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La grande peste

La BD!
BD de Cedric Simon et Eric Stalner
les Arènes (2021), série achevée en deux volumes (128p et 113p.)

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Merci aux éditions Les Arènes pour leur confiance!

Entre 1347 et 1352 la Peste noire ou Mort noire s’étend sur l’Europe, emportant 25 millions d’habitant et laissant les territoires déserts et ravagés. Baldus et Alixe sont témoins de ces évènements. Victimes et bourreaux, ils incarnent leur époque et pourchassent le quatrième Cavalier de l’Apocalypse par qui dit-on arrive la Grande Peste…

La grande Peste - BD, informations, cotesEric Stalner est féru d’histoire et incarne dans son style graphique un passage entre la BD historique classique de chez Glénat et une évocation fantastique plus proche des Lauffray, Montaigne et Alice époque Troisième Testament. Dans un thème proche (l’odyssée de témoins d’un grand évènement historique) sa Saint-Barthélémy m’avait beaucoup plu dans sa capacité à créer une histoire intéressante qui ne soit pas qu’un prétexte.

Allié à Cedric Simon depuis plusieurs albums qui adaptent le patrimoine littéraire national, Stalner revient donc pour un diptyque inégal dont on ne comprend pas toujours la structure. Si le premier gros volume – qui laisse de la place à l’artiste pour s’exprimer confortablement et globalement avec un grand plaisir pour le lecteur – intéresse sous sa forme de cours d’histoire très pédagogique et illustratif de différents évènements qui accompagnèrent la Peste (les buchers de sorcières, les sectes de flagellants, les danses de Saint-guy qui ont inspiré Guérineau récemment), la bascule du second tome vire au quasi-fantastique et laisse un peu dubitatif quand à l’objectif des auteurs. Accompagnant son scénario de cartes destinées à appuyer historiquement son contexte, Cedric Simon réussit ainsi comme historien, moins comme scénariste. La Grande Peste T. 2 - Par Éric Stalner et Cédric Simon - Les (...) -  ActuaBDCar si le démarrage est plutôt inspiré en proposant des fièvres graphiques impliquant le Cavalier de l’Apocalypse dans des allégories parlantes, la quête qui s’ensuit autour d’un artefact lié à cette fin du monde et aux personnages semble un peu hors sol et nous sortir de l’intérêt du contexte. Ce qui fonctionne c’est bien d’illustrer (comme dans Saint-Barthélémy) la réalité crue d’une époque ravagée, là où Stalner excelle avec ses gueules de gueux et ses féroces chevaliers.

En outre l’itinéraire mental des personnages devient peu cohérent entre les deux tomes. Si l’on comprend le traumatisme du rescapé Baldus et la vengeance de la féministe Alixe, on ne sait ensuite plus bien si l’on a migré dans un récit fantastique, la contextualisation se délitant et l’intérêt avec. On ne comprend ainsi pas bien le découpage en deux volumes qui semblent ne pas viser le même projet. Si le plaisir est là dans le tome un (notamment pour les amateurs de Stalner), on est un peu perdu dans cette quête artificielle et vaguement grandguignolesque dans le second volume où les beaux paysages et ma maîtrise graphique du dessinateur ne suffisent plus à maintenir notre attention. Inégal disais-je…

 

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2 commentaires sur “La grande peste

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