses, plutôt que de s’entretuer sur des sujets futiles. C’est ce qui donna naissance à un nouveau programme spatial, exploitant les ressources extraites des épaves extraterrestres, et basé sur des indices donnés par Einstein sur l’existence d’un remède universel sur la planète Farout. Et voici notre courageuse Elena à la tête d’une nouvelle mission, tandis qu’Aaron, sur Terre, est toujours harcelé par des visions apocalyptiques.

Une fois la planète Farout atteinte, les choses s’avèrent plus compliquées que prévues pour les astronautes d’Elena. En effet, Farout, en plus d’être inhospitalière, semble être en réalité une construction artificielle, qui plus est étroitement surveillée par une ou des intelligences extraterrestres. Malgré tout, le remède universel est à portée de main. Aaron, de son côté commence à glaner des indices extrasensoriels qui pourraient lui laisser penser que ce remède tient davantage de la boite de Pandore que de la véritable Panacée.

On peut l’admettre sans rougir, Christophe Bec est un auteur aguerri. Habitué aux séries au long cours comme aux one shot, il semble se donner du mal pour distiller son suspense afin de maintenir l’intérêt du lecteur. Hélas, ça ne fonctionne pas à chaque fois, si bien qu’avec le recul, un certain nombre de ses albums s’avère accessoire quant à l’intrigue, voire superfétatoire. Plutôt que d’attiser le suspense et faire monter la tension, il nous a semblé que le rythme assez faible des révélations avait tendance à frustrer et laisser un sentiment d’inachevé.

De là à y déceler une volonté dilatoire et mercantile, il n’y a qu’un pas, que je ne me permettrais pas de franchir. Néanmoins, ce rythme irrégulier vient poser la question de la viabilité du format 46 planches, à l’heure des romans graphiques et autres pavés de 100+ pages.

Pour ce huitième tome, les soucis techniques restent les mêmes, à savoir un charisme trop faible chez l’ensemble du casting, hormis bien sûr Aaron et Elena. On note également une tirade mystico-philosophique en plein milieu de l’album, qui déstabilise par son opacité, comme si Bec s’était pris l’espace d’un instant pour Jonathan Hickman. ll va falloir attendre la suite pour estimer l’importance de ce passage ésotérique vis à vis du reste de l’intrigue.

Vous l’aurez compris, Olympus Mons devient symptomatique de ce qui peut être reproché à un auteur qui donne l’impression d’être en pilote automatique: pas nécessairement mauvais, plutôt éloigné de son apogée, et donc forcément clivant.

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Manga en vrac #22: Les architectes de Babel – L’ile entre deux mondes #2 – Wombs #1

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  • Les architectes de Babel (Ashimo/Glénat) – 2021, 544p., one-shot.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

architectes_de_babel_glenatAï! Quand on tient un blog on lis énormément d’albums et on sélectionne par définition ce qui nous tente. Parfois on tombe sur de mauvais albums, parfois on se trompe de clientèle… Ce très gros volume (regroupant les deux tomes japonais originaux) était une de mes grosses attentes de cet automne, avec une envie d’Histoire et d’architecture… las, je suis tombé sur un assez laborieux shonen pas très bien dessiné et qui hormis quelques idées graphiques comme la représentation du roi Hammourabi et le personnage de Nimrod, n’apporte pas grand intérêt ni dans un esprit d’aventure ni dans un esprit historique.  On pourra être indulgent avec un auteur semi-pro dont c’est la première production éditée (à l’origine réalisée sur le web), mais je suis sceptique sur le créneau de cet album. Un vrai loupé quand au potentiel que pouvait procurer cette histoire…

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  • L’Ile entre deux mondes (Ishii/Pika) – 2021, 2/2 volumes parus.

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Merci aux éditions Pika pour leur confiance!

couv_425710Le premier volume de cette histoire m’avait subjugué par ses planches d’une qualité graphique rare. Ne se contentant pas de dérouler de beaux paysages et visions très graphiques, l’autrice y proposait un découpage très sophistiqué, esthétisant jusqu’aux cases et leur agencement. La lecture d’une histoire en deux parties est toujours compliquée car le plus souvent la césure est plus d’ordre externe (le boulot de l’auteur) que justifiée par le scénario. Ce second volume reprend donc les mêmes qualités que son prédécesseur, à savoir une atmosphère onirique apaisante, une nature magnifique et une cohésion de ce petit monde avec les forces de la Nature. Avec une séquence dans le passé qui déstabilise légèrement la concentration du lecteur, on n’est à la fin de l’histoire pas certain d’avoir tout compris mais néanmoins conquis par cette beauté éternelle qui reflète totalement l’idée d’une harmonie entre les époques, les générations et entre les espèces vivantes… Une des plus belles bouffées de positif de cette année!

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  • Wombs #1  (Shirai/Akata) – 2021, 224p., 3/5 volumes parus.

wombs-1-akataSur une planète lointaine, une guerre coloniale fait rage avec pour enjeu la préservation de l’environnement. L’un des belligérants a mis au point une technologie utilisant les propriétés d’une graine indigène qui, implantée dans l’uterus de femmes-soldats, leur donne la faculté de téléporter tout ce qui se trouve dans leur environnement. Un pouvoir redoutable, qui exige des sacrifices…

badge numeriqueJ’avais vu un très bon bouche à oreille sur cette série du petit éditeur Akata et ai profité du jury BDGEST pour me lancer dans le premier volume, avec plaisir. Si j’ai mis quelques dizaines de pages à me faire aux dessins (et surtout à la « colorisation » numérique franchement grossière et pas très élégante), j’ai fini par entrer dans cet univers à la fois dur mais proposant une idée SF très intéressante. Surtout, le mystère est maintenu subtilement sur la véritable nature de ces graines alors que l’on suit l’entraînement d’une troupe de jeunes porteuses. Le parallèle entre l’inquiétude de la grossesse chez les jeunes femmes et cette hypothèse SF est intéressant et laisse le lecteur seul responsable de son analyse, l’autrice se contentant de développer son propos froidement. Une entrée en matière qui donne bien envie de poursuivre l’aventure,  sans risque sur un format court de cinq volumes.

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BD en vrac #25: De Ira – Lanfeust de troy #9 – Le tueur, Affaires d’Etat #3

La BD!

  • De ira (Hirlemann/Delcourt) – 2021, 140p., niveau de gris, one-shot.

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Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance!

couv_431661L’année 2021 est tout à fait prolifique pour Stephane Hirlemann puisque pour son entrée dans le monde de la BD le dessinateur propose pas moins de trois albums. Sans doute du fait des reports éditoriaux dus au COVID, mais cela montre une envie palpable. Après le plutôt raté Homme sans sourire qui était sauvé par des dessins où Hirlemann était à son aise dans une atmosphère de dystopie d’opérette issue d’Orwell, il propose avec ce one-shot un très gros coup de gueule gonflé mais risqué pour un premier album. 

S’inscrivant dans une ribambelle d’ouvrages s’inscrivant dans la colapsologie (avec des albums comme La Chute ou Carbone et Cilicium), De Ira (« de colère ») nous présente un groupe de rebelles anarchistes contestant la marche de leur société vers l’injustice, l’oppression des faibles et la progression inéluctable vers le fascisme, en affrontant parfois brutalement les tenants du système. Opérations coup de poing dans un camp de migrant, attaque de flics ou invasion d’amphithéâtres universitaires, ils sont déterminés à ne pas laisser faire…

On sent la rage de l’auteur devant une actualité qui mérite d’être effectivement condensée en des ouvrages qui nous rappellent l’anormalité des temps que nous vivons et le drame de l’indifférence. Ouvrage rebelle, anarchiste, De Ira est touchant par sa rage qui rappelle par moments le très sympathique Renato Jones. Maladroit, le scénario nous fait suivre sans trop de structure ces actions de rébellion avant d’approfondir un propos (y compris graphique) dans la seconde partie, plus intéressante. Le dessin propose un surprenant niveau de gris fort dommage et qui cache une rapidité d’exécution à la qualité très irrégulière. Ouvrage maladroit, pamphlet politique anarchiste intéressant, De Ira reste tout de même très imparfait et aurait mérité sans doute un peu plus de bouteille.

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Merci aux éditions Soleil pour leur confiance!

  • Lanfeust de Troy #9: la forêt noiseuse  (Arleston-Tarquin/Soleil) – 54p., 2021

couv_434346Retour au bercail pour les deux golden-boy de la naissance de Soleil! Après deux excellents cycles de huit tomes (Lanfeust de Troy puis sa suite directe SF Lanfeust  des Etoiles), les auteurs avaient lancé en 2009 un troisième cycle Odyssey prévu justement sur des diptyques permettant de ne pas étirer éternellement la recette… avant de changer de braquet pour partir sur le plus gros cycle (en dix tomes) très redondant qui avait fini par me lasser. Partis depuis faire l’éditeur avec Drakoo pour Arleston et sur sa série space-op solo pour Tarquin, le duo se reforme pour reprendre la suite directe de Lanfeust de Troy avec ce tome « 9 » en format one-shot. On ne comprend pas bien l’utilité de raccrocher cette Forêt noiseuse au cycle premier mais le format reste la meilleure idée qu’ils aient eu depuis dix ans.

Si l’idée de faire vieillir Lanfeust de treize ans d’un coup et de transformer Hébus en un érudit bibliothécaire fait un peu forcée, celle de contester le conservatisme d’Eckmül avec ce méchant siphonnant la magie du Magohamoth pour la redistribuer à sa guise est alléchante. Si les auteurs ne vont finalement pas plus loin que l’aventurette pleine de jeux de mots et de séquences débiles, on sent une dynamique toujours présente dans la tête d’Arleston et qui pourrait proposer des choses fort sympathiques par la suite, pour peu que le cadre one-shot soit respecté. Redémarrage forcément commercial donc, mais qui permet clairement à la jeune génération de découvrir cet univers toujours drôle et aux anciens de retrouver, parfois avec délectation, ces personnages qui ont bercé nos jeunesse BD.

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Merci aux éditions Casterman pour leur confiance!

  • Le tueur – affaires d’Etat #3:   (Matz/Jacamon/Casterman) – 64p., 2021

Quatrième cycle achevé en trois tomes. Le billet du premier volume est ici.

couv_433983Ce nouveau cycle court laisse un gout incertain dans la bouche. Les qualités et les défauts sont ceux décrits précédemment, notamment la pauvreté des décors où malheureusement le scénariste ne parvient pas à offrir à son dessinateur beaucoup de vues architecturales susceptibles de mettre du peps dans cette monotonie urbaine. Le propos de Matz concernant le cœur du sujet (le politicien populiste) est très ambigu et c’est cela qui intéresse le plus: présenté par tous les personnages comme une crapule, son discours ne laisse pourtant pas le lecteur désintéressé en disant des vérités sur le système politique et le discours mainstream médiatique. Loin de se contenter d’un ersatz raciste de Marine Le Pen, il semble bien convaincu par son rôle de poil à gratter. L’utilisation des caïd pour mettre de l’huile sur le feu et permettre un contexte qui lui est favorable n’annule pas pour autant des vérités qui rejoignent les pensées lucides du tueur. Sans nous guider particulièrement, Matz sème donc le doute en laissant son lecteur réfléchir tout seul sans savoir vraiment ce que pensent les auteurs de tout ceci. Le duo de flics est également un des points forts de cette intrigue où le Tueur reste bien passif et où on ne nous donnera pas beaucoup d’éléments sur les visées des services de renseignements et des affrontements internes à l’Etat. C’est le principal regret que l’on pourra avoir sur ces Affaires d’Etat que l’on aura espéré avoir plus d’ampleur. Si l’on regarde les cycle du pétrole on aura été beaucoup plus proche de ces affaires internationales mêlant politique, argent et enjeux économiques que sur cette trilogie. L’aspect froid et lent fait partie des codes du Tueur. On prend donc toujours du plaisir avec ce qui a plu jusqu’ici, un cran en dessous pourtant. Espérons que la suite aura plus d’envergure.

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Manga en vrac #21: Ajin #17 – Elio #4 – Alpi the soulsender #5

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  • Ajin #17 (Sakuraï/Glénat) – 2021, série achevée en 17 volumes.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

ajin-17-glenatIl n’y a rien de plus compliqué que de clôturer une série BD, surtout quand elle a a atteint une telle intensité. Je me rappelle de chacune de mes lectures d’Akira où je me suis dit chaque fois que cette fin était un peu décevante. En fait pas décevante, juste impossible. Le happy end est trop facile, les fins ouvertes frustrantes… C’est partiellement le cas avec cet ultime tome d’une des plus grande saga manga des vingt dernières années. Tout d’abord du fait du découpage classique achevant les scènes au volume suivant. Ainsi la conclusion de l’intrigue était quasiment fermée au tome seize. Ensuite parce que la façon de vaincre Sato paraît un peu « tout ça pour ça » même si avec un tel méchant on peut toujours postuler sur sa lassitude à « jouer ». Ces pages sonnent donc plus comme un long épilogue, toujours magnifique, assez contemplatif, revenant sur la galerie de personnages et ce qu’ils vont faire après. Soyons honnêtes: après cette aventure on ne sait toujours pas grand chose des Ajin et de ce qu’il se passe dans le monde. La fin laisse donc mille et une possibilités de poursuivre sur de nouveaux cycles…. ou pas. la grosse post-face de l’auteur, assez surprenante de franchise, nous laisse entendre que le fait d’avoir été contraint de continuer seul une série entamée avec un scénariste l’a obligé à travailler des structures sur lesquelles il ne se sent pas forcément compétent et explique en partie la tournure action prise après le premier volume. Ce texte me laisse assez perplexe sur la volonté de Sakuraï de passer le reste de sa vie sur le développement de suites. Que ce soit sur Ajin ou sur d’autres projets il a montré au monde l’étendue de son talent et les informations sur ce qu’il fera seront de premier ordre pour le public Manga!

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  • Elio le fugitif #4 (Hosokawa/Glénat) – 2021, série achevée en 4 volumes.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

elio_4_glenatAprès un billet récent sur les tomes 2 et 3 il est temps d’en finir avec une série où l’auteur semble s’être fait plaisir en visant le sillage de l’excellent Vinland Saga mais sans la solidité de la structure. Aussi on est passé d’une fuite de prison dans le premier tome à une affaire de vengeance familiale dans les deux suivants. Si le troisième et début du quatrième tome marquent une grosse envie de produire des combats à la croisée de The Raid et de Dragonball, on conclut la série sur les bribes de grande saga diplomatique et stratégique qui se met en place… avant une conclusion abrupte. Je ne sais si un nouveau cycle verra le jour mais on sent une forme de précipitation qui agence des genres sans jointure et aboutit un petit peu à une impression Frankenstein ou manga de fan. Ce dernier volume n’est pas inintéressant, surtout si l’on admet l’aspect shonen malgré la violence crue représentée, simplement on ne sait pas bien où veut nous emmener l’auteur. Avec des dessins moyens, bardé d’influences qui transpirent, les différents éléments de cette mini-série sont plutôt réussis, mais leur agencement trop grossier pour vraiment convaincre. Les fana de Vinland Saga pourront y trouver leur compte ente deux volumes de leur série préférée, les autres trouveront certainement d’autres séries courtes bien mieux réalisées.

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  • Alpi the soul sender #5  (Rona/Ki-oon) – 2021, 5/6 volumes parus.

 bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

alpi-soul-sender-5-ki-oonAprès deux volumes qui m’ont franchement inquiété sur le devenir de cette série, me voilà rassuré avec un cinquième tome qui est peut-être un des meilleurs depuis le début. Et cela pour une simple raison: après la découverte de rituels one-shot qui ont permis de découvrir cette mythologie et le personnage d’Alpi et l’accident du quatrième volume, l’autrice élargit enfin son champ avec l’arrivée d’une équipe de soul sender chargés de traiter une corruption particulièrement massive qui exige une collaboration. En parallèle deux mystérieux méchants apparaissent et des identités surprenantes sont également abordées. Tout cela approfondit drôlement le background d’une série graphiquement super et et à laquelle il ne manquait plus qu’un vrai drama et des perspectives de progressions au long cours.

Du coup la structure binaire des précédents tomes laisse ici la place à une unique histoire dont la conclusion nous laisse sur une sacrée révélation! Avec la trace des parents d’Alpi et de Sersella (dont il est une nouvelle fois question ici), on se retrouve happé dans une histoire qui dépasse les seules rituels pratiqués par Alpi avec la possibilité d’une ambition bien plus large. Il était temps, cette série est sur d’excellents rails pour durer avec de grandes qualités.

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Manga en vrac #19: Shangri-la frontier #1 – Eden #4 – 008:Apprenti espion #3

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  • Shangri-la  (Katarina-Fuji/Glénat) – 2021 série en cours, 1/5 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

couv_432073Sunraku est un hardcore gamer un peu particulier: il ne joue qu’à des « bouses », ces jeux buggés ou trop lourds qui font planter les serveurs des jeux en réseau. Lorsqu’on lui propose de s’essayer à Shangri-la, blockbuster des jeux massivement multi-joueurs, il est d’abord sceptique, avant de redécouvrir les plaisirs simples de la découverte d’un jeu fonctionnel et très bien conçu…

Digne représentant du sous-genre phare des Shonen, les Isekai, Shangri-la frontier est aussi un crossmedia puisque la scénariste est également autrice d’un roman participatif du même nom publié en ligne depuis 2018 et dont ce manga est l’adaptation. Assez peu friand de ce genre ciblé sur un public très particulier j’étais un peu inquiet et surpris du plan com’ important déployé par Glénat pour accompagner une de ses grosses sorties de septembre. A la lecture je reconnais que j’ai passé un très bon moment sur des dessins dans la moyenne haute qui mettent bien sur l’accent sur le chara-design et la fluidité des séquences d’action. Le gros avantage de ce manga c’est le fait de s’inscrire dans un jeu vidéo (où chacun trouvera ou pas des références selon sa culture propre de gamer) et donc de justifier tous les manichéismes et archétypes inhérents au média. Étonnamment on se prend au jeu de regarder le héros découvrir ce système de jeu, sur le même mode que la série française Bolchoi Arena, et s’il serait abusif de dire que l’intrigue nous happe, même totalement extérieur au monde des jeux vidéo on pourra apprécier cette série (au moins au démarrage) par un calibrage grand public qu’oublient trop souvent les Isekai…

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  • Eden, it’s an endless world #4 (Endo/Panini) – 1998/2021, 4/9 tomes parus (edition Perfect).

eden-perfect-4-paniniVous pouvez trouver mon billet de découverte.. et coup de cœur ici.

Après une entrée en matière aussi dantesque que les deux premiers volumes, le troisième entamait ensuite l’arc de la prostitution et des narcotrafiquants. Ce quatrième volume continue donc sur le même ton, à la fois très réaliste, cru parfois, mais assez éloigné des préoccupations SF avancées jusqu’ici. Une sorte d’intermède alors que la mère d’Elijah et l’escouade de Nazarbaïev sont convalescents. C’est donc l’occasion pour l’auteur d’approfondir son regard sur une société violente où ceux qui ne veulent pas être des agneaux sacrifiés décident d’intégrer des meutes, de mafieux, de prostituées, de miliciens,… L’intrigue tourne donc autour d’Helena après son agression par le mafieux Perdo. Confirmant son refus obstiné du manichéisme, Hiroki Endo va ainsi nous raconter comment cet affreux salopard en est arrivé là, comment la drogue pousse des mères à vendre leurs enfants, comment certains ne veulent tout simplement pas être sauvés. Et s’il faut le reconnaître, ce volume est beaucoup plus posé et moins prenant que les précédents, la série n’en perd pas sa force qui réside dans une complexité de tous les instants interdisant le lecteur à pouvoir anticiper quoi que ce soit tant les pulsions humaines poussent tous ces protagonistes dans leurs actions. On ne peux pas parler de pessimisme mais plutôt d’un réalisme froid tant dans la représentation des copulations en maison close que dans les assassinats qui sont légion… Alors qu’on découvre enfin Enoia Ballard, on profite de cette relative accalmie comme un reportage sombre sur les bas-fonds de l’âme humaine et des bas-fonds des grandes villes. En retenant notre respiration pour le prochain tome qui sera sans aucun doute un nouveau choc!

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  • 008: Apprenti espion #3 (Matsuena/Kurokawa) – (2018) 2021 série en cours, 3/14 volumes parus.

Manga - Manhwa - 008 Apprenti Espion Vol.3En revenant dans le lycée on s’attend à découvrir les différents professeurs découverts au volume précédent, tous plus délirants les uns que les autres. Le volume remplit partiellement cet office puisque après un cours avec la prof de guerre psychologique (comprendre: utilisation des charmes féminins pour déstabiliser l’adversaire) on va trouver Eight et ses amis affronter quelques épreuves et partir en mission sur le terrain avec l’un des prof. Si le tome ne tombe pas dans la douleur du second volume, on comprend pourtant que la gestion du second degré reste difficile (puisqu’il faut tenir une série au long cours) et l’articulation entre fan-service, humour et intrigue-action reste laborieuse. Quelques séquences rigolotes, quelques personnages sexy ou bad-ass… et c’est à peu près tout. On a décidément du mal à s’intéresser à cet anti-héros et si précédemment les actions d’éclat de la ninja à forte poitrine permettait de rester dans la course, on finit par se lasser d’attendre quelque chose qui nous décroche un peu la mâchoire. Pour ma part je pense m’arrêter là. Les adolescents pré-pubères (japonais si possibles…) pourront trouver quelque intérêt mais au regard de la concurrence pléthorique, cet agent 008 reste tout de même très faible…

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BD en vrac #22: Shaolin #2 – Robilar #3 – Voltaire & Newton #1 – Les dominants #3

La BD!

Grosse fournée de nouveautés chez trois éditeurs partenaires avec principalement des suites et une nouvelle série, entre animalier, fantasy chinoise et SF post-apo…

  • Shaolin #2: le chant de la montagne (Di Giorgio-Looky/Soleil) – 2021, 50p., 2/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Soleil pour leur confiance.

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J’avais passé un agréable moment sur le premier tome, qui surprenait en dépassant le cadre formaté que promettait son titre. La très chouette couverture continue de mettre en avant le non-héros qu’est nuage-blanc, alors que tout l’album est porté par le superbe personnage secondaire de cette guerrière (aperçue au volume précédent) aussi belle que redoutable avec sa propension à découper net ses adversaires à chaque combat… Car un des attraits de cette série est la radicalité d’auteurs qui croient et aiment leur projet, ajoutant un soupçon de sexy et des combats tout à fait sanglants dans des chorégraphies jouissives qui permettent à Looky de montrer sa maîtrise technique tout en travaillant encore ses arrière-plans. On retrouve ainsi les qualités du précédent et on est rassuré en constatant que la trilogie… n’est que le premier cycle. On comprend donc mieux pourquoi le héros est si effacé. Le scénariste l’accompagne donc fort logiquement d’associés qui compensent cette fragilité dramatique. On ressent toujours quelque manque de fluidité dans certains enchaînements ou dans les motivations de tel ou tel personnage. Mais le souffle épique de la fantasy se ressent dans la puissance de ces combattants, dans cette armée qui prend forme, dans cette magie encore bien énigmatique. Heureusement donc que le premier tome n’est que la fin du début car Looky et Di Giorgio auront su nous mettre en appétit dans une série qui commence à prendre une sacré ampleur…

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  • Voltaire & Newton #1: Panglos-Tula (Mitch-Bauduret/Delcourt) – 2021, 56p., 1/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

couv_432015Sacrée couverture qui nous montre la version animorphique de Voltaire dans une peinture de type portrait classique! Et avec des intérieurs à l’avenant et une promesse de débat philosophico-scientifique entre les deux grands hommes on pouvait s’attendre à un hommage à De capes et de crocs. Les premiers pages nous donnent l’espoir et pétillent plutôt bien sur des dialogues qui fusent… avant de basculer dans une surprenante aventure dans un monde alternatif où les théories de Voltaire, de Newton et de sa nièce ont vocation à prendre forme et démontrer sans doute la différence concrète entre théorie et pratique. On voit là une fausse bonne idée puisque ce faisant les auteurs rompent soudainement le jeu de théâtre entre personnages forts pour nous laisser dans les seules mains de Voltaire qui va devoir participer à des joutes rhétoriques au sein d’un royaume qui lui inspirera le Pangloss de son roman Candide. On tombe alors dans une forme de BD jeunesse moyennement rigolote et assez attendue dont les textes ne sont pas suffisamment subversifs pour relever l’intérêt. C’est fort dommage car les planches restent fort agréables, mais je crains que le public soit difficile à trouver pour cette série qui laissera les jeunes un peu interdits sur les concepts philosophiques et les adultes vaguement distraits devant le manque d’originalité. Heureusement que les autres n’ont prévu qu’une trilogie, qui permettra d’éviter une prolongation indue si le projet n’est pas réhaussé rapidement.

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  • Robilar #3: Fort animo (Chauvel-Guinebaud-Lou/Delcourt) – 2021, 62p., série complète.

bsic journalismMerci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

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C’est le drame au royaume! Alors que le Prince et son mari convolent dans le bonheur, voilà t’y pas que les animaux de la ferme se rebellent contre le sort qui leur est destiné, poussant les têtes couronnées à manger des légumes! Le Chambellan Robilar est alors envoyé en ambassade…

Annoncé en fanfare par une com’ en mode « must read », Robilar m’avait un peu déçu sur les deux premiers albums dont la qualité progressait néanmoins. Et je suis ravi de pouvoir vous annoncer que cette montée en puissance aboutit à l’un des plus drôles et intelligents albums animaliers qui soit paru depuis quelques années! Désormais délié de tout carcan et engouffré dans une envie de proposer sa propre version de la Ferme des animaux, David Chauvel se lâche enfin avec son comparse et leur envie est communicative puisque, quasi débarrassés des humains, l’album nous propose un grand délire de jeux de mots et de trognes. Sous un vernis cabochard qui joue encore sur la langue (les baragouinage des culs-terreux et les running-gags des bouffons), les auteurs nous surprennent en proposant de vraies réflexions sur la condition animale, sur le végétarisme tout autant que sur la Justice et la peine de mort. Il est finalement assez rare de trouver de nos jours des BD qui articulent aussi bien l’humour et le fond (récemment l’excellent Cage aux cons). Sylvain Guinebaud dans son jardin, les planches accompagnent superbement cette révolte des animaux qui nous laissent réflexifs à la fois sur les sujets abordés et sur le fait que, finalement, cette série aurait bien pu continuer en formats one-shot…

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  • Les Dominants #3: Le choc des mondes (Runberg-Toledano/Glénat) – 2021, 54p.., premier cycle de 3/3 tomes achevé.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

L’affrontement final pour la Libération de l’Humanité est sur le point de commencer. Alors que Neil rassemble ses troupes en vue d’une attaque coordonnées sur le centre névralgique des Dominants à San-Francisco, que peut faire Andrew, enrôlé dans cette faction belliqueuse et démuni face à l’attitude fanatique de sa fille?

couv_431794Sylvain Runberg est très bon pour lancer des pitch accrocheurs et travailler avec des dessinateurs fort talentueux. Sur le développement en revanche c’est parfois plus laborieux et c’est ce qu’on retrouve sur cette conclusion de cycle  où s’achève ce qui doit l’être, de façon très attendue, sans nous donner beaucoup de réponses pour autant. Comme son dessinateur qui est moins tranchant que sur l’ouverture (du fait d’une colo un peu rapide je trouve), le scénariste déroule une intrigue d’actionner très efficace graphiquement mais qui ne remet rien en question, ne soulève guère de nouveauté et continue de trimbaler son héros sans grande capacité d’action. Le personnage le plus intéressant, sa fille fanatisée n’évolue guère non plus, ce qui nous laisse dans une sorte de statut quo qui s’est contenté de décrire un univers en trois volumes. A charge du prochain cycle de démarrer véritablement une intrigue qui ne se contente pas d’un hommage à la série V.

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**·***·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #18: Toilet Bound Hanako-Kun #3 – Elio le fugitif #2 et 3 – La guerre des mondes #2

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  • Toilet-Bound Hanako-Kun #3 (Aidalro/Pika) – 2021 série en cours, 3/15 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

toilet-bound-hana-kun-3-pikaLa chronique des deux premiers volumes se trouve ici.

J’avais été comme mes camarades de blog assez enjoué par ma découverte des deux premiers volumes sortis cet été. En entamant ce troisième tome je découvre que contrairement aux précédents le mystère des archives de 16h s’étale sur plusieurs chapitres qui forment l’intégralité de ce volume, ce qui change pas mal la donne en matière de rythme. Ce qui était présenté comme des histoires courtes avec rotation rapide de l’action et des personnages s’installe plus dans la durée, avec approfondissement notamment dans la recherches qu’entreprend Nene sur son maître-allié Hanako. Ce jeune esprit qui nous est décrit ici comme ni plus ni moins que le chef des Mystères de l’école est depuis le début fort mystérieux et on va ainsi se retrouver dans son passé pour comprendre comment il est devenu un esprit. Les pages du volumes sont toujours très agréables dans leur mise en scène destructurée et fourmillant de détails. L’humour et l’action sont en revanche un peu en retrait et j’ai découvert cette intrigue un peu moins enthousiaste, je dois le reconnaître. La difficulté de ce format était dès le début de parvenir à s’inscrire dans la longueur car autant on a regretté le format très court d’un Tetsu & Doberman autant pour Toilet Bound une tomaison sur les doigts de la main aurais sans doute suffi. Je dis cela alors qu’aucune intrigue au long court n’a eu le temps de se mettre en place, aussi il faudra voir (je rappelle que la série compte déjà quinze volumes au japon, ce qui laisse à Pika le temps de développer sa licence)

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  • Elio le fugitif #2-3 (Hosokawa/Glénat) – 2021, série en 5 volumes, terminée au Japon

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

elio-fugitif-2-glenatImpression mitigée et assez tranchée sur les deux volumes, qui recoupent au final le sentiment du premier volume. Le second tome est très faible (du niveau d’un calvin) même s’il met enfin en place une véritable intrigue liée à des vengeances dynastiques. Ce qui était attendu jusqu’ici s’étoffe donc un peu avec un descriptif politique de l’époque qui habille un peu une fuite tout à fait linéaire et que les quelques combats très hachés et coins d’humour shonen ne suffisent pas à rythmer. On attendait soit un récit historique à la Vinland Saga soit un prétexte en mode baston avec des personnages de jeux vidéo… on est au final entre deux et ce n’est guère satisfaisant, d’autant que les dessins juste correctes ne relèvent pas vraiment l’intérêt. Le personnage d’Elio dont le second degré touchait plutôt juste (un jeune gamin hyper-fort qui semble à peine réaliser dans quelles situations il est et s’en sort toujours haut la main) est ici plutôt effacé.

Sur le troisième volume on reprend de l’intérêt avec une histoire qui devient beaucoup plus structurée, simple mais cohérente avec une progression, des flashback sur les personnages et un final qui prépare un affrontement d’arène que l’on imagine aboutir la série sur les deux prochaine volumes. Si du coup le manga se laisse lire plus agréablement, les combats tout à fait rageurs, exagérés (les personnages sont presque aussi forts que dans Dragon ball!) souffrent d’un montage très haché et peu lisible, le lecteur devant fréquemment revenir en arrière avec l’impression d’avoir manqué des cases. Il ressort de tout cela l’impression d’une série de grande consommation destinée à ravir les boulimiques en attendant un prochain tome de Vinland Saga mais sans aucune ambition particulière.

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  • La guerre des Mondes (Ihara-Yokoshima/Ki_oon) – 2021, 170p., 2/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki_oon pour leur confiance.

guerre_des_mondes_2_ki-oonLa chronique du premier volume (détallant notamment la très jolie édition) est ici.

Ce second tome continue sur la même tonalité que le premier à savoir une course du personnage principal (témoin-photographe) parmi les populations fuyant devant l’avancée meurtrière des martiens. L’intrigue est donc tout à fait linéaire et construite autour des destructions terrifiantes et des quelques lueurs d’espoir qui surgissent avant d’être étouffées. Quelques morceaux de bravoure humaines (un peu désespérées) viennent donc pimenter ce qui pourrait devenir redondant et on enchaîne ces cent-soixante-dix pages à grande vitesse et un plaisir non feint. Les dessins, pas virtuoses mais très correctes et portés par des cardages  qui appuient le désespoir et le drame absolu portent ainsi bien ce récit qui confirme sa qualité et intrigue (pour qui ne se souviendrait pas par cœur du récit original) quand à son dénouement…

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**·***·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #17: Ex-arm #13 – Tetsu et Doberman #3 – Centaures #5

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  • Ex-arm #13 (Collectif/Delcourt – 2021 13/14 tomes parus.

couv_430307

badge numeriqueAlors que nous entamons l’avant-dernier tome de cette série qui aura su proposer le meilleur comme le plus commercial, je vous mentirais en vous disant que le meilleur reste à venir. La quasi-totalité des protagonistes ayant été révélés il ne reste plus que cette terrible IA bien décidée à anéantir Tokyo, voir l’humanité toute entière! Cette vraie-fausse fin se résume donc à cette simple question: comment oblitérer le cœur de ce golem d’acier qui commence à dévorer toute l’île olympique sans avoir recours aux bombardiers nucléaires déjà en route? Malgré la puissance de l’Ogre Akira semble bien peu de choses, à moins qu’une aide inattendue vienne lui procurer la puissance infinie des ex-arm…

Le scénario tente de recouper la boucle de l’origine d’Akira et de son frère en apportant une intrigue plus importante que sur la plupart de la série, avec par conséquent moins d’action dantesque. On sent le souffle retomber (il faut bien!) même si le volume continue de nous enchanter par des panorama grand luxe avec force pleines pages voir doubles pages. Comme dit précédemment on n’est pas dans une folle originalité (le monstre gargantua on a déjà vu cela mille fois!), pourtant cette série a ce charme des blockbusters hollywoodiens qui copient la formule de leurs aînés avec les moyens de nous en jeter plein la vue. L’histoire aurait pu s’achever là mais un ultime cliffhanger vient nous redonner une décharge, sans doute histoire de donner à Alma un dernier baroude d’honneur…

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  • Tetsu et Doberman #3 (Ohno/Doki-Doki) – 2021 série finie en 3 volumes..

bsic journalismMerci aux éditions Doki-Doki pour leur confiance.

tetsu_doberman_3_dokiTrès grosse déception que ce tome de conclusion d’une série que l’on regrettait courte surtout au vu des grandes qualités tant graphiques que de potentiel, vus sur les deux premiers tomes. Il est totalement incompréhensible de comprendre l’objectif de l’auteur et de l’éditeur que une trilogie qui a pris soin de développer un univers, de nombreux personnages (à peine entrevus) et de créer une frustration très efficace en lançant des mystères autour du grand héros Big One Kurogan, les liens familiaux avec le héros, le clan ninja vu dans le #2 ou encore l’histoire de l’orphelinat… Tout cela permettait sans forcer de partir pour une série d’au moins dix volumes, appuyés sur une technique graphique vraiment élégante et des séquences d’actions très fun… Eh bien non content de s’arrêter au bout de trois volumes, l’auteur se contente de clôturer rapidement l’histoire du navire fantôme du volume précédent puis nous balance une histoire solo sans même les héros dont on se demande ce qu’elle vient faire là… En clair il aurait été préférable de se contenter d’historiettes avec des personnages différents sans prendre soin de bâtir un héros… On a quand-même une histoire bonus très réussie et drôle bien que totalement découplée de Tetsu & Doberman, illustrant là encore la difficulté à finir un projet bizarrement monté.

Très grosse frustration donc, quand à un potentiel gâché et sur un auteur de talent qui semble avoir du mal à produire régulièrement… Au prix où sont les manga il n’est pas superflu de faire l’investissement des trois tomes, ne serait-ce que pour l’histoire bonus.

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  • Centaures #5 (Sumiyoshi/Glénat) – 2021 série finie, 5/6 tomes parus.

centaures-5-glenatNous avions laissé cette très belle série sur une conclusion en 2020. Le second cycle n’était pas prévu à l’origine, le troisième pas plus. Si le précédent apportait une autre tonalité à la dureté des débuts, les tomes cinq et six sont un « cycle du passé », nous renvoyant dans la jeunesse de Matsukaze. Si l’apprentissage de la vie naturelle dans les montagnes avec son père et son frère sont très intéressantes bien qu’assez classiques, il en est tout autre du graphisme. La maîtrise de Ryo Sumiyoshi nous avait impressionné dès les premières planches du premier volume, de même que ses expérimentations dans les styles. L’autrice sait toujours manier ses crayons… mais semble avoir du composer avec un emploi du temps très serré ou un impératif éditorial qui aboutit à beaucoup de dessins que l’on n’ose considérer comme bâclés mais qui sont clairement peu finis. L’usage original des trames ne cache pas la misère et si les problèmes de lisibilité constatés sur l’autre série Ashidaka ne sont pas présents ici, on reste frustrés devant un potentiel immense, un thème qui donnait envie de retourner dans cet univers primordial et un style de l’autrice qui enchante autant que sa collègue de l’Atelier des sorciers. On poursuivra sur un sixième opus qui sera très certainement le dernier, avec quelques regrets tout de même…

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**·Comics·East & West·Nouveau !

Avengers #4: La Guerre des Royaumes

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Quatrième tome de la série Marvel écrite par Jason Aaron et dessinée par Ed Mcguiness et Andrea Sorrentino. Parution en France chez Panini Comics le 14/04/2021.

Les clefs du Royaume

Après avoir affronté des Célestes, puis leur ancien compagnon d’armes Namor, puis leurs homologues russes et même une armée de vampires, les Avengers menés par Captain America, Black Panther, Thor et Iron Man n’ont semble-t-il pas le droit au répit puisqu’ils doivent maintenant faire face à l’armée de Malekith, le roi des elfes noirs, qui a décidé de ravager les neufs royaumes, ce qui inclut nécessairement Midgard, la Terre.

Les crises ouvrant souvent la porte aux changements radicaux, l’agent Coulson, qui œuvre en coulisse depuis le tome 1, en profite pour dévoiler les atouts qu’il gardait dans sa manche, à savoir le nouvel Escadron Suprême, sorte de parodie de la Ligue des Justiciers, rivaux des Avengers depuis de nombreuses décennies dans les comics. Hyperion (sorte de clone de Superman), Zarda (jumelle de Wonder Woman), Docteur Spectrum (Green Lantern), Nighthawk (Batman) et Whizzer (Flash), font donc leur entrée en scène officielle, soutenus par le gouvernement américain. Leur objectif est clairement de voler la vedette aux Avengers, mais il semblerait que rien n’échappe à la vigilance de T’Challa et de ses Agents du Wakanda.

Nos héros ont donc fort à faire puisqu’ils doivent défendre leur base, qui sert de refuge à des milliers de new-yorkais, d’une armée de trolls et de géants des glaces.

Jason Aaron finit son tour de chauffe sur son run Avengers. Malheureusement, cette partie de la série est comme phagocytée par l’event principal War of the Realms. En effet, ces quatre épisodes composant ce quatrième tome y font des références nombreuses, et essentielles à la bonne compréhension de l’intrigue.

Il est donc plutôt dommageable que l’album ne puisse pas se lire indépendamment du blockbuster principal, même si l’auteur continue de développer ses sous-intrigues et les relations de ses personnages. Entendez bien toutefois que le pitch en quatrième de couverture sous-entend un clash entre les Vengeurs et l’Escadron, bien que l’essentiel de l’action soit tournée autour de l’invasion de Malekith.

Compte tenu de l’importance de l’event principal, certaines ellipses peuvent déconcerter, étant donné que certains personnages apparaissent soudainement pour repartir tout aussi brusquement. L’impression en fin de lecture est donc celle d’un filler, c’est-à-dire d’un épisode de remplissage, intermédiaire. La suite de la série promet donc des choses palpitantes, mais cet album en soi reste dispensable.

Côté graphique, on retrouve le trait sous stéroïdes d’Ed Mcguiness qui a l’air d’aimer les triceps autant que des solilesses.