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Batman: Arkham asylum

La trouvaille+joaquim

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BD de Grant Morrison et Dave Mckean
Urban(2022)- (1989), one-shot. Collection estivale  Urban « le meilleur de Batman » 2022.

Joker is a filthy degenerate- Batman Arkham Asylum: A Serious House on  Serious Earth : r/comicbooksSi comme moi vous avez un certain âge, vous faites peut-être partie de ceux qui ont longtemps frissonné devant ces couvertures en médiathèque, ces albums étranges que l’on osait ouvrir sans trop savoir comment les approcher. BD or not BD? Arkham asylum est une singularité en même temps qu’un monument « ancestral » de la biblio Batman au même titre que le Killing joke ou le Dark Knight, de ces albums majeurs qui composent la mythologie moderne de Batman post-série télé et concomitants du premier Tim Burton.

Aujourd’hui grand manitou de DC comics, l’écossais Grant Morrison est un bleu lorsqu’il propose à son compatriote ce projet fou d’une immersion viscérale dans l’asile d’Arkham en plaçant peut-être pour la première fois le chevalier noir à égalité avec les prisonniers de Gotham. Remontant aux origines de l’Asile et de son fondateur Amadeus Arkham (archéologie que reprendra plus récemment Sean Murphy sur Curse of the white knight), l’auteur a bien l’ambition d’une vraie BD qui explore une nouvelle facette de la mythologie, résolument adulte et absolument impressionnant sur le plan graphique. Pour cela il s’associe avec un peintre également inconnu et qui fera une grande carrière en compagnie de Neil Gaiman sur les Sandman et Hellblazer. Travaillant la matière en associant photographie, dessin, lames de peinture et matériaux comme de la dentelle ou des engrenages (idée qui inspirera probablement Olivier Ledroit sur ses tableaux récents et sur la série Wika), McKean propose une déconstruction totale – toujours très lisible pourtant – et une immersion visuellement incroyable dans les méandres de ce lieu hors du monde. Le travail sur l’horreur visuelle et sonore (oui-oui!) est vraiment immersif et on aura rarement vu le Batman si faible, si proche de ses adversaires.

Dave McKean Arkham Asylum Page 104 Batman Painted Original Art (DC, | Lot  #92168 | Heritage AuctionsPartant d’un pitch éculé (une nouvelle émeute à l’Asile qui nécessite la venue de Batman), Morrison développe ce qui sera la matrice de nombre d’auteurs ultérieurs sur Batman, du duo Lemire/Sorrentino au dantesque Deuil de la famille: dans une réalité qui semble sortie de notre univers, Batman se confronte aux grands méchants dans un pandémonium où son rôle de monstre est questionné par un Joker plus fou et terrifiant que jamais. Le récit alterne l’évolution vers la démence du fondateur de l’asile et le cheminement de la Chauve-souris, dont l’itinéraire finira par rejoindre celui du passé. Pour cela Dave McKean a le talent de ne pas perdre le lecteur malgré l’aspect très particulier de ses compositions. Restant dans une narration séquentielle malgré tout, il permet de se concentrer sur la complexité des visuels et le caractère symbolique et mythologique du récit, convoquant dieux anciens comme le Christ.

Récit résolument adulte, œuvre d’art à part entière, Arkham asylum est une pierre blanche dans la création du Batman moderne, un jalon majeur pour toute une génération d’auteurs et  un moment qui a intégré l’imaginaire collectif. Si en plus de cela la lecture reste accessible au grand public vous n’avez plus d’excuses pour ne pas plonger…

Arkham Asylum, pg. 48 & 49, in christian stoklas's McKEAN, Dave Comic Art  Gallery Room

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