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Janardana

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BD d’Antoine Ettori
Delcourt (2022), 152p., one-shot.

La première édition au format comics propose un cahier de recherches graphiques final, comprenant des projets de couvertures… qui pourront donner des idées pour de prochaines éditions, celle choisie étant (étrangement) loin d’être la plus percutante!

Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance

Lorsque le vigoureux Marcel Piton reçoit un courrier de son ami Dev il n’hésite pas un instant en part pour l’Inde. Là il retrouve les senteurs, les lumières inoubliables qui ont nimbé ses jeunes années d’aventure. Une époque qu’il aurait pourtant voulu voir rester derrière lui… Sa recherche de son ami va le voir confronté à de mystérieux adversaires et à ses choix passés…

Coup de coeur! (1)Comme la littérature jeunesse propose plus de perles que la littérature classique, la BD jeunesse nous envoie assez fréquemment de petites pépites inattendues, des projets de pleine fraîcheur où la créativité de jeunes artistes nous éclate au visage. Après avoir fait ses gammes dans l’animation et sur le diptyque Perséus, Antoine Ettori se lance ensuite dans ce magnifique one-shot bien entendu biberonné au style Miyazaki mais qui sait s’en détacher pour proposer une histoire originale d’une maturité impressionnante et d’une réalisation sans faille.

Janardana, bd chez Delcourt de EttoriDès les premières planches en France on ressent l’atmosphère que cherche à retranscrire l’auteur avec sa technique d’aquarelle excellemment maîtrisée. L’auteur a un vrai don (et une technique coriace issue d’Emile Cohl et de l’Animation) pour nous plonger dans des décors vivants, très détaillés malgré une apparence de dessin jeunesse. On sent le fourmillement des marchés, les senteurs et l’éblouissement d’une lumière blafarde réfléchie sur les murs des bâtiments ciselés. Et c’est vers la grande Aventure qu’il nous convie dans cette Inde mystérieuse où chaque jungle cache des temples obscures et où les sociétés secrètes manœuvrent dans l’ombre. Parfaitement à l’aise dans sa progression scénaristique, Ettori enchaîne les séquences entre temps forts et respirations, sans aucun ennui et avec une galerie de personnages archétypaux mais tout à fait agréables qui nous renvoient là encore au maître de l’animation japonaise.

Avec son drôle de nom, Marcel Piton est un vrai héros comme on n’en voit plus guère, à l’ancienne, avec juste Janardana de Antoine Ettori - BDfugue.comce qu’il faut d’ombre mais surtout un talent, un courage et une force qui ne le font frémir devant aucun adversaire. Utilisant idéalement les cent-cinquante pages de l’album, l’auteur nous plonge dans un vrai film via une mise en scène absolument cinématographique. La lisibilité des planches, y compris lors des nombreuses séquences d’action, est étonnante de précision au regard de la technique aquarelle. Après moultes rencontres avec des pirates rigolos, dans une touchante relation avec une jeune fille débrouillarde, le héros va se retrouver confronté à un soupçon de fantastique jusqu’à un final explosif mais de très bonne tenue. Ce n’est pas si fréquent.

Avec son titre mystérieux et son héros en acier qui n’a peur de rien, Janardana est une nouvelle pépite réussie de bout en bout, qui plaira aux jeunes comme aux plus grands et noue permet de découvrir un auteur très solide à suivre dans la suite de ses projets!

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4 commentaires sur “Janardana

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