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The Paybacks

Histoire complète en 216 pages, écrite par Donny Cates et dessinée par Geoff Shaw. Parution le 15 avril aux éditions Urban Comics.

Merci aux éditions Urban pour leur confiance.

Les bons comptes font les bons zarbis

Comme bon nombre de lecteurs l’a découvert en dévorant des pages de comics, les super-héros, sous leurs airs graves et leurs statures de parangons de vertu, portent tous un message, caché plus ou moins subtilement entre les cases. Et pour une partie d’entre eux, ce message va en faveur d’une société libérale, libre de toute contrainte si ce n’est un sens aigu de la justice et de la morale, versions américaines bien entendu, et donc, d’une société capitaliste.

Batman, par exemple, nous montre bien que pour combattre le crime efficacement, il ne faut pas simplement un lourd passé traumatique, il faut beaucoup de détermination, et aussi, et surtout, une fortune colossale, ayant vocation à acheter tous les biens matériels et les compétences utiles au justicier. Imaginez un monde rempli de batmen en puissance, tous désireux de brandir le poing incorruptible de la justice dans les rues malfamées d’une mégapole occidentale anonyme. Tout le monde n’étant pas Bruce Wayne ni Tony Stark, comment feraient ces âmes volontaires pour se lancer dans une carrière de justicier ? Ils se tourneraient sans conteste vers le système bancaire, afin de faire financer leur matériel ou autre amélioration génétique.

S’il y a bien une chose à retenir au cœur du système capitaliste, c’est que l’argent n’est rien d’autre que le mètre-étalon de la valeur travail. Si quelqu’un parvient à obtenir de l’argent sans travail, c’est que quelque part à l’autre bout de la chaine économique, il y a eu du travail sans argent. C’est ainsi que la finance prospère et que les usuriers s’engraissent toujours plus.

Pour nos pauvres super-héros endettés, il est donc difficile de joindre les deux bouts, puisqu’ils empruntent des sommes pharaoniques pour financer des activités qui par définition ne leur rapportent pas d’argent, tandis que les intérêts s’accumulent. Argent sans travail, travail sans argent. CQFD.

Parmi tous les usuriers, le pire est sans doute Pierce, un mystérieux mécène pour super-héros dont la générosité n’a d’égale que la perfidie. A sa botte, une équipe surnommé les Impayés, constituée d’anciens s

uper-héros en banqueroute, qui tentent vainement de rembourser leurs dettes à Pierce en capturant pour lui d’autres super-héros débiteurs. Une fois leur cible désignée, les Impayés surgissent et saisissent tous les biens du héros appauvri, et l’intègrent manu militari à leurs rangs, avec une bombe au poignet façon Suicide Squad.

Ainsi, on fait la connaissance d’Emory Rains, Bloodpouch, le Nunchuck Russe, Skisquatch, Le Chauffeur, Miss Aventure et Doctor Blaqk dans leur routine d’agents de recouvrement à la fois blasés et impitoyables. Leur quotidien sera bouleversé lorsque leurs cibles seront systématiquement éliminées avant même de pouvoir procéder à la saisie, ce qui est en mesure de déstabiliser Pierce et le pousser dans ses retranchements.

Argent, trop cher

Nous avions croisé Donny Cates en début d’année à l’occasion de King In Black, qui était une franche déception. Pourtant, avant ce petit crash éditorial, l’auteur s’était fait un nom hors des comics mainstream, avec de très bonnes séries comme Buzzkill (publié en France chez Delcourt) ou God Country (publié chez Urban), qui montraient un réel talent du scénariste à amplifier les émotions grâce à des personnages complexes et attachants ou encore sur l’étonnant Silver surfer black.

Donny Cates revient à ce qu’il sait faire avec The Paybacks, mais délaisse le ton grave de God Country pour plonger dans un humour grinçant qui n’oublie pas une violence débridée. La critique du capitalisme est ici évidente, comme dans Space Bastards, mais le ton est moins irrévérencieux (et moins gaulois) et plus axé autour de l’amour des comics de Cates et Shaw. En effet, l’ensemble du récit est hyper référencé, que ce soit dans les dialogues, l’apparence des personnages ou des caméos inattendus. D’ailleurs, le fait le plus notable est que The Paybacks se déroule dans le même univers que Buzzkill, ce qui promet de nouvelles aventures potentielles.

Un récit d’action satyrique comme on les aime !

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