****·BD·Documentaire

Je suis toujours vivant

Le Docu BD

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BD de Roberto Saviano et Asaf Hanuka
Gallimard/Steinkis (2022), one-shot.

Autobiographie du danger… – Librairie du Château – Ardèche –  Aubenas-Vals-AntraïguesLorsqu’il publie en 2006 son enquête Gomorra détaillant méticuleusement le fonctionnement des trafics de la mafia napolitaine, le journaliste Roberto Saviano franchit la ligne rouge pour le crime organisé: celui de révéler au grand public l' »intimité » de cette organisation qui vit de la peur, du secret et de l’omerta. La loi mafieuse condamnant de mort le fait de briser l’omerta, Saviano vit depuis lors sous une protection policière qui le place de fait dans une prison mobile. C’est cette réalité qu’il nous fait découvrir en compagnie du dessinateur israélien Asaf Hanuka avec ses mises en scène allégoriques très colorées.

Si on parle d’autobiographie c’est surtout parce que Saviano exprime son ressenti, sa prison sans barreaux et l’injustice de se retrouver ainsi éternellement privé de ce qui fait la liberté: pouvoir tomber amoureux, avoir un chez soi, fréquenter qui l’on veut quand on veut,… Après un rappel de ce qui l’a amené à écrire son livre et les conséquences directes de sa publication, l’auteur nous parle surtout d’intimité, rendant la lecture touchante en vivant visuellement les émotions de l’écrivain.

Le rôle de l’image est extrêmement puissant sur cet album qui montre de façon évident que Hasaf Hanuka est l’un des tous meilleurs illustrateurs mondiaux, avec l’approche d’un dessinateur de presse pour celui qui a dessiné les séquences oniriques du film Valse avec Bachir. Jouant d’aplats de couleur créant un aspect bichromie, il joue sur les formes et les idées comme dans un rêve permanent, cette torpeur que doit être la vie de Saviano.

Bandes dessinées | Ce que La Presse en pense | La Presse

Conçu comme une catharsis, l’album semble bien dérisoire dans cette destinée très dure. On s’étonne de ne pas trouver de liens plus étroits avec d’autres « prisonniers » tels que Salman Rushdie. Car il s’agit bien de croquer l’univers mental d’un écrivain qui n’a plus que ses écrits pour s’évader et vise par ce projet et son titre à faire un manifeste à destination de la Mafia: si elle est parvenue à le tuer socialement, elle n’a pas réussi à éliminer sa liberté d’expression et le danger qu’il représente.

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