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VilleVermine #3: Le tombeau du Géant

Troisième tome de la série écrite et dessinée par Julien Lambert. 92 pages, parution le 19/01/2022 aux éditions Sarbacane.

La cité a craqué

Jacques Peuplier vivrait surement mieux ailleurs, mais c’est à VilleVermine qu’il a élu domicile. Cet ours mal léché vit d’un don très particulier: il peut converser avec les objets, que nous autres humains pensons inanimés. Grâce à cette faculté, Jacques peut retrouver n’importe quel objet perdu, pour peu qu’on y mette le prix.

Dans les deux premiers tomes, Jacques Peuplier a eu affaire à une famille mafieuse et à leur fille en mal d’émancipation, une troupe d’enfants perdus et un scientifique fou qui voulait transformer les humains en monstres insectoïdes. Cette fois, l’enquêteur qui parle aux choses davantage qu’aux gens est sur une nouvelle affaire. Mandaté par Mlle Tassard, il doit retrouver le Fendeur, une arme ayant autrefois servi à abattre le géant qui terrorisait la ville. L’enquête va le mener dans les souterrains de la ville, où vit une communauté de parias vouant un culte au fleuve.

Parmi ces fleuvistes, Peuplier rencontre Sam, un autre géant qui a lui aussi un objet à retrouver. En fouillant, Jacques se rend compte que les fleuvistes cachent un important secret sur la traque du géant, et comme d’habitude, c’est à peu près à ce moment-là que les ennuis vont commencer…

Avec le premier diptyque, Julien Lambert, gagnant du concours Leblanc en 2014, nous avait séduit grâce un univers mêlant des influences pulp et fantastiques. Avec un héros tout aussi taciturne qu’attachant, l’auteur nous faisait vivre une aventure pleine de poésie, naïve tout en étant sombre à souhait.

L’essai est transformé avec ce troisième tome, qui, s’il prend ses distances avec les deux premiers, a néanmoins le mérite d’élargir la mythologie urbaine de VilleVermine sans changer de tonalité. L’album explore les travers de l’âme humaine, la violence des hommes et les non-dits qu’on s’impose pour la contenir, comme pour nous rapprocher encore davantage de son héros misanthrope.

Graphiquement, l’artiste nous donne à voir des pages grouillantes de détails, son trait matérialise très bien l’ambiance glauque de sa ville fictive, avec quelques petites incursions de clarté et de naïveté, comme lors du carnaval de la fête du Géant. Une telle maîtrise à la fois narrative et graphique, ça vaut bien quatre Calvin !

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