****·BD

Les filles des marins perdus

La BD!
BD de Teresa Radice et Stefano Turconi
Glénat (2020), 123p., one-Shot…?

L’album est au format comics, compact, proche de celui du précédent. Toujours dans leur idée de proposer un récit romantique british les auteurs ont travaillé la très élégante (et classique) maquette. Un très bel ouvrage qui aurait pu être terminé par quelques croquis.

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En 2016 les italiens Radice et Turconi créaient un évènement BD qui allait durer. Leur Port des marins perdus, monumental pavé tout en crayonné proposait ce qui n’arrive qu’une fois tous les cinq ans, un alchimie parfaite de ce que tous les amoureux de la BD espèrent avec envie. Ce choix technique, s’il permettait une spontanéité, une pureté folle appuyée sur une maîtrise sans faille de Stefano Turconi était aussi sans doute poussé par des considérations « économiques », les trois-cent pages de l’album auraient mis des années s’il avait fallu les encrer et les coloriser… C’est probablement en partie de cette frustration qu’est sortie cette vraie-fausse suite, qui prend chronologiquement la continuité du premier en nous donnant une idée de ce qu’aurait été le Port avec de la couleur!

Les filles des Marins Perdus - BD, informations, cotesAu travers de deux parties, ces « Histoires de terre, de mer, de marins et de filles de joie » suivent deux des prostituées de cette magnifique maison close découverte dans le précédent album, qui chercheront pour des raisons différentes deux hommes liés par le lointain. C’est là pratiquement la seule coloration marine du volume qui reste solidement ancré au plancher des vaches, à Plymouth qui plus est et en majorité dans la maison. Ce sont les récits des uns et des autres qui créeront le voyage, avec ce texte, cette douceur qui nous avait tant ravi. Le verbe de Teresa Radice est aussi doux que les mines de son conjoint et donnent à cette activité « vulgaire » ses lettres de noblesse. Car c’est cet univers féminin qui enchante, cette sorte de coopérative de l’amour où des filles libres, diablement belles et en pleine possession de leurs moyens mènent leur barque loin des corsets de la société.

Les récits croisés nécessitent par moment de la concentration pour suivre le narrateur, mais la facilité du texte virevolte comme jadis, s’alliant par moment au texte sur quelques séquences dynamiques très proches de ce que peut proposer l’animation made in Disney. On sent ainsi poindre, dans les traits, dans la dynamique des cases cette influence évidente qui donnerait presque envie de voir enfin un film « classique » adulte exonéré du puritanisme de Mickey.

Avec toute la modestie de cette prolongation, sur un texte aussi agréable que les planches, le duo confirme ici qu’il est l’un des plus intéressant du circuit et donne très envie de lire leur toute récente sortie La terre, le ciel, les corbeaux, en attendant très probablement d’autres histoires de filles de joie et de marins que la richesse de leur univers rend tout à fait nécessaire.

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2 commentaires sur “Les filles des marins perdus

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