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No future

La BD!
BD de Eric Corbeyran et Jef
Delcourt (2022), 117p., one shot

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bsic journalismMerci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

Halen Brennan est une mercenaire chargée d’effectuer les taches discrètes des multinationales. Sans foi ni loi, elle entame ainsi la recherche du voleur Jean-Claude Belmondeau pour la compagnie Stella, fleuron du tourisme spatial. Mais dans cette société matriarcale écolo-bobo les pratiques du Grand Capital restent les mêmes et Halen va bien entendu se faire doubler. Sauf qu’en bonne hétéro monogame nihiliste, Brennan faut pas la faire chier…

NO FUTURE (Éric Corbeyran / Jef) - Delcourt - SanctuaryAvec une productivité toujours impressionnante d’environ deux (gros) albums par an, Jef ne change pas une formule qu’il aime et en compagnie du vétéran scénariste du Chant des stryges nous propose un one-shot vitaminé qui va faire parler de lui. Car on peut accorder aux deux mâles blancs hétéro aux manettes le crédit d’assumer une BD coup de gueule qui risque de créer des remous dans le petit milieu culturel de la BD tout juste sorti de l’affaire Vivès. Entendons-nous: No future, sous son titre nihiliste qui représente les deux personnages (et globalement tous les personnages de Jef) est avant tout une série BD comme le dessinateur les a érigé en art, une SF pulp au scénario tout ce qu’il y a de plus convenu mais qui se démarque par un « montage » extrêmement efficace et une description graphique de notre futur proche assez impressionnante. On sent que le dessinateur se régale à multiplier ces plans urbains de circulation en apesanteur digne du Cinquième élément, Star-wars ou Valérian (ans le désordre) et je dois dire qu’on en prend plein les mirettes dans une technique hybride à la fois très old-school (on pense souvent à Jimenez) et au numérique fort discret. Sur ce plan un nous offre un véritable blockbuster comme on en voit finalement pas tant dans le neuvième art.

NO FUTURE (Éric Corbeyran / Jef) - Delcourt - SanctuaryLà où ça risque de faire crisser c’est dans la satire d’une société dystopique où une caricature de féminisme woke vegan bobo aurait pris le pouvoir sous une sorte de totalitarisme inversé qui voit les fumeurs boufeurs de barbaque et amateurs de bagnoles qui puent rangés dans les bas-fonds des cités connectées. En faisait de leurs deux héros des spécimen régressifs de notre société en transition, les auteurs prennent le risque que leur album soit pris au premier degré de la défense du virilisme qui nous rapprocherait des idées facho d’un Zemmour. Je ne connais pas les options politiques de Corbeyran et Jef mais personnellement j’ai choisi de prendre l’album pour ce qu’il était: une série B de dérision et aussi fine que les précédentes productions de Jef et que la filmographie d’un Quentin Tarantino. Si l’on s’abstient de tomber dans la suspicion généralisée ambiante il faut défendre le droit à la parodie, au mauvais gout et à la provocation. Quel que soit l’objectif visé (un petit ras le bol à certaines exagération de notre société?) il faut apprécier l’album tout à la fois pour son aspect couillu (dans le sens que vous voudrez) et pour le bel emballage SF certes peu original mais très bien emballé. Après tout un gros film aux personnages bleus est en train de casser la baraque avec un scénario de timbre poste, des plagiats éhontés et une naïveté confondante. Bon, je m’arrête là, je vais encore me faire des amis…

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